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« Un One Shot » - La mort de l'être aimé

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MessageSujet: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Lun 31 Aoû - 13:57

Un One-Shot
La mort de l'être aimé
Bonjour et bonsoir à tous, en premier lieu !

Le staff de Lost Chapter et moi même sommes ravis de vous présenter un concept qui, je l'espère, vous plaira à tous :

« Un One Shot. »

Le principe ? C'est très simple. Partant d'un sujet donné par les membres de l'équipe, vous aurez la possibilité d'écrire un One Shot (c'est à dire une histoire/post rp d'un seul chapitre), en dehors de la trame principale du forum, et donc, sans que cela n'impacte votre personnage d'une quelconque manière que ce soit.

Libre à vous de vous permettre toutes les fantaisies sans limite de mots, et sous la forme que vous préférez (ce qui inclue les poèmes, pour les plus romantiques).

Et qui sait ? Peut être que celui qui mettra le plus de cœur à l'ouvrage obtiendra une petite récompense !

Le sujet est :

« La Mort de l'Être aimé. »

Il vous suffira de poster votre réponse à la suite de ce sujet.

Bon courage à tous et à toutes, et, surtout, amusez-vous bien (c'est le but) ~

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Mar 1 Sep - 21:09




I – Le Déni

« Maman est morte. Elle ne reviendra plus. » Les mots suspendent le temps d'une seconde tandis que ton mental s'éreinte dans l'interprétation de simples paroles semblant irréelles. Elles ont fauché tes jarrets en couperets assassins ces mortelles paroles. Les larmes sont apparues, bouillantes, brouillant ta vision du monde. Lignes tordues. Formes gondolées. Lumières troubles. Elle ne sera plus jamais dans cet ici, celle que tu aimais tant Lisette. Et malgré tout, cette réalité évidente ne s'impose pas dans ton appréciation impuissante. Tu sanglotes comme l'enfant que tu es, expulsant le déchirement en hurlement, à en perforer tes poumons. « Menteur » accuses-tu. Le père, le messager de cette sinistre annonce, l'univers entier, ils te bernent tous. Elle était trop incrustée dans ce décor parfait pour y être arrachée. Tes synapses alertes parcourent en esprit le spectre de son visage. Un pâle lys moucheté de grains de cuivre. Ton reflet. Le fantôme de tes songes te sourit, irradiant d'une lumière bien trop crue pour ta vision de petite fille. « Maman est partie. » Ces syllabes, ce sont les tiennes. Tu les articules, atone, récitant cette vérité neuve, constatant les notes de cette déclaration. Puis les sons se compressent dans ton pharynx, ingurgitant un râle guttural. Le bruit d'une bête que l'on égorge. Tu te relèves et fuis jusqu'à sa chambre où dort sa protection posthume. Tu te noies désespérément dans ses draps, à la recherche de son essence, de son parfum, lavande et savon de jasmin. T'intoxiquant de la fragrance qui elle aussi s’évanouira dans l'éphémère. « Lisette, une journée que nous ne passons pas ensemble me parait toujours incomplète. » Ô cette Catherine Delcambre. Ta génitrice. La chair qui t'a vu naître. Les vagues de voiles froissées sur son lit te font dériver sur cette chambre devenue ton île de solitude. Elle allait franchir la porte, embrasser tes tempes, en te consolant de cette force maternelle invincible. Avant que vous ne riaient en éclat de la farce, déployant toutes deux vos cous de cygnes blancs. Cette illusion était sublime, éclatante. Ta vision tangue un peu, obscurcie des brumes du sommeil. Qui était ce séraphin se diluant dans l'éther ?  

II – La Colère

« Maman est morte. Morte. Morte. Morte. » Les mots sont autant de coup de marteau s'abattant sur le socle de cette sentence injuste. Où est-elle cette faux ? Que tu la grondes. Pauvre Lisette, la haine est un serpent fatal qui glisse dans l'entrelacs de tes veines. Son poison te donne ces hallucinations, cette folie. Tu n'es plus un être humain qui pense. Tu ne penses plus, donc tu n'es plus... toi même. Après la cérémonie du dernier repos de ta mère adorée, tu as acculé un sombre complet, un homme en costume, un croque-mort, t'agrippant de tout ton minuscule corps au sien. Il fallait un coupable, une victime, à ce courroux te pourrissant les tripes. Mais c'est une eau salée qui tua celle t'ayant choyé, poussée par la mégarde, une mauvaise marée, une promenade sans retour. Elle flottait comme l'Ophélia étendue dans ses nattes défaites lorsqu'on la cueillit. Une si douce rose blanche aux pétales chiffonnés. Ô l'impossibilité de se déchaîner contre les éléments. Cette frustration immense. Cet abus et cet égocentrisme. Les échoués hantant les sables sont autant nombreux que les coquillages. Tu l'avais oublié dans ton inconscience bienheureuse. Personne n'aime voir son bonheur couler. Ô Lisette, cette violence n'est qu'un dernier rempart à ce refus qui t'empêche spirituellement d'avancer.

III – Le Marchandage

« Maman est morte ? Vraiment ? En l'attendant, elle va revenir. Si j'espère, si je prie, si j'ai la foi. » Qu'il est touchant l'usage de ce conditionnel Lisette. Les réalités ne sont plus les mêmes depuis son départ précipité. Aussi, tu te raccroches encore à ces souhaits anorexiques que même l'éventuel divin ne pourrait accorder. Tu jeûnes des fois, perpétuant d'étranges rituels. Tu dérobes tantôt une barque pour traquer dans les eaux impitoyables une trace, une preuve qu'elle a vécu. Peut-être un fragment de tissu, un peu de sa salive diluée à l'écume... Des attestations de vie qui pourraient ranimer son corps sous terre. Elle est passagère cette hésitation, ce oscillement entre l'aveuglement et la peine avant de s'y résoudre. Mais ce n'est qu'un échelon de plus au processus, que ton cerveau codifié comme les autres suit. La peine est encore ankylosée pour que tu en ais seulement conscience.

IV – La Dépression

« Maman est morte. Que faire ? Qu'en penser ? » La douleur t'a achevé au moment ou tu t'y attendais le moins. Après tout juste un mois que la tombe maternelle ne fixe les dates désormais immuables. Réalisant, abruptement qu'elle ne reviendrait jamais. Constat latent. Ta psyché a déloqué que tardivement les verrous de cette vérité létale. Puis les couleurs, les senteurs et les sensations se sont affadies. Ce printemps n'était pas bariolé de fleurs vives, d'oiseaux heureux. C'était une saison hors du monde, une planète étrangère aux sentiments atrophiés. Étais-tu humaine à ce moment ? Tu en doutais en te contrefichant du reste. Les choses aimées, les tourments, les pertes, tu ne savais quelle sensations leur donner. Comme si ton raisonnement s'était gelé à l'arrivée des giboulées de mars. Mère. Même ce nom tant chéri se teintait d'indifférence cinglante. Les rivières lacrymales ont versé tes émotions trop véhémentes. Amorphe, léthargique, symboliquement morte, ce vide béant tu le partageais avec son univers à elle. Pauvre lueur transparente à ton regard. Tu avais cette impression qu'elle venait te bercer le soir. Quand même la perspective de rejoindre Morphée te semblais une épreuve, une confrontation de pensées pénibles. Dors Lisette. Laisse toi tenter par cette rêverie, que seul le temps pourra enjoliver.

V – L’Acceptation

« Maman est morte, c'est ainsi. » A l'époque de l'ablation de ta matrice d'origine, jamais tu n’aurais cru énoncer la réplique aussi placide.  La blessure était infectieuse, beaucoup trop à vive, n'est-il-pas ? Le temps n'a pas était la gangrène pernicieuse que tu craignais, mais bien ton ami. Pansant, refermant les plaies du chagrin. La disparition s’insérait en fait irrévocable dans ton encéphale enfin enclin à se libérer du mensonge. Quelques birbes se perdaient, le timbre de sa voix, son odeur qui s'était évaporée des draps, la tiédeur de ses épaules sur tes joues tristes. Mais l'amour restait dans son visage imprimé sur ton myocarde, dans les sensations, les souvenirs. Tu avais été le témoin de son existence et n'en finirais jamais remercier le ciel d'avoir été sa fille. Pouvait-elle te surveiller avec ses iris azur, perdue dans l’immensité céleste ? S'ils y étaient, tes yeux à toi regarderaient toujours les siens. Sereins. Préservant la mémoire. L'incarnant aussi. T'en allant vers cette vie qui t'appelle, puissante, magnifique, inouïe. La vivant pour elle. Car c'est dans la tendresse de ses gènes que son existence se prolongeait, d'une certaine manière.


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J'ai souri à défaut de pouvoir secouer les bonnes émotions et les forcer à cesser de m'empoisonner le ventre. C'est ainsi que je me suis lancée à la poursuite des autres ; j'ai déversé des rivières d'amour et dans un de ces cris du cœur venus ébruiter des souffrances jusqu'alors contenues, je fus entendue... ©️ CSS by Grey
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Mar 1 Sep - 21:18

« Les cieux, ils étaient de cendre et graves ; les feuilles, elles étaient crispées et mornes — les feuilles, elles étaient périssables et mornes. C’était nuit en le solitaire Octobre de ma plus immémoriale année. C’était fort près de l’obscur lac d’Auber, dans la brumeuse moyenne région de Weir, — c’était là, près de l’humide marais d’Auber, dans le bois hanté par les goules de Weir. »


La respiration courte, irréellement faible, aussi lourde que la vapeurs blanche de l'hiver, s'échappant d'un corps chaud en constante froidure, aussi légère que cette même fumée qui, de tes fines narines parfois s'échappe..Tes doigts referment, l'un d'entre eux glissant parmi les pages de ces éclats de pensées aux bavures sombres,le livre à la couverture noircie par le temps, écornée par les mélancolies  d'une couche refroidie d'absence.

L'air est épais, froid, tels une chape qui couvre tes épaules menues, recouvertes pourtant d'un fin voile de sueur luisant, décorant ta chaire blanche et douce de perles brillantes. Tu trembles. Les iris perdues, errantes dans l'atmosphère de ta chambre, les pensées mornes..paralysées. Nuit d'Octobre, tu n'attendais pas ce moment, et l'horloge massive, te juge de son œil unique, te fixe de son égrotant éclat blanc. Osseux. Fait résonner dans cet humide cachot psychologique, l’égrènement du temps, tels les claquements de sabot de la calèche mortuaire de Londres. Ticquements, tacquements, grincements..  Tu te balance d'avant en arrière, ta seconde main sur le rebondis de ton ventre, caressant l'étoffe de velours élimé d'un rouge taché. Ton pouce effleurant là où son dernier geste palpable avait pris vie, cherchant un échos au battement sourd , gourd, de ton cœur gelé.

Un petit garçons, aux cheveux noirs, peut-être aux yeux verts. Doué, charmant, comme tout les êtres juvéniles courant dans les rues, finissant par te tourner la tête de ses malices,la voix chantante, bien qu'a sa vie débutante, débutant hurlante. Des mains parfaites, écorchées parfois..qui serraient les tiennes avec la force douce de l'enfance, couvertes l'hiver, de gants qui se couvrent de neige, de terre et de boue. Il t’entraîne en tournant, dans une ronde dont seul les inconscients bienheureux ont le secret, et son rire résonne..résonne à tes oreilles avant de se briser en milles épines de verre, venant se ficher dans tes tripes.

Le silence domine la pièce, la nuit vieillissante ne permet toujours pas à la lumière de l'aube de percer dans la ruelle qui souligne le seuil de ta porte. Elle ne fais que s'affadir sur les étoiles, aveuglant le possible réconfort qu'elles ne purent ainsi t'offrir. Ta main s’aplanit sur ton abdomen rebondit, ton visage exsangue passe une grimace sous l'effort, ta paume glissant sur la courbe afin de venir la soutenir. Soutenir cette sensation de vide..

Pas après l'autre, tes bottines se passent et dépassent Lentement, tu relèves la tête, entre dans la Nuit d'un pas titubant, lent, et seule, tu débutes ta Passion.

Tu ignores combien de miles te séparent de la porte de cet endroit qui sera pour ton cher être , aimé depuis sa création, le premier renflement de tes entrailles , indicateur d'une vie nouvelle, sa porte du Purgatoire.
Sur les rebords de la Tamise, sont des endroits aux esprits encore palpables, vibrants d'une tristesse et d'une faim infinie. Un dédale de lieux, d'usines abandonnées, déjà rongées alors que l'ère ne fait que débuter. Paysage désolé, de machines abandonnées, rouages et leviers..c'est une atmosphère putride, de vase et d'eau de mer souillée par le sang, au goût de cuivre, dans laquelle patientent et ruminent des monstres de silence et de chaînes branlantes.

Ta silhouette penchée, gauche, se fraie un chemin intimidé entre ces enchevêtrements de rues misérables et désertes, occultées même de la beauté lunaire, imperméables à la chaleurs du jours, et transie d'un froid glacial et impartial. Un hall de la mort couvert d'une poussière dizainière, des champs d'acier calcinés sur lesquels règnent les cheminées immenses, couronnées d'une suie noire que la triste pluie de Londres fait couler comme le maquillage sur tes pommettes.

Tu demeures trop étourdie, assommée pour comprendre que ce qui noue tes tripes n'est pas que le chagrin, mais aussi la peur inspirée par ces terres désertées de toute humanité, à la puanteur aussi vomissante que celle de la chaire putréfiée de ces milliers d'enfants anonymes et déformés dans laquelle ton cher petit va fusionner.

Comme par empathie, les araignées te couvrent de leur toiles, vaines tentatives de réchauffer ta nuque offerte, marbré de mèches brunes que la transpiration enfiévrée colle sur ton blême épiderme.
Sous ta semelle, ricanant, les éclats de verre brisé soulignent les fenêtre brisées que tu ne peux voir, tant elles sont hautes, masquant le ciel, étouffant en couloir exra-murros. Des labyrinthes constitués d'entrepôts aux centaines de mètres de long, tachés d'humidité. Même ta marche de la honte s'efface dans ce temple impie d'impiété et de cendre mouvante, tombant comme une pluie de souvenirs, grisant ta chevelure d'adolescente. Poutres et conduits passent au dessus de ta tête, te rappelant ton insignifiance..pesant sur toi comme le poids que tu portes.

Tes deux mains lient leurs doigts, supportant ton ventre engourdis, qui ne ressens, te semble t-il, plus rien.

Jadis, tu y as cru,à l'amour sincère,la friction enchanteresse d'une peau élue contre la tienne, choisie entre mille, mais..cet éclat de bonheur avait finis par pendre sur une potence, et lentement, ne forma qu'un point de lumière, dans un horizon enténébré. Un sanglot t'arrache la gorge, et tu t'adosses aux briques râpeuses qui griffent ton tendre dos trop étroit, la viscosité de la crasse qui étreignait ta peau de baisers noirâtres. Le trottoir n'est plus qu'une plaie sur la route, et tu te tiens sur ses lèvres..une gueule béante qui ne demande qu'à te voir choir entre ses mâchoires de couvrement usé, aussi fatigué que ta matrice pourtant si jeune.

-Dolorescence Street-

La voix nimbée , floutée par l'opium que t'avais fait inspirer une voisine bien-voulante, résonne encore dans ton crâne. Les lettres de chaque ruelle semblaient effacée, rongée ou couverte d'une couche noirâtre..comme des giclures, des vomissures plus sombre que la cendre. Une tache, parfois deux..les humeurs corporels aimaient les ballades de Payne Street et ses cousines avenues des horreurs. Tu tournes, recules..non..Tout ces mots te narguent dans une poésie macabre, te faisant danser, tourner et virer.. Tu n'es qu'un pantin au milieu de géants abandonnés aux appétits de taille égale. Tes pupilles en sont presque à la révulsance , mais un détails les poses et immobilises alors sur un éclat grisâtre surmontant de la terre rouge et suintante : Dolor Street . La rue de la douleur viscérale.

Elle s'enfonce, serpentine, entre deux usines désaffectées. Couverte par le ciel qui se révèle enfin, d'une façons soudainement trop vaste..le ciel et lourd et bas, et pèse comme un couvercle... L'entrée du passage est bordée de lambeaux de journaux à l'encre baveuse, et de détritus , gardien de ce qui révèle une porte brinquebalante et fendue, sur laquelle, accroché à l'antique heurtoir désagrégé, une plaquette de bois au nombre 67 peint d'une main pressée. Un morceau du pavement la tiens entrebâillée, et tu n'oses plus approcher, alors qu'elle aspire l'air en elle.

Dans le silence alors assourdissant, des tintements métalliques parviennent à tes oreilles, invitants, ensorcelants, et terriblement repoussants. Tu retiens ton souffle, que la bâtisse abjecte ne te le vole pas aussi, et tu entres, machinalement. La moiteur de tes jambes fait glisser tes bas, ta respiration devint audible, rauque. Pourtant, à l'intérieur de cet hospice clandestin, règne un air frais, bien que stagnant, et chaque meuble exsude une odeur âcre de sang et de tripe, de vomissure et de fèces. Ton visage d'enfant parcoure la pièce, ton fard coule sous les larmes qui jaillissent en silence. Et tes yeux se posent sur la table de métal et ses lanières de cuir.

Tu avances. Te couche. Et tes membres se retrouvent ceints, tes cuisses fines d'adolescente non finie, écartés par des membres froids. Ta poitrine se soulève, écrasée par le corset lâche qui permet à ton dos de ne pas se voûter sous la violence soudaine qui te perce le corps. Note discordante,brûlure empoisonnée. Les mains te retiennent, froid, tu sens leurs grippes arachnéennes sur tes épaules, tandis que les crochets industriels entrent et se plantent dans le nid amoureusement bâtit, hameçonnent le corps presque terminé de ton être aimé, le décollant, grattant, pour finalement, l'arracher en un hurlement de goule.Tes yeux ne peuvent se fixer sous la douleur, et ils parcourent ce qu'ils peuvent. Une voûte d'acier, aussi arrondie, arcaturée que ton corps déformée, une salle immense, comblée, camouflée par des agrégats de machines orphelines a l'aspect de chair momifiée, des enfilades de crochets effilés, destiné aux bouchers..

Et sous les pleurs, les hoquets, tout devint alors blancs, silencieux..Et tu le vis contre toi..Tes beaux yeux verts s' écarquillèrent en voyant combien les siens leur ressemblaient..Tes mains délicates et tremblantes vinrent caresser la pommette humide, tachée de sang, tes doigts se glissèrent contre les fils de soie qui décorent son crâne encore mou..ton enfant à la peau bleuie.
Avants ton baiser, c'était la Mort qui avait posé les lèvres sur son front, ton ventre n'ayant pu le protéger de la Grande Faucheuse. Et si la chaleur l'habitait contre tes seins lourds, il ne s'agissait que de la tienne, qui le quittait pour le laisser rois. Le quittait pour le laisser froid.

Jamais tu n'entendis ses pleurs. Jamais ne retentit son rire. Tes mains le lâchèrent,  et sans soutient, son petit corps chût, sans un mot, dans la poussière organique qui hantait les lieux, rejoignant les centaines d'enfants abandonnés à cette ville habité par la cendre des souvenirs, les poussières des indésirés, et des descendants mort-nés.

Déchirée, une troisième, et dernière fois.

Tu ne pus faire que le chemin inverse, lorsque l'inconscient ne fut plus assez inconsistant pour rester un refuge, et que tes jambes poisseuses puissent, bien que tremblantes, te porter, toi et le poids qui t'ayant quitté, en devenait sourdement lourd. La Nuit vieillissante était désormais à l'agonie, et la chaleur qui, par traînées rosées dans le ciel, rendait vie à ce qui t'avais semblé n'être qu'illusion, ne réchauffa tes joues, ne leur rendit aucune couleur. Plus jamais.

Tes mains n'avaient plus désir à porter ta matrice crevée, cette bulle explosée, et ta paume rasait les parois amicales qui te guidèrent jusque ta demeure. Affamée, hagarde, tu y repris place, comme si la nuit n'avait été témoin que d'une pathétique tragédie. Mais ton visage livide, tes yeux cernés de rouge.. Tu repris le livre à la couverture noire, en effleurant le carton intime de la pulpe des doigts, comme tu l'avais fait avec le crâne de ce tout-petit sans nom, qui avait rejoins les anges par la porte oubliée. Et au travers des larmes, les lettres de nouveau nette s’inscrivent sur ta mémoire, afin de le nommer.

Alors mon cœur devint de cendre et grave, comme les feuilles qui étaient crispées et mornes, — comme les feuilles qui étaient périssables et mornes, et je m’écriai : « Ce fut sûrement en Octobre, dans cette même nuit de l’année dernière, que je voyageai — je voyageai par ici, — que j’apportai un fardeau redoutable jusqu’ici : — dans cette nuit entre toutes les nuits de l’année, ah ! quel démon m’a tenté vers ces lieux ? Je connais bien, maintenant, cet obscur lac d’Auber, — cette brumeuse moyenne région de Weir : je connais bien, maintenant, cet obscur lac d’Auber, — cette brumeuse moyenne région de Weir : je connais bien, maintenant, cet humide marais d’Auber, et ces pays de bois hantés par les goules de Weir ! »

Octave..
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Mar 1 Sep - 21:35

A chacun de mes pas résonnent les cris désincarnés de ceux dont l'âme viciée se comprimait dans des carcasses de fer, ceux dont les mains opalines agrippaient le sol en hurlant lorsque le contact du Divin les précipitait vers les abysses. Je ne lance pas un regard pour ceux qui, plus jamais, ne verront un soleil se lever, pas même une prière pour les accompagner dans l'après vie. Je mets fin la vie dans la mort, celle qui, à chaque fois, se dérobe au toucher de la Faucheuse, contraints de parcourir le monde en une errance éternelle, piétaille d'un Prince, qui pour une Rage primordiale, condamne les jours à l'extinction.

Portant la croix la plus lourde qui soit parmi les fardeaux des mortels, élu d'un Seigneur honnit par les siens, par les stigmatés louant un déchu parricide. Transgressant le sixième commandement sous la bannière des croisés. « Tu ne tueras point. » mais les hurlement résonnent et la souffrance reste la même, les gens meurent et le roman continue, l'encre ne cesse de couler, pareille à l'ichor écarlate, le fluide de vie qui abreuve les entrailles du monde, où les martyrs se fendent de leur dernier soupir.

Le vent souffle, et il disperse les cendres, soulevant des panaches sombres qui nous occultent la vue, dessinant les concours de la robe de la consœur de la Vie, un voile annonciateur de la fin des temps.  Une toile d'un blanc maculé par la poussière et le sang, le trop macabre baptême de ceux qui n'ont jamais volé fait s'abattre l'épée de Damoclès. Mais nous étions des vétérans, habitués à purifier les corrompus, à promettre rédemption à ceux qui, par volonté inavouable de défier leur créateur, ont pactisé avec le diable.

Nos cœurs étaient anesthésiés, à l'abri dans une cage de glace éternelle, nous n'en souffrons plus lors de la clameur des batailles. Difficilement, je pouvais me souvenir du nom des personnes que j'avais sauvé, de celles que j'avais laissé mourir dans la fièvre de la guerre. Parce qu'au fond, je le savais seule une voix parmi celles des hommes pouvait ainsi briser les chaînes qui condamnaient mon organe, elle seule pouvait ainsi abattre toutes mes défenses, mettre un terme à mon invulnérabilité, faire marteler mon cœur empli par la crainte contre ma poitrine recouverte de cicatrices blanchâtres.

Et elle retentit en un hurlement déchirant.

Les cordes vocales tremblent, suppliantes, un timbre riche d'une agonie funeste qu'elle ne pouvait, qu'elle ne devait pas connaître. La plainte étouffe les autres sons, envahit chacun de me sens, et bien vite, l'adrénaline obscurcie ma vision lorsqu'elle plante ses griffes ivoirienne en mon être jusqu'à atteindre mes synapses. Et je cours, je me précipite sans que je ne puisse me maîtriser, je me détourne du cycle de mort et de renaissance, pour partir à sa rencontre, celle qui avait donné un sens à ma vie souillée par le vice, celle à qui j'avais donné mon cœur et qui m'avait confié le sien, celle qui me trouble comme aucune autre ne l'avait fait jusqu'alors, celle dont le toucher est électrique, dont la voix est une véritable mélodie lorsqu'elle me murmure au creux de mes oreilles, dont les yeux hantent mes nuits et le sourire, mes plus doux rêves, celle qui m'aime et parfois me fait perdre toute raison, celle pour qui j'aurais donné ma vie sans sourciller, sans marquer la moindre hésitation si le choix m'était donné, un dilemme pareil à celui des tragédies grecques, riche d'opportunité, mais nous laissant en spectateur impuissant lorsque les événements deviennent incontrôlables.

Sa cage thoracique s'élève et s'abaisse en un rythme irrégulier, chaotique, sous l'impulsion de la peur et de l'agonie,  son regard pareil à celui de l'ange qui voit le sol se rapprocher inévitablement
lors de la chute des siens. Et lui qui se tient à ses côtes. Le Faiseur, figure païenne que les hommes n'ont de cesse de matérialiser dans le vain espoir de marchander avec la mort. Il sourit, face à mon visage horrifié.

Seul, au centre du Pandémonium, dans les bras de l'agonie, à genoux face à la Désolation, mon regard est plongé dans les iris mordorés de celui dont les mots ont mit un terme à mon existence.

« Autodestruction. ♥ »

Et c'est le monde que j'entends s'écrouler autour de moi.

Comment décrire l'horreur, la terreur visible dans ses yeux, mes lèvres ouvertes en un cri muet qui ne pouvait traverser la barrière de ma gorge comprimée, mes jambes se mouvant seule vers la martyr, mes bras s'élançant vers elle pour l'enlacer, pour devenir l'ancre harponnant la réalité à un cauchemar innommable, moi qui n'implorait que de sortir de cet enfer onirique, loin de ce drame qui ne pouvait, ne pourrait jamais devenir réalité, entre déni, rage, effroi et sanglots, cette alchimie trop instable, ce poison insidieux qui s'écoulait dans mes veines sans que je ne puisse m'en purger ?

Comment décrire cet instant où le plus atroce des songes ne fut plus une chimère ?

Je ne le pouvais pas, pas le moindre son ne pouvait résonner dans l'atmosphère, désormais, je ne pouvais plus entendre les sinistres cris des loups de fer hurlant à la lune. Je ne pouvais que voir mon enveloppe charnelle se diriger à pas mesuré vers le Comte au sourire éclatant, vers ce diable vêtu d'habits de lumière, vers celui qui, se comparant au Dieu vengeur, m'avait tout prit, la seule personne qui ait jamais réellement compter à mes yeux, la seule personne pour qui j'étais prêt à tout sacrifier, la seule personne dont l'absence m'était insupportable, la perte, inenvisageable, inconcevable, la seule personne qui, en disparaissant, briserait à jamais les fragments ré assemblés de mon être brisé.

Alors, je me mis à hurler.

Et c'est l'Ange qui vint à la rencontre de la bête, joute céleste dont la lance bleutée semblait prendre source dans mon chagrin. Le Cristal exsudait, mon corps était une marionnette, le catalyste d'un pouvoir avide de mettre un terme aux méfaits de celui qui avait annihiler ma raison. Je ne pouvais penser à l'impensable, nommer l’innommable, je ne pouvais que hurler, me purger de cette rage primale qui détruisait mon corps à mesure que la folie s'insinuait dans mon esprit décadent

J'avais un cœur

Désormais libre de ses entraves, battant de rage et de haine, alimenté par mon besoin de vengeance.
Combien de fois lui avais je dis que je l'aimais, combien de fois l'avais je tenu contre moi, combien de fois l'avais je embrasser, combien de fois nos corps et nos lèvres s'étaient unis, combien de fois avons nous observé le monde dans sa beauté la plus nue, la plus pure, combien de fois l'avais je vu sourire, combien de fois l'avais je entendu rire, pleurer, combien de fois avais je séché ses larmes, combien de fois nos mains s'étaient lié, combien de minutes, d'heures, avons nous gâché ?
Lui avais je dit que je souhaitais, avec elle, parcourir l’éternité ?

Lorsque tout sera terminé, alors, je ressentirais.

Alors je regretterais ces moments et ces non-dits.
Alors je me mettrais à pleurer.

Mais ce n'est pas l'heure.

Pour l'heure, il est temps de dispenser la douleur, de semer ma souffrance, je devais accomplir mon destin, paladin d'une quête perdue d'avance, bouc émissaire sacrifiable, attendant la levée du couperet pour que la flamme vacillante ne soit soufflée, et que les restes de sa mémoire rejoignent enfin celle de sa dulcinée.

Pour l'heure, il est temps de faire face à la mort.

Une dernière fois encore.

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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Mar 1 Sep - 23:46

Il était là, assis sur l’un des murs blancs de l’Arche des apôtres, celle qui l’avait accueilli après les évènements qui l’avaient fait fuir la Congrégation de l’Ombre. Sa silhouette mince et sombre tranchait de son ombre le paysage éclatant qui s’offrait à la vue, comme une tâche d’encre de chine qui soudainement venait embrasser le grain d’une feuille d’imprimerie. Aucun son ne semblait exister dans ces lieux trop parfaits, fragment oublié du jardin d’Eden, de ce paradis désormais inaccessible qui ne laissait plus dans leurs cœurs qu’un sentiment douloureux de peine et de nostalgie. Seul le bruit du vent se faisait audible, venant caresser les murs de neiges et les cheveux sombres de l’ancien exorciste, masquant ses yeux de mèches brunes. Rien ne semblait transparaître dans son sourire, inexistant, ou sur ses traits pâles et absents.

Combien de temps était-il resté là, assis ainsi à l’écart, ses jambes pendant dans le vide ? Lui-même ne le savait pas, ne le savait plus, tout entier tourné vers ses souvenirs qui dansaient en une valse tendre et triste autour de lui. Une voix ne cessait de le hanter, encore et toujours, faisant vibrer si fort ses tympans qu’il avait l’impression de pouvoir encore le voir, le toucher, l’étreindre. Comme si tout cela n’était rien d’autre qu’un de ces énièmes cauchemars qui le réveillaient en sueur dans des draps autrefois teintés de nuances chaleureuses.

Mais l’amère réalité n’aimait ni les mensonges ni les pâles illusions naissantes créées par un cœur en détresse. Et de nouveau, la main de la vérité claqua des doigts avant de les glisser sur la gorge marmoréenne du breton, faisant naître cette boule immense, froide et désespérée, qui empêchait de respirer, l’obligeant à revoir le spectacle macabre de son impuissance. De ses dents acérées jaillirent des paroles glacées, cruelles, des paroles aux reflets d’acier, poignards invisibles et meurtriers qui se plantèrent dans la chair de l’ancien aveugle, transperçant son âme en autant de coups assassins que de syllabes ensanglantées. Ici, nulle pluie ne venait aider le supplicié à se laver de sa peine, douce caresse apaisante de l’eau du ciel, juste la solitude mortifère et le silence destructeur qui affutaient les lames et empoisonnaient les plaies. Ici n’existaient plus que la douleur et ce déchirement horrible qui scindait son être en deux parties hurlantes de désespoir, engluées de remords et de larmes.

Lentement, Aon se recroquevilla, ramenant ses genoux contre son torse, y déposant son front dans une vaine tentative de se protéger. Mais te protéger de quoi, pauvre petit être perdu dans une souffrance si forte que tu croyais mourir à chaque seconde passant dans la course infinie du temps ? Tes efforts étaient plus terribles encore que cette peine qui menaçait de t’engloutir. Car tu savais que cela était vain, totalement vain, et que ton cœur qui se détruisait lentement en des milliers d’éclats allait finir par te faire, toi aussi, mourir au sein de ces murs plus éclatants qu’une quelconque lueur divine que tu n’espérais plus.

Un gémissement tragique s’échappa de la barrière craquelée de tes lèvres, accompagnant de manière pathétique les larmes qui, perles d’eau salées par la peine, s’échouaient sous tes paupières pour mieux glisser sur ta peau pâle en de sinueux chemins aussi brûlants que s’ils eurent été créés sous des gouttes d’acide. Ta chair se marquait chaque jour un peu plus de ces sillons chauffés par la glace, traçant des arabesques rougies et creusant les déchirures cachées derrière le masque de tes muscles. Les sanglots agitaient ta poitrine alors que les perles humides se fracassaient à terre dans une lancinante mélopée venant battre la mesure de ton effondrement progressif. Déjà l’appel du vide te tendait les bras, te murmurant à l’oreille des paroles rassurantes et dangereuses, faisant miroiter, sous la lumière de ce jour agonisant, un espoir plus destructeur que les ombres les plus meurtrières. Tu voulais tant le rejoindre, quitter là cette terre que tu abhorrais depuis tant de temps, quitter ce monde qui t’étranglait à chaque pas. Tu avais l’impression de n’être qu’un condamné en sursit, que l’air n’était plus qu’un immonde poison qui te détruisait lentement les poumons. Tu n’avais de toute manière plus la force de te battre. Pourquoi faire, et à quoi bon ? Cela faisant tant de fois que tu avais échappé à la mort par la grâce d’une main tendue que tu avais sans doute fini par dépenser toutes tes chances. Il suffisait juste de te lever, là, ici, au bord de ce haut mur, de goûter quelques secondes à cette fin de journée plongeant dans la palette sanglante de l’astre solaire se couchant au loin… Et de te laisser tomber, simplement, tragique oiseau sans aile s’élançant vers le sol, quelques mètres plus bas. Tu fermerais les yeux, laissant échapper tes ultimes gouttes d’âme en peine, avant de sombrer rien qu’un instant dans une douleur immense, te noyant dans cette terre que tu haïssais tant, lâchant alors ton dernier souffle dans les bras accueillant du néant.

Lentement, les larmes du brun se tarirent alors que ses yeux observèrent le crépuscule, détaillant les couleurs d’or et de pourpre accrochées aux fins nuages parcourant l’étendue céleste, elle qui délaissait l’azur pour se parer de ses teintes de nuit. C’était durant un de ces interludes que Wisely lui avait fait la promesse de ne jamais le laisser seul… Triste promesse désormais bafouée par cette guerre qui l’avait enlevé sans préavis, fermant ses paupières à tout jamais face aux yeux de son amant qui, impuissant, le suppliait de rester et de ne pas le laisser.

Il le voyait encore, ce visage aux cheveux blancs, lui esquisser un maigre sourire, faiblement, douloureusement, un trou béant perçant sa poitrine et y laissant naître une funeste fleur de sang dont les pétales se mirent à glisser jusqu’à terre dans un silence assourdissant. Plus rien d’autre n’existait pour le brun en larme que les yeux de son amant, ces iris si purs qui venaient doucement à pâlir et à s’embuer. Leurs larmes se mêlèrent, désespérées, hurlantes de détresse, l’ancien aveugle suppliant chaque entité qu’il connaissait de ne pas emporter le Noah tombé au front, sa voix s’éraillant sous ce froid immense qui lui saisissait le cœur. Il ne voulait pas le laisser partir, il ne voulait pas le perdre, retenant contre lui ce corps tant aimé, couple brisé ployé sur le champ de bataille noirci par le sang et le poison des akumas, deux êtres à jamais brisés refusant la terrible évidence assise à leur côté et dont les doigts osseux caressaient le torse de l’apôtre sombre qui venait de tomber.

Mais bien fous de douleur sont ceux qui espèrent obtenir un répit de la part du faucheur. Déjà, le souffle de Wisely se faisait infime, fragile, son corps se laissant envahir par cette chape de glace sinistre et tendre. Aon le sentit, son cœur s’arrêtant sous le choc pour violemment repartir quelques infimes instants plus tard. Un long gémissement franchit ses lèvres. Sa voix s’emballa dans une litanie de refus de plus en plus éperdue, refus inutiles se fracassants en débris sonores sur la lame noircie de la mort funeste.

Le Noah de la connaissance s’éteignit quelques secondes plus tard dans les bras de l’ancien exorciste, après quelques murmures que le brun n’entendit pas. Ses larmes glissèrent calmement sur ses joues, s’échouant sur la peau glacée de son amant à jamais prisonnier de son tombeau de glace. Le breton sentit son cœur se briser violemment en de multiples morceaux ensanglantés qui tombèrent au sol dans un fracas de cristal. Le silence se posa durant quelques secondes sur cette scène de bataille ridicule qui semblait s’être figée, triste illusion de celui qui se mit à hurler de détresse, arrachant les ailes grises de l’absence de son.

Son hurlement semblait sans fin, sans limite, tout comme la peine qui venait, cruelle, enlacé ce corps vibrant de douleur laissé à ses appétits funestes, plongeant ses doigts noirs dans sa poitrine afin d’en retirer la machine à sentiment, prenant entre ses ongles les rouages fragiles se déliant sous son action. Elle sentait le réceptacle se briser, la faisant sourire doucement alors qu’elle le replaçait à sa place. Bien des hommes et des femmes étaient passés entre ses bras de cendre et de larmes, beaucoup finissant par l’abandonner tandis que d’autres restaient pris au piège de son emprise, se consumant de cette douleur qui ne faisait que grandir et qui finissait par les dévorer. Elle savait déjà quelle était l’issue pour cet homme resté prostré sur le cadavre exsangue, continuant de hurler jusque dans les limbes de l’inconscience. Doucement, elle déposa ses lèvres sur son front avant de le laisser seul, allant répondre à d’autres appels tout aussi désespérés.

À l’horizon, le soleil finissait de se mourir dans le même silence que celui assourdissant ces souvenirs, soulignant les fins traits d’eau salée glissant sur la courbe de son visage épuisé. Tes cernes violets creusaient tes yeux, y déposant la triste pensée, pauvre fleur pâle et mortifère empoisonnant ton sommeil et tes rêves. Tu ne pouvais plus dormir, revivant sans cesse le même cauchemar, la même impuissance, la même haine de toi qui t’extrayait sans vergogne des bras de Morphée pour te jeter à terre, pathétique pantin de chair tentant d’expier une faute qui n’en était pas une. Tu ne te débattais plus pour t’échapper de ces ombres parsemant tes membres, grandissant chaque jour un peu plus, arabesques grotesques et mortifères peignant leur emprise sur ton épiderme blafard, sur tes nouvelles cicatrices encore rougies du sang ayant coulé à terre. Mais peu importe maintenant n’est-ce pas ?

Tu te relevas, doucement, malhabilement, ton corps gémissant sous cet effort, te retrouvant debout, observant la ville de l’Arche, ses rues et ses maisons si blanches. Un sourire tendre traversa tes lèvres gercées. Tu aurais tant voulu que les choses ne se finissent pas ainsi…

Doucement, Aon se mit à chanter un Lacrimosa. Le même Lacrimosa que celui qu’il avait utilisé lors de sa première rencontre avec le Noah de la connaissance. Cela lui paraissait si loin maintenant, si… Irréel. Il se souvenait de leur combat, Innocence conter Mémoire, de leurs efforts respectifs, de la douleur et de ce qui suivit par la suite. Sa voix valsait tendrement dans les rues et ruelles, les notes dansant dans l’air frais du soir, jouant avec le léger vent soufflant dans l’Arche. L’ancien aveugle ferma les yeux, mettant dans ce chant tout son art et toute son âme. Ce n’était qu’un faible cadeau d’adieu, un cadeau éphémère et sans valeur réelle, mais c’était le seul qu’il pouvait faire, le seul qu’il pouvait offrir à cette ville autrefois enchanteresse, la blancheur des lieux ne parvenant plus à atteindre ses yeux voilés d’un écran de cendres amères.

Une ultime vibration trembla dans l’air frais du soir, étoile filante bien vite tombée à terre, sombrant dans la noirceur de cette nuit sans lune et sans repère. Ton souffle mourut sur tes lèvres, fine buée blanchâtre vite engloutie par l’atmosphère si calme de la ville. En haut du mur, tu te mis à tanguer, silhouette trop fine pour être encore vivante, mais trop vivante pour laisser à ton âme la possibilité de s’envoler.

Et dans ta poitrine, tu sentis le métronome s’arrêter, et ton cœur se briser. Quelques larmes coulèrent à nouveau alors que ton enveloppe charnelle, attirée par la gravité, chutait vers le sol dans le silence attentif de l’Arche. Ce n’était rien d’autre qu’un abandon, un triste abandon qui se terminera d’ici quelques secondes, au cœur des pavés trop blancs que ton sang viendra teindre comme autant de pétales rouges éclatés à terre.

Mais ton cœur s’arrêtera avant l’impact, finissant de se déchirer au creux de ta poitrine, pauvre réceptacle de cristal qui ne pouvait plus tenir cette peine infinie. Dans un demi-sommeil, une dernière bribe de conscience, tu crus le revoir, avec son sourire, sa voix, sa présence.

- Wis…

Un sourire doux se glissa sur tes lèvres alors que les ténèbres t’engloutirent.

Dans la nuit, le bruit de ta chute marqua l’acmé finale du requiem de ta vie.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Mer 2 Sep - 1:35

[OS non-participatif - juste pour le plaisir.]

Akane, il faut que je te parle.
Tu peux t'asseoir un instant ?

La pluie s'abat avec force sur le sol. Les jambes dans le vide, assise sur un rocher, tu laisses ta robe s'imbiber d'eau, le tissu noir se gonfler et s'alourdir. Tu n'en as cure. Tu ne comptes pas bouger d'ici avant un long, très long moment ... Seule, le vent se permet de venir jouer avec tes cheveux, attachés pour l'occasion en deux longues couettes, l'autorisant ainsi à en détacher quelques mèches éparses. Elle roule sur ta peau largement découverte, sur ton visage, tes bras et tes jambes barrés d'une infinité de cicatrices. Il ne te faut guère de temps avant de finir trempée. Ton visage est humide. Tu le tournes vers le ciel, pleurant lui aussi, dirigeant tes iris rougeâtres vers la lune qui ne peut que rire en te voyant, pâle être à moitié vivant, coupable de tant de péchés et de vices que même toi tu ne saurais les énumérer.

Voilà, il y a quelque chose que tu dois savoir.
J'aurais préféré ne pas avoir à te l'annoncer.
Pas comme ça. Pas maintenant.

Tu as l'impression d'être ici depuis des jours. Pourtant le jour ne s'est pas encore levé et tu es arrivée ici à la nuit tombée. Comme ce fameux jour où tu es revenue d'un mois passé en Afrique, seule, à la recherche de possibles compatibles, où tu pensais que ton retour ne se serait pas remarqué. Soupir à l'évocation de ce douloureux souvenir. Le sang tâchait tes vêtements, après ton retour il tâchait tes doigts et les murs. Tristesse, colère, désespoir, épouvante, accablement, incompréhension, tant de mots pour exprimer ce que tu ressentais et pourtant, rien ne t'est venu dans l'instant. L'esprit vide, le corps lourd de larmes, faisant face à celui qui, bien malgré lui, apporte le désespoir en ton coeur. Et pourtant, pourtant tu l'aimes, tu l'aimes cet homme, tu donnerais ta vie pour lui. Mais en cet instant, tu aurais donné ta vie pour ne pas entendre sa voix.

Mais il faut que je te le dise.
C'est important. J'aimerais que tu me portes toute ton attention.
Tu sais que je ne te mentirais jamais, n'est-ce pas ?

Longtemps, tu as vécu dans le déni total. Refusant chaque mot, cognant chaque personne qui osait prétendre le contraire de ce que tu refusais d'admettre. Tout n'était que purs mensonges, tristes coups bas pour te descendre un peu plus dans les profondeurs de l'Enfer. Car ce que tu vivais te semblait pire, bien pire que tout ce que tu as déjà vécu. Pourquoi se cachent-ils, pourquoi refusent-ils de te voir ? Que leur as-tu fait ? Tu ne vois pas, tu ne comprends pas, tu ne comprends plus. Tu n'es plus qu'une enfant s'éparpillant en mille et une hypothèses, toutes plus fausses les unes que les autres. Et puis, un jour, vînt la réalisation.

Non, cela n'a rien à voir avec "ça".
Tu sais très bien que je ne dirais rien.
Oui, cela concerne Aon et Scott.

Aon et Scott sont morts.

Morts.

Morts.

MORTS.

Je sais que ce n'est pas facile.
Je suis désolé, Akane ... Tellement désolé ...

Ils ne reviendront plus. Ils. Ne. Reviendront. Plus. Jamais plus l'on ne verra les deux anges de ta vie courir dans les couloirs, démolissant les murs et les plafonds pour essayer d'échapper en vain à ta furie vengeresse ; jamais plus les rires n'accompagneront les hurlements de ces petits monstres qui composaient ta famille ; jamais plus le sale gosse et l'aveugle ne seront vus en compagnie du loir. A force de hurler et de pleurer, tu n'as plus été capable de parler pendant des jours. Quiconque te voyait prenait grand-soin de t'éviter. Plus personne ne te parlait. Trop dangereux. Un mot de travers et tu perdais le contrôle, en blessant plus d'un malgré toi. Désolée, tu l'as été de nombreuses fois, feignant d'aller bien, t'excusant auprès de tous ceux à qui tu faisais, accidentellement, du mal. Tout le monde pensait connaître ta douleur, tout le monde s'imaginait pouvoir se mettre à ta place. Savaient-ils seulement ce que c'est que de perdre sa famille deux fois dans sa vie ?

Mais tu ne dois pas te laisser abattre.
Ce n'est pas ce qu'Aon voudrait.
Et puis pense à Scott. Qu'est-ce qu'il dirait en voyant sa femme si triste ?

Tu as pleuré d'innombrables fois, que ce soit en mission, à la maison ou même maintenant. Toujours seule, ne permettant qu'à quelques privilégiés de voir tes larmes, la souffrance que tu protégeais derrière ... derrière quoi, au juste ? Un corps blessé, meurtri ? Un visage devenu plus mature, moins innocent ? Une âme d'enfant devenu tueur ? Tant de barrières se brisant au moindre coup, faisant de toi une véritable bombe à retardement que seuls quelques êtres savaient contenir. Komui, Nathaniel, Jun Se ... Tu parles d'un privilège. Tu as conscience du mal que tu as fait. Tu as conscience du poids que tu es devenue. Tu as conscience de tout cela. Mais ... ça ne change absolument rien.

Tu as le droit de pleurer.
Mais je t'en prie-- Akane, regarde-moi.
On va s'en sortir, d'accord ?

Ils ne sont plus là. Tu ne sens plus la présence d'Aon à côté de toi, tu n'entends plus les hululements d'Ahès sur son épaule. La main de Scott ne réchauffera plus la tienne. Ses bras ne te serreront plus contre sa poitrine. Ses lèvres ne viendront plus se poser sur les tiennes. Sa voix ne te bercera plus lorsque tu es sur le point de t'endormir. Celle de ton frère ne chantera plus ces cantiques que tu trouves toujours magnifiques. Ils ne sont plus là. Ils ne seront plus jamais là.

Plus.

Jamais.

Là.

Je serais toujours là pour toi.
Si je peux faire quoi que ce soit ... ou si tu veux simplement parler ...
Je serais là. Ne l'oublie pas.

De là où tu es assise, tu peux voir la mer. Elle s'agite à des dizaines de mètres sous tes pieds, l'écume se perdant sur les bords acérés de la falaise, les rochers tranchant les vagues venues s'éclater contre eux. Captivée un instant par le roulement des vagues, ton esprit se perd, songeant à quel point la scène est magnifique. Tu n'as jamais su nager, tu regrettes de n'avoir jamais appris. Peut-être que si tu avais demandé à Komui, il t'aurait appris ... Ton coeur se serre lorsque tu songes à lui. De ta famille recomposée, il ne reste plus que lui.

Je sais, Komui.
Je n'oublie jamais, tu te souviens ?
Merci de m'avoir prévenu.
Merci de m'avoir soutenu.
Je t'aime. Je t'aime vraiment.

« Bonsoir. ♥ »

Un sourire se dessine sur ton visage d'enfant, pâle reflet de celui du passé que tu relèves vers lui. Te voilà revenue des années en arrière, lors de votre première rencontre. Il n'a pas vraiment changé. Il te fait face, te souriant en retour, semblant se jouer de la Mort elle-même alors qu'il tend son bras au-dessus de toi, abritant tes yeux humides des larmes du ciel. Au moins, tu n'es pas seule. Au final, il n'aura pas été de si mauvaise compagnie.

Bonsoir Comte. Comment allez-vous ?
Cela faisait longtemps que nous ne nous étions plus vu.
Vous êtes en retard. C'est assez rare, d'habitude vous êtes plutôt ponctuel.
Je n'ai plus besoin de vous.
Mais merci d'être venu.

Aucune réponse ne franchit ses lèvres. C'est un simple observateur, ni plus, ni moins. Que pourrait-il faire de plus ? Un doux rire s'échappe de ta gorge, juvénile, naïf. La scène est risible, mais tu le remercies mille fois de ne pas partir.

Pardon Komui. Je t'aime.
Aon, mon frère, je vais bientôt te rejoindre.
Scott, mon amour, j'arrive.
Je vous aime.
Pardonnez-moi.

Après quelques secondes, tes pieds dénudés rentrent en contact avec les vagues, glacées. Tout ton corps s'éclate violemment sur le rebord de l'eau avant de sombrer, déchiqueté par la roche, vers les sombres abysses. Plus aucun son ne parvient à tes oreilles, seul ton coeur résonne en cet océan de silence. Bom-bom. Bom-bom. Bom-bom. L'aube apparaît, la lumière éclaire les milliers de petites bulles s'échappant de tes lèvres entrouvertes. La vue qu'elles t'offrent est magnifique. Tandis que tu t'enfonces plus profondément encore, tes sensations s'atténuent de plus en plus et de plus en plus vite. L'eau s'immisce de toute part, le froid t'enveloppe ... et Scott n'est plus là pour le chasser.

Scott ...

Le prénom s'agite au fond de ta conscience, telle une flamme vacillante qui s'accroche et persiste malgré la brise. Elle combat son inéluctable destin avec force, refusant de céder sa place à la noirceur et au vide. Et pourtant, après moults tentatives, toutes aussi vaines les unes que les autres ... la flamme finit par s'éteindre. M'emportant avec elle dans le vaste inconnu.

Je suis noyée par le chagrin.
Mais je suis heureuse.


[FIN]

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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Ven 4 Sep - 4:50

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Continue de courir, ma grande. Un jour tu arriveras à revoir cette porte ouverte, celle vers la liberté..
Une petite maison en feu. Des cris. Beaucoup de cris. Une jeune femme et une fillette se trouvant dans ses bras tentaient de s'enfuir d'un fou. La jeune mère a dû protéger sa fille, la laissant courir dans la nuit, et tout a un prix... pas vrai?

Par chance pour elle, ce n'était qu'un mauvais rêve. Un très vilain rêve, d'ailleurs. Parce que, après tout, cela faisait parti de son passé. Ce moment était passé trop rapidement, et elle se souvenait comme si c'était hier... mais c'était il y a 10 ans. C'était un miracle qu'elle soit encore en vie, alors que ses parents n'étaient plus de ce monde depuis. Au moins, elle n'avait pas vécu dans la «solitude», si on peut dire.

La brunette à la mèche longue et blonde longue regardait le plafond de ses yeux noisettes, pensive. Elle se demandait bien qu'est-ce qui aurait bien pu arriver si elle s'était retrouvée seule. Elle serait sûrement une anti-sociale qui aurait encore peur du noir. Mais loin, très loin serait les chances de penser ça.

Il y avait quelque chose qui clochait encore, et l'Exorciste ressentait ce mauvais pressentiment. L'odeur de brûlé. Y'avait un feu quelque part ou...?

Il fallait maintenant se lever, activer son Innocence, et débarquer de sa chambre. 2 heures tapantes. C'est horrible comme heure pour l'Exorciste qui a toujours eu du mal a bien dormir. Elle regardait de gauche à droite. Ce qui n'était pas supposé arriver arriva. Ils avaient encore envahi la Congré. Ces Noahs et ces Akumas... Elle activait ses chaines pour pouvoir attaquer, alors qu'on entendait les cris de tous le monde. Et ce feu... ça n'avait aucun signe... Elle courrait partout, cherchant deux personnes qui lui étaient très très cher à son petit coeur. Elle courrait vers la chambre de sa meilleure amie. Son aînée de deux petits mois, mais pourtant bien plus immature (et petite) qu'elle. Elle défonça la porte. Elle était vide. Peut-être qu'elle est partie se cacher quelque part... C'était toute une catastrophe pour l'Exorciste. Elle avait peur pour son amie.

Et les cris résonnèrent encore. Et directement d'un bureau qu'elle connaissait. Oh non. Pas lui. Alors elle courait vers son bureau pour voir son amie tenter de le protéger du mieux qu'elle peut avec son Innocence. L'Akuma de niveau 3 était persistant... trop persistant.... et le combat a eu raison d'elle.

Ça ne pouvait pas être vrai... pas vrai?

Elle s'approchait du cadavre de son amie, les yeux livides. L'Akuma pointait son arme vers elle, et elle s'en fichait. Ce n'est pas pour autant dire que l'autre personne était caché derrière son bureau. Et la seule dernière chose qu'elle a fait avant de tomber dans l'inconscience était de transpercer l'Akuma de tous ses chaînes.


~*~


Tout était "réglé dans l'ordre". Les autres avaient décidés de balayer les Akumas et la Noah qui avait décidé de mettre du trouble. Quant à l'Exorciste aux multiples chaînes, elle, dormait dans un profond sommeil. On aurait bien pu croire que tout était redevenu à la normale, mais ce n'était pas du tout le cas. Surtout pour la petite brunette encore et toujours considérée comme un bébé de la Congré. Il a fallut une semaine avant qu'elle puisse retourner dans sa chambre. Pour ensuite se faire convoquer au bureau. L'Exorciste n'avait aucun souvenir de ce qui c'était passé en cette journée fatidique. Et pourtant, on lui a fait la "joie" de tout expliquer. Y'avait aucune larme qui sortait de ses yeux noisettes. Elle était restée silencieuse tout le long et hochait la tête. Elle devait rester forte pour elle-même. Elle ne voulait pas montrer cette faiblesse, surtout à lui. Cette faiblesse dont l'incapacité de voir des personnes mourir devant ses yeux, de la même manière dont ses parents ont été buté.

La petite Exorciste était revenue à l'étape première de ce traumatisme. Mutisme.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Dim 13 Sep - 18:33

Memories of a lys


Le froid et le vide.. Ils courent sur ma peau.. Ne pas y penser, ne y penser.. Cette plaie béante n'a pas besoin de se nourrir de mes pensées...Embrasser son front froid et raidi par la mort... Profiter du silence alentour.. Profiter des lys qui l'enlacent.. Qui les y a mis ? Nul autre que moi. De la pureté pour mon amour qui n'était que pureté. En récupérer un, le mettre au dessus de son oreille en faisant attention. L'oreille droite, pas la gauche. Car c'est un cœur pris qui repose ici. Cœur pris à jamais. D'abord par un mortel puis par la grande immortelle. J'espère qu'elle a conscience de la chance qu'elle a. Si la jalousie n'était pas vaine, de la mort même je serai jaloux. Je suis jaloux de quiconque te dérobe à moi.. Comme autrefois, quand je rêvais de m'accrocher à ton bras et chanter à tue tête que j'étais tien. Mais ça n'arrivera plus, plus jamais.. Et à nouveau je tremble sans pouvoir me contrôler. Mais ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas m'effondrer. Et voilà. Te voilà mort, je recommence ma pantomime. Mais plus que jamais seul, mon ange. Ce n'est pas ta faute, alors ne pleure pas, mon ange, si tu me vois. Tu as fait comme tu as pu. C'est la faute à cette vie, qui définitivement voulait que je paie mes crimes. Et bien soit. Me voilà puni et privé de la seule personne que j'ai jamais aimé. Il n'y a qu'à espérer que cette punition seule contentera les cieux. Car  à n'en pas douter cette plaie née n'en sera que trop profonde.  

OoO
On m'a dit que le temps semblait long pendant les veillées.. Il n'y rien de plus faux en réalité.. Ce temps ne sera jamais aussi long que tous mes souvenirs. Six ans tués dansent sous mes paupières assoupies. Ton rire vint chatouiller mes oreilles. Tes larmes viennent se perdre contre mon épaule. Et puis tes lèvres glissent contre les miennes, s'en emparent, les dévore et les laisse renaître.. Ton cœur vint se lover contre moi et battre tout aussi fort que le mien. Ton corps se mêle au mien et tout revient, minute par minute, sensations par sensations comme de lents grains de sable qui s'écoulent du sablier de ma mémoire. Mais vers où s'écoulent-ils ? Nulle autre part que vers le néant infini, ce néant qui va t'emporter loin de moi... Et je m'accroche à ses bribes de sensations mais ce ne sont que déjà plus que des fantômes d'une mémoire qui en vivra hantée....Car ta main n'a plus rien de chaud, tes lèvres ne se meuvent plus, ton cœur ne bat plus.. Tu n'es plus qu'un gisant pale et blond.. Un ange mort et défait aux ailes coupés, privé de l'innocence de sa vie.... Tu n'as plus que cette beauté surnaturelle, que la mort, en gracieuse amoureuse donne toujours aux vivants.. Tu n'as plus que cette gracieuse sérénité d'être qui n'a plus à s’inquiéter de rien.. A quoi songeais-tu en t'envolant ? Qui était dans tes pensées ? Que ressentais-tu? Mais tu restes muet et de glace. Je n'en suis rendu qu'à des hypothèses encore et toujours. Nullement scientifiques, sans aucune preuve. Mais elles se dessinent, doucement tout doucement.... Sous la surface d'un cœur qui hurle mais ne dit rien... La glace de ton corps passe en le mien, j'en ai peur.... Ou c'est mes membres trop gourds, qu'une sieste à tes côtés alourdit. La dernière avant que le feu ne vienne te ronger.... Oh te dérober aux flammes, t'offrir autre chose que les baisers des flammes.. J'en avais tellement rêvé... Et la seule passion qu'à présent je peux t'offrir sera un feu rougeoyant. Oh pardonne m'en mon amour...Pardonne m'en pardonne m'en.. Et silencieuses elle s'écoulent de mes joues... Elles tracent leurs rubans liquides, sinuent le long du creux de mes joues, glissent malicieuses dans mon cou. Pardonne moi, je ne devais pas pleurer.. Mais ce sera au dessus de mes forces.. Et mon masque dans ma demie conscience tombe une dernière fois, s'écroule, se foule à tes pieds et se brise... Comme toujours pour toi..
Et une main maternelle passe sous mes yeux récolter ce sel puis une main secoua mon épaule..
« Komutan.. Tu ne peux pas rester là... »
Vois comme le monde est cruel, mon beau. Il me rappelle déjà à lui. Je voudrais m'attacher à toi et rester là. Mais j'ai promis. J'ai promis. Alors un battement de cil et la douleur reflue. Mais toi et moi le savons bien. Elle a a choisi un autre endroit où se terrer.

OoO

Je t'entends.. Tu m'appelles.. Tu m'appelles désespérément.. Pourquoi tu ne viens pas, pourquoi tu ne viens pas.. Sauve moi d'elles, sauve moi d'elles.. Mais je ne fais rien, je ne dis rien. Il n'y a rien à faire.... Je serre désespérément la main qui tient la mienne. Que m'importe qui sait.... Il n'a pas ton visage suppliant qui tend sa main vers moi en hurlant... Il ne me donne pas envie de hurler, te sortir de là, te te serrer contre moi... Te rendre cette vie que tu n'as plus, tout te donner mais te garder avec moi, contre moi.... Et que puis je contre des flammes ? Je ne peux rien et regarde impuissant, comme à l'accoutumée les flammes te dévorer. De très loin remonte cette vieille chanson.. Impuissance, impuissance tu t'agites dans tous les sens.. Tu avais réussi à la faire taire, rien qu'en me prenant dans tes bras.. Mais à présent que le gardien n'est plus, elle revient.. Et comme de juste le masque reprend ses droits. Et je lâche la main que je serrai. Faiblesse, faiblesse... Bien trop faible...Mais il n'y a rien à faire à part endurer. Alors j'endure. Je fais le choix le plus difficile.
Rester.

OoO

Il se joue de nous.. Il se joue de nous tous.. Il emporte tout, il ne respecte rien. On peut fermer les yeux cinq minutes qu'il est déjà cinq heures trente. Et il se joue de nous mon amour. Il t'emporte chaque seconde qui passe toujours plus loin de moi. Je m'amuse parfois, à compter, le temps qui nous tiens éloignés. Déjà cinq jours, 23 heures, 14 minutes et 14 secondes, mon ange. Tu vas rire, dire que ça ne sert à rien.. Mais je ne fais pas exprès mon amour. Le compte s'égrène en mon esprit sans que je n'y fasse rien. Mais ne t'inquiètes pas mon amour, personne ne semble voir que je compte. L'intendant toujours souriant, sourit toujours. Il essaye toujours de remonter le moral de tout à chacun, faire comme si tu n'étais qu'un pion qu'on avait renversé en échec au roi. Mais le cœur n'y est pas tu sais. Car mon pion n'est pas un pion mais le vrai roi. Et moi je mens, cachant, que l'échec au roi est en fait un échec et mat à mon propre cœur. Mais et tu le sais très bien, je n'ai jamais rien su faire de mieux que faire semblant. Je tire un peu plus les fils de la tapisserie et je recommence mes mensonges, tout simplement mon amour...Mais cette fois-ci la tapisserie sera un miroir que nul ne brisera plus mon amour.. La partie de mon cœur est finie et le gagnant en est la mort.

OoO

Fade... Tout est fade mon amour.. Je n'ai plus goût à rien... Je ne veux plus créer... J'ai l'impression saugrenue que tu vas entrer dans la pièce, me disputer, soupirer, puis me prendre dans tes bras....Je ne veux plus manger... Tout ce que je mange a le goût de la cendre comme si je ne pouvais me rappeler que de tes cendres... Je ne veux plus quitter ce lit encore imbibé d'une légère odeur de citron.. Comme si tu étais là, encore là, que tu dormais roulé en boule contre moi, comme tu aimais tant, pour je ne savais quelle raison... Et dont je ne connaîtrais ainsi jamais la réponse.. Tant de questions que nous avions emporté sans y répondre.. Comment tu étais enfant, les photographies d'enfance, les souvenirs un peu irritants que vous racontent vos parents.. Tant de projets détruits et brûlés, eux aussi.... Tes parents que je ne rencontrerai jamais, l'endroit en France où nous vivrions, mal vus mais heureux....Les inventions que je créerai pour t'aider, les repas, ratés, cela va sans dire que j'essayerai en vain de te préparer.. Tout ça est mort et dispersé.... Je ne veux plus rêver.. Qu'est ce qui m'attend hors de ses murs ? Une attente. Une attente du moment où la mort me choisira à son tour comme amant. Je n'ai plus d'avenir. Je n'en avais pas, avant toi, mon ange. Je suis revenu à ce non sens permanent. Car ne pas se faire d'illusions... Lenalee va se marier, vivra heureuse, en pleine lumière. Et je serai alors seul avec mes pensées sombres, seul avec mon dégoût de cette vie. Et je ne suis plus qu'une ombre. Une ombre qui a vu la mort de trop près. Je ne veux plus parler. Les mots ne servent à rien. Cicatriser ? Oublier ? Ce serait comme t'effacer. Je m'y refuse. Et eux, eux ne comprendraient pas. Après tout, notre amour, si connu aurait été l'amour de la honte, à les entendre. Pas besoin de jugement et encore moins de pitié. Je préféré rester seul. Et puis, et puis, une seule personne a jamais réalisé en ma vie que je n'avais pas besoin que de moi-même. Mais cette personne repose dispersée dans les cieux....Je ne veux plus rien pour moi.. Je me laisse aller complètement.. Il n'y a plus qu'une chose qui est importante. Le paraître. Faire semblant que tout va bien, que je peux encore rire, encore sourire, que la vie pour laquelle je me bat ait un quelconque intérêt. Et elle a en a un. Pour tous les autres êtres humains. Plus pour moi. Et j'efface, jour après jour cet être.. Je me noie dans ses papiers qui t’absorbaient. C'est efficace.. J'oublie ce temps, le traître..Et je me rapproche de toi, qui ne faisait que ça bien souvent.. Et on me laisse tranquille, galvanisés par ce soudain élan de bonne conscience professionnelle. Personne ne se pose de questions.. C'est normal, la personne qui se posait des questions n'est plus. Ne sera plus jamais. Elle s'est envolé au loin. Me laissant seul avec mes pensées.

OoO

Le calme s'est abattu sur la Congrégation... Les gens me regardent, suspicieux, attendant de jours en jours mes créations.. Mais ils attendent en vain.. Il n'y aura plus rien, mon amour....Je n'ai plus envie de créer.. Plus envie de me faire disputer..Plus envie si les mots ne viennent pas de toi.... Je veux juste que les autres m'oublient....Je veux m'effacer.. Emporter avec moi les ombres de mon cœur.. Je  veux laisser cette lumière que j'avais que n'ayant eu pour témoin tes si beaux yeux....Te remplacer, donner à voir ce que tu étais le seul à voir m'est insupportable....J'erre calmement... Les gens qui m'entourent ont peine à me reconnaître... Ils croient à une eau qui dort, ou plus rares, pensent que je me suis enfin assagi et ne t'en apprécient que plus pour m'avoir assagi par ta mort.... Il va sans dire que Luberrier en fait partie.. Et dieu que je hais ces mots, cette pensée.. Je ne suis pas assagi.. Mon cœur s'est tout simplement lové contre le tien et endormi avec toi....Alors oui, en un sens je dors, mais je ne me réveillerai plus jamais. Mon avenir a toujours été vide et à présent que je ne t'ai plus, je ne sais plus le remplir....Il ne ne reste qu'à tout faire pour garantir un avenir aux autres. Le mien n'a plus d'importance. Car tu n'y es pas. Je ne veux qu'une chose, à présent.. Dormir à tes côtés.. Et puisqu'il me faut vivre, alors je vis. Sans se cœur emporté.

OoO

Tu es partout, mon amour. J'ai l'impression qu'à chacun de mes pas, tu es là. Comme une présence bienveillante, qui m'entoure. Qui semble parfois me disputer comme autrefois... Quelque fois, j'ai presque l'impression de te sentir contre moi....Par moments j'entends ta voix qui m'appelle et je m'élance vers toi...Parfois je sens ta présence et cherche du regard... Parfois j'ai l'impression de sentir ton regard posé sur moi.. Quelque fois, une odeur subite de citron m'entoure avec force comme une aura protectrice, comme voulant me protéger de tout mal. Parfois j'ai l'impression de sentir tes larmes couler sous mes doigts.. Parfois j'entends ton rire que les murs renvoient. Parfois je regarde ton bureau et je te vois. Et puis je me frotte les yeux, n'y croyant pas t'appelant, en hurlant de joie.. Mais l'illusion se détruit et je suis à nouveau le seul vivant d'entre nous. Mes impressions redeviennent des impressions fantômes et me laissent seul avec des cadavres de sensations. Est ce que je deviens fou, mon amour ? Est ce que cette folie que tu disais toujours me menacer a enfin eu raison de moi ? Ou alors tu me manques tellement que mon esprit essaye d'y pallier ? Je ne sais plus.. Et bien sûr, de là haut tu ne dis rien.... Tu ne le peux.. Mais je t'en prie, ô mon amour, ne pleure pas....Ne pleure pas en me voyant.... Si tu me vois.... Il y a déjà assez de mon cœur pour hurler.

OoO

La vie continue... Cette expression, nous l'aurons tous entendu.. Et la Congrégation déjà repart comme si tu n'avais pas existé. Ils ont nommé un nouveau commandant. Il s'est fait apprécier en un rien de temps de tes hommes, mon amour. Doux, gentil, dévoué....Il a montré qu'il n'appréciait que peu les gens comme Peck. Et tes hommes lui ont tout de suite fait place nette dans leur cœur. Comme si tu n'existait pas. Comme si Wenhamm n'avait jamais été leur commandant... Comme si tu ne les avais pas disputé, comme si tu n'avais pas mis en jeu ta vie pour eux, comme si tu n'avais jamais pleuré pour eux. C'est 26 ans de vie qu'en un sourire ils ont effacé. Ils t'ont effacé sans aucun regret. Vois comme tu appréciais des ingrats mon amour. Comme si tu n'étais qu'un pion tombé qu'on remplaçait pas un autre....Comme si tu n'avais pas le droit de laisser des traces de ta vie....Pourtant, tu vis.. Tu vis encore dans mon cœur, dans mes souvenirs... Si bien que je l'ai tout de suite haï.. L'imposteur... Il peut être aussi doux, aussi gentil qu'il veut, ce n'est pas toi... Il est le rappel, constant, de ton absence et d'à quel point nous ne sommes que des pions.. D'à quel point j'échoue chaque jour à donner plus de vie aux hommes. D'à quel point nous sommes en guerre.. Je t'imagine, sans peine hausser les épaules, dire que c'était pour le mieux, la chose à faire mais je refuse mon amour.... Je refuse de t'effacer, te remplacer par d'autres images.... Et je les hais, tous, tous, tous ceux qui t'effacent sans le moindre remord, la moindre larme.... Je me sens plus seul que je ne l'ai jamais été, à vivre dans un temps qui n'est plus le leur mon amour...

OoO

« Où est votre cœur ? »
Johnny. Comme s'il voyait à travers mes yeux.
J'ai ri. Longtemps. Il est mort, mon cœur. Ce n'est plus qu'une coquille vide qui continue de faire semblant de vivre. Pour vous aider. Vous, ingrats. Vous qui avez tellement besoin de réapprendre à quel point la vie d'un autre est importante et irremplaçable. C'est bien la seule chose qui me reste. Aider à sauver ce monde. Je ne suis plus qu'une coquille mécanique. J'agis, je pense comme on l'attend de moi. Est ce que j'y crois encore ? Pour moi-même, non. Pour vous, oui. Il n' y a pas de salut pour moi. Mais pour vous oui. Alors mon plan est arrêté. Depuis un moment maintenant. Vous n'en saurez rien, tant qu'il ne sera pas temps. Et il n'est pas encore temps. L'ennemi est encore debout. Une fois à terre, nous verrons bien. Mon seul objectif. Vaincre. Faire en sorte que vous ne finissiez jamais comme moi. Aussi brisé. Que vous puissiez reprendre une vie normale. Et que plus jamais, personne ne soit à nouveau dans une guerre où le monde verrait ses gens devenir des pions, des simples pions. Alors je m'accroche, je souris, je lutte.
Et je fuis les gens, qui clairvoyants comme Johnny, commencent à voir la vérité. Je n'ai pas besoin de pitié, pas besoin de mots qui ne peuvent comprendre.
En plus de nuire à mon plan.

OoO

Partout résonnent et chantent les cœurs. Le mien hurle, en silence dans un coin. Je n'en peux déjà plus de cette musique, ces chants, ses danses... Ces compliments m’écœurent. Je n'ai rien fait, MOI. J'ai juste envoyé à la mort des gens....Dont mon propre amour.... Je voudrais tellement que tu sois là.. Que tu me prennes dans tes bras, sans te soucier des regards alentours, m'enlace étroitement, me murmure des mots d'amour dans ces langues que je ne comprendrais pas et qui me feront te regarder bizarrement et te feront rire avant que tu ne me traduises avec ton sourire rempli d'amour. Et moi je t'embrasserai en retour puis te ferait tournoyer lentement en riant. Je l'ai déjà imaginé des milliers de fois, la fin de cette guerre....Mais pas sans toi.. Ses spectres de rêve reviennent me hanter, portés par une musique que je suis le seul à percevoir.. Marquant la fin d'une époque.... La souffrance est enfin finie.... Le bonheur et la paix vont enfin naître après avoir tant déchiré le monde....Mais je suis le seul de nous deux à en profiter. Et à présent, je n'ai plus rien. Plus d'objectif, plus de but.. La machine que je suis devenue tourne dans le vide.Elle joue encore au chef, mais pour combien de temps ? Le temps que les derniers akumas isolés tombent en poussière. Bientôt je serai seul. A nouveau. On naît, on vit et finalement on meurt seul. C'est mon destin. C'est normal. Je l'ai bien mérité. Les gens de pouvoir sont toujours seuls et de vrais assassins. Les assassins, personne ne les aiment. Ou de très rares qui meurent vite. Et moi je suis un assassin. Je vais devoir vivre avec ce sang sur mes mains. Et on voudrait que je sois heureux, libre et parmi eux, eux ses anges ? Oh non.. J'ai toujours été ombre.. Et l'ombre ne sait bien faire qu'une chose... Pour ne pas ternir le monde....
Mais d'abord tenir encore la pantomime. Patience, c'est bientôt fini..
Et un sourire comme une grimace se dessine sur mes lèvres tandis que je replonge dans la foule. Assassin au visage d'ange noir.

OoO

Ils me regardaient, anxieux prêts à me calmer et à m'attacher. Ils avaient tort. J'ai embrassé le front de ma précieuse petite sœur et je lui ai souhaité tous mes vœux de bonheur. Elle m'a souri, d'un air surpris puis m'a câliné d'elle-même. Alors je l'ai câliné, comme elle l'attendait. Je n'ai pas cherché à faire semblant que ça m'agaçait, que j'avais peur pour elle. Je savais que son amour pour cet Exorciste était fort et que cette guerre terrible l'avait forgé aussi fort que celui qui m'avait lié à mon amour. Je savais qu'il survivrait à la paix, comme le mien aurait survécu. Et je savais quelle douleur c'était de vivre sans la personne qu'on aimait. Je le savais trop bien, à présent. Alors je l'ai laissé s'envoler. Mon premier objectif atteint, celui qui m'avait mené vers les bras de mon amour au passage. Et un objectif plus inavouable au cœur. De ce plan qui devait être mien. A présent, plus rien ni personne ne me reliait à cette terre. Je n'avais plus aucun objectif. Tout allait pour le mieux. Ce qu'il fallait en somme. Je pourrais faire ce que je voulais sans plus faire souffrir personne. Ça n'avait pas de prix.

OoO

A peine arrivé chez moi, le feu a tout emporté. Les multiples papiers ont brûlé. Avec le téléphone, pour faire bonne figure, son son sonnant à tout bout de champ aurait vite fait de m'agacer....Et j'en avais eu des papiers.. Des numéros, divers et variés, et demandes d'appeler quand je serai rentré.. Ils se souciaient de moi, ces imbéciles.... Moi, leur assassin, qui leur a demandé de perdre leur innocence et leur enfance dans une guerre.. Qui leur a pris leurs amours, leurs enfants, leurs parents, parfois....Moi qui n'était qu'ombre.. Moi qui ne pouvait plus être heureux.. Moi qui n'avait plus de but, plus d'existence. Moi qui ne pouvait pas mourir, mais m'effacer puisque par ma seule présence je ternissais le monde....Au moins, au loin, plus jamais je ne gâcherai de vies.. Et puisque je ne peux plus vivre pour moi-même dans le présent, alors je vivrai seul dans le passé..... J'ai emmené avec toi tout ce que je savais à toi et que j'ai jalousé sauvé des flammes, plus d'une fois. C'est le sort que je me suis donné. Et dans peu de temps je quitterai cette maison de mon enfance.. On aurait tôt fait de m'y retrouver quand on comprendra ce qui s'est passé... Mon nom à présent n'a plus d'échos, plus de vie. Je ne suis plus qu'un fantôme qui traverse la terre. Et c'est mieux ainsi.

OoO

Me lever. Monter au village. Echanger. Repartir. Me faire à manger de manière catastrophique. Me perdre dans mes souvenirs. Manger. Me coucher. Et ces actions qui se répètent du soir au matin, sans conviction ni saveur. Une vie robotisée, vide et sans saveur. Personne ne m'a retrouvé et je vis à l'écart du monde.Les gens m'insupportent de plus en plus vite. Je ne peux pas supporter leurs regards, leurs sourires, leurs gentillesses envers moi. Je ne les mérite pas. Je ne les mérite pas. Ils ne savent rien de moi mais je ne veux pas les voir. Pas qu'ils me découvrent, pas qu'ils essaient de soigner mon cœur. Qu'ils restent à l'écart. C'est mieux. Et moi je reste à l'écart. C'est encore mieux. C'est un accord tacite entre nous. Ils m'aident à vivre et en échange je les laisse tranquille. Quand je descends au village je suis accompagné de rumeurs.. C'est un spectre, dit on parfois.. Peut être parce que le fait que je ne sors que peu me rend plus pâle qu'autrefois... Mon corps même commence à devenir le reflet de mon âme, absente de cette terre.....C'est bien, ça ne trompe plus personne. Tant mieux.

OoO

J'ai brisé l'accord. Je ne sais plus pourquoi....Je ne sais plus.. Mais cette enfant, désespérée, face à son jouet cassé, ce jouet qu'on lui avait ramené de Chengsha exprès pour elle, a réveillé quelque bribes d'autrefois.. Je ne sais plus pourquoi....Était-ce ce visage désespéré d'avoir perdu un être cher, était ce cette tristesse de perdre un si joli automate ? Je ne sais plus.... Tout ce que je sais est que ce visage désespéré m'a fait poser mes sacs et approcher, sans un mot de l'enfançon et prendre entre mes mains le jouet, l'ouvrir et commencer à le réparer, mes doigts retrouvant petit à petit des habitudes perdues, réentendant la voix de mon amour me grondant en m'entendant construire quelque chose, mais avec une note, bizarrement joyeuse, comme s'il était heureux de me voir retomber dans mes travers...Et finalement, l'oiseau a à nouveau chanté, faisant sourire l'enfant qui voulut me remercier.... Mais ne le put pas car j'étais déjà reparti.. Son merci pourtant m'accompagna.... Mais j'essayais de le rejeter... En me demandant pourquoi, ce geste m'était venu ainsi....

OoO

Quand je suis revenu, les gamins m'ont souri d'un air un peu penaud et présenté leurs jouets cassés, tous venant de la ville. Nul doute que l'histoire de l'enfant avait fait le tour du village....Mais je ne me suis pas outré. Je me suis assis et je les ai réparé un à un. Je n'avais que ça à faire, de toute manière.. Et chacun d'eux m'a souri comme si je leur sauvais la vie.... Et chacun de ses sourires a étrangement réchauffé mon cœur que je croyais gelé....Comme si j'étais utile à quelque chose.. Comme si, finalement, avec ma tristesse, je ne pourrissais pas le monde....Comme si, peut être je pouvais l'améliorer pour les autres.....Pas pour moi, qui ne croit plus en rien, mais pour les générations futures.... Créer un monde meilleur, y contribuer, l'améliorer.. Cette ambition a caressé mon cœur à travers ses sourires....Elle s'y est accroché.. Et le soir même, j'ai essayé, à nouveau. Il n'avait pas la classe de ses précédents frères et sœurs, mais il était là. Komulin était de retour, ressuscité des morts. Et le lendemain, il jouait dans les rues, avec les gamins, de son propre chef et je le regardais par la fenêtre, de ma demeure qui surplombait le village, un étrange sourire aux lèvres.

OoO

Le métal est revenu entre mes mains. Les outils aussi. Je crée à nouveau, mon amour. Les Komulins ratés restent avec moi et s'occupent de l'endroit. Je ne vis plus, toujours, mais je rêve. Je rêve et mon rêve se développe toujours plus. Mes robots acquièrent de plus en plus d'autonomie et de volonté.. Il devient courant de les voir quitter vite le nid où nous vivons....Ils se répandent à travers le monde et de ce que j'entends ils semblent enfin aider les gens.Il aura fallu des années et des tragédies, pour qu'ils servent, mais ils servent mon amour....Toi qui t'en moquais.. Et aujourd'hui en mauvaise foi avec un sourire tu me dirais que tu as toujours su que je réussirai et tu me prendrais dans tes bras....Mais j'en suis réduit, comme toujours, à imaginer tes bras....
Partout se répand la rumeur qu'un chinois solitaire crée au loin.. Mais les gens du village me protègent.. Comme s'ils savaient que le succès n'est plus pour moi....Je l'ai autrefois cherché pour découvrir comme il est vain pour un assassin comme moi...Ils me protègent et gardent mon secret.. Quelques fois, je les entend déplorer que je ne travaille pas pour le gouvernement, que c'est du gâchis de talent mais je ne m'en formalise pas...Ils ne savent pas. Ne savent pas que je ne veux plus être une machine qu'on commande et qui oublie les autres. Et entre les mains des gouvernements, ce serait ce que je suis. Comme autrefois. J'ai tué assez de gens pour toute une vie. Qu'on me laisse à mon expiation. Enfin.

OoO

Elle m'a regardé de son regard plein de larmes et de colère réveillée.
« Dès que j'ai entendu la rumeur, j'ai su que c'était toi. Pourquoi tu n'as rien dit ?
J'ai soupiré et je l'ai serré contre moi, murmurant :
-Parce que je t'étais vide.. Que j'aurai gâché ton bonheur....
Et elle de se dégager et s'exclamer :
-Comment mon grand frère aurait pu gâcher mon bonheur ? Comment alors qu'il en est part intégrante ? C'est parce que tu étais là que j'ai pu vivre, tu sais ? C'est de toi que je tiens mon bonheur...Et je suis pas la seule à penser à ça...
Je l'ai regardé, muet, choqué, de lointaines larmes remontant à mes yeux et je l'ai serré plus fort contre moi. Je n'étais pas convaincu mais ses mots me touchaient.. Tout comme ce qu'elle murmura :
« Je te pardonne si tu me jures de ne plus jamais rester loin de moi....Grand frère... Tu m'as tellement manqué....
Et je l'ai serré plus fort contre moi encore sans répondre. Nous n'avions jamais eu besoin de mots, elle et moi, après tout....
Et puis elle a rajouté, tout doucement :
-Tu vas mieux au moins ?
J'ai su que je ne pouvais pas lui mentir. Pas après toute ses années où je l'avais fui... Alors j'ai murmuré, en toute honnêteté :
-Mieux. Le rêve d'aider à améliorer l'humanité y est la seule chose qui m'aide..
Mais étrangement à ses mots, Lenalee se mordilla la lèvre inférieure et détourna le regard. Comme si elle savait quelque chose que j'ignorai. Et tout aussi raidement fuit. Laissant un mot sur la table basse.

OoO

L'avant dernière l'abattit sans hésitation. Et il s'écroula, redevenu tas de ferraille sans intérêt. Et sans aucune hésitation je m'acharnais sur lui pour le réduire à une poussière métallique. Un de moins qu'ils auraient. Et puis je me redressais, au milieu des cadavres de métal de ce qui fut un espoir brisé.. Améliorer le monde ? J'y avais vraiment cru ? Alors que le monde n'est avide que de se déchirer en des guerres intempestives ? Qu'ils recommençaient déjà ? J'avais été si bête, si stupide, si naïf.... Mais ils ne m'auraient pas.. Ils ne m'auraient pas.. N'auraient pas mon savoir, pas mes mains, pas mes recherches... Et mes plans brûlèrent à leurs tours, comme autrefois les numéros.... Et vint en dernier la lettre.. La lettre du gouvernement qui m'appelait sur le front, pour donner mon savoir à une noble cause.. Une noble cause.. CA ? La conquête d'une terre autrefois perdue qui avait dégénéré en guerre mondiale ? Ça ? Et on voulais que je salisse à nouveau mes mains, prennent de nouveaux morts pour ça ? On voulait m'user comme un pion pour tuer, alors que je ne donnais plus ses rêves que pour aider le monde ? On voulait.. Oh non... Il était hors de question.. Je ne voulais plus être un pion, plus un assassin....J'avais voulu sauver un monde qui voulait juste se tuer....Qui voulait utiliser ce que je faisais pour se tuer.. Alors si finalement, je n'apportais que la guerre et la destruction.. Alors.... Il valait mieux en finir. Puisque rien ne naissait de mes mains que la mort alors la mort devait m'emmener. C'était tout aussi simple que ça. Et peut qu'enfin, ce cercle vicieux de mort et d'horreur s'arrêterait. Mais je n'y croyais pas.. Ce monde continuerait de se déchirer avec ou sans moi et j'avais été trop stupide pour croire qu'il cesserait un jour.. Il valait mieux cesser de rêver.. C'était trop vain....
Et peut être que de là haut mon amour, tu comprendras... Peut être que de là haut tu approuveras....
Peut être que malgré mes mains tâchées de sang, tu m'accepteras à tes côtés.. Peut être que tu me prendras enfin dans tes bras....Peut être peut être.. Peut être qu'on rira ensemble de la futilité du monde qu'on a quitté.. Peut être que tu m'aimeras encore, malgré ce que j'ai fait... Cette mort et ce suicide que je vais me donner... Peut être, peut être..

Et je remonte le revolver sur ma propre tempe. Tu le reconnais, j'en suis sûr. C'est le tien. Ton dernier revolver connu. Il était encore chargé,tu aurais du faire attention quand même, si tu t'étais blessé avec, je t'en aurais voulu, mon amour... Mais et tu le sais, de toi j'ai tout emmené quand je suis parti. Tout jusqu'aux souvenirs.
Il n'y a plus qu'une balle. Cette balle unique est pour moi à présent. Elle est mon pont. Mon pont vers toi. Elle va enfin me ramener vers toi. Enfin, après toute ses années. Et pour préparer notre retour, j'ai piqué un lys dans mes cheveux, mon bien aimé. Du côté droit, pas le gauche. Car c'est un cœur pris, d'abord par un mortel, puis bientôt par la grande immortelle. Grande immortelle qui me sourit enfin, me tendant la main. Mais cette fois-ci, je n’hésite pas. Et en murmurant ton nom je m'empare de ses doigts froids. Dans l'espoir de te rejoindre dans un monde idéal... Dans l'au delà.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé Dim 13 Sep - 19:34

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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - La mort de l'être aimé

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