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« Un One Shot » - Couleurs

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MessageSujet: « Un One Shot » - Couleurs Mar 6 Oct - 7:07

Un One-Shot
Les couleurs
Bonjour et bonsoir à tous, en premier lieu !

Le staff de Lost Chapter et moi même sommes ravis de vous présenter un concept qui, je l'espère, vous plaira à tous :

« Un One Shot. »

Le principe ? C'est très simple. Partant d'un sujet donné par les membres de l'équipe, vous aurez la possibilité d'écrire un One Shot (c'est à dire une histoire/post rp d'un seul chapitre), en dehors de la trame principale du forum, et donc, sans que cela n'impacte votre personnage d'une quelconque manière que ce soit.

Libre à vous de vous permettre toutes les fantaisies sans limite de mots, et sous la forme que vous préférez (ce qui inclue les poèmes, pour les plus romantiques).

Et qui sait ? Peut être que celui qui mettra le plus de cœur à l'ouvrage obtiendra une petite récompense !

Le sujet est :

« Les couleurs. »

Il vous suffira de poster votre réponse à la suite de ce sujet.

Bon courage à tous et à toutes, et, surtout, amusez-vous bien (c'est le but) ~

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Mer 7 Oct - 14:09

« Ca n'a rien à voir avec la mort, mais ça a à voir avec la couleur de la sublime beauté de la couleur de la viande. »

Francis Bacon, un mec pas encore né, et son explication sur ses peintures de boucherie, où l'hémoglobine humaine ne quittera jamais son lobe frontal fourmillant.
Sauf que justement...apprécier la couleur de la viande, est probablement la preuve que cet homme qui n'est encore, connaît la plus infime substance de cette mort qu'il paraît fuir.Bien sur , elle ne se suffit pas à elle même, mais considère l'aspect le plus artistique de cet état de non-vie aux relent de fer et d’égout.

Il n'y a qu'à planter le décors, en fermant les yeux. L'odeur profonde qu'exhale la végétation environnante, puissante, et ses vibrations organiques que soulignent les clapotements de l'eau entourant la maigre cabane de pêcheur au bois pourrissant. Un petit morceau du rêve américain, mon pote ! C'en est déprimant,à engloutir des morceaux de docilité sous forme de poudre cramée et de liquide brûlant. C'est dans ces moment là, ou chaque cellule du cerveau est excitée comme à crever que le monde te vomis sa beauté à la gueule. Une beauté dégueulasse et putride, comme l'air que je respire.

J'ai beau inspirer, tirer de toute mes forces sur le cigare brun et malodorant ôté d'un tiroir autrefois interdit, j'ai encore ces relents, poisseux, sur le visage. Et si je m'efforce à fixer la cime des arbres, c'est bien pour ne pas croiser leurs regards. Et il fini à l'eau, me forçant à rouler des hanches pour aller chercher une nouvelle pitance à défoncer les esprits. Mes pas esquivent bris de verre sale au gris indéfinissable, et moisissures qui s'empressent de les emporter avec elles, les couvrant de leurs sombre existence. Il n'y a plus âme qui vive, et leurs cris violents se sont tue,par trop d'amen dans la face de St John. Qu'ils y pourrissent, eux et leurs viscères crevées.

Y'a pas à dire, en contrebas, ils forment un curieux décors. Du violet mou et spongieux des membres touchés par l'étreinte du lac, à l'indigo pourri de ses lèvres..jusqu'au vert de son abdomen enflé qui ne tardera à crever pour libérer les vies qu'elle a contenus après moi. Un gumbo dans l'âme, on devrais le graver et balancer ça dans les bars de la Nouvelle-Orléan, ça aurait un succès monstre.

Un sourire se dessine sur mes lèvres mordues, et j'adresse un signe de main envers ma génitrice à la matrice infidèle, avant de parcourir la scène aqueuse des yeux. Mine de rien,sous le massacre, ça reste le brun la dominante. Une eau moussue, qui se calme après la rage en emportant des sillons de poissons blêmes et gonflés, aux visages déformés, décolorés. C'est ça.. le fleuve emporte la couleur des esprits et s'en nourris pour devenir plus fort, entité qui grossis parfois pour resserrer ses rangs de zom-by. Ou pour nourrir les poissons, allez savoir.

Mes coudes prennent place sur la balustrade branlante, et je relève l'une des bouteilles devants mes yeux, filtrant la scène d'un doré épais qui ensoleille ce cimetière à ciel ouvert. L'autre ,par contre, vient vite trouver mes lèvres, et vider sa substance dans ma bouche, laissant goutter quelques iridescentes larmes d'un vert fluorescent , autour desquelles se précipitent scarabées à la cuirasse luisante. Ç’aurait été des crachats que la nostalgie paternelle m'aurait fait vomir et vider mon estomac de son alcool et sa bile sous l'ombre de la canne à pêche.

Son cadavre à lui est bien différent..même dans ses nuances..Il n'a pas souffert de l'eau. Seulement des coups et du temps. Sa nuque se fond et disparais même dans l'ombre tant elle est devenus sombre. Un beau violet d'ecchymose qui se nourrit de pointes blanchâtres et vivaces.
Un rire nerveux retentit, et j'ai bien besoin d'une autre gorgée pour comprendre qu'il vient de jaillir de ma gorge. Puis une autre pour perdre la décence de garder mes larmes au sel brûlant au fond de la rosacé de mon visage, sous l'épiderme pale et  salis d'éclaboussures brunies du plus profond mystère de ma vie. Le cerveau de ma mère.

Je me redresse, et descend les quelques marches d'un pas titubant, venant glisser les doigts dans la chevelure d'or brun autrefois accroché solidement à ce crâne chevelus ,qui désormais laisse ce visage à demi rongé par la décomposition hocher vigoureusement d'une réponse non-attendue, alors que je redresse ce paternel toujours en fuite, qui cette fois n'a pas courus assez vite. Et dans la mâchoire sans tenue, l'ambré coule en imbibant cette langue noire, la réduisant davantage en une crème mousseuse aux reflets étranges, glissant en grumeau sur la mâchoire aux aspérités causés par les descendances de mouche.
Toujours laisser une bouteilles pour les morts, qu'il disait. Aurait-il pu avoir une tombe que ces mots auraient été son épitaphe. Mais ici n'est que la fosse commune des marginaux et des rejetés, communauté repliée sous l'étendard de leur dieu qui n'a sauvé que l'incroyant. Une bonne blague, quand même..

Je m'étire, m'allonge sur les marches en passant un bras autour des épaules amollies de mon compagnon de beuverie. Son visage n'est plus, et mes empreintes digitales s'inscrivent dans la chaire de sa joue, peau cireuse et morte, douce et putrescente.. J'y met celle de mes lèvres avant de me relever, et m'effondrer dans un heurt sans douleur quelques centimètres plus bas.

L'escalier venais de rompre, me jetant alors dans la boue infâmée de vie et couverte de l'eau marronnasse qui vint embrasser la muqueuse rose et pleine de vie de ma bouche, le fleuve couvrant mon corps de son étreinte tiède, réchauffé par la putréfaction de centaine d'individus qui n'en sont déjà plus. Mon visage à peine relevé de cette soupe pris d'ailleurs le nouveau coup d'un corps plus lourd. Mon ami de l'escalier, enveloppe charnelle familiale, qui me suivit, craquant son enveloppe et répandant une véritable palette de vert, rouge, indigo, et d'ivoire. Comme un pack de tube tiédit par le soleil qui s'engouffre sous mes vêtements trempés, parcourant mes reliefs pour les souligner d'ombré, de mon cul à ma bouche. Probablement le câlin paternel le plus invasif possible.

Un sourcil relevé, à quatre pattes dans l'organisme vivant du bayou et ses composants,c'est comme ça que j'entendis les pas qui se dirigeaient vers moi. Et quand, dans un reniflement, et un geste de main relativement inefficace, mes pieds trouvèrent un endroit stable pour me porter malgré ma légère ivresse, je puis alors accueillir l'étranger , habillée du costume de mon père.

«Bienvenus dans le rêve américain. C'est pour emporter ? »

Le cynisme de la connerie.
La folie de la petite fée verte.
La connerie d'avoir des yeux et une conscience.




Il a été demandé à des aveugles, ce qui pour eux, était beau. Le « Blanc » est ce qui est le plus revenus.
Sans doute parce qu'il n'existe pas vraiment. Pas dans la vraie vie.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Mer 7 Oct - 16:41




Ce nouveau monde avait bu toutes les couleurs, comme si l'alcool pharmaceutique les avait dilué dans une flaque bariolée, absorbée par un soleil qui ne brillait plus à ton regard. La maison de sorciers aux mûrs d'os et de craies. Le blanc de l'épiderme cadavérique se rependant sur ta peau de plus en plus transparente, toi aussi tu demeurais un fantôme, la pensée trop vaporeuse pour que tu n’aies ne serait-ce conscience de ton essence. Et à qui la cause de cette hypnose forcée ? Aux petites pilules d'ivoire, qui t’éraflaient l'œsophage en jolies canines volumineuses qu'elles incarnaient. Lassée de ces voyages vers le vague, ta présence glissait dans ce vide pour s'y perdre.

Le nuancier  du néant était mensonger. Les ténèbres obscures te semblaient beaucoup plus douces, à un point que tu suppliais la nuit pour que le noir t'arrache à cette blancheur éblouissante réfléchissant une lumière si crue pour tes fragiles rétines.

Un peu de noir s'est mésallié en opposition. Habillage d'enterrement craint, qui dans ta superstition rejoignait les coutumes d'un autre continent. Ce diaphane t'avait tant écorché la vue que ton jugement se confondait aux populaces asiatiques. Une mort de neige, ce sentiment d'être absorbée par l'immaculé avant de s'y évanouir.

Comment tant de pureté avait pu être préservée dans un lieu comme la congrégation ? Si l'étendard de la paix devait se dresser, le tissu serait un linceul gris de cendre ou rouge des vaincus.

Ton quotidien était fait de fusains. S'avivant peu à peu, ta palette n'était plus cette tâche monochrome d’antan. D'autres venaient y ajouter des coloris par notes. L'émeraude d'une aventure onirique. Le topaze d'une solitude nocturne rompue. Le turquoise d'une comédie burlesque. Dans sa face cathédralesque, les parois de l'ordre sombre se jouaient des spectateurs comme les vitraux d 'églises. Ternes de l'extérieur mais criards lorsqu'on en renversait la contemplation.

Puis semblable à une petite perle de pluie impromptue, elle est entrée dans ta vie. Cette sublime Talie, renversant les peintures de ton esprit, lançant des confettis dans un arc-en-ciel immense. Sa chevelure bleutée était, dans l'encre de tes rétines, une nuance chaude. La plus ardente connue. Étrange pour toi ? Fille stellaire au feu de ta crinière et à la constellation de tes tâches rousses.

Rose dragée. Rose de thé. Rose foncé. Les senteurs de ces confiseries goûtées cet après-midi là, se convergèrent en souvenirs visuels. Des dessins gribouillés de feutres pastel. As-tu pensé à pleurer de l’aquarelle ? Le céladon de tes yeux aurait débordé s'il avait pu sous le charme de cette rencontre que tu surlignes d'une plume violine.

Mais la poursuite de cette relation s'amorce vers une lame purpurine. Et quelles seront lancinantes vos écorchures lorsque le vermeille de vos veines gouttera en pétales de fleur sur vos doigts céruse

Car dissocié, le rose de cette innocence ne laisse que du rouge et du blanc. Et ces deux teintes, tu connais leur signification n'est-ce-pas ?


_________________
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Mer 7 Oct - 21:04

Colorful Hearts


Accueille-le, sens-le sur tes paupières,
Ce blanc d'un monde qui naît,
Ce blanc doré d'un rayon de soleil venu
saluer ta peau de nouveau né.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, capte-en les nuances,
Ce doré de joie et de bonheur,
Ce doré de vêtements venu maculer
La tunique de ceux qui accompagnèrent tes premiers pas.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, remarque-le
Ce vert passionné qui t'enlace sans que tu le vois,
Ce vert vibrant de vies secrètes encore inconnues
Donnant à manger aux animaux alentours.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, perçois-le
Ce rose de sentiments et de tendresse,
Ce rose de liens toujours plus grands entre vous
Venant se tisser dans vos cœurs et sur vos mains d'enfants et de parents.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, plonge-y ton regard
Ce violet tendre où tant de fois tu y plongeras,
Ce violet dont tu voudras tant protéger la lueur
En méprisant ta propre vie.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, ne l'oublie pas,
Cet orange qui en si peu de temps vous ravagera,
Cet orange qui en un rien de temps chassera tout ce qui était
Ne laissant que des cendres vives bientôt uniquement en ta mémoire...

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, ne le rejette pas,
Ce blanc laiteux et translucide,
Ce blanc impersonnel et liquide,
Suivant de près cette personne chère qu'on t'emmènera.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, apprend à vivre avec,
Ce gris morne et dénué d’intérêt,
Ce gris rempli uniquement de volonté,
Celle d'un jour retrouver cette couleur abandonnée.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, noie-y toi,
En ce vert profond et rêveur,
En ce vert que l'espoir seul guide,
Jusqu'à en oublier tout le reste.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, découvre-le,
Ce blanc froid et détaché,
Ce blanc de pureté immaculé,
Qui vient orner ton nouvel uniforme de cœur et de corps.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, fais le tien,
Ce beige neutre et sans voix,
Ce beige neutre qui éteint et dissimule tout,
Drape-en ton cœur d'un voile bien épais à jamais.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, supporte-le,
Ce noir teinté de souffrances,
Ce noir porté par tes angoisses et leurs tortures
Dans l'antre du noir, la solitude pour seule compagnie.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, veille sur lui,
Ce jaune orangé de foyer d'Hestia
Ce jaune qui vers vous accueillera,
Les pauvres hères que l'innocence amènera.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, perds-y toi,
En ce bleu de ciel perdu entre ses murs,
En ce bleu profond, sincère et pur
Suivi de près par ses cheveux blonds.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, étreins-le,
Ce rouge de passion dont ta vie était démunie,
Ce rouge symbole de ta vie et de tes sentiments,
Profondément enfouis pour ce bleu que tu n'as pas.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, serre-le,
Ce blond que tu adores en secret,
Ce blond qui ton cœur a illuminé
Y amenant ces couleurs si longtemps absentes.

...Pour en savourer ce monde.

Accueille-le, apprécie-le,
Cet arc en ciel de couleur révélées,
Cet arc en ciel de nuances en lequel tu danses  
A jamais, le réapprenant tout doucement à ses côtés,

Et le monde ainsi en lui te récréer.

OS non participatif.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Mer 7 Oct - 21:09

Meaningless


« Le monde est un arc en ciel. »
La réponse danse encore sur mes lèvres des années après. Ce jour lointain remonte, alors que je regarde sous mes yeux Londres s'immerger sous mes pieds petit à petit dans l'ombre d'un nouveau jour.....Dieu que j'y croyais à cette phrase, du haut de mes seize ans naïfs.. J'imaginais que toutes les couleurs du monde vivaient en harmonie et que si ce n'était pas encore le cas, cela finirait pas venir à force d'efforts, que chacune d'elle avait un message de joie et d'espoir.... Enfant naïve à qui la vie n'a encore rien appris....Et qui répond naïvement à la question d'une maîtresse de Cheltenham.. A votre avis, quelle couleur décrit de manière suffisante le monde ?  Est-ce le bleu immaculé du ciel, est ce le blanc cotonneux de la neige, le rouge des roses...
Question manichéenne, en un sens.. Divisant le monde en deux catégories distinctes les unes des autres... Deux clans éternellement opposés, éternellement en lutte.... Celui des couleurs chaudes, dont en apercevoir mettrait de suite un baume au cœur, renvoyant directement aux passions les plus puissantes de l'homme.. Et celui des couleurs plus diluées, plus froides, plus distantes... Ou celui, au milieu, de couleurs qui ne seraient pas des couleurs et dont on chasse injustement comme deux figures chassées d'un paradis de reconnaissance que sont le blanc et le noir. Et toutes ses couleurs intermédiaires dont on connaît les noms sans connaître les affiliations....
C'était comme si on nous demandait de choisir un camp, parmi elles, comme si on nous enfermait déjà dans un carcan de symboles.. Que l'humain avait lui-même préétabli.. Comme si le vert avait voulu en son existence signifier l'espoir.. Comme si le blanc n'était lié qu'au mariage... Quand ailleurs, les gens en pleurs le portent....
Une étiquette de plus en ce monde...

Qui effaçait ce monde et ses couleurs.. Qui n'en rendait pas la symphonie de ce monde..Ne rendait pas la tapisserie qui se dessinait jour après jour, heures après heures où chacune se mêlaient sans symboles.....Eh non, depuis tout temps, l'homme avait cru bon d'associer à chaque couleur un sens... Comme si l'homme voulait vive entouré de sens à tout prix, pour sécuriser sa pauvre vie incertaine....Cette pense fit sourire ma part Fiddler... Qui était si bien placée pour savoir que ce monde n'avait aucun sens et ce depuis le début....t doucement nous regardâmes en chœur de plus près encore les fourmis qui s'agitaient en contrebas sous l'égide d'un sens de vie dicté. En bas le bleu de chauffe des ouvriers commençaient  à danser... C'était déjà l'heure pour ses mines harassées, rêvant de richesse et de tranquillité, d'aller se détruire dans des usines, subir la pression toujours plus grande de la fée Industrialisation....Était-ce pour cette raison qu'on avait donné au bleu le sens d'évasion ? En pensant à toutes ses foules qui rêvaient de partir, voyager, s'en aller ? Ou alors, renvoyer à ce sens qui associait le bleu aux rois ? Les nouveaux rois étaient donc ce cher peuple ? Marx avait été proclamé roi en mon absence et eux son peuple ? Oh non.... Quelque raison qui leur ai donné le bleu, si elle prenait cet angle elle n'en était que faux.. Ils restaient des hommes qui se feraient écraser sans pitié par ce monde. Encore une chose que l'enfant que j'étais ignorait.....

Ils s'en vont, doucement, doucement, bordés par le gris morne de ses chères fumées qui demeurent presque éternellement sur Londres. Ce gris qui noie tout, rend tout le monde semblable.Ou du moins illusoirement. Car avec ou sans, les riches verront bien les ouvriers et sauront les éviter.... Ce monde est d'un cynisme si profond. L'égalité, le vote au peuple... A une petite minorité qui a les moyens de se la payer... Et les Lords anglais pavanent à l'heure qu'il est dans leurs costumes bariolés plutôt qu'au parlement.....Il n'est pas dur de les imaginer, tout apprêtés, dans leurs costumes opulents et décents sur le parvis de l'église attendant patiemment le sermon, non pas pour exprimer une foi illusoire, mais pour y paraître vêtus de leurs plus beaux atours.. Pourquoi dirait-on dans les romans que l'église est le lieu de rencontre des jeunes gens si la foi entrait toute entière dans ce symbole ? Et ceux des ordres sont-ils sincères ? Sincères... Certains ne pensent qu'à l'argent à prendre aux gens pour faire vivre un symbole dont ils sont eux-même prisonniers. Car ce symbole est leur cadre de vie.. Sans, leur vie  perdrait elle-même ce sens. Ce violet dont s'ornent ainsi les évêques n'a pas plus de sens que le bleu de nos masses.

Au loin danse le noir dans un cimetière en contrebas. Une femme en deuil semble pleurer sur la tombe de son mari. Mais le noir représente-il vraiment ses sentiments, sa véritable affliction ? On a vu hier soir cette même dame au bras d'un autre homme et elle n'avait point aussi l'air éplorée....Ce monde lui donnera le noir pour se cacher, mais d'esprit, d'elle-même elle enfreindra cette règle.. Car en son esprit elle-même ne se voit en affliction, mais plutôt sûrement en libération.... Et qui a décrété et pourquoi que le noir serait mauvais ? A cause des corbeaux ? Pourtant les corbeaux ne sont rien de moins que des animaux comme l'homme lui-même doit en être un par son comportement... Ils ne valent pas moins que d'autres... Alors pourquoi leur couleur serait-elle mauvaise ? De même pourquoi le blanc serait-il pur ? Qui en a décidé ? Sûrement les mêmes imbéciles qui ont décrété que les gentils étaient ceux qui nous combattaient.. Qui défendaient un monde où le sens primait sur tout.....Un monde basé sur l'intolérance, le rejet, la différence....Et en bas les couleurs chaudes des produit du marché viennent servir aux Londoniens, l’exotisme que la triste Londres, seule, ne peut leur donner sans aller la chercher dans des contrées qu'elle exploite sans vergogne....

L'a t-elle vu tout ce que cache de douleur et d'horreurs, ces couleurs, l'enfant de seize ans qui s'exclama que le monde était un arc en ciel ? Oh non... Elle croyait encore au règne de paix et d'amour, aux rêves de tolérance.. Elle n'avait pas lu Voltaire comme elle aurait du le lire. Elle l'avait lu comme une chose accomplie ou en voie d'accomplissement.. Elle ne l'avait pas vu comme idéalisation...Elle s'était perdu dans un vert d'espoir qui s'était teinté du sang de l'homme qu'elle aimait.....Et le rouge majestueux avait rempli sa vie. Le rouge.. Le symbole de la passion.. Pourtant, pourtant quand la passion saisit un cœur, elle n'a pas besoin de se cacher derrière une couleur précise... Et si on y fait attention, dans le langage des fleurs, on trouvera mille fleurs qui n'ont rien de rouge qui diront la même chose.....Le rouge symbole de la violence ? Est-ce à cause de la couleur de notre sang qui teinte alors le monde de rouge ? Est-ce la couleur du monde, comme notre violence le suggérait ? Pas plus que le bleu ou le violet. Ce serait centrer sur le monde sur nous même et oublier le sang vert des plantes....Mépriser tout le cycle animal et végétal....Mais j'oubliais.. Nous sommes le cœur du monde haha... Homme qui s'illusionne, homme qui se rassure en se disant qu'il est supérieur quand en fait à égalité avec tout à chacun. Comme tous. On pourrait s'entourer de tout la noblesse qu'on voudrait, toute la richesse qu'on pourrait, on n'en demeurerait pas moins que toutes nos possessions ne changerait pas notre nature.....Mais personne ne semble le réaliser en ce monde. Qu'on soit Noé ou humain, on n'en demeure pas moins semblables. On ne se distingue que dans le monde tangible, bien crée des hommes.

Qui en fait n'a pas lieu d'exister. D'où est venu ce besoin si naturel pour  l'homme d'appeler arbitrairement une couleur ? Pourquoi l'enfermer dans une suite de sons qui ne renvoie à rien ? Pourquoi l'enfermer dans la cage du langage ? Pour se comprendre car rien n'aurait de sens, dirait là bas, cette femme vêtue de jaune. Une précieuse, assurément. Mais qui ne s'est probablement jamais posé de questions de ce genre et qui a pris le monde tel qu'il était avec ses conventions bien fondées ou non. Elle applique, sagement son enseignement et niera les choses en « c'est comme ça ». Et finira par être bien vue. Et le jaune de sa robe lui donnera un air joyeux  et la sotte appliquante deviendra une érudite.... Ces couleurs-symboles donnent même des sens aux gens.....On applique aux gens qui les porte les symboles de ces couleurs.... « Jaune.. Tu portes du jaune... Tu es donc fou alors ? - Non, non je suis avocat... » Voyez comme on vous prendra.....Et moi que le noir, le rouge et le blanc enlacent que dira t-on ? Vierge jeune fille en deuil amoureuse passionnément ? .. Définition presque exacte, j'en conviens. Et un triste sourire se dessine sur mes lèvres, ma main se crispant au niveau de mon cœur.
Encore un jour où tu n'y seras pas. Encore un jour où je serai privée de toi. Et au loin, de l'église sort une jeune femme voilée vêtue de blanc, accrochée au bras de son époux. Parée de cette virginale robe qui ne lui va peut être en réalité pas.. Comme elle a l'air heureuse, comme elle a l'air de rayonner....Alors qu'en réalité peut être derrière chante l'union de façade. Et ces gens ont reçu le droit de se marier. Dépossédée du droit de briller dans cette même robe virginale que je ne suis plus mais accrochée au bras de l'homme que j'aimais, le cœur empli de lumière. Et moi j'aurai pour époux son sépulcre, les ténèbres et le rouge....Le rouge de son sang qui est venu le maculer....

Ce rouge qui n'a pas de sens.. Sa mort qui n'a pas de sens.. Qui m'a appris à voir au delà des couleurs et de leur sens.. Que l'amour ne répondait pas au rouge, ni le bonheur au doré... Qu'on pouvait être noir et être heureux, comme mon Julian l'était....Ces couleurs et ce monde qui n'ont plus de sens que dans leurs rapports au monde faussé....Ces couleurs qui brillent et soulignent le monde sous des éclairages, nous réduisant à des préjugés quand nous dépassons tout cela....Quand de la sorcière, je n'ai que les dons de Noé... Mais dont le regard me contraint à la jouer....Sorcière brisée, sorcière éprise de vengeance et d'idées....Sorcière qui erre sur les toits de Londres contemplant les gens déambulant, cherchant sa nouvelle proie... Qui s'avance sans se douter de son regard....Elle ne me sent pas, ne me voit pas. Je suis bien trop loin. Mes yeux rouges ne prendront le sens de violence que quand je serai près d'elle....Proie toute innocente, qui avance. Le blanc et l'or la macule. Un ange, un ange sur terre, diraient les sots, dirait mon cœur naïf d'enfant de seize ans.
Mais le gris qui vit en mon âme, lui, sait qui cette proie est. Et il saura bien révéler, égaliser, rendre semblable au mien, ce cœur corrompu qui vit sous ces apparences. Ce gris-brouillard saura effacer toutes nos différences et bientôt, très bientôt des êtres corrompus et remplis d'idées se feront uniquement face pour essayer de se briser car ainsi va le monde. Et un sourire danse sur mes lèvres alors que je descends de mon perchoir, Dia sur mes talons.
On m'attend dans cette farandole de cruauté que dessinent les couleurs de ce monde.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Jeu 8 Oct - 14:36

Bleu et rouge

Bleu et rouge,
Voilà les couleurs qui étreignent ta vie,
Bleu et rouge,
Farandole binaire tournant à l'infini.

Présentes dans tes iris dépareillés,
Bleu et rouge,
Couleurs que tu ne peux qu'arborer.

Bleu et rouge,
Tes larmes ont abreuvées la terre,
Bleu et rouge,
Douces gouttes au goût amer.

Bleu et rouge,
Sur ton éveil restent leurs masques,
Bleu et rouge,
Qui viennent habiller ton sacre.

Et puis vint un jour,
Ni bleu, ni rouge,
Où elles perdirent ton amour.

Et l'or du soleil,
Jaune et tendre,
Te montra des merveilles,
Dispersant les cendres.

Bleu et rouge,
Tes iris riaient,
Bleu et rouge,
Joyaux éternels.

L'arc-en-ciel colora ton monde,
À l'ombre de son sourire,
Et t'entraîna dans la ronde.

Bleu et rouge,
Les couleurs explosèrent,
Ni bleu ni rouge,
Sous tant de lumières.

Ni bleu ni rouge,
Vos mains s'enlacèrent,
Ni bleu ni rouge,
Vos âmes se trouvèrent.

Et l'éclat de vos vies,
Spectre lumineux,
Mêla le jour et la nuit.

Mais bleu et rouge,
Bientôt le couperet tombera,
Et bleu et rouge,
Le monde deviendra.

Car bleu et rouge
Sont les larmes et le sang,
Bleu et rouges,
Pour vos cœurs d'enfants.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Sam 31 Oct - 20:18

Whispers in the dark

Ce fut une douleur insupportable qui le réveilla de ses songes, le tirant hors des bras de Morphée pour mieux le jeter dans les entrailles noircies de son corps maigre allongé sur les draps blancs de sa chambre. Un râle gercé sortit des lèvres du breton se prenant la tête entre ses mains. Mal, il avait mal, atrocement mal... Comme s'il n'avait pas assez chèrement payé pour vivre. Comme si une main inhumaine et gigantesque s'amusait à le tordre pour mieux le voir souffrir.
Un sanglot étouffé jaillit hors de sa poitrine, le secouant d'infimes tremblements. La douleur se fit plus forte, se rapprochant de celle qui l'avait enlacé, amante mortelle, lorsqu'il avait perdu la vue des années auparavant. Il avait à peine 12 ans lorsque les ténèbres étaient venues envahir ses yeux, le coupant à jamais de ce sens si fort qu'il occupait une grande place dans la langue même. Sa terreur de l'époque resurgit, amère, glacée, le pétrifiant dans sa chambre, le laissant en proie à ses souvenirs, à ses sensations, passées et présentes, qui s'entremêlaient sans lui laisser la moindre échappatoire.

Il se souvenait de sa panique, de sa crainte, puis de sa colère, violente, mauvaise, aussi pesante que la culpabilité qui l'étreignait déjà, posant sur ses épaules un fardeau de plomb qui voûta ses épaules et planta dans son âme des graines plus glacées qu'un poignard tissé de glace et de neige. En quelques secondes, il avait perdu un monde entier qu'il avait désespérément tenter de retrouver pendant plus d'un mois, parfois en tentant de pousser son innocence au-delà de ses limites. Il n'acceptait pas cette perte, se débattant en hurlant au sein des mains de ce destin cruel, s'enchaînant chaque jour un peu plus à la toile funeste tissée par les trois sœurs dansant autour du rouet, de la quenouille et des larmes tâchées du sang et des larmes des trépassés.
Lentement, la douleur desserra ses serres des tempes de l'aveugle, abandonnant là ce corps dont elle se détournait, femme volage appelée sur d'autres champs de bataille. Ce fut en souriant qu'elle disparut, déposant ses lèvres noires et épineuses sur le front luisant de l'esprit voué à subir ses caprices, promesse vicieuse et viciée de revenir bientôt afin de continuer à se nourrir de ses larmes brûlantes. Un frisson courra sur la peau blafarde de sa victime. Il avait compris. Et il appréhendait son retour.

Oui, il avait mis beaucoup de temps à accepter sa cécité, encore plus à ne plus craindre les ténèbres qui voilaient désormais sa vie. Les liens s'étaient fait lentement, l'obligeant à différencier ces ombres qui lui servaient de monde. Il y avait une multitude de noir, chacun avec ses caractéristiques propres, associé à des sensations et des sons qui régissaient à présent son univers.
Mais même là, il existait des ombres, des noirs, qui ne lui apportaient que crainte et terreurs, colères et désespoirs. C'étaient des ténèbres froides, sans chaleur, sans douceur, des ténèbres tapies dans l'ombre, attendant l'instant propice pour fondre sur son esprit et le déchiqueter de leurs bouches édentées où luisaient férocement les lames de la folie et de la souffrance.

Instinctivement, l'aveugle se frictionna les bras, tentant de faire partir le froid saisissant ses membres, une légère buée blanchâtre venant s'échapper de ses lèvres. Combien de fois avait-il senti le souffle de ces ombres caresser sa nuque, faisant naître des arabesques fourbes et mortelles qui s'étendaient sur sa peau, voraces traits d'encre de chine venus décimer sa raison et ses maigres espérances, soulignant chaque écorchure, chaque craquelure fendillant ce blanc de neige ? Combien de fois l'avaient-elles poussé au bord de ce précipice instable, l'obligeant à se raccrocher à un triste fil de funambule luisant au sein d'un néant perclus de pleurs fendillant son manteau de fin des temps ? Beaucoup, trop, sans nul doute bien trop de fois, le laissant, pitoyable pantin aux attaches arrachées, écartelé au sol, au sein de cette boue immonde gorgée de poison, de haine et de sang.
Il haïssait ces ombres. Il les haïssait pour ce qu'elles lui avaient fait faire, pour cette tentation ratée qui marquait encore ses membres et son esprit. Il les haïssait parce qu'elles lui promettaient une déchéance sublime et insoutenable, destin d'étoile filante se consumant dans une chute qui n'était que pure folie. Mais surtout, il les haïssait parce qu'elles étaient une partie de son âme, ce côté sombre de lui-même qui voulait abandonner et se laisser mourir, dépérir sans un bruit, sans le moindre son de révolte, le moindre souffle d'appel à l'aide. Qu'on le laisse enfin partir...

Ces voix plaintives résonnaient dans son crâne alors qu'il les enfermait, encore une fois, sous clef. Mais il ne put s'empêcher de s'assombrir lorsque l'une d'elle, plus vivace, lui glissa dans un murmure d'outre-tombe :

- Bientôt toi aussi tu ne connaîtras plus que le noir...

Il la repoussa, violemment. Son cœur, qui s'était serré à cette parole, envoya une décharge de douleur dans sa poitrine, le faisant grimacer. Ses cheveux sombres caressèrent ses tempes, laissant naître en leur sein de légers reflets bleutés soulignés par la lueur opaline de la lune, alors que ses doigts enserrèrent sa nuque, son visage penché vers le sol de sa chambre.
Il avait peur. Peur de perdre ses souvenirs, peur de les voir se déteindre et mourir. Déjà, il lui semblait que les couleurs prisonnières de sa mémoire s'érodaient, se faisaient moins vives, moins belles, s'assombrissant dans un processus inéluctable. Sa faiblesse le clouait douloureusement à la réalité, arrachant patiemment ses forces de ses ongles gris et cassés. Aon se recroquevilla sur lui-même, ramenant ses genoux contre son torse. La voix le hantait toujours. Allait-il réellement finir par tout perdre dans l'obscurité ? Peut être... Cette possibilité n'était pas agréable, mais elle était presque palpable, planant au-dessus de lui, frôlant son crâne d'une main rêche et putride.

Nouvelle grimace, nouveau frisson. Le breton ferma les yeux, se mettant à chantonner doucement une complainte. Ses paroles s'envolèrent, tissant l'histoire de deux amants maudits au sein d'éclats de cuivre, de bronze, d'or et de rubis. Doucement, le corps du compatible se détendit, perdu dans les notes qui dansaient à ses côtés. Il ne pouvait plus les voir, mais dans sa tête, il lui semblait que les teintes du monde vibraient, partant dans une transe et un ballet doux et tendre.
Sa voix se fit alors plus assurée, moins plaintive, résonnant avec éclat dans l'espace confiné de sa chambre. Et les couleur de lui répondre, fuyantes flammes se nourrissant de sa musique, créant devant lui des arabesques, se mêlant avec volupté en autant de taches d'encre qu'il y avait d'étoiles dans la voie lactée. Bientôt, une forme éclatante naquit, transcendant toutes les autres, déchirant les ténèbres qu'elle rassembla, y laissant des éclats de verre, de lune, avant de s'élancer sur la scène qui désormais lui était dédiée.

Et elle dansa, dansa, virevoltant sans contraintes, libre, changeant sans cesse, s'élevant au même rythme que la mélodie, s'évanouissant pour mieux réapparaître, deux traits d'or se dessinant au sein de sa silhouette volage, traits qui s'ouvrirent, dévoilant deux gouttes d'ambre automnales, deux gouttes qui semblaient, en effleurant les ténèbres, y faire surgir une multitude de reflets de safran et de cannelle enchâssés de fils d'or et de cuivre. D'un geste, elle fit frémir les rouges veinures et soupirer les serpents d'émeraude incrustés dans la mémoire et l'imaginaire de l'exorciste, posant son regard en sa direction alors que les dernières notes s'enchaînaient à leur rythme, traçant la fin du spectacle et le retour de la nuit.
Alors elle s'inclina, ses cheveux d'argent se courbant comme une crête d'écume avant qu'elle ne disparaisse, explosant en un dernier feu d'artifice de couleur, éclaboussant les ombres d'éclats lumineux plus brillants et plus doux que des sourires et une joie sincère. Et le cocon noir se referma, laissant tomber le rideau sur la scène éclatante désormais désertée, venant de nouveau entourer l'aveugle comme un amant possessif et jaloux refusant de le laisser partir, de le laisser s'enfuir.

Mais les efforts des ténèbres avaient déjà remporté la bataille malgré les éclats de lumière fichés dans son corps glacé. Qu'importe les efforts du breton, ses yeux ne pourront plus jamais voir la mer et les mille et une couleurs du monde. Ce tribut, qu'il avait cédé à l'innocence, à cette arme divine et malsaine incrustée dans sa voix, ne pouvait lui être rendu dans l'état actuel des choses.
Après tout, ils étaient en guerre, sacrifier de simples teintes et tout un monde n'était sans doute rien sur l'autel de la victoire, pas vrai ?

"Pas vrai ?"La voix résonna en silence, fantôme impossible d'un souffle qui d'autre que l'expression d'un écho affaibli. Aon esquissa un sourire ironique alors qu'il se levait, silencieux, se dirigeant vers la porte de sa chambre. Il avait besoin de partir, non... De fuir. Le sommeil ne viendrait de toute manière plus ce soir, alors à quoi bon rester ?

La porte se referma quelques instants plus tard sur la pièce désormais vide, laissant l'interrogation flotter, parfum délétère, au-dessus des draps froissés et immaculés du lit.
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MessageSujet: Re: « Un One Shot » - Couleurs Ven 6 Nov - 1:37


Rouge... Rouge... Rouge...

Tellement de nuance possible avec cette simple couleur et pourtant, il y en a bien une que préfère le monstre. Un rouge, aussi flamboyant que sombre, un rouge naturel et sans artifice... Une couleur dont il ne peut plus se passer dorénavant, sa vie est maintenant rythmée entre rouge et rouge, entre écarlates encore chaudes et cramoisies déjà froides.

Le rouge était partout, sur le sol, sur son corps, sur ses vêtements délavés par le temps et maintenant repeint par cette couleur incandescente, même ses lames s'étaient mis à pleurer face à tant de beauté vermeil et leurs larmes se mêlait à merveille avec ce tableau, l'harmonie régnait en maître et ce grâce à ce feu coloré.

Le rouge s'infiltre partout, dans les coins sombres, entre les lattes du plancher et les tissus imbibés, entre les cheveux rendus poisseux et ses fous rires, même son esprit ne pouvait échapper à cette couleur pourpre.
Belles, majestueuses et éphémères. Déjà ici et là le rouge vif virait au sombre, bientôt, il deviendra aussi noir que la nuit et le cœur du peintre. Il devra recommencer à nouveau, trouver une nouvelle toile à teindre, à redessiner les contours de ce vaste champ de coquelicot, encore et encore.

Qu'importe que son œuvre s'efface presque aussitôt, perdant sa beauté originelle au profil de bleu, de sirène et autres visiteurs intempestifs venus pleurer sur cette création maintenant perdue. Qu'importe que ces autres le blâment pour cela, personne ne pouvait percevoir la splendeur de son ouvrage, personne sauf ses yeux pâles et son esprit malade. Qu'importe...

Rouge... Rouge... Rouge...

La seul couleur qui valait la peine de survivre... Et sans qui la survit serait impossible.
Rouge... Rouge... Rouge...
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