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[BETA] Rossignol - Chapitre I

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MessageSujet: [BETA] Rossignol - Chapitre I Ven 2 Oct - 0:30

Elle vous domine de quelques pieds, au centre de cette pièce bondée d'esprit jacassiers dans laquelle vous vous sentez , malgré vous, incroyablement seul. Une statue à l'image d'une nymphe entreposée sur une estrade de bois sombre, donc la blancheur de la peau n'égale que les reflets incandescents de ses cheveux roux. Mais c'est bel et bien sa voix qui vous a transporté, qui vous a attiré à elle aussi sûrement qu'un papillon est attiré par les flammes. Et lorsque son chant cesse, au terme de la plus belle ode que vous n'ayez jamais ouïe, ses iris enfiévrés s'abaisse, cherchant une présence dans la salle. Vous cherchant vous.

« Shery d'Avignon, chanteuse et harpiste d'Obelle,. Quoi donc pour vous plaire en cette belle soirée ? Un air, peut être ? »

Ses yeux verts émeraudes détaillent votre visage, extirpant des vestiges de beauté dont vous ne soupçonniez même pas l'existence, puis s'attardent sur votre corps, chacune des lignes fines que laissent deviner vos vêtements, évaluant vos charmes avant d'ancrer ses prunelles dans les votre. Son regard n'en défaille pas pour autant, à peine pouvez vous y distinguer une certaine touche d'amusement dans ses , teintés d'une profondeur que vous ne pouvez encore appréhender.

« Vous ... »


Chacun de ses traits vous semble familier, chaque pouce du faciès qui vous envoûte tant vous plonge dans une transe faîte de promesses, de réminiscences de passés distincts, de vie antérieures, différentes, parallèles.De paysages fantastiques dont vous venez seulement de vous remémorer l'existence, d'instants exceptionnels à jamais figés dans une mémoire primordiale,  un catalyseur prompt à mettre un terme à votre mal de vivre. Ce moment précis avant quoi rien ne se passe et après lequel tout vous paraît moins terne, plus édénique, le tout début d'un cycle primal qui se répète à l'infini – Ou peut être n'en est ce là qu'une partie, dissimulée entre deux bribes de vie ordinaires.

« Ah, voyons voir. » Elle vous offre un petit sourire pincé « Cela fera huit cent soixante douze. »

Elle est espiègle, changeante, vacillante, telle la flamme de la bougie qui fait danser les ombres sur vos visages si éloignés – trop éloignés- l'un de l'autre. C'est un jeu, bien éloigné des trames du hasard que vous affectionnez tant, deux esprits qui se cherchent, qui s'essayent l'un à l'autre, sans savoir que tout est toujours prédestiné.

«  … Fois que vous avez entendu cette réplique ? Je n'en doute pas, mais elle n'en reste pas moins vraie. »

Une simple pique, et vous indiquez à la musicienne que vous prenez part à son jeu, participant, prétendant, les mots se ressemblent, s'entre mêlent,vous ne parvenez bientôt plus à distinguer qui a pour la première fois posé les cartes, vous n'êtes plus capable de vous rendre compte que c'est elle qui a tout initié, qui a rompu la glace, tendu sa main salvatrice vers votre paume de marginal.
Parce que vous êtes hypnotisé par son rire similaire au tintement d'une cloche tant de fois entendue.

« Vous avez la langue bien pendue. Mais les compliments ne sont pas le seul moyen de montrer son appréciation. Voyons voir … Une ballade romantique, peut être ? Ou une complainte digne des plus grands héros ? Comment choisirons-nous ? »

Avez vous déjà eu le choix auparavant, ou, depuis vos premiers cris, avez vous été poussés à suivre la ligne tracée par une force invisible désireuse de contrôler jusqu'à la plus lassante de vos journées ? Vous ne pourrez jamais le savoir, et au final, peu vous en importait. Seule l'envolée lyrique dans laquelle vous plongeait votre contemplation semblait avoir une quelconque sorte d'importance, et ce fut d'autant plus votre lorsqu'elle franchit la barrière de vos lèvres.

« Je veux quelque chose de volcanique, telle l'est votre chevelure de flamme. Ou un hymne qui conte la magnificence de la voute étoilée pareilles à vos extraordinaires yeux de jade. Ou pourquoi pas l'un qui parle de l'intense bleu des océans, similaires à votre robe ? »

Les siennes, de rubis s'ouvrent, dévoilant une dentition aussi parfaite et aussi blanche qu'une perle.
Un sourire qui fait vous fait frémir, trembler votre corps tout au long de son épine dorsale, tant il vous sierrait de voir ce sourire traverser ses lèvres chaque jour que Dieu fait, tant il respire de joie contenue et d'innocence à grand mal contenue, tant il réchauffe votre âme tant et si bien que vous ne l'aurez jamais cru possible, tant il vous donne l'impression de donner un sens à votre propre existence, lorsque sa joue trahit l'ombre d'un rougissement.

« Seigneur, je devrais jouer un chant audacieux, a l'instar de vos paroles, »


Vous l'avez touché,du moins c'est ce que vous pensez. L'a t-elle jamais été, ne serait ce qu'une seule fois dans vos vies, alors que tant d'autres avant vous lui ont si souvent vanté son incroyable beauté ? Ou peut être est ce le fait que ce soit votre voix qui porte ces douces paroles au creux de ses oreilles, cette voix dont le timbre ne saurait témoigner autre chose que de la véracité que vous accordez à vos dires, telle une vérité indiscutable et indétrônable, la seule véritable certitude que vous ayez jamais eu.

« Chantez, tout ce qui sortira de vos lèvres fera fondre mon cœur. »

Elle semble tout faire pour que vos compliments ne l'atteignent, sans pouvoir taire le rosissement qui embellit ses pommettes. Elle ne veut guère s'aventurer sur une pente glissante, sur un terrain qu'elle ne maîtrise pas, aussi se contente t-elle de tourner la tête sur le côté et de jeter un regard sur la table de bois, sur laquelle elle s'est assit depuis lors, ses yeux s'attardant  bien malgré vous sur un sou.

« Peut être préféreriez vous laisser ce choix à la faveur d'une pièce ? Pile une ballade, face une comédie. »


La plupart des gens ont une franche tendance à confondre le hasard et la chance ou bien à penser le plus souvent à une suite d'heureuses coïncidences, alors que rien ne saurait être plus faux. Le hasard n'a rien à voir avec la chance, ce sont même deux notions aux antipodes l'une de l'autre. La fortune est purement positive, le hasard quant à lui frappe au moment où l'on s'y attend le moins, il peut être positif ou bien terriblement négatif, vous assommer avec l'habileté d'un coup de gourdin ou bien vous donner l'opportunité que vous n'auriez jamais escompté.

« Pile ou face, ce jeu a toujours fait partie de ma vie. »

Vous vous saisissez de l'écu, et il vous semble sentir comme une irrégularité dans l'atmosphère, un événement qu'aucun de vous deux n'aurait pressentir. Une fois de plus, ce n'est plus de vous, mais de la Fortune dont dépend l'issu de cette rencontre.
Ainsi, pouvez vous encore dire qu'elle est de votre fait, ou de celle d'un lien sempiternel liant à jamais vos deux poignets.

Qu'en savez vous, en cet instant précis où le chiffre apparaît aux yeux de tous sur le disque d'or retombant contre le sol ?

« Va pour la ballade ... »


Et elle se redresse, se place au centre de l'estrade, embrasant la foule du regard à l'instar d'une reine et de ses sujets, quelques mèches virevoltants au travers de ses épaules lorsque l'aubade démarre, et c'est autant la voix d'une cantatrice que celle d'une conteuse lorsque les premiers verts transcendent le silence.

« Quand les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Un île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfile la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,
Ô vase de tristesse, ô grande taciturne,
Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis,
Et que tu me parais, ornement de mes nuits,
Plus ironiquement accumuler les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues.
Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts,
Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux,
Et je chéris, ô bête implacable et cruelle !
Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !
Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle,
Femme impure ! L'ennui rend ton âme cruelle.
Pour exercer tes dents à ce jeu singulier. »

Alors qu'elle chante vous percevez ses yeux émeraudes danser a la lueur des chandelles, envoûté que vous êtes par la musique et sa personne dans son entièreté. Ses yeux et sa voix s’éteignent doucement . Elle s'arrête avant d’entamer le couplet final, alors qu'un rougissement enflamme  son décolleté et remonte jusqu'à ses joues. Vous suivez l'empourprement du regard jusqu'à ce que vos yeux croisent les siens. Ils apparaissent , embrumés,  les paupières a moitié fermées.

« Il te faut chaque jour un coeur au râtelier.
Tes yeux, illuminés ainsi que des boutiques,
Et des ifs flamboyants dans les fêtes publiques,
Usent insolemment d'un pouvoir emprunté,
Sans connaître jamais la loi de leur beauté.
Machine aveugle et sourde, en cruauté féconde !
Salutaire instrument, buveur du sang du monde,
Coment n'as-tu pas honte et comment n'as-tu pas
Devant tous les miroir vu pâlir tes appas ?
La grandeur de ce mal où tu te crois savante
Ne t'a donc jamais fait reculer d'épouvante ?
Quand la nature, grande en ses desseins cachés,
De toi se sert, ô femme, ô reine des péchés,
De toi, vil animal, pour pétrir un génie ?
Ô fangeuse grandeur ! Sublime ignominie ! »

Ses yeux se rouvrent et inspectent votre visage alors qu'il se fige, chacun des mots qu'elle a prononcé ayant un peu plus accentué l'obscurité de votre visage, d'autres souvenirs fusent, moins joyeux, mais plus récents, pas ceux d'une autre vie, mais de celle dont vous supportez le poids comme un fardeau. Comment pouvait elle savoir, après tout, que votre confiance ainsi réduite en cendres, la confier de nouveau semble être un exploit insurmontable ? Peut être n'en a t-elle cure, peut être ne le comprendra t-elle jamais vous dites vous alors qu'une nouvelle fois, elle se rapproche.

« Pardonnez moi, j'aurais peut être du chanter autre chose ... pouvez vous me donner au moins votre nom ? »

Votre hargne disparaît une nouvelle fois derrière le visage souriant sous lequel vous avez, depuis bien des lunes, décidé de vous dissimuler. « Il n'y a guère de honte dans le chagrin sincère », du moins aimeriez vous le penser, mais quel individu souhaiterait avoir ainsi affaire à un être brisé, un être si pitoyable qu'il espère lui même que son calvaire prenne fin avant que Morphée ne vienne le prendre dans ses bras ? Personne, personne et vous le savez, vous le sentez, et ce n'est pas ce que vous désirez. Après tout, qu'avez vous jamais désiré, si ce n'est être quelqu'un de meilleur ?
Mettre fin à votre solitude.

« Ma dame, donnez moi un nom, et je le ferais mien aussi longtemps que vous le murmurerez. »

Vous esquissez presque une révérence, sans pouvoir un seul instant décrocher votre regard du sien. Vous avez besoin de cette connexion, de cette proximité, l'espace de cette infime seconde vous ne vous imaginez plus vivre sans elle -sans ce lien qui vous taraude l'esprit sans que vous ne puissiez en découvrir la nature- alors que son dernier sourire vous vaut un pincement au cœur.

« Voilà de bien singulières avances . »

Elle se saisit une nouvelle fois de la pièce et la fait un instant virevolter dans les airs, attirant votre regard  par l'adresse avec laquelle elle réussit à la rattraper une fois à l'apogée de son ascension, la tendant non sans que ses lèvres ne s'étirent une nouvelle fois, et que ses pupilles s’éclaircissent d'une nouvelle lueur taquine.

« Un sou pour vos pensées, ou devrais je le garder pour la prestation que vous m'avez eu l'air d’apprécier ? »


Elle referme la paume et se détourne de sa contemplation, rompant par ce simple mouvement le lien invisible qui vous associait depuis que la première syllabe fut murmurée. S’accroupissant pour remettre son harpe dans son étui, elle ne peu néanmoins s'empêcher de vous faire de nouveau face, de tourner son visage de quelques centimètres sur le côté pour croiser une nouvelle fois vos iris pleines de promesses informulées.

« Peut être nous reverrons nous ? »


Son regard s'attarde sur vous, et elle se tourne vers la pièce commune, la salle encore résonnante du son de l'instrument des anges qui sublimait les lieux, désormais enfermé dans sa prison de cuir.
Vous vous penchez pour l’apercevoir une dernière fois, et la voyez traverser la foule d'un pas aérien, telle la mélodie d'un caprice, alors que votre gorge murmure quelques mots qui, à la lueur de la lune, se muent en prophétie.

« Soyez en persuadée.»

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