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D.Gray-Man: Lost Chapter gray man lost chapter
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Là ou tu iras (RP solo)

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MessageSujet: Là ou tu iras (RP solo) Dim 20 Mar - 22:59

Jour 1

Ce qui m'a réveillé ce matin est la voix de l'escroc qui me sert de patron. Il parlait de sa voix enjôleuse, vantant les mérites de ce sublime logement, et qu'il ne trouverait pas mieux dans toute la ville. J'ai soigneusement ri en l'entendant. J'étais bien placé pour savoir que je n'étais qu'un placard à balai, tout juste bon à servir de chambre de bonnes. Évidemment je ne pouvais pas parler ni avertir l'homme qui était en train de se faire attraper par sa voix de velours. Mais l'entendre m'a donné envie de m'approcher et écouter. Et c'est alors que je l'ai entrevu.
Et j'ai eu honte pour mon patron. C'était un enfant. Un enfant aux longs cheveux noirs. Il parlait avec un léger accent... Un accent qui n'avait rien de ceux de Changsha. Un léger accent chantant comme on en trouve en campagne.  Il avait un sourire aussi.. Un sourire lumineux. Un sourire à l'air envoûté par les papillons chimères que l'homme était en train de lui vanter.
Un enfant capturé par les mots de ce séducteur qui lui promettait monts et merveilles pour peu d'argent.... Un enfant qui souriait encore naïf, qui croyait aux mots de son interlocuteur. Un enfant pas encore rodé aux mensonges des villes.. Un enfant encore pur et qui prit l'homme dans ses bras en une étreinte de remerciement avant de s'éloigner, se faisant réabsorber dans les rues de la ville....
J'ai hurlé, hurlé à l'injustice à l'infamie de mon patron qui trompait un enfant jusqu'à ce que ce je vois l'expression de mon patron. Consterné, et étrangement triste.
Puis j'entendis deux mots.
« Pauvre gosse. »
C'était la première fois que je l'entendais culpabiliser.

Jour  2

Ce matin quand j'ai ouvert les yeux, je me suis tout de suite senti angoissée. La raison ne m'en est venue que plus tard. C'était aujourd'hui, aujourd'hui que j'allais rencontrer mon nouveau locataire. Aujourd'hui que j'allais voir la douleur et le rejet dans ses yeux. C'était aujourd'hui qu'il me repousserait et irait réclamer un argent qu'il ne récolterait plus.. Il fallait bien vivre et mon patron n'usait pas de cette pièce pour s'enrichir.. Mais bien pour faire vivre sa famille. Ce monde était bien trop dur  pour autre chose.... Je me suis tordue les mains angoissée, déprimée à l'idée de voir encore cette expression de pure déception. Désolée à l'idée de briser les idéaux d'un enfant. J'en voulais à mon patron pour me forcer à voir une telle image. J'aurai voulu m'endormir pour ne plus me réveiller.. Mais je savais que je ne pourrai plus dormir tant que je ne l'aurai pas revu...
Alors j'ai attendu, attendu...
Et dans la soirée il est apparu... Peu d'effets. Peut être une valise ou deux mais guère plus. Aucun meuble.. Sourire aux lèvres. J'ai entrevu du coin de l’œil le patron se terrer chez lui comme craignant d’affronter la douleur du jeune homme....Je l'ai regardé déposer sur la serrure la clé qui me révélerait à lui... Mon cœur battant à tout rompre, mes yeux fixés sur son visage.. Ne pouvant se détacher de lui. Hypnotisés comme il l'avait été.. Guettant la tristesse....
Mais, son sourire avait fleuri et il s'était exclamé en une langue que je ne connaissais pas avec son accent de campagne  « Home, sweet home. »
Je devais comprendre des années plus tard qu'il venait de m'appeler sa douce maison.




Jour 3

Dénuement le plus complet. Il a dressé un lit sommaire. Couvertures au sol. Il n'a pas l'air de s'en soucier. Comme la taille de la pièce ne semble lui poser aucun soucis. Étrangement.. Les valises sont restées fermées. Comme s'il comptait repartir bientôt. Comme s'il n'était que de passage.
Il n'a reçu personne. N'est d'ailleurs même pas sorti. Sortant juste un livre de grande taille qu'il avait bouquiné inlassablement toute la journée. Le titre ne me disait rien et la matière ne m'en intéressait pas.
Chimie.
Non la seule chose qui m’intéressait....C'était....
Pourquoi ?

Jour 4

Visite aujourd'hui. Le patron venant chercher son dû. Ah, il n'en menait pas large l'escroc.. Il tremblait de la tête au pieds. Il faut dire qu'il y avait de quoi.. Mon locataire est grand et jeune et lui petit et âgé... Il pouvait l'écraser en un rien de temps. Il pouvait lui faire payer son crime sans discuter.
Au lieu de ça, mon colocataire lui a souri, a déposé son épais bouquin, et été farfouiller dans sa valise l'argent du et lui donner. Puis il l'a salué fort poliment et repris son livre pour le lire à nouveau.
Le soir même sur le pallier, fumait un bol de soupe.
Il devait y revenir chaque soir.

Jour 5

Les valises ne se sont toujours pas ouvertes. Et j'ai l'étrange impression que mon colocataire relit son livre. Comme s'il essayait de l'apprendre par cœur. Étrange. A quoi cela pourrait-il lui servir ?
Pourtant, il s'accroche et le relit encore et encore. Encore et encore.
J'ai été lire par dessus son épaule  pour essayer de comprendre ce qu'il y avait de passionnant dedans mais je n'ai rien trouvé que des formules organiques qui ne m'ont fait que me donner mal à la tête.
Je l'ai sincèrement plaint pour s'infliger de telles lectures.
Mais lui... Avait l'air en extase, pour je ne savais quelle raison. Comme si son salut se tenait dans ce livre.
Je ne comprenais pas mais j'ai laissé.
Si cela lui permettait de s'évader de sa prison.....

Jour 6

Cet homme est un véritable mystère pour moi. Rien. Pas un mot. Je n'ai plus entendu sa voix depuis que le patron est venu. Il passe son temps dans cette pièce vide avec ce livre... Que je suis sûre lui avoir vu relire plusieurs fois. J'ai même cru voir ses lèvres bouger.... Comme s'il s'entraînait à dire à voix haute ce qu'il lisait. Ses valises sont toujours fermées. Elles ne s’ouvrent que pour récupérer des vêtements propres et bien trop rapidement pour que je puisse en voir le contenu.
La seule chose que je vois de cet homme est les repas, la toilette, la lecture et son sommeil.
Il n'a pas de nom.. Il a juste son air ravi en lisant son livre. Il est jeune, si jeune.... Il ne le sait pas mais quand il lit son jeune âge apparaît...
C'est aussi la même chose quand il dort. Il a a l'air fragile et vulnérable.
Quand la lune l'éclaire, elle semble hésiter à s'approcher tant elle a peur de l'effondrer... Comme si la lune savait quelque chose que j'ignorai...
Et tout cela me fascine encore plus.

Jour 7

Il était adorable hier soir.... Il souriait, riait... Il dansait à moitié dans la pièce. Sur ses lèvres dansaient les formules chimiques que son livre contenait. Il les chantait, les criaient en tournant dans la lumière de la lune, sa complice, avec un air si triomphant que je n'ai pu m'empêcher de rire et sourire amusée.
Il avait l'air de l'enfant qu'il n'avait pas cessé d'être. Il défiait la lune en riant, interpellant une société que je ne connaissais pas, disant « Congrégation, j'arrive bientôt, très bientôt.... »
Effacé l'air sérieux et consciencieux. Il ne restait que cette pure fantaisie. Et subitement, j'ai eu l'impression de me rapprocher de lui, comme si en étant avec lui à cet instant, j'étais sa complice.
A la fin de la soirée sur mes lèvres chantaient ses formules qu'il chantait même si je n'en comprenais pas une ligne.

Jour 8

Ce matin, retour du propriétaire. Plus détendu, comme sachant que le jeune enfant ne lui ferait pas de mal. Et il avait raison. Il était encore plein de son succès de la nuit précédente. Il lui a souri, extatique. Et son sourire était contagieux. Il est venu danser sur les lèvres de l'escroc et tous deux ont bavardé, enjoués, de tout et rien. Comme deux amis. Je les écoutais, ravie, heureuse de voir mon colocataire échanger avec autre chose qu'un livre. J'entendis chanter les louanges d'une campagne appréciée, entendis le nom d'un village. Renchaoxi. Quelques anecdotes sur la vie là bas.. L'enfant prit quelques couleurs personnelles. Mais sembla fuir, étrangement toute question sur sa famille.
Comme si il avait quelque chose à cacher.
Plus le temps passe, plus cet enfant m'intrigue.

Jour 9

Nouveau livre et même cinéma. Pelotonné au sol, valises fermées, murs vides. Le silence pour seul compagnon. Absorbé dans un nouveau livre, cette fois-ci sur la physique.... Mais apparemment plus difficile à retenir, mon locataire s'arrêtant souvent pour regarder le plafond pensif.
Puis lâchant au milieu de la nuit...
« Me faudrait du papier.... »
Mais il n'y a pas l'air d'avoir une feuille de papier... Et cela m'a chagriné pour lui. J'aurai voulu aller chercher des feuilles pour les lui donner. Et revoir son sourire ravi comme il y a deux jours.
Mais je ne pouvais rien alors je l'ai regardé s'endormir sur son livre en murmurant ses rêves de papier.
Et j'ai tendu une main pour caresser sa joue endormie. Bien sûr il ne m'a pas senti, mais savoir que je le protégerais, le témoigner de la sorte même pour moi m'a apaisé.
Va savoir pourquoi.

Jour 10

Il a disparu toute la journée. De lui, je n'ai revu qu'une silhouette revenir à la nuit tombante.
Il avait l'air un peu abattu. Comme s'il avait tenté quelque chose qu'il n'avait pas réussi.
Il n'a pas juré, pas crié. Il a juste pris son livre et lu.
Puis la rejeté pour la première fois depuis qu'il vit ici.
Un peu vivement. Comme dégoûté. Murmurant un :
« Si je n'ai pas de quoi noter, je ne retiendrai jamais tout....»
Puis un soupir à fendre l'âme s'est échappé de ses lèvres...
Comme un nom que je n'ai pas compris.
Il l'a murmuré toute la nuit, en dormant sous mes yeux emplis de douleur pour lui qui ne pouvaient rien dire.
Quelque chose comme « Lenalee...»

Jour 11

Il a à nouveau disparu toute la journée. De nouveau m'a laissé seule.
Et est rentré tout aussi frustré. Mais il avait récupéré quelques feuilles.
Alors il a écrit. Mais guère longtemps. Le temps de couvrir  les quelques feuilles récoltées.
Et cela ne lui a pas plu.. C'était gravé sur son front. Gravé dans ses yeux.
Dans le tremblement de ses mains. Il avait l'air de penser que tout ceci était un obstacle.
Alors que ce n'était qu'une contrariété. Un simple contrariété. J'aurai voulu caresser ses cheveux et lui murmurer que ce n'était pas grave mais en plus de ne pas pouvoir, j'avais l'impression qu'il ne m'écouterait pas. Comme si une seule chose lui importait à présent. Et que cette chose si elle s'arrêtait, ne pouvait mener qu'à une autre chose.....
La frustration de devoir s'arrêter en plein milieu.
J'ai compati à son sort et rêvé, cette nuit là, alors qu'il s'endormait d'un sommeil agité contre lequel il avait tenté de lutter pour apprendre ces notes, de pouvoir aller lui chercher plus de papier.
Même si cet acharnement sur ce livre me paraît étrange.


Jour 12

Retour de notre ami le propriétaire. Qui a trouvé mon colocataire plongé dans ses notes.
Sauf qu'il s'est mépris. Totalement mépris. Il lui a sourit et lui a demandé si son travail d'écrivain
public marchait bien. Mon locataire l'a regardé avec des yeux ronds, mais ronds. Comme si les mots lui étaient inconnus. Comme s'il parlait une lange inconnue. Alors, patiemment, le patron lui avait demandé s'il était en train d'écrire une lettre pour une personne qui ne savait pas écrire. Ce à quoi mon locataire avait répondu par la négative, évidemment. Ce fut au tour de mon patron d'écarquiller les yeux et lui demander ce qu'était ses notes alors. Et là mon locataire se trouva dans l'incapacité de répondre, préférant détourner le sujet sur la famille de son hôte.. Étonnamment... Comme s'il y avait quelque chose qu'il voulait taire....
Va savoir pourquoi....

Jour 13

Aujourd'hui, il a disparu, toute la journée..
Puis est revenu, tard, le soir, avec une liasse conséquentes de feuilles.
Un grand sourire aux lèvres. Il souriait à la lune et aux étoiles avec un étrange ravissement que je ne comprenais pas. Comme si une bonne nouvelle était entrée dans sa vie.
Et avec ce sourire, il s'est assis au sol, a trempé sa plume et tracé des caractères sur les feuilles.
Et tout doucement je me suis approchée.. Et j'ai saisi des éléments de vies des autres...Des je t'aime qui se traçaient sur le papier.. Par là un avis de décès éploré pour un membre éloigné.. Là bas un avis de naissance... Des mots qui se mêlaient s'entremêlaient, se dessinaient sous ses doigts, traçant une symphonie de vie....
Ou il semblait exclu. N'étant que la plume qui recueillait des morceaux sans y mêler les siens. Une jolie symphonie où il n'était que l'encre et les mots venant pour tracer des arcs en ciel et des orages dans les cœurs, des soleils et des averses.
Et lui souriait au milieu de l'averse des cœurs qui se jetaient sur le papier, sublimé de la vie des autres.
Et ne semblant pas voir qu'il ne brillait plus pour lui-même.

Jour 14
Aujourd'hui, aussi il n'est pas rentré de la journée.
Aujourd'hui aussi il est revenu avec un sourire aux lèvres face aux étoiles et à la lune.
Aujourd'hui aussi il s'est emparé de sa plume. Mais les mots qu'il a tracé... semblaient plus personnels.
Alors je me suis approchée et j'ai lu par dessus son épaule.

Lenalee,
Quand tu liras cette lettre, sache le.
Je ne t'abandonne pas.
Sous peu je serai là et je te serrerai très fort contre moi.
Ne perds pas espoir comme je ne le perds pas.
Car sous peu on se reverra je te le promets.
Ton grand frère qui t'aime.

Alors un triste sourire est né sur mes lèvres. Il avait retrouvé un peu d'humanité..
Il en avait aussi gagné dans mon cœur. Pris du sens. Permis de comprendre quelque chose de lui.
Un grand frère. Qui voulait retrouver sa petite sœur. Sa « Lenalee. »
Qui avaient été éloignés pour je ne savais quelle raison.
Un être de passage, en effet. Qui ne resterait donc pas.
Qui ne s'installait donc pas, en effet.... Surtout s'il devait repartir vite.
Et qui impliquait que ce jeune homme quittait son lieu de résidence.
Et regarder ces livres étranges peut être aussi..
Mais ce n'était pas grave. Oh non ce n'était pas grave.
Il pouvait rester le temps qu'il voulait. Il pouvait repartir demain matin, s'il le voulait.
Il avait tout mon soutien.
Ce soir là, même s'il ne m'a ni senti, ni entendu, j'ai posé mon menton sur son épaule et je l'ai regardé écrire, puis retourner dans son livre et étudier, sourire aux lèvres, en prenant des notes.
Un même sourire dansait sur mes lèvres mais résolu pour lui à rêver le meilleur.

Jour 15

Ce soir là, il est aussi rentré tard avec ses papiers.
Je me suis approchée, dans l'espoir de voir ses feuilles.
Peut être avait-il pris des notes sur ce qu'il devait écrire.
Mais il n'avait rien, rien, rien de rien.
Que du blanc.
Comme s'il retenait tout de mémoire.
J'en suis restée bouche bée alors qu'il achevait son livre, apprenant ses notes.
Puis souriant à la nuit en les récitant.
Avec cet air d'avoir compris ce qu'il connaissait par cœur.
Sur mes lèvres, une question.
Pourquoi ?

Jour 16

Retour du propriétaire, mais cette fois-ci avec un paquet.
J'en suis restée surprise, tout comme mon locataire.
Il nous a expliqué qu'il s'agissait là d'un paquet pour mon résident.
Et comme il ne le croyait pas, il lui a demandé, en riant si son nom était bien « Komui Lee ».
Mon locataire, ou « Komui » comme je viens d'apprendre son nom en est resté stupéfié.
Il ne semblait attendre de nouvelles de personne. Étrangement.
Il s'est jeté sur le paquet, en remerciant.. Avec une étrange lueur d'espoir.
Peut être attendant quelque chose de sa «  Lenalee ».
Je me suis approchée, souriante, en espérant, en effet qu'il s'agissait d'une anticipation de sa lettre que je savais ne pas encore être partie, figurant toujours dans ses papiers.
Mais.. Le paquet contenait des couvertures, quelques vivres, quelques livres supplémentaires, des vêtements et un mot.
La lueur d'espoir s'est ternie un instant dans son regard en trouvant un mot mais s'est paré d'une lueur de surprise encore plus jolie.
Alors j'ai souri et me suis approchée pour lire la lettre.

Komui,
Si tu croyais que nous t'abandonnerions, tu te trompes.
Tu restes un des nôtres quoi qu'il arrive
et tu l'ignorais sûrement mais j'ai un neveu qui vit sur Chengsha.
Retrouver ta trace ne sera donc pas si difficile.
Ça prendra le temps qu'il faudra, mais on te retrouvera.
Et tu recevras ce paquet et ce qu'il contient et tu n'auras aucun droit de le refuser, car te disant que ce serait nous gêner, non mais sale garnement....
Mais aussi ces quelques mots émanant non seulement de moi mais du village.
Ne perds jamais espoir. Parce qu'aucun de nous n'en doute. Je n'en doute pas.
Tu arriveras à la rejoindre. Tu as les capacités pour, en toi, je le sais bien, moi qui fut ton professeur.. Et tu leur prouveras à ces crétins qu'il ne faut pas juger sur les apparences.
Si tu n'as pas encore les connaissances, je sais très bien que tu les auras vite. Et que bientôt ils s'en moudront les doigts de ne pas t'avoir donné ta chance.
Ne l'oublie jamais et grave ça dans ton cœur, à jamais.
N'oublie jamais que nous serons toujours derrière toi. Comme tous les gens que tu apprendras à connaître, comme tous ceux que tu rencontreras.
Car tous verront en toi quelle personne formidable tu es.
N'en doute jamais.
Comme nous n'en doutons pas. Jamais.
Mei Ran.

Et les larmes sont venues danser dans son regard. Un sourire fleurir sur ses lèvres.
La lettre pressée contre son cœur alors que mon patron s'en était retiré discrètement, sentant qu'il n'avait pas sa place ici bas. Qui avait sa place d'ailleurs dans cette communion d'affection ? Moi-même je me sentais de trop et touchée de voir que l'on tenait à lui à ce point. Que l'on veillait sur lui, même de loin. Probablement de ce village inconnu dont j'avais déjà entendu le nom. Renchaoxi.
Qu'il avait des gens qui pensaient à lui, même loin. Alors qu'en même temps une blessure se décochait dans mon cœur à cette lettre. Rejeter ? Pourquoi ? L'interrogation se fait plus mordante encore en moi. Et quel est le lien entre ses capacités et ses connaissances qu'il n'avait pas encore ?
Tout cela m'échappe...
Mais je sais cependant une chose : comme cette femme, je ne doute pas, pas un instant, que mon locataire réussira à retrouver sa sœur.
Pas un instant.

Jour 17

Ce matin, alors que je dormais encore à moitié, j'ai senti ma peau picoter.
Surprise, j'ai ouvert les yeux et ai vu mon locataire me sourire d'un air à moitié endormi d'homme qui venait de se lever. J'ai contemplé le soleil et vu qu'il dormait encore. Assurément, j'assistais sûrement à son réveil avant les rues de Chengsha. Je n'ai pu m'empêcher de lui retourner le sourire, même s'il ne me voyait pas. C'était bien la première fois qu'on me souriait...
Puis j'ai porté mon attention au point qui picotait sur ma peau. Et je l'ai vu. La première décoration que je recevais. La lettre de cette Mei Ran.
Comme un moyen de refuser d'oublier les mots écrits dessus.
Comme un moyen de refuser d'oublier le soutien apporté.
Comme un moyen de refuser l'oubli des origines.
Comme un moyen de toujours se rappeler son objectif
L'avoir tout près de lui.
A jamais.

Jour 18

Ce soir en rentrant de son travail il a commencé un des nouveaux livres qu'on lui avait envoyé
,enveloppé dans une couverture qu'on venait de lui envoyer. Comme un moyen de leur rendre hommage. Avec un regard à la décoration fixée au mur et un effleurement respectueux à son égard.
Comme s'il était revenu en leur village et les saluait d'un petit geste de la main.
Cela m'avait esquissé un léger sourire en le voyant faire et en comprenant ce geste.
Respectueux encore de l'endroit d'où il venait même éloigné, peut être encore prisonnier du sens d'une famille.
Et plus d'une fois il a relevé la tête de ses notes qu'il était en train de prendre, regardé la lettre puis replongé étrangement.
Puis au bout d'un moment, il s'est emparé de sa plume, a repoussé son livre et ses notes, trempé sa plume pour écrire quelque chose qui avait l'air plus construit que des notes.
Alors je me suis approchée, curieuse, et j'ai lu par dessus son épaule.

Mei Ran,
Je voulais vous remercier de votre soutien.
Ca me va droit au cœur. Et vous pouvez être sûr et certain que je ne l'oublierai pas.
D'ailleurs, votre lettre, je l'ai affiché sur mes murs pour m'en rappeler éternellement.
Et je ne n'aurai de cesse de le faire, même quand j'aurai retrouvé Lenalee.
Pour ne jamais oublier ses mots, même quand ils seront sorti de leur contexte.
Pour ne jamais oublier que quelqu'un, un jour, a assez cru en moi pour.
Pour ne pas oublier ses espoirs que vous me donnez.
Pour peut être un jour devenir l'espoir même d'autres.
Qui sait ce que l'avenir nous réserve....
Pour ma part, tout va bien... Je vous connais, vous devez être sûrement en train de vous angoisser à ce propos....
L'endroit où je réside me suffit amplement. Pour tous ceux qui n'auraient qu'une envie de vivre en ville, ce serait une horreur...Mais pour moi qui ne suis que de passage, c'est un palace.
Car me permettant de me rapprocher de mon rêve.
Que je n'ose souiller de ma présence, que je n'ose pas marquer.
Moi qui un jour n'y vivrait plus.
Pour le moment j'occupe un job d'écrivain public. Et tout va pour le mieux...
Être payé pour retranscrire les espoirs des gens.. Je n'arrive pas à trouver de plus joli rêve..
Être payé pour aider aux rêves des autres puis pouvoir accéder aux miens....
Je crois que je n'aurai jamais pu trouver aussi joli échange.
Bien à vous et bonjour à tous en vous remerciant du soin que vous me portez,
Votre Komui.

« Un palace.. » Pour cet homme, j'étais « un palace… » Moi qui n'avait qu'une pièce à vivre de peu grande taille et une salle de bains... Moi qui n'avait aucun mérite, était une arnaque d'un propriétaire.. Pour lui, j'étais « un palace..».. Parce que je lui permettais de réaliser son rêve... Et qu'il n'osait me décorer car pouvant repartir du jour au lendemain..
Alors larmes aux yeux je me suis glissée derrière lui et je l'ai étreint fortement, touchée.
En me promettant que même reparti, je ne l'oublierai jamais.

Jour 19

Un sourire dansait sur ses lèvres quand il est rentré.
Ce n'était pas un sourire de satisfaction comme il en avait quand il apprenait et réussissait à rendre ces connaissances.
Ni même ce sourire poli qu'il avait quand le propriétaire lui parlait.
Ce n'était pas ce sourire joyeux qui célébrait le moindre succès.
Oh non, c'était un de ses sourires touchés d'homme qui reçoit un geste qui l'émeut.
Alors je me suis approchée, curieuse et j'ai regarde ce qu'il pressait contre son cœur.
Un dessin d'enfant, de jeune enfant.
Ce n'était pas une œuvre d'art, loin de là.
Plus proche des formes géométrique que d'un vrai dessin.
Mais....
Ce qui lui donnait sa valeur, compris-je en souriant avec affection, c'était ça.
Quelques lignes tracées en bas de son écriture même.
« Pour le gentil écrivain ».
Alors même si je n'étais pas humaine, un même sourire ému est venu danser sur mes lèvres.
Et ma voix venir compléter ses mots...
« Il le mérite bien. »


Jour 20

Le propriétaire est entré dans la pièce et a remarqué la lettre alors que mon locataire travaillait dans son livre.
Tard. Ce n'était pas habituel.
Ce qui l'était encore moins c'est qu'il s'est assis à même le sol et à commencer à parler avec Komui de tout et rien.
Comme s'il voulait se changer les idées.
Et cela n'a pas échappé à Komui.
L’inquiétude pour lui était perceptible dans son regard.
Mais le propriétaire ne voulait pas parler.
Ça aussi c'était gravé dans son attitude.
Alors Komui n'a pas insisté.
Au contraire, il a abandonné son livre.
Et s'est prêté à ce qu'était venu venu chercher mon patron.
Répondant à toutes ses questions, acceptant de retracer pour lui, avec un sourire nostalgique,
les rues de son village, la nature ambiante, les ais qu'on y respirait.
Quelques souvenirs d'enfance aussi qui ont subitement pris vie entre mes murs.
Qui ont vu danser dans les champ poursuivie un instant par son frère, une jolie petite fille aux cheveux noirs.
Alors la ville est morte, ce soir là, et n'a plus danser qu'un doux passé.
Il n'en a pas suffi plus pour le propriétaire soit rasséréné et reparte l'esprit apaisé et semblant rêver,
à un autre rêve, une autre réalité.
Et moi, au milieu, je l'ai écouté et vu briller quelques temps son sourire nostalgique puis une larme solitaire.
Mais elle n'était pas triste.
Elle était emplie de rêve.
Alors j'ai souri encore plus touchée, avant de m'en aller, le laissant en paix, comme il le voulait.
Avec le seul être qui pouvait revivre tout cela.
Lui-même.

Jour 21

Aujourd'hui, je l'ai vu tergiverser alors qu'il travaillait sur son livre.
Jetant de fréquents regards aux papiers que j'ai reconnu être les lettres qu'il avait rédigé les jours précédents.
Comme hésitant à les envoyer. Pour je ne savais quelle raison.
Alors j'ai secoué la tête. C'était ridicule.
Ces lettres ne faisant de mal à personne.
Ce n'était que de l'affection pure.
Et il a semblé réaliser à quel point c'était stupide et s'est emparé de deux enveloppes.
Enfermant ses espoirs dans de fragiles coquilles de papier.
Et moi j'ai applaudi et souri.
En me demandant, tout au fond de moi...
Ce qui avait pu l'arrêter l'espace d'un instant.

Jour  22

Ce matin il a emporté avec lui les deux enveloppes.
J'en étais ravie. Il n'avait donc pas changé d'avis....
Et puis ce soir il est rentré... Il avait l'air étrangement fatigué.
Comme s'il avait passé une journée abominable et longue.
Prise de pitié, je me suis approchée et lui ai souri, voulant égayer sa journée.
Et ce fut comme si, m'ayant senti....
Son visage prit un léger air de bonheur et une expression que je lui connaissais lui revint.
« Home sweet home. »
Elle n'avait toujours pas de sens pour moi.
Mais son visage si.
Un petit sourire fatigué d'être qui n'attendait qu'une chose.
Rentrer à la « maison ».
Alors j'ai souri touchée et me suis exclamée, même s'il ne m'entendait pas :
« Bienvenue à la maison, Komui ».

Jour 23

Le livre de sciences a été fini aujourd'hui...
Ou alors Komui le dédaignait aujourd'hui....
Car c'est tout autre chose que lisait Komui.
Un truc appelé dictionnaire d'anglais.
Il avait l'air de chercher des mots particuliers....
Puis a subitement reposé son livre et s'est exclamé râleur et mécontent:
« Ah ben sympa ! Merci ! On me dit de me casser une jambe alors que j'ai rien fait à part faire mon métier ! »
Son visage prit un air boudeur et ses joues se gonflèrent alors qu'il grommelait que s'il le retrouvait, il lui ferait passer l'envie de lui souhaiter des trucs comme ça.
Et une partie de moi rejoignit sa colère et son agacement.
Pour qui il se prenait ce crétin d'anglais, qu'il avait croisé, apparemment par hasard ?
Mais une autre partie de moi, notait amusée ses joues gonflées et son air boudeur.
Comme un enfant.

Jour 24

Résolution du mystère à l'issue plus que surprenante.
Le propriétaire est venu, comme à l'accoutumée.
Sauf qu'il a trouvé Komui boudeur, pas encore remis du coup d'hier.
Et il n'a pas fallu le prier bien longtemps pour qu'il raconte sa mésaventure.
Et mon patron s'est pris à rire amusé, expliquant à Komui qu'en anglais,
l'expression « Break your leg » était sensée porter bonheur.
Il en est resté muet une seconde avec une tête de poisson sortie hors de l'eau comme celles qu' aimaient bien le montrer les livres qu'il lisait.
Puis il a éclaté de rire, d'un rire doux, tendre, adorable, irrésistible.
C'était la première fois que je l'entendais rire pour autre chose qu'une satisfaction.
Et je me suis gorgée de ce rire, m'en suis imprégnée, l'est gravé dans mon cœur.
Ce rire originel que n'ont plus les autres depuis longtemps.
Ce rire de soi même.

Jour 25

Ce matin, une fois n'est pas coutume, Komui a été voir de lui-même le propriétaire.
Surprise, je l'ai suivi, me promenant entre les murs de la demeure pour découvrir ce qu'il voulait.
Et apparemment le fait que mon patron ait compris cette expression l'avait amené à penser qu'il s'y connaissait en anglais.
Et il était donc venu lui demander de lui donner des cours.
Malheureusement, mon patron connaissait uniquement quelques expressions, certainement pas assez pour construire un enseignement pertinent.
Et c'est avec un petit sourire contrit qu'il lui a expliqué la vérité.
Mais Komui ne s'est pas découragé pour autant, lui demandant de lui apprendre au moins ce qu'il savait.
Il avait un air si suppliant que personne n'aurait  su résister.
Et comme de juste mon patron céda.
Comment aurait-il pu lui résister ?
Il n'était pas né, celui qui pourrait lui résister, je songeai en riant.
Ou alors il ferait semblant....

Jour 26

Ce soir il est rentré tard.
Mas ses yeux brillaient, comme s'il avait découvert un trésor.
Il semblait rêver éveillé.
Il semblait songeur, se déconcentrait sans cesse de ses notes et de son livre.
Puis il a reposé son livre, pris une nouvelle feuille et trempé sa plume dans l'encre pour tracer des mot que je suis venue lire.
C'était des titres.
Un enchaînement de titres à la suite.
Couvrant des domaines diverses et variés.
Rejoignant toujours d'une manière ou d'une autre la science et l'anglais.
Un enchaînement continu de mots à la suite sans hésitation.
Comme s'il les avait vu dans une échoppe.
Et appris par cœur la suite des titres.
J'en suis restée muette et sidérée.
Comment pouvait-on en retenir autant ?
12.12 titres se battaient sur le papier.
12 sortis de sa mémoire et sans aide.
Et son esprit apaisé, il retourna comme si de rien était dans son livre.
Comme si tout était normal. Comme si tout avait du sens.
Même si pour moi tout restait mystérieux.

Jour 27

C'est aujourd'hui que j'ai reçu ma deuxième piqûre.
Il était encore tôt et je l'ai senti dans ma peau.
Ce qui m'a fait fait ouvrir les yeux.
Pour voir son visage souriant, contemplant la nouvelle décoration qui ornait mon mur.
La liste de livres.
Fixée au dessus de cette lettre.
Comme pour ne pas oublier quels étaient ses rêves.
Comme s'ils étaient liés les uns aux autres.
Et moi j'ai reçu cette décoration comme une reine reçoit une couronne.
En jubilant intérieurement.
Heureuse de faire partie du plan de l'être que j'hébergeais.

Jour 28

Aujourd'hui, le propriétaire est venu, comme tous les quatre jours.
Encore une fois, tard, pour je ne savais quelle raison.
Encore une fois démoralisé, va savoir pourquoi.
Et puis, il est rentré et a vu Komui dans ses feuilles.
Komui qui lui a sourit comme si de rien était.
Komui et ses documents accrochés au mur.
Qu'il a contemplé pensivement.
D'un air d'être qui ne comprend pas ce qui passe.
Comme moi.
Puis il a admiré le vide tout aussi silencieusement, écoutant la politesse et les mots de bonjour.
Puis il est reparti.
Sans un mot.
Sans rien demander ni emporter.
Komui a regardé la porte choqué....
Mais surtout attristé....
Et l'air de s'interroger.
Comme moi.
Sauf que lui, ne s'interrogeait pas sur deux êtres.....

Jour 29

Le coup a raisonné dans la soirée, à la porte.
Komui a relevé les yeux surpris de ses notes.
Tout comme moi.
C'était bien la première fois qu'on frappait à cette porte, en dehors des visites du propriétaire.
Alors je me suis sentie fébrile. Qui cela pouvait-il être ?
Un collègue de travail, une conquête, un ami ?
Tant de possibilités....
Et bien que je brûlais d'impatience et hurlai à Komui de se dépêcher d'ouvrir la porte, lui qui ne semblait pas en revenir d'avoir de la visite, je n'allais pas regarder sur le pas de la porte qui c'était.
Mal m'en prit car derrière la porte, nulle visite.
Juste un dessin. Un petit croquis d'une campagne chinoise accompagné d'un mot.
« Pour décorer les murs de votre pièce. »
Komui a esquissé un léger sourire et ramassé le dessin lançant un merci à la ronde.
Pour  je ne sais quelle raison.
C'est alors que j'ai entrevu, caché dans un coin et croyant être bien caché, le propriétaire.
Alors j'ai souri.
Il n'était pas un monstre, finalement....

Jour 30

Deux nouvelles piqûres, ce matin.
J'ai ouvert un œil à moitié.
Mais je savais ce qu'il accrochait aux murs.
Même sans ouvrir les yeux, je le savais.
Les dessins qu'on avait pu lui donner.
Celui qui avait la dédicace et celui du propriétaire.
Un représentant le présent et l'autre le passé.
Un qui l'aidait à se sortir de là et l'autre qui le ramenait chez lui.
Les éléments qui le soutenaient.
Encadrant chacun de leurs côtés la liste de livres de sciences et d'anglais.
Et avec la lettre au dessous...
Cela faisait comme une croix.
La croix où s'offrait à une cause l'homme qui travaillait.
Cette étrange pensée me fit frissonner
Puisse t-il ne pas s'y sacrifier, je songeai.
Tout en constatant que les murs prenaient un peu d'humanité.
Alors pour conjurer ce drôle de présage je levai les yeux vers le ciel et implorait le Seigneur, s'il y en avait un, de veiller sur lui.
Qu'il n'y meure pas.
Jamais.
Et le Seigneur dut m'entendre car ce soir, il n'y mourut pas et ne se tua pas à la tâche.
Je ne savais juste pas que cela viendra plus tard.
Comme une imbécile....

Jour 31

Il est rentré ce soir avec un air profondément étonné.
Posé son manteau au sol, sans même faire attention à lui.
Il avait l'air de ne pas en revenir.
Il regardait les murs comme s'il n'en croyait pas ses yeux.
Mais ils ne nous voyaient pas.
Son regard était sûrement encore en bas.
Et comme de juste il s'est approché de la fenêtre et a perdu son regard en bas.
Et moi je me suis approchée tout doucement pour voir ce qu'il contemplait.
Les pavés de la rue sous lui.
Sans aucune raison.
Puis le murmure est né sous ses lèvres, incrédule.
« Pas besoin de me remercier.. C'est pas SI exceptionnel que ça, écrire pour les autres....
C'est pas ça qui changera les choses.... »

J'eus un léger sourire attendri devant cet abruti.
Abruti, qui ne voyait pas.
Ne devinait pas. Que la moindre chose qu'il faisait pouvait aider.
Alors je me suis mise à espérer du plus profond de moi.
Qu'un jour il le verrait.
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