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Hear my whispers in the dark...

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MessageSujet: Hear my whispers in the dark... Ven 5 Aoû - 22:37

Inori Huan « Hear my whispers in the dark….»
Nom complet Inori Huan Randall (mais préférez Huan... C'est le nom de Maman et Maman au final elle la connaît beaucoup mieux et préfère que ce nom soit usé.... Même si légalement parlant elle est Randall )                          
Sexe :Féminin
Âge : 14 ans
Date de naissance : 11 Septembre.
Lieu de naissance : Tianjin, Chine.
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle.
Alignement : Loyal Bon.
Groupe : Exorciste.
Pouvoir : Lightning
ft. Ririchiyo Shirakiin de Secret Service  (ou Inu x Boku  SS )


P h y s i q u e

«  Quand tes beaux longs cheveux lisses tombant dans ton dos seront peignés,
Quand ils brilleront sous ces cieux terribles de leur éclat noir,
Quand ta frange sur ton front dansera en ordre parfait,
Quand ton grand front sera de nouveau caché sous cette frange que tu as,
Quand le violet de ton regard dans le mien se sera fixé,
Quand tes cils recourbés retrouveront leur fière allure,
Quand tes sourcils arqués de nouveau fièrement se dessineront,
Quand ton petit nez retroussé cessera d'être incommodé par toutes les odeurs de parfum de ce monde,
Quand tes fines lèvres décolorées voudront pour moi un sourire dessiner,
Quand tes joues normalement pâles cesseront de rougir,
Quand ton teint de porcelaine redeviendra blanc,
Quand ton visage en ovale reviendra se tourner vers mes regards,
Quand tes petites mains fines reviendront caresser ton instrument,
Quand ta taille délicate se redressera,
Quand de ta petite taille de nouveau ce monde contemplera,
Quand tes fines et délicates jambes te porteront de nouveau en ces cieux,
Quand tes si petits pieds à nouveau seront cachés dans leurs sandales,
Quand à nouveau de ton léger pas d'oiseau sautillant tu découvriras le monde,
Quand un de tes  hanfus que tu affectionnes tant sera de nouveau noué,
Quand de tes couleurs pastels tu seras à nouveau parée,
Quand à nouveau au su et aux yeux de tous ta marque de naissance sera cachée par tes grandes manches,
Quand ses volutes qui tourbillonnent sur ta main disparaîtront sous les plis de tes vêtements,
Quand à nouveau tu seras parée de fleurs et de coiffures plus complexes,
Quand à nouveau ta voix s’élèvera en ce monde, venant caresser nos hauts plafonds,
Quand ta voix de ton doux soprano viendra ravir nos cieux,
Quand de nouveau ta grâce légère viendra se perdre ici bas,
Et si d'aventure, ta maladresse revenait hanter ce monde,
Et si d'aventure tu venais à pleurer ou rire,
Sache que je serai toujours là....
Toujours là à veiller sur toi, ô ma fille adorée....
Et que je prierai sans fin pour que tu ne connaisses que le bonheur et la joie
Que tu vives dans l'affection et le calme  
A jamais »

Ses mains peignent avec douceur ses cheveux. Elle les démêle avec la patience infinie d'une mère pour son enfant. Elles démêlent en chantant de plus belle. Et l'enfant rougit de remarquer qu'elle est le sujet de la chanson de sa mère. Elle rougit en écoutant sa voix pure chanter sous les plafonds de la maison des Sing Song Girl. Elle rougit en sentant sur elle les regards des autres filles qui sourient en voyant ce moment de complicité. Elle baisse le regard honteuse..... Mais au fond d'elle une part d'elle sourit. Sourit au bonheur d'un simple moment avec sa famille. Et un bonheur infini comme la chanson de sa maman l'invoque pour elle. Alors un léger sourire embarrassé se dessine sur les lèvres de Inori. Puis un léger murmure vint se perdre dans ce monde. « Merci.... »

Et aujourd'hui alors que les souvenirs dansent dans son esprit, alors que de son foyer, l'enfant est expulsée,dansent les marques de l'autre Maman...
Les coups de fouet que son dos a reçu durant les quelques mois où elle aura régné en présence de l'enfant....


C a r a c t è r e
Elles étaient enlacées, à n'en plus savoir où commençait l'une et finissait l'autre. Allongées sur le lit d'Inori en un parfait Ying et Yang. Bien sûr, personne ne voyait les deux jeunes filles. Seule Inori pouvait voir et sentir la présence de la conscience qui la guidait depuis tout ce temps. Seule Inori pouvait l'imaginer et ce qu'elle voyait n'était qu'un effet de son imagination. « Théa » n'avait jamais été qu'une voix en elle ou une personnalité de temps à autre qui prenait le pas sur la sienne pour la protéger. Mais Inori s'était toujours plu à lui imaginer un aspect.  Elle la voyait plus grande, plus dorée, aux cheveux plus étincelants, au regard de feu et à la blondeur des anges. Mais selon « Théa » Il n'en était rien. Elle n'était qu'une part d'elle, d'elle Inori, la jeune fille aux cheveux noirs. Mais Inori avait toujours eu peine à le croire. Comment, comment pourrait-elle  être une part de « Théa », « Théa » la merveilleuse de son point de vue ?  Comment pourraient-elles être pareilles ?

Il n'y a rien en elle, d'appréciable, au contraire de « Théa »... « Théa » qui ne semble jamais douter d'elle même, qui est assurée, qui a toujours le sourire aux lèvres, qui ne se plaint jamais de n'être qu'une subalterne et aux côtés d'une jeune fille aussi pathétique qu'elle.... Il n'y a aucune raison de l'apprécier... Et à nouveau le peu de confiance d'Inori la submerge.... Elle se cache dans ses draps alors que la gêne l'empourpre... Elle qui déteste être un poids pour les autres s'excuse maintenant envers « Théa ». « Théa » qui caresse ses cheveux gentiment en lui murmurant qu'elle n'a pas à s'en faire. Qu'elle l'a choisi et qu'elle savait qui elle choisissait. Elle caresse les cheveux de la trop sensible jeune fille, capable de pleurer pour peu tellement son cœur se fait atteindre facilement. Elle caresse même si ce n'est que le fruit de la trop vaste imagination de la jeune fille qui aime lire, les histoires et y croit assez aisément, en jeune fille candide qu'elle est, une jeune fille qui du haut de ses 14 ans croit encore aux princes et princesses des légendes d'antan et qui apprécie les arts sous toutes ses formes. Une enfant qui croit en l'amour du prince charmant, qui se passionne pour ses récits d'antan en pouvant perdre son immense timidité en parlant de choses qui la passionne comme les arts et le chant. L'enfant qui apprécie de chanter.

Une jeune fille que la pudeur ne semble pas concerner et qui aime s’affréter et affréter les autres, assez étrangement, passion transmise par sa mère, elle le sait bien. Une Sing Song Girl se doit d'être aussi jolie que possible. Mais cela ne s'accompagne au contraire que d'un manque terrifiant de confiance en elle et d'angoisses folles à l'idée de décevoir les autres, de leur faire croire qu'elle est belle et géniale quand ce n'est que fausseté. La jeune fille ne voit que ses défauts et sa maladresse légendaire qui l'empêche à ses yeux de devenir une excellente Sing Song Girl. Elle ne voit pas avec quelle grâce elle se meut, ne voit pas comment elle arrive à pouvoir parler anglais et chinois,les langues de ses parents, ne voit pas qu'elle est loin d'être stupide, ne voit pas à quel point sa politesse un peu trop formelle cependant est appréciée. Elle ne voit pas non plus à quel point elle sait jouer de sa harpe et sait élever sa voix. La jeune fille est aussi d'une timidité hallucinante, préférant toujours se cacher et regarder le sol plutôt que regarder en face son interlocuteur.  Autant par timidité, peur d'être impolie en regardant les gens que pour aussi cacher ses yeux violets dont elle a honte, à présent et ne pas faire peur….Elle est si craintive, aussi... Et sa nouvelle « mère » n'a fait que renforcer cette peur, la rendant méfiante et craintive, ne croyant pas vraiment aux mots qu'on lui dit hors des histoires et ayant du mal à faire confiance, car croyant au vice caché, se méfiant encore plus  des femmes adultes.... Craignant les gens trop autoritaires, les contacts physiques de peur qu'on la batte et quand on élève la voix avec elle.

Et dire qu'à cause d'elle, elle ne peut s'empêcher d'avoir peur à chaque fois qu'elle doit manger.... Mais qu'elle ne peut s'empêcher de se substituer à ceux qui le devraient, pour éviter que eux aussi ne soient empoisonnés.. Bien trop gentille, bien trop douce, calme, même si pouvant s'agacer sans oser le montrer quand on s'en prend à ses proches et  détestant l'injustice sans oser le montrer, au contraire de « Théa ».  Théa qui sait bien qu'Inori est quelque peu docile, sans une once d'égoïsme, à toujours faire passer les autres avant elle... A se taire, bien souvent mais écouter et observer.... A réfléchir assez longtemps, à rêver, à être distraite. A vouloir aider à tout prix, à vouloir faire le meilleur, malgré ses peurs et à se dépasser pour ceux qui l'apprécierait. A ne pas faire confiance aisément, mais quand y arrivant, souriant avec tant de chaleur, ses mots cessant d'être hachés, qu'elle ne voit pas à quel point « Théa » n'est autre qu'une projection d'elle-même sur laquelle l'innocence s’appuie pour guider la jeune fille. Une captation de ses désirs secrets devenue messagère entre ce pouvoir dans ces mains et l'enfant, guide de celle-ci vers le plein contrôle de ce pouvoir passant par l'acception et la confiance....

Une jeune fille qui se rêve d'être plus sûre d'elle, qui rêve d'être plus affectueuse, sans peurs et sans craindre tout et n'importe quoi, , qui rêve de pouvoir se défendre et défendre au nom de la lumière et du bien des contes,en ripostant aux mots des autres, qui rêve d'oser dire des choses.  Elle qui idéalise Théa et est prompte à se trouver des modèles, conscients ou non. Elle se l'imagine sans défaut. Elle ne voit pas que « Théa » est trop sincère, trop têtue, trop impétueuse là où Inori  est calme. Tout aussi gentille qu'Inori  mais ne parlant pas de ce qu'est « Théa »  ni de son avenir.  Elle qui garde secret en elle même la vérité. Qu'un jour l'innocence se taira. Quand la jeune fille ne craindra plus rien ni personne. Quand elle cessera d'être seule et aura une nouvelle famille.
Quand Inori n'aura plus besoin d'intermédiaire pour être guidée.... Mais en attendant, ce moment n'est pas venu. Alors elle caresse ses cheveux et chantonne pour elle seule, pour la guider vers le sommeil qui la ramènera vers la seule famille qu'elle se connaît pour le moment et ces moments où sa mère était encore avec la jeune fille.....Ces moments où Lightning-Théa dormait profondément sur sa peau....

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Sam 10 Sep - 19:30




H i s t o i r e


Chapitre 1 : Le temps de l'innocence

Elles chantaient autour du lit, jouaient de leur tendre musique pour accompagner l'enfantement de l'une de leurs sœurs. Elles jouaient alors qu'aux côtés de la jeune femme se tenait les femmes affrétées pour l'occasion venant ainsi aider la future maman, dans cette maison  de Sing Song Girls, ces jeunes femmes dont on cherchait la compagnie et la discussion pour divertir vos soirées et qui ne couchaient que par amour.
Cette maison respectable tenue par un anglais qui s'était si bien inclus à la population qu'il en était venu à diriger une maison de Sing Song Girl et à en épouser une.  
Sa protégée qui était l'une des plus demandées des Sing Song Girl et avait toujours un mot agréable pour ses clients.
Sa protégée qui avait accepté le mariage à condition de pouvoir rester ce qu'elle était.
Sa protégée qui avait son caractère.
Sa protégée à qui venaient se confier les filles de la maison.
La fleur de ce lieu que ses compagnes honoraient et soutenaient de toute la beauté de leur art.  
Qui dessinaient pour elle la beauté de la vie et de l'amour, qui chantaient pour bercer le soleil naissant d'une vie.

Et un vagissement vint se mêler aux chants, venant couronner cette symphonie de vie d'une note de vivant, venant amener un air de soulagement
sur le visage de la mère épuisée, un sourire sur les lèvres du père qui révérencieusement, s'approche pour contempler la petite fille qui crie déjà la vie qu'elle découvre en cet instant.
La petite fille dont on commence à s'occuper et que sa mère suit du regard admirant ses petits traits en douceur.
La petite fille qui attire des regards un peu horrifiés sur elle à la marque verte qui luit sur ses mains, à ses yeux violets, comme si elle avait été foudroyée et maudite.
Mais dont sa mère n'a aucune cure tout comme certaines des dames appelées pour assister la nouvelle mère et qui finissent une fois l'enfant propre par l'amener à sa mère qui sourit avec tendresse
au bébé en regardant es mignons petits yeux  :                                                                                                                                        
« Elle sera magnifique"                                                                                                                            
Et comme si l'enfant pouvait l'entendre et la comprendre, un sourire se dessina sur ses lèvres, heureuses et peut être belles et bien pressées de découvrir la vie.

OoO
Savait-elle où elle allait ? Pas vraiment. Elle avançait à tâtons au sol en entendant la voix de sa maman qui l'appelle.
Elle ne voulait pas la décevoir. Elle voulait que sa maman soit fière d'elle. Qu'elle la regardât encore d'un air aussi joyeux en lui disant des gentilles choses.
Elle avança sur le sol de la pièce à vivre des Sing Song Girls qui regardaient l'enfant et l'encourageaient et dont elle sentait l'affection dans une partie improvisée de « cherche maman ».
Ses femmes qui l'ont accepté même avec ses différences.  L'enfant connaissait le but. Mais elle n'allait jamais assez vite pour la trouver. Elle aurait voulu aller vite mais à quatre pattes
c'était difficile. Comment faire ? Comment agir ? Telle était la question que se posait son jeune esprit. Peut être lui fallait- il utiliser ce qu'il y avait au bout de ses grandes cannes ?
Mais comment faire ? Et la petite se traînait, cherchant de quoi s'appuyer.
Puis l'idée la frappa, lumineuse.
Alors elle plaqua ses mains contre le mur pour se dresser. Faire quelques pas hésitants, en sentant ses jambes trembler.
Elle n'avait pas encore l'habitude, elle découvrait la marche.
Ses premiers pas continuaient d'être marqués du sceau de l'ignorance.
Mais autour d'elle les encouragements pleuvaient plus fort encore. L'enfant se sentait aimée et encouragée. Alors elle continua, comme une petite sirène découvrant ses jambes après que l'écume lui en ait donné. Elle continua pour ne pas décevoir..
Mais déjà ses jambes se dérobent et la petite part en avant.
Autour d'elle l'horreur s'installe, mais c'est déjà trop tard.... Elle va tomber, elle tombe et finit par pleurer.
De déception et de douleur mêlée.
Et puis subitement le silence qui se fit. Puis une douce voix féminine qui parut :                                                                                                                  
« Ce n'est pas grave, Inori. Ce n'est pas grave. »                                                                                                                                            
Alors l'enfant releva ses yeux plein de larmes sur la personne plein de gentillesse qui lui faisait face. L'une des compagnes de maman.
Suivies de suite par toutes les autres qui l'entourèrent, l'enlacèrent et lui sourirent. Puis maman qui fendit  la foule pour prendre sa fille dans ses bras et la serrer.
Et dans l'amour et l'affection qui règne, les larmes se tarissent et l'enfant sourit. Sourit face au bonheur qui coule et étend ses toiles sur ce doux monde à huit clos.

OoO

L'enfant regardait du haut de ses six ans ce qui se joue autour.
Intimidée, c'est derrière le couvert de ses longs cheveux noirs qu'elle le faisait.
Alors qu'autour d'elle fleurissaient les conversations auxquelles elle ne comprenait pas grand chose.
Elle se tenait dans un coin de la pièce, calme et assise. Apprêtée comme une petite poupée auprès d'une femme déléguée à sa surveillance en cas de besoin.
Vêtue d'un hanfu de soie rose brodé de fleurs de cerisiers blanches magnifique là où son accompagnatrice en avait un d'un bleu nuit brodée d'étoiles blanches
alors qu'au loin sa maman parlait et semblait rire en semblant divertir du mieux qu'elle pouvait les clients du jour de la Sing Song Girl House.
Dans les divers salons qu'elle pouvait entrevoir, tous semblaient profiter d'un temps qui s'écoule et de la musique alentour.
Et elle restait là, à ne savoir que faire, empêtrée dans sa soie même si voir autant de bonheur alentour réchauffait son cœur.
Alors elle regardait la foule, de son regard qui de temps en temps lui attirait quelques frissons mais que l'on réprimait par politesse alentour, elle regardait la grâce dans les gestes des dames.
Admirait les gestes précis qu'elle ne connaît encore pas. Elle admirait l'art et les sourires. Les odeurs de thés et de parfums.
Puis elle se plongea dans des rêveries où les motifs sur les hanfus se mettaient à danser.  Elle commença à imaginer l'histoire des tissus et ce que pouvait se raconter les gens alentour.
Elle imagina des dragons partant à la recherche des étoiles qu'ils avaient quitté.
Des princesses luttant pour récupérer des étoffes précieuses.  Et le temps s'en alla et s'éloigna.
S'éloigna sans qu'elle le vit passer.  Alors que les histoires s'accumulaient en son esprit.

« Dis... Mademoiselle....  Tu veux bien chanter pour moi ?
Et Inori tressaillit dans sa rêverie. Pour contempler un petit garçon de 8 ans qui lui faisait face avec un sourire adorable.
Et tenta de se cacher derrière son accompagnatrice qui protesta envers le petit garçon :                                                                                                                                                    
- Vous devriez rester avec votre père.... Cette jeune demoiselle n'est même pas encore élève....                                                                
-S'il te plaît Mademoiselle..... Demanda le petit garçon en n'écoutant en aucun cas son accompagnatrice.
Mais plantant son regard directement dans celui de Inori. Qui tressaillit en lisant l'espoir dans le regard du petit qui semblait tellement compter sur son chant.
Alors elle murmura doucement :                                                                                                                                                  
-Je... je peux.... essayer......"                                                                                                                    
Et le petit de lui sauter au cou pour  la remercier sous les airs surpris de la gamine qui rougit instantanément et resta bras ballants à l'étreinte inattendue.
Étreinte qui heureusement pour elle ne dura guère longtemps et se dissolut  vite. Mais en retour le regard de l'enfant se déposa sur elle et l'enfant se sentit rougir.
Ce regard attendait tellement ce chant... Si elle le faisait mal, elle le décevrait... Mais elle n'avait jamais chanté en public... Uniquement pour maman...
Mais l'enfant attendait... Et elle avait dit pouvoir essayer... Alors..... Elle commença à chantonner tout doucement, une berceuse que lui fredonnait tous les soirs sa maman...
Sa voix est hésitante et craintive.... Et se casse sans cesse.... Mais l'enfant la suit avec tant d'attention.... Semble tellement subjugué....  Comme si elle était magnifique.....
Alors petit à petit l'enfant prend confiance en elle... Et sa voix gagne en assurance et en douceur...

Et pour le petit garçon alentour, elle chante les princesses qui dormaient près des cours d'eau, les soleils d'antan, les dragons, les bouviers des légendes....
Elle ne remarque plus le monde alentour ; elle le recrée. Et l'enfant l'écoute, envoûté tout le temps que dure la chanson.
Elle ne sent pas sur elle, le regard des autres, ne voit pas qu'on la regarde en souriant. Seul compte l'enfant et le bonheur qu'on lui donne par un chant.
Et puis le chant se tarit puis se tait. Ne reste qu'un étrange silence.
Puis l'enfant qui lui saute dessus pour un câlin de remerciement et des applaudissements qui viennent la saluer et la faire rougir mais dont le bruit ne suffit pas à cacher le commentaire du père
du petit garçon :  
« Vous aurez une excellente Sing Song Girl..... "

OoO
Elle l'avait suivi en tenant sa main, comme Maman lui avait demandé…. Et comme sa timidité lui commandait, elle se cachait derrière les grandes jambes de Maman en remerciant sa petite taille
de ne pas la distinguer en ce monde…. Alors que derrière les filles de la maisonnée discutaient et que leurs mots leur parvenaient à toutes deux, avec toute cette excitation dans leurs voix….
« Et dire qu'en creusant un peu plus loin que d'habitude, ils ont pu trouver une source… Toute près de notre maison….  
-C'est une chance inouïe……                                                                                                                        
-Plus besoin de monter en ville pour ça maintenant… On aura tout sur place….. »                                                                        
Inori ne sait quoi en penser, alors se tait simplement alors que Maman écoute les joyeux babillages des femmes portant des outres en souriant, restant droite et digne…
Et qu'autour d'elles, la raison pour laquelle Inori se fait de plus en plus en plus petite devient de plus en plus présente…
Tant et tant de personnes venues par curiosité et venues récupérer de l'eau…. Et si l'une d'entre elles voyait ses yeux ?
Maman lui a déjà dit qu'elle la protégerait si on lui ferait un commentaire dessus et qu'elle n'avait pas à baisser le regard mais elle ne veut pas qu'on lui fasse du mal à cause de ça…..
Et si quelqu'un devinait pour ses mains gantées… Et si et si…
Et imperceptiblement la petite fille se tend du haut de ses treize ans tout juste fêtés hier….Et se cache plus encore…. Et Maman remarque la tentative et murmure :  
« Tout va bien Inori ? »                                                                                                                                            
Et Inori d'acquiescer vivement. Il ne faudrait pas inquiéter Maman d'autant plus qu'elle a eu la gentillesse d'accepter de l'emmener avec elles….
Mais elle sait qu'elle n'est pas crédible… Mais tout cela la rend nerveuse, mais elle ne veut pas rentrer à la maison, mais il y a trop de gens et elle veut être utile….  
« Et si tu allais nous faire de beaux bouquets de fleurs pour les clients ? Il y a de jolis massifs plus loin si je me rappelle….. »
La voix est tendre et malicieuse, mais aussi soucieuse. Offrant une porte de sortie et de l'espoir. Essayant de rendre utile l'enfant encore trop timide….
Et l'enfant encore trop timide regarde Maman pour chercher confirmation qu'elle peut, que ce n'est pas un abandon, pour ne trouver qu'amour et douceur…
Acception  et affection… Qui la font sourire maladroitement puis la câliner tout aussi maladroitement puis s'enfuir, sans demander son reste, comme demandé…
Sous le sourire ému de Maman qui pense qu'elle aura tout le temps de changer….


OoO
Il faut qu'ils soient parfaits. Il faut au moins ça pour compenser la chance qui lui a été donné de faire plaisir aux gens. Pour remercier Maman de se soucier autant d'elle.
Mais quelles fleurs seront assez parfaites ? Telle est la question…. Et l'enfant tourne,tourne et soupèse, s'arrête à chaque fleur et réfléchit…. Cette jaune là… Non…
Elle va jurer avec les teintes pastel du bouquet…. Alors elle butine comme une abeille et passe de fleurs en fleurs en examinant chaque couleur….Cette pourpre ?
Mais non, non, ça ne va pas du tout.. Et ce bouquet d'ailleurs.. Il n'est pas parfait… Il ne vaut pas Maman… Il ne rend pas grâce à tout ce qu'elle fait, et à où elles vivent..
Il est nul, nul comme elle… Et elle s'effondre dans les fleurs en se repliant sur elle-même peinée et déçue d'elle-même quand….
« Moi je le trouve très joli, ce bouquet, pourtant. »
La voix, inconnue, fait bondir l'enfant qui regarde apeurée et intimidée la belle inconnue qui se tient non loin de l'endroit où elle se tenait juste avant
et qu'elle n'avait pas entendu approcher… La belle inconnue vêtue d'un hanfu, ayant de longs cheveux blonds libres et un sourire ravissant aux lèvres qui loin de de s'outrer
de l'attitude de l'enfant lui sourit plus encore avec gentillesse, comme pour la rassurer….  
Alors que l'enfant réalise qu'elle fixe la jeune femme de ses yeux violets et qu'elle va l'effrayer… Et immédiatement son regard se baisse
« Et tes yeux violets sont très beaux, aussi. Comme tes mains. Tu aurais été bénie de Dieu, que ça ne m'étonnerait pas….                                                                                                                                    
Et un doux rire vint orner les lèvres de la demoiselle alors qu'une Inori rougissante et stupéfaite relève le regard vers une inconnue qui est la première hors famille à la complimenter sur ses yeux…. Et bénie de Dieu ? Qu'est ce que…. ?
                                                                                                           
Mais elle n'a pas le temps de s'interroger… L'inconnue rit à nouveau à son expression puis s'exclame :
« Mais puisque tu cueilles des fleurs et que tu sembles sous estimer ton jugement… Cueillons des fleurs ensemble et voyons si d'un autre avis ce serait vraiment mauvais…. »
Maman lui a toujours dit de se méfier des inconnus…. Mais cette dame…. Cette dame a l'air gentille.. Et elle sent en elle, jamais elle ne lui ferait le moindre mal….  
Et alors qu'elle tend la main vers elle, l'enfant, sans trop savoir pourquoi y dépose sa main.                                
Droite.                                                                                                                                                                    
Et le sourire de la dame s'agrandit alors qu'elle la mène à travers champs, errant avec elle doucement, se promenant parmi les fleurs…
De plus en plus vives, de plus en plus scintillantes, de plus en plus belles, de plus en plus lumineuses…. De plus en plus pastels…
Et que l'eau alentour dont elles se rapprochent devient plus claire encore plus lumineuse, plus parfaite… Que les feuilles alentour deviennent plus vertes…
Que l'endroit devient petit à petit un petit coin de paradis…. Et que paradoxalement, plus elles s’enfoncent dans la beauté, plus sa main droite semble la picoter….                      
Ce fut d'abord léger, imperceptible puis monta en intensité, un peu comme le picotement d’insecte gênant, puis une véritable sensation, un véritable fourmillement,
une sensation désagréable et effrayante comme si sa main était littéralement en train de se faire picorer puis ce fut tout son corps comme si quelque chose la parcourait,
la piquait et pourtant l'enfant eut bien été en peine de lâcher cette main…    C'était comme si elle ne pouvait pas, ne pouvait plus… Et puis les piques devinrent plus intenses et elle hurla….
Et le monde bascula….                                                                        
Et le noir l'emporta….                                                                          
Et elle sentit sa main lâchée, un courant d'air l'effleurer gentiment puis se retirer….                                          
Un mot flotta dans l'air…..                                                                    
Innocence…                                                                                                                                                                   
Ce furent la douce senteur des fleurs qui les guidèrent vers l'enfant disparue que personne ne retrouvait.
Ce furent elles qui l'accueillirent,en milliers de bouquets pastels alanguis sur le sol tout autour de la petite endormie….
Ce furent elles qui semblaient témoigner de l'étrange esprit dont l'enfant qui se réveilla alors, comme protégée par des milliers de bouquets semblables
au sien qu'elle savait ne pas avoir crée leur racontait l'aventure… Une femme que personne n'avait vue... Que personne ne connaissait….
Et qui devrait hanter le lieu un moment…..
Ce furent-elles qui emportèrent le secret….                                                                                                                        
D'une innocence réveillée par une autre….                                                                                                  
Ce furent-elles qui réalisèrent que loin de cesser le picotement resta mais redevint gentil et avec lequel elle s'habitua assez vite mais n'osant parler, refusant de les déranger pour cela...
Ce furent elles encore qui surent l'étonnement d'Inori, quand elle réalisa, mais un peu tard qu'elle n'avait jamais dit de vive voix que son bouquet n'était pas bien,
ni même que ses yeux lui faisaient honte…..  
Ni même que ses mains vertes purent être visible un instant.
                                                                                                       
OoO

La fête derrière elle battait son plein, quelques plus jours plus tard.  Trop de bruits, trop d'agitation, bien trop pour qu'on remarque son départ.
Et l'enfant de treize ans avait besoin d'air et d'espace. Pour une enfant timide, cette agitation trop puissante était un calvaire….
D'autant que si elle se concentrait,elle restait liée à cette fête car  elle pouvait entendre battre comme un cœur la musique.
Qui faisait vibrer doucement les murs de la délicate musique qui résonnait en ces murs.
Ce soir réception était donnée pour accueillir au mieux les amis de Monsieur leur Protecteur que l'on disait compter parmi les invités.
Mais il y avait eu trop d'yeux bleus pour qu'elle puisse se repérer. Et maman avait parlé à trop d'hommes aux yeux bleus pour qu'elle puisse le remarquer.
Comme si les yeux bleus était une norme européenne.
Elle se promit de faire plus attention quand elle regarderait les européens, avides d'exotisme que cette petite concession de terre amenée par la Chine à l'Empire Britannique  attirait.
Comme son propre père. Dont au final, elle ne savait à quoi il ressemblait. Et elle se voyait mal faire son impolie et demander à chaque personne qui se trouvait là.
D'autant plus que bien que polis, leurs clients frissonnaient régulièrement en voyant ses yeux même si pour les filles de la maison, cela n'avait aucune importance et que ses mains restaient cachées en permanence.
« Pourtant, tu pourrais….Au moins tu serais fixée….. »
La jeune fille tressaillit à cette voix. Redressa le regard et chercha sa source. Sans la trouver. Il n'y en avait pas.
Et pourtant, cette voix…. Elle l'avait entendu….. Elle était… Mais c'était sûrement un rêve de plus…. Comme celui de cette femme de l'autre jour….
Elle secoua la tête et laissa son regard effleurer l'horizon, appuyée contre la rambarde de la maison. Pour distinguer sur la route subitement au loin, des ombres.
Comme de nouveaux arrivants.

Ce qui la fit sursauter et tressaillir. De nouveaux arrivants ! Elle… Elle devait les prévenir….
« Ou les accueillir, toi… »
A nouveau cette voix.. Mais elle l'ignora. Elle n'était qu'un rêve, de toute façon.
Et elle se précipita à l'intérieur de la maison se frayant un chemin jusqu'à sa mère avec force excuses sur son chemin.
Sa mère qui la regarda surprise et reçut la nouvelle en écarquillant les yeux. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres et avec douceur, elle l'invita à la suivre.
Surprise, Inori, lui emboîta le pas. Pour retourner d'où elle venait, là où les étrangers approchaient de plus en plus.
Eux et leurs torches qui commençaient à révéler leurs visages. Quatre hommes,, accompagné d'une jeune femme.
Et alors qu'ils s'approchèrent, la jeune fille put voir plus encore d'eux. Quatre Européens, une jeune femme aux airs chinois.
Quatre Européens qui s'avançaient, qui finirent par rentrer dans la cour alors que sa mère vint à leur rencontre ; lui intimant de la suivre, ce que Inori, fit, avec beaucoup de timidité.
Puis suivit le même protocole que sa maman, s'inclinant avec respect pour saluer les Européens.
Mais différa du reste quand maman sauta au cou d'un étranger aux yeux bleus qui la serra contre lui sans aucune honte en s'excusant de devoir autant s'absenter et qu'elle lui disant qu'il était tout pardonné.
La jeune fille elle, regarda, gauche et gênée, maman retrouver un papa qu'elle ne connaissait pas. Alors qu'à côté, comme elle le remarqua, la femme de cette drôle de compagnie, dont les hommes s'empressèrent de rejoindre l'intérieur, elle les regardait avec intérêt.
Et comme sentant le regard de la petite fille, la femme qui devait avoir l'âge de sa mère et qui avait de longs cheveux noirs lui sourit.
D'un air extrêmement gentil. Mais qui la fit rougir et se cacher du mieux qu'elle pouvait, du fait de l'attention qu'elle avait attiré.
Ce qui eut pour effet de faire rire légèrement la dame. Et qui comme par enchantement rompit les retrouvailles, semblant les rappeler à ce monde.

Alors  Maman se tourna vers Inori en souriant:
« Edward, je te présente, Inori….Inori, dis bonjour à ton Père….
Et Inori de sursauter et paniquer… Comment saluer Papa… Comment saluer cet homme qu'elle ne connaît pas ?  
Peut être comme tous les Européens… Et voilà qu'elle s'incline, rouge de timidité pour débiter les mêmes paroles d'accueil que pour tous….
Et lui qui sourit, s'avance doucement et ébouriffe avec affection ses cheveux en lui assurant qu'il est heureux d'enfin faire sa connaissance.
Et elle qui reste interdite face à ce sourire, ce sourire qu'on lui avait décrit mais qui est bien en deçà de ce qu'elle voit….
Ce sourire dont elle a l'impression qu'en plus d'elle, il envoûte les deux autres femmes… Mais ce n'est qu'une impression, sûrement….

Et l'impression s'atténue doucement alors qu'à présent Edward leur présente l'autre jeune femme.
Une jeune Sing Song Girl qu'il amène avec lui pour qu'elle intègre leur maison. La Sing Song Girl qui se présente comme étant Yui, qui sourit avec bienveillance et gentillesse.
Qui complimente beaucoup Maman et se dit honorée d'être sous sa responsabilité à elle et son époux.
Qui lui sourit à elle, et lui dit qu'elle est enchantée de faire sa connaissance et qu'elle est certaine qu'elle s'entendront bien toutes les deux.
Mais il y a quelque chose, dans sa manière d'être….. Comme si elle en faisait trop….. Et ces regards sur maman et papa…. Un peu beaucoup présents…..
Puis subitement un chuchotis :
« Je la sens pas, celle là…. »
Qui la fait tressaillir. A nouveau, cette voix…. Mais elle n'est que le fruit de son imagination…. Pourtant, pourtant…. Elle a bel et bien entendu cette voix…
« Bien sûr que tu m'as entendu.. Et tu es la seule qui peut le faire, Inori. Et je suis loin d'être le fruit de ton imagination. Je fais plutôt partie de toi, à vrai dire. »
A nouveau, cette voix. Qui la fit tressaillir plus brusquement.
Attira à elle le regard inquiet de Maman :
« Tout va bien ma chérie ???? »

Et Inori d'acquiescer vivement. Il ne faudrait pas inquiéter inutilement.
« D'autant plus que je ne te veux aucun mal…. Jamais. Tu as ma parole d'honneur, Inori. »
A nouveau cette voix… Qui vient jurer des intentions pures et sincères…. Dont elle entend la sincérité dans la voix…
Et dont pire encore elle sent dans sa chair même, comme si elle était une réelle part d'elle, la sincérité. Mais c'est tout bonnement impossible. Tout bonnement impossible…..
« Ce n'est pas impossible, puisque c'est ce qui arrive….
-Ta...Tais toi….. Murmura t-elle, effrayée. Par cette voix qui encore revenait… Qui lui parlait.. Qui l'inquiétait….
-Inori ?????
Et la voix de Maman résonne à ses côtés, encore plus inquiète. Et elle de sursauter et réaliser qu'elle venait de parler à voix haute.
Et s'exclamer, effrayée qu'on l'ait entendu et d'avoir attiré l'attention sur elle :
« C'est.. C'est rien Maman…. Oh, je crois qu'on m'appelle à l'intérieur… A plus tard…..
Avant de prendre la fuite, lâchement. Mais la peur au ventre. Et l'étrange impression que quelque chose va changer. Et la voix subitement tue… Qui finit par murmurer :
« Je ne voulais pas t'effrayer….»
Avec une étrange peine qui la fige sur le seuil. Qu'elle ressent dans sa chair même et qui fait trembler son coeur. Elle l'aurait blessé ???
Mais elle ne voulait pas….. Et…. Et… Mais elle n'a rien blessé d'existant. Ce n'est que le fruit de son imagination.
Et elle tente de s'en convaincre en replongeant dans la foule ambiante et la fête. Mais ces mots trottent. Et il est fort possible qu'elle ne les oublie pas, cette fois.

OoO

« Espèce de …. Espèce d'empotée ! Regarde ce que tu as fait !
L'enfant de treize ans, crispa les épaules terrifiée à cette voix, couverte de thé de la tête aux pieds.
Elle n'avait jamais entendu Yui hurler. Jamais. Pas en trois mois. En même temps jamais rien n'a semblé la contrarier.
Elle n'osait même plus la regarder. Son visage n'avait plus rien de la gentille femme qu'elle avait apprise à connaître.
Il n'était plus qu'un masque de rage qui la terrifiait. C'était la première fois qu'on lui hurlait aussi fort dessus. La première fois qu'on la regardait avec autant de colère.
Elle se recroquevilla sur elle-même et murmura :
« Dé..Désolée….  
Pour sentir son menton relevé avec violence et affronter un regard plein de rage et de colère :
-Ah ça tu peux, crétine… ! Tu viens de tout faire rater….. Et tu te dis future Sing Song Girl….
Peuh… Tout juste bonne à pavaner dans un hanfu…"
L'enfant sursauta puis tenta de baisser le regard.
Elle devait avoir raison… Elle n'était même pas capable de servir le thé correctement… Elle venait de faire échouer la cérémonie du thé et recouvrir Yui et elle même de ce même thé….
L'enfant crispa encore plus les épaules. Et sentit subitement sa joue la brûler alors qu'un mouvement sec vint la cueillir.
Choquée, elle porta la main à sa joue alors que Yui hurla de plus belle :
-Et en plus, tu trembles ? Tu crois m'amadouer ? Petite sotte. Ça ne marche pas avec moi comme avec les autres. Fais toi une raison… Et s'il ne tenait qu'à moi, je t'aurai déjà viré d'ici..
T'es nulle, empotée, débile… Tout ce que tu as pour toi c'est ton visage….

L'enfant, se replia plus encore sur elle-même choquée. C'était la première baffe qu'elle subissait. Elle qui avait été une enfant toujours gentille….
Et on l'accusait… De simuler… Mais mais, c'était faux….Et elle ne voulait amadouer personne…Mais elle ferait mieux de se taire…
Car après tout, elle l'a déçu, elle n'a pas le droit de l'embêter avec la vérité...
Mais par contre, si Yui qui était une Sing Song parfaite disait qu'elle était nulle et débile…
Alors il devait y avoir une part de vérité…. Et sa famille, trop gentille pour lui dire l'avait caché…...
Mais par contre, elle l'avait déçu, cela était vrai… Et c'était impardonnable…. Elle baissa à nouveau le regard, contrite.
Elle avait sûrement en partie raison. Mais tout de même amadouer…
«Alors dis lui.
-Hey ????
L'enfant tressaillit surprise.
Cette voix, à nouveau….
Et comme une présence non loin d'elle…..Elle releva le regard pour la chercher mais une fois de plus ne la vit pas. Et se le vit baisser aussi sec.
« Regarde le sol. Tu vaux pas mieux….
-Qu'est ce qui te dit qu'elle ne vaut pas mieux ?
Cette voix… C'est la sienne… Mais ce ne sont pas ses mots.
Pas ses pensées. Elle n'en pense rien. Alors pourquoi l'a t-elle dit ?
Il faut qu'elle corrige le tir tant  elle est nulle et stupide….
Et qu'est ce qui se passe ? Qu'arrive t-il ? Son corps… Réagit tout seul ?
Mais pourquoi, comment ?????
Mais d'abord, réparer cette bêtise infinie… Le comment viendrait plus tard…..
Il  le faut. C'est mieux ainsi.

Aussi s'écria t-elle vivement :
« Je ne sais pas ce qui m'a pris, je n'en pense pas un mot, Yui.. Je sais bien que je suis….
Alors le geste s'esquissa, à nouveau violemment vers sa joue.
Pouvait-elle, l'éviter ????
Oui bien sûr.
Mais elle le méritait.
Elle ferma les yeux, prête à recevoir sa sanction.
Qui ne vint jamais.
Un hoquet résonna.
-Que...Comment ???
La voix de Yui.
Et dans sa main,la sensation de retenir un poignet.
Elle ouvrit, les yeux hébétée.
Pour voir sa main de son propre chef retenir ce poignet.
Et elle regarda d'un air choquée cette main qui était sienne qui retenait ce poignet qui voulait la baffer quelques secondes auparavant.
Elle le regardait hébétée, comme Yui le regardait.
Comment, pourquoi ????
Elle essaya de lâcher ce poignet.
Et ses gestes répondirent, le lâchant sans peine.

Pourtant, l'espace d'un instant….
Puis l'étrange sensation….
D'être étirée, loin de son corps, poussée gentiment, plus loin par une main tendre.
« Je prends le relais Inori….
Comme si son âme flottait dans le vide et qu'elle regardait alors qu'une conscience à côté d'elle filait vers la lumière du jour dont on venait de la priver…
Et comme dans un rêve, le poignet fut repris et la voix s’éleva à nouveau. C'était la sienne mais ce n'était pas ses mots. D'elle n'émanait plus que confiance et assurance.
Tout ce que n'avait pas sa propre voix.
« Faites lui encore du mal, et vous aurez affaire à moi. Me suis-je bien fait comprendre ????
Et Yui hébétée, d'hocher la tête. Et elle d'entendre ça sans rien comprendre. En sentant contre sa main ce poignet mais en se sentant aussi au loin comme une spectatrice, sans pouvoir intervenir.
Et l'instant d'après la sensation s'effaça. Et de nouveau son corps lui redevint entier alors qu'elle regardait sa main hébétée. Et que Yui la regardait tout aussi hébétée.

-ON PEUT SAVOIR CE QUI SE PASSE?????
Cette voix….
L'enfant jusqu'alors dans le vestiaire des bains où l'avait entraîné furieuse Yui, releva la tête en même temps que Yui.
Présentant à son visage une expression hébétée et perdue. Et une marque rouge sur la joue. Qui ne fit que hurler de plus belle Maman. Et comprendre aisément.
-Tu…. TUAS OSE FRAPPE MA FILLE ET CELLE DE NOTRE PROTECTEUR ????
Mais ses mots n'ont aucune importance pour l'enfant. Elle se désintéresse de la scène et tombe dans les ténèbres.
Ne voit plus sa mère houspiller sauvagement une femme qui sort peu à peu de son hébétude pour retomber dans le mensonge mielleux qui échoue, puis dont le regard se charge de haine, de colère et d'envie sans que personne ne voit rien.  
Elle retombe, avachie dans son hébétude.
Qu'est ce qui… Pourquoi… Est ce que.. Cette voix….
« Je prends le relais.. »
Alors l'enfant réalise horrifiée.

Cette voix n'est pas qu'une voix. Elle peut la manipuler aussi,lui faire dire des choses qu'elle ne veut pas dire…
Mais pourtant…..
Lui a t-elle voulu du mal ?
Pas une seule fois.
Elle avait essayé, de la guider….
Et ici de la protéger.
Et elle avait réussi.
Et elle avait juré qu'elle ne lui voulait jamais aucun mal.
L'enfant tressaillit en le réalisant.
Cette voix, cette présence qu'elle seule sentait… Veillerait donc ainsi sur elle ?
Mais pourquoi ?
Ou alors c'était une chevalière descendue sur terre pour la guider….
Elle imagina l'espace d'un instant une guerrière blonde portant une lourde épée essayer de la protéger de dragons armés jusqu'aux dents….
Et un rire emplit sa tête.
Un rire doux de cette même voix.
Et puis comme une embrassade.
Puis un doux murmure :
« Je serai là à chaque fois que tu auras besoin de moi. »
Puis le silence et le vide.
La présence, elle,le savait était repartie.
Mais l'enfant resta interdite, regardant ses doigts et essayant de comprendre ses sensations et ses mots, bien vivaces.

OoO

« On...On devrait…
C'est hésitante qu'elle essayait, la petite Inori de treize ans.
Elle essayait de remettre dans les bonnes grâces de Maman celle qui l'avait frappé.
Parce qu'elle aimait bien la Yui d'avant, la gentille jeune femme fraîchement arrivée et qu'elle avait l'impression que depuis quelque chose a changé.
Elle ne voulait pas que l'on se fasse de guerre ou de haine. Elle voulait sauver l'unité de cet endroit.Ne voulait pas que Maman en veuille à Yui trop longtemps….
Alors elle essayait de prendre son courage à deux mains. Elle essayait de toutes ses forces mais c'était dur, elle n'avait pas l'habitude.
Pas l'habitude d'essayer de donner des conseils tant elle ne se sentait pas capable d'en fournir de bons. Et puis, c'était sa maman, elle avait toutes les chances de ne jamais l'écouter.
Mais l'enfant obtint encore mieux. L'attention totale et douce de sa maman qui tourna son regard vers elle et lui sourit avant de s'exclamer avec douceur :
« Que devrions nous, Inori ?

Et Inori de s'arrêter et la regarder, hésitante.
C'était là sa chance. Elle le savait pertinemment.
Mais…. Et si Maman… Le prenait mal ??? Et si elle se fâchait, et si elle s'irritait ? Ce serait mauvais. Elle qui ne voulait agacer personne…..
En plus du fait que dans peu de temps elles chanteront pour des seigneurs occidentaux…..Cela pourrait ternir leur spectacle…..
Mais mais… Si elle ne dit rien….Alors….. Yui serait privée de ce spectacle…. Alors Inori ferme les yeux et inspire. Ce risque, elle devait le prendre. Elle le devait. Pour Yui.
Puis elle rouvrit les yeux et regarda sa maman. Pas dans les yeux, car elle n'avait pas assez d'audace.
Sa voix s'éleva, tremblante et mal assurée de l'air de l'enfant qui a peur des conséquences….
« On… On devrait.. Laisser chanter Yui avec nous….
Et sous ses yeux le sourire de Maman se tarit. Et mince…. Elle aurait du…. Mais, elle le vit vite. Nulle colère ne s'y alluma.
Juste un étrange sentiment de compréhension de quelque chose qui la dépasse du haut de ses treize ans.  Avant que Maman ne s'exclama doucement :
« Je ne peux pas l'autoriser.
Elle devrait se taire. Ne pas insister. Mais cette chose qui inonde son regard… Elle voudrait le comprendre… Alors elle s'exclama, d'une petite voix :
-Pourquoi ????
Et sa mère eut un immense soupir. Et s'apprêtait à répondre lorsque :
-Pour rester cohérente, Inori. Pour affirmer son rôle de maîtresse de maison et montrer qui gère l'endroit. Si elle revenait sur sa punition, elle perdrait toute autorité.
La voix de Yui. Puis Yui elle-même qui apparut. Et lui sourit, sourit aussi à sa mère. Avant de s'approcher d'elle suivie de près par le regard de sa maman.
Sûrement guettant la nouvelle blessure. Mais Yui se contenta de soulever la petite de treize ans et la câliner avant de lui murmurer tout doucement :
« Excuse moi ma puce….Et merci de prendre ma défense…. Mais ce sont des choses de grande personne…. Tu comprendras plus tard.

Et Inori d'acquiescer. Car pour elle cela ne fait pas grand sens. Autorité ?  Elle ne voit pas le rapport entre ça et maintenir une punition.
Mais cela semblait parler à Maman qui sourit à Yui, d'un air un peu plus sincère.
« Je suis heureuse que tu comprennes, Yui.
Et elle de sourire avec gentillesse :
« Ce n'était guère difficile à comprendre….
Et les deux rivales de se serrer la main et s'encourager afin de représenter leur maison….
Et les sourires qui naissent sur les lèvres. Même si ces faits, elle ne les comprenait visiblement pas, Maman et Yui si…
Alors si tout allait bien dans le meilleur des mondes.. L'enfant reprit sa préparation, le cœur léger… Un spectacle les attendait.

Et le serpent dansait dans l'ombre en sachant bien faire semblant….
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Sam 10 Sep - 20:32




H i s t o i r e


Chapitre 2 : Le temps de l'absence

OoO

Elle se présenta, comme par un étrange hasard dans sa main.
Comme si elle lui était destinée.
Et l'espace d'un instant Inori tint la Mort au creux de sa main.
Elle ne savait pas qu'elle y dansait.
Nul ne le savait.
Pas encore, du moins….
Mis à part une seule personne au monde.
Mais elle n'était pas là…
Elle riait dans l'ombre de laquelle on l'avait envoyé….
Elle riait en sachant ce que tous ignoraient….
Peut être qu'un jour Inori se demanderait ce qui se serait produit si c'était elle que la Mort avait emporté….
Mais ce jour est encore lointain….
Elle ne le sait pas encore….
Patience, son ignorance et son Eden bien vite seront brisés….
Patientez, ô lecteurs qui peut être se demandent ce qu'annoncent ces mots…
La fin aura tôt fait d'arriver….

Ce jour la Mort butina dans sa main…
Tapie dans un innocent verre de quelque chose de fort…
Qu'une de leurs camarades déléguée au service des boissons pour ces seigneurs et pour les chanteuses leur avait amené….
Elle vint s'y poser en toute innocence comme un papillon délicat de ce monde, vint battre des ailes contre sa paume. Et puis s'envola quand Maman récupéra le verre avec un léger rire :
« Enfin, Shi An, tu sais bien que Inori est trop jeune pour ce genre de boisson….
Et la Mort contempla sa nouvelle maîtresse… Et Inori vit une étrange tristesse inexpliquée dans le regard de Shi An avant qu'elle ne lui donne un autre verre….
Elle ne pouvait pas savoir la mission que l'on lui avait confié… Le chantage dont elle était victime…
Elle ne pouvait pas comprendre…
Ne pouvait pas réaliser pourquoi elle fuyait aussi vite…..

Et Maman et Inori contemplèrent cette fuite inexpliquée si vive d'un air étonné puis la perdirent de vue alors que Maman se tourna vers Inori avec un grand sourire avant de lui tendre son verre. Et la petite de reconnaître cette étrange coutume occidentale de taper doucement les verres les uns contre les autres… Mais en général, cela avait une raison pour faire cela… Aussi la petite fille la contempla perdue. Ce qui fit sourire Maman qui s'exclama :
« Nous n'avons qu'à dire que nous trinquons à ton futur bonheur….
-Trinquons ? Répéta doucement la jeune fille qui se sentit rougir… Comme si elle valait la peine d'une telle action…..
Quel sens avait ce mot pour une enfant ?
Pas le moindre. Il était aussi vide de sens pour elle que ce monde tout entier.
Mais Maman le vit et amena son verre tout près du sien pour le taper doucement la faisant plus encore rougir. Elle ne le méritait pourtant pas…. Mais mais.. Selon Maman elle le méritait… Alors, peut être….
Et un timide sourire naquit sur les lèvres de l'enfant….
Et elle tapa doucement son verre contre celui de sa Maman.
Puis d'un même geste elles amenèrent à leurs lèvres, la vie qui se change en tragédie et la Mort qui emporte tout….

Mais elle ne vint pas de suite….
Elle se fit insidieuse…
Le chant reprit, doucement, comme si de rien était.
Personne ne pouvait voir que le chant du cygne se tissait….
Personne ne vit que de plus en plus, discrètement Maman se grattait légèrement..
Personne ne vit que Maman plissait de plus en plus les yeux…
Personne ne vit que Maman semblait s'engourdir et bougeait de plus en plus fréquemment ses membres comme pour essayer de chasser un engourdissement..
Personne ne vit.
Pas même Inori.
Inori qui se perdait dans les lumières des notes de musique.
Inori qui s'enfonçait de plus en plus loin dans les temples des hauteurs.
Inori qui se perdait dans son plaisir de chanter et de faire apprécier la musique.
Inori qui se perdait dans le bonheur d'un instant qui va se dérober sans qu'elle le sache.
Inori qui fut la première à entendre un sifflement à ses côtés.
Inori qui fut la première à tourner la tête vers le bruit.
Inori qui la vit avec une respiration plus difficile, chercher avec difficulté de l'air sans en trouver beaucoup.
Inori qui sursauta, chercha à attirer l'attention de ses compagnes.
Quelque chose n'allait pas. Elle ne savait pas ce qui se passait mais quelque chose n'allait pas.
Elle le sentait bien.
Elle chercha à attirer l'attention, tira sur des manches discrètement mais le spectacle était en train de se donner.
Rien ne pourrait l'arrêter.
Show must go on, comme disent les Anglais.

Et puis un cri fendit la foule et le monde réalisa.
Que la Mort s'était invité dans une danse qu'elle n'aurait pas du donner.
Et l'on se précipita vers elle.
La mort devint le nouveau spectacle et vint bercer l'assistance.
On s'affaire autour de la jeune femme et on tient au loin Inori.
Inori qui dans un premier temps reste silencieuse mais emplie de questions. Inori qui reste sage petite poupée docile qui voudrait approcher mais n'ose pas. Et la voix en elle se réveille et Inori redevient une petite fille normale.
Inori fait des pieds et des mains, gesticule, appelle à une compréhension qui ne vient pas.
Inori, s'agite, appelle mais personne ne répond.
Inori ne ressemble plus à la petite et frêle Inori de toujours.
Inori crie de plus belle mais personne ne la remarque.
On finit par emporter la gamine au loin.
Elle gesticule de plus belle, hurle, supplie qu'on la laisse.
Mais le chloroforme vint la trouver et c'est dans les ténèbres qu'elle alla se noyer.

OoO

L'odeur entêtante de jasmin que mettait toujours Maman….
Chaque matin…. Elle la voyait encore le mettre avant de se lever…
C'était pour lui apprendre à s'accoutumer aux parfums disait-elle.
Alors Inori n'eut pas besoin de plus.
Elle savait où elle était.
Sa propre chambre.
L'enfant ouvrit des yeux encore un peu groggy.
Que s'était-il passé ?
Elle avait le vague souvenir d'avoir senti « l'autre » prendre possession d'elle pour exprimer ce qu'elle ressentait puis le néant….
Et Maman ????
Elle sursauta et se redressa.
Elle devait trouver Maman, elle devait aller la voir….
Et si….. Elle dérangeait Maman qui se reposait ?
Et ses gestes se suspendirent et elle s'arrêta.
Elle ne devait sûrement pas.
Si on l'avait emmené ici, c'était certainement pour une bonne raison….
Elle baissa la tête.
Pourtant, pourtant…
Et au fond d'elle, elle avait le pressentiment que quelque chose n'allait pas.
N'irait plus jamais.
Mais…..

« Et bien, allons y. Allons trouver Maman. Ensemble, Inori.
Et subitement ce fut comme une douce voix et une main qui se tendirent devant l'enfant effondrée au sol. Comme si l'enfant relevait le regard pour voir une jeune fille blonde armée de pieds en cap qui lui tendait la main.
Une jeune fille qui lui sourirait d'un air angélique et doux. Une jeune fille qui ne faisait qu'exprimer sa défense et ses ressentis cachés.
Mais… Mais.. Avait-elle le droit ?
Elle baissa à nouveau le regard alors qu'avec douceur « l'autre » répondit :
« C'est notre famille. Alors, oui, Inori.
Et à nouveau cette main imaginaire que se créait la jeune fille se tendit.
Et elle s'y accrocha et se redressa.
Et ce ne fut plus une mais deux enfants qui s'élancèrent à la recherche de Maman.
Elles s'élancèrent dans les couloirs éperdues.
Mais ne croisèrent personne.
Les couloirs étaient vides, désespérément vides, sans aucune raison là où ce lieu grouillait habituellement de vie.
Et cela ne rendait tout cela que plus effrayant….
Et puis un son, diffus, parvint d'une pièce….
Alors l'enfant poussa la porte…
Et vit réunies en un lieu toutes les compagnes de cet endroit…
Elle vit les regards sombres et la tristesse.
Puis elle vit les bougies et le blanc de l'hanfu de Maman…
Elle vit Maman, reposée, alenguie sur des draps entourée de fleurs.
Elle vit Yui dans un coin de la pièce à l'air affligée.
Elle vit Papa qui se tenait à ses côtés silencieux et grave comme un patriarche.

Elle avait déjà vu, cela autrefois.
Elle en avait beaucoup pleuré mais elle l'avait déjà contemplé.
Elle savait ce que c'était.
Mais non, non….
Ce n'était… Ce n'était… Cela n'avait pas du arriver….
Ce n'était pas possible…
Elle n'avait pas pu….
Elle recula.
Elle refusait.
Elle refusait cette réalité…
Elle n'avait pas pu…. Ne pouvait pas….
Elle recula encore d'un pas.
Puis un autre.
Ce n'était pas la réalité.
C'était une illusion.
Elle allait se pincer et quand ce serait fait, l'illusion aurait disparue.
Elle le fit.
Mais l'image ne changea pas.
Alors, alors....
Elle recula plus encore, les yeux pétris d'horreur...

Yui, subitement la remarqua et s'avança vers elle....
« Inori.. Inori, je dois....
-Non... Non.... Murmura t-elle en se reculant encore plus.
Et Yui de s'avancer encore plus l'air éprouvée  et fatiguée, l'air d'une femme ayant pleuré...
La réalité venant la cueillir plus encore cruellement.
Et elle qui recule encore en murmurant de plus en plus fort, comme si le dire écarterait la vérité....
« Non... Non.... Non...Non...NOn.......NOOOOn..... NOOOOOOOON !
Puis finir en cri puis fuir sans se retourner, fuir comme une biche éplorée, sentant ses yeux se parer de larmes et s'effondrer au sol, au milieu de la cour dont le pas de Maman ne rencontrera plus ce sol....
Tomber à genoux et hurler sa douleur à la lune cachée par de sombres nuages qui déversent leurs larmes sur le monde, noyant vite ses pleurs.
Seule sous la douleur qui l'accable et qui fend son cœur.
Seule à hurler à une nuit qui l'emporte de secondes en secondes plus loin.
Seule sous une lune qui se revêt d'une robe d'ombres qui respecte sa peine...
Seule.. Vraiment ? Et subitement, elle entendit, se mêlant à sa propre voix.....

Celle de l'autre....
Qui hurlait aussi fort que la sienne dans sa tête...
Qui hurlait, hurlait en compassion et douleur partagée..
Elle pouvait le sentir dans sa chair...
Et l'espace d'un instant, ce fut comme si elles étaient dans un espace noir et vide... Et la guerrière ange aux cheveux blonds et l'enfant se firent face... Se taisant subitement...
Puis s'ouvrant les bras spontanément et se jetant dans les bras de l'une l'autre pour se serrer l'une contre l'autre et hurler ensemble leur douleur, pleurer de plus belle en sachant que quelqu'un dans la nuit souffre avec vous....
Se serre fort au point de ne sentir que cela...
La sensation est réelle mais l'image n'existe en réalité pas...
La peine est réelle et se hurle....
L'horreur se répercute avec une cruauté sans nom...
et puis avec un pincement très doux, le monde les relâche dans des ténèbres de vapeurs endormissantes...
Comme par compassion....

OoO

« Tu crois qu'elle souffre, maintenant ?
-Peut être.... J'espère que non....
-Tu crois qu'elle sent encore ce qu'ils sont en train de faire à son corps ?
-J'espère que non....
-Tu crois que ça fait mal d'être brûlé ?
-Je ne connais que ce que cela fait d'être électrocuté.... Désolée, Inori....
-Comment sais-tu cela ?
-Parce que je suis l'esprit de la Foudre, Inori.
-Pourquoi tu es venue me voir moi, alors ? Je suis banale au possible....
-Un jour, tu sauras... Il te faudra être patiente...
Et le silence retomba entre elles.
Et Maman gémit à nouveau dans son cercueil suppliant qu'on la libère.
Et Inori entendit à nouveau ses appels désespérés.
Elle crispa les poings et les larmes à nouveau affluèrent.
Son maquillage était depuis des lustres ruiné par ses sillons qu'elles avaient creusé.
Sa voix était cassée à force de hurler....
Elle n'avait plus assez de force pour répondre à Maman..
Et elle le savait, savait trop bien...
Maman était morte et elle imaginait le reste....
Alors elle s'accrocha, à nouveau à ce lien qui la détachait de l'endroit, ce lien qui empêchait son imagination de travailler.
L'autre.
Elles n'avaient qu'elles, sous ce ciel triste.
Les autres étaient autour mais ils semblaient tous si immunisés contre le feu emportant l'une des leurs.......
Grandes personnes trop glacées.

Alors les enfants se cachaient dans les bras de l'une et l'autre et se parlaient pour compenser ce trop lourd silence et se soutenir dans cette douleur. Pour oublier la scène extérieure.
Et Inori reprit leur petite danse pour oublier leur nouvelle solitude.....
« Tu t'appelles comment ?
-Lightning.
-C'est triste. Ton nom se réduit à ta fonction.
-C'est comme ça.
-Et si je te donnais un nom ?
La proposition vint, spontanée avec une étrange facilité.
Et la fit sursauter.... Et si... Et si elle trouvait cela agaçant cette manie ? C'était possible après tout....
Mais.....
-Volontiers....
Elle devina un sourire dans son intonation de voix.... Ce qui la fit sursauter. Et ramena l'espace d'un instant son attention sur l'encens alentour et le blanc dominant.... Avant qu'elle ne replonge...
Elle ne voulait pas les voir.....
A la place elle préféra réfléchir....
-Même si nommer une partie de soi est ridicule.....
-Tu n'es pas une partie de moi. Tu es une amie.
La réponse vint spontanément à son tour. Et ne lui a jamais semblé aussi juste. Comment qualifier autrement, après tout, une personne qui vous encourage, fait tout ce qu'elle peut pour vous aider et qui hurle avec vous ? Elle ne lui fait plus peur à présent. Ce n'est qu'une amie. Une simple amie à qui elle compte bien s'attacher plus encore et apprendre à connaître. Une amie à qui il faut un nom digne de ce son nom. Elle ne peut pas être une partie d'elle, ce serait impossible... Elle est tellement plus qu'elle n'est. Ceci dit....

« Inori ? Tout va bien ?
Un murmure bienveillant, à sa droite. Une main qui prend la sienne.
Une main encore inconnue. Une main d'homme.
Et Papa lui sourit, son regard bleu imbibé de larmes.
Papa lui sourit et elle réalise qu'ils sont trois à pleurer en ce jour.
Que tous les autres sont trop sobres pour pleurer.
Ou n'ont plus de larmes.
Ils sont trois dans un monde de tristesse.
« Alors emporte le avec nous....
-Mais....
Et si Papa se fâchait ? Elle ne le connaît tellement pas....
Alors Inori se sent éloignée...
Alors qu'une petite fille orientale qui a son apparence prend Papa l'occidental dans ses bras....

Il sent le jasmin...
Comme Maman....
Elle ferme les yeux ou abondent de nouvelles larmes....
Elle se laisse aller dans l'étreinte de Papa...
Papa et les deux filles...
Un peu d'Orient, un peu d'Occident....
Elle porteuse de l'Orient et aussi de l'Occident..
Mais dont son nom ne porte que l'Orient....
Et elle qui dit qu'elle est une partie d'elle...
Alors elle trouve une piste de nom...
Cherche des noms de femme occidentale...
Puis lui en vint un...
« Merci, Théa....
-Pas de quoi me remercier, mon amie.... »
Un sourire dans sa voix....
Puis comme si elle les rejoignait dans le câlin....
Une famille unie face à la mort...

Alors que Yui pestait  à côté d'elle en observant la scène....
Et mince....
Le père n'était pas indifférent au sort de l'enfant...
Cela serait plus difficile pour faire d'elle-même la seule gérante et héritière de la maison....
Mais ce n'était pas impossible, cependant...
Il lui faudrait juste un peu plus de temps...
Un fin sourire se dessina sur ses lèvres...
Les filles alentour baissèrent la tête face au démon qui possédait pour chacune leur secret et qui pourrait les briser, si elle le voulait...

OoO

Elle s'installa en une habitude bien rodée auprès de la tombe de Maman.
Elle prit soin de bien étaler sa couverture au sol.
La terre ne devait laisser aucune trace sur son hanfu.
Personne n'avait besoin de savoir ce qu'elle faisait ici.
Le fait qu'elle se sentait besoin d'aller parler à Maman, raconter ses journées depuis une semaine ne concernait qu'elle.
Et Théa était assez d'accord avec elle.
Et si les autres savaient, ils lui diraient sûrement qu'à présent tout appartient au passé.
Puisque bizarrement.... Tout semblait avoir repris...
Comme si le monde continuait de tourner mais sans Maman...
Les filles alentour avaient repris leurs chants comme si Maman y mêlait encore sa voix....
Elles avaient juste un étrange air triste, mais qui disparaissait quand Yui ou elle apparaissait....

Peut être pour l'inciter à avancer....
Théa avait essayé de leur dire qu'elle aussi souffrait de la même perte, mais elles n'avaient eu pour elles qu'un « Il faut tourner la page, Inori » les premiers jours.....
Et c'est encore inacceptable pour l'enfant.
Quant à Yui... Si elle avait du chagrin, il était autant contenu que celui des autres....
Elle semblait la plus sur la terre ferme, semblant reprendre doucement mais sûrement la maison de l'intérieur.....Mais elle disparaissait parfois des heures durant....
Quant à Papa..... Il n'était pas réapparu aux filles de la maison...
Mais l'on savait qu'il était ici....
Quelques unes disaient entendre ses pleurs, parfois, le soir....
C'était apparemment bien le seul qui pleurait encore Maman...
Mais il se cachait...
Et l'enfant n'était pas assez audacieuse malgré les conseils de Théa, pour aller  le chercher dans les ténèbres....

Alors un petit rituel était né.
Tous les matins, avant que ne commencent ses cours, elle venait se mettre ici, raconter cette horreur, mais aussi ses joies, ou les compliments inattendus et elle finissait par dire combien elle lui manquait et ne pouvait s'empêcher de pleurer un peu....
Mais ce matin, quelque chose l'avait obligé à retarder son rituel. Une leçon et un client reçu plus tôt avait retardé sa venue. Mais elle était presque sûre que le temps ne signifiait rien pour Maman maintenant. Ce n'était pas comme si elle manquait de temps maintenant.....
Et maintenant, le rituel reprenait place dans ce monde alors qu'elle racontait sa journée à Maman et que Maman dans sa stèle semblait l'écouter....
Que Théa les regardait de loin avec sa bienveillance habituelle, laissant ce moment se vivre à deux....
Peut-on imaginer quelqu'un qui puisse à lui seul modifier une habitude bien rodée, dans ses conditions ?
Sans peine.

Et cette personne arrive sans que personne ne la remarque.
Elle remarque que quelqu'un est aussi sur la tombe de sa femme.
Quelqu'un qui venait lui, aussi, par habitude ici faire la même chose.
Quelqu'un qui s'arrête pour écouter sa fille parler.
Et sa fille, finissant par se sentir observée, qui remarque le regard de son père braqué sur elle, la faisant rougir et tressaillir.
Elle fait quelque chose de mal, sûrement, et Papa comme les autres va...
Mais Papa s’assoit, a un triste sourire...
Et raconte sa journée.
Et l'enfant de l'écouter, et réaliser....
Qu'ils font la même chose à des heures différentes....
Et elle l'écoute et réalise qu'il souffre tout autant qu'elle...
Et quand les larmes coulent sur son visage....
Elle voudrait prendre sa main pour la serrer...
Mais elle ne sait s'il va l'accepter...

Alors Théa murmure de suivre son cœur...
Et Inori, obtempère, un peu hésitante.
Et sa main en retour est serrée.
Et le père et la fille s'étreignent dans une douleur partagée, sur une mort qui paradoxalement les rapproche assez.
Sous les yeux courroucés de Yui qui de loin observe et qui depuis peu accompagne le seigneur lors de ce rituel.
Et qui tourne les talons.
Il lui faudra être plus forte, visiblement.
Mais ce n'est pas grave.
Elle saura lutter.
Un fin sourire se dessine sur ses lèvres.
A la fin, l'enfant perdrait.
Cela prendrait juste plus de temps....

OoO

« Inori....Lord Randall te demande dans son bureau.....
Et Inori de sursauter et manquer de lâcher la théière qu'elle tenait dans ses mains sous le regard courroucé de Yui qui venait lui annoncer la nouvelle.
Mais, étrangement, Inori était presque certaine que ce qui l'agaçait était extérieur à cet accident de thé.
Peut être ce que lui avait dit Lord Randall l'avait agacé....
Et d'ailleurs, pour quelle raison était-elle demandée ?
Il n'était pourtant plus l'heure depuis longtemps de ce rituel qui était devenu le leur.
Se retrouver devant cette tombe, pour parler à Maman et découvrir, paradoxalement l'autre qui était sa famille....Se tissant ainsi des liens timides, fragiles encore non assurés mais peut être un jour plus solides qu'ils ne l'avaient jamais été....
Et quelques heures, dans la journée où père et fille se retrouvaient pour essayer de rattraper ces longues années où Papa errait loin d'elle...
Et dans son bureau...
Peu, très peu de gens y étaient convoqué... Et en général ce n'était pas très bon signe....

Inori frissonna.
Avait-elle fait quelque chose de mal ?
Elle tenta de se rappeler de la dernière chose qu'ils s'étaient dite.
Cela ne lui sembla en rien préjudiciable.
Alors qu'avait-elle pu faire de mal ?
Elle ne le sait pas, en gravissant les degrés vers cette connaissance inconnue.
Elle n'est pas plus fixée quand elle entre et qu'elle voit un monsieur qu'elle ne connaît pas et Papa qui lui sourit et l'invite gentiment à s'asseoir face à lui.
Alors elle s'assied comme demandé, sage poupée, attendant d'être fixée sur son sort.
Et Papa qui lui sourit, puis commence à lui expliquer, que ces derniers temps, il a pris conscience de quelque chose, d'essentiel, auquel il n'avait pas pensé.... Mais que c'était terrible de ne pas y avoir pensé plutôt...
Et l'enfant frémit. Que veut dire Papa par ces mots ? Quel est le destin qui l'attend ? De quoi a t-il pris conscience ? Elle a peur de savoir....
Puis la vérité coule...
Par quelques mots simples.
Lui faisant don d'un avenir.
Puisque la mort pouvant survenir si facilement.
Et l'enfant devient sur papier l'héritière par testament de Lord Randall.
A défaut d'avoir été là enfant, le père se rattrape à présent et essaie de sauver sa fille.
Il ne songe pas assez à se sauver lui, des jaloux.
Cela causera la perte de celle qu'il veut sauver...
Mais il l'ignore encore.....

OoO

« Tu devrais aller le voir...
-Mais Théa... Il doit être sûrement pris par des travaux importants.....  Protesta Inori mentalement en gravissant les escaliers néanmoins qui menaient vers le bureau de Lord Randall. Même si son esprit hurlait de ne pas le faire, sa volonté de savoir poussée par Théa laissait son corps libre d'agir....
-Des travaux importants ? Importants ? Ça fait des jours que sans raison apparente il fuit notre rendez vous auprès de la tombe de Maman... Alors qu'il venait tous les jours..... »
Inori baissa le regard à cette réalité...
Elle ne le savait que trop bien....
Elle qui l'avait attendu pendant des demies heures sans jamais le voir apparaître...
Cela avait commencé sans aucun signe précurseur, du jour au lendemain.....

Même si les heures où Papa la retrouvait et restait avec elle pour passer du temps ensemble, elles restaient... Mais elle avait l'impression qu'il souriait de plus en plus pour elle ne savait quelle raison....
Mais ne mentionnait jamais ces absences le matin....
Et cela durait depuis ce jour.....
Alors aujourd'hui, Théa incitait Inori à aller chercher des réponses directement auprès du concerné.....
Et c'était vers lui qu'elle montait vers les degrés de la connaissance....
Dans un étrange silence....
Auxquels se mêlaient de légers bruits étouffés.....
Qui la firent sursauter et tendre l'oreille....
Qu'est ce que ces bruits pouvaient bien être ?

Alors qu'elle arrivait à l'étage et qu'elle avançait dans le couloir....
Qu'elle marchait dans celui-ci....
Les sons gagnant en netteté....
Devenant des bruits d'humains aux voix encore non identifiés...
Les sons gagnant en netteté au fur et à mesure qu'elle s'approchait du bureau de son père....
A n'en plus douter, ils venaient de là....
Inquiète, elle s'approcha.
Qu'est ce qui pouvait produire ces sons ?
Et qu'est ce que c'était ?
« Inori... Partons. »
Elle ne l'écouta pas.
Elle fit quelques pas de plus.
Remarqua ce qu'était ces sons.

Des gémissements.
« Inori..... » Reprit Théa, plus pressante.
Mais ses gémissements...
Cela avait la voix de son père...
Avait-il mal ????
Elle devait aller l'aider.....
Elle se précipita vers la porte de son bureau.
Et la vision la cueillit.
Et comme un coup de poignard au cœur la trahison de Papa frappa son cœur.
Elle tourna talon, descendit, choquée, les escaliers.
Elle courut sans s'arrêter.
S'effondra sur la tombe de Maman.
Pleura sa nouvelle mort.
Hurla à s'en arracher les poumons.
Alors que là haut restèrent les gémissements de Yui et de Papa mêlés.

OoO

Elle le savait.
L'avait su à cet instant où elle hurlait sur cette tombe.
Plus rien ne serait comme avant.
Et dieu que malheureusement elle avait raison...
De jours en jours, elle devint plus puissante...
Les femmes de la maison commencent à lui obéir au doigt et à l’œil....
Elle commence à apparaître, timidement encore, au bras de Papa.....
Les couleurs de deuil commencent à s'éloigner....
Elle commence à lui sourire comme Maman lui souriait....
Elle commence à s’intéresser de trop près à ses activités....
Comme si elle voulait prendre la place laissée vide....
Mais c'est impossible....
Personne ne prendra la place de Maman....
Sa main se crispa sur sa tasse.
« Inori, tout va bien ?
Sa voix.... Trop gentille, trop compatissante....
Elle lui fit mal.
Lui rappela cette scène là haut.
La fit frissonner.
Mais ce frisson se vit.

Et l'instant d'après, Yui s'asseyait à côté d'elle, d'un air soucieux et la regardait de cet air.
Comme Maman autrefois...
Et cela blessa son cœur...
Lui donna encore plus l'impression qu'on essayait de voler la place de Maman....
Mais elle ne dit rien....
Elle baissa le regard et ne dit rien...
Elle ne voulait pas blesser Yui en le disant...
Car Yui ne faisait sûrement pas exprès...
Elle voulait sûrement bien faire en veillant sur elle et les autres....
Ce n'était probablement pas sa faute si elle était tombée amoureuse de Papa...
Le seul traître, qui disait aimer Maman à la folie et qui l'avait finalement abandonné, c'était cet inconnu qu'était au final son propre père.....
Elle ne l'avait pas trahi, Yui...
Elle essayait de veiller sans savoir qu'elle en faisait trop....
« Il faudrait lui dire, alors... Murmura Théa intérieurement avec douceur.
-Mais... Et si je la blessais ? Murmura doucement en elle-même Inori.
-Alors ce sera toi qui sera blessée à chaque fois, Inori....lui Répondait Théa, sans prendre de gants.

Et la jeune fille accusa le coup en frissonnant.
Elle n'avait pas tort...
Elle allait devoir lui dire....
Mais en pleine réception ?
Là maintenant ?
Alors que cela pourrait ternir son humeur ?
Frisson qui ne passa pas inaperçu, chez Yui qui s'exclama avec inquiétude :
« Qu'est ce qui ne va pas Inori ? Tu as froid ?
Elle la regarda, hésitante.
Puis vit dans son regard de nouveau cette attitude de veiller sur elle comme si elle était sa mère.
Et se prit à nouveau un coup au cœur.
Et sut qu'elle devait agir.

Alors, elle murmura, incertaine, craignant sa réaction....
« N'ag...N'agis pas comme Maman....S'il te plaît....
Et son regard se para de surprise à ses mots et la regarda avant de s'exclamer :
-Je fais comme elle ?
Et Inori d'acquiescer, baissant le regard face au sien, n'arrivant pas à supporter ses prunelles qui la regardaient étonnées.
En elle, l'étrange sentiment d'être soulagée d'un poids.
Et la fierté de Théa face au succès de la jeune fille.
Et maintenant l'appréhension de sa réaction.....
Qui ne tarda pas à se profiler....

Sous la forme d'une main qui releva son menton, puis Yui qui la prit dans ses bras sans se soucier de la foule alentour avant de murmurer :
« Je n'ai jamais voulu te faire de mal.... Et jamais voulu te la rappeler.... Je ne veux pas prendre sa place.... A aucun prix.....Je te le jure... Et je ne ferai rien pour la prendre....
Et Inori, surprise dans un premier temps, se laissa aller dans le second dans ce câlin, bien que gênée.
Mais elle ne vit pas le sourire carnassier de Yui qui l'enlaçait.
Ainsi, c'était une des choses qui la blessait....
Elle rangea l'information dans sa mémoire....
Puisqu'il lui faudrait chasser l'héritière.....

OoO

L'auraient-ils fait si elle avait dit non ?
Elle ne le sait pas encore.....
Mais la réponse est oui.....
L'amour de Papa pour Yui était trop fort pour faire autrement.....
Et à présent, elle est assise, à regarder les jeunes mariés se donner à manger réciproquement....
Les gens autour d'elle font la fête...
Et elle, petite soldate qui veut le bonheur de Papa le traître et de Yui l'amie endure cette fête qui veut enterrer Maman.....
Petite fille regarde disparaître le dernier lien qui reliait Papa à Maman....
Mais il est tellement aux petits soins avec Yui.....
Qu'elle réalise que Papa n'est pas plus traître que Yui...
La faute à l'amour, simplement.....
Alors ce sentiment de trahison, se nuance doucement en secret....
Petite fille qui n'a pas su dire non en voyant le visage de son père et de celui de Yui..
Qui n'a pas eu le courage de leur refuser le bonheur suprême....
Petite fille qui endure seule ce triomphe...

Alors que tous les autres rient, s'amusent et sourient....
Viennent déposer des hommages aux jeunes mariés....
Et bientôt vient le tour de la petite....
Et la petite comme une poupée mécanique, dépose son hommage...
Et gagne un câlin de Papa et de Yui...
Ainsi qu'un murmure...
« Tu seras gentille avec Maman, n'est ce pas Inori ?
Ce murmure la fait tressaillir.
Yui ne sera jamais Maman.
Jamais.
Mais il y a un tel sentiment d'attente dans la voix de Papa...
La petite ne veut pas le trahir...
Pas comme lui...
Alors elle acquiesce....
Puis fuit, profitant de la fête dense pour disparaître....
Quand on la cherchera, pour trinquer avec elle, personne ne la trouvera.
Elle sera dans son lit, enlacée par Théa qui la bercera en secret....
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Sam 10 Sep - 20:51




H i s t o i r e


Chapitre 3 : Le temps de la souffrance

Quelque chose a changé dans l'atmosphère....
Elle a l'impression que Yui sourit de moins en moins....
Qu'elle semble de plus en plus élever la voix....
Qu'elle semble de plus en plus critiquer les règles laissées par Maman...
Qu'elle semble plus lui adresser de méchancetés qu'autrefois....
Comme si la Yui d'autrefois était un mirage...
Mais elle n'y croit pas, ce n'est pas possible....
C'est complètement impossible....
Pourquoi donc eut-elle menti tout ce temps ?
Cela n'a aucun sens.....
Elle secoue la tête assise devant sa fenêtre à regarder la pluie transformer le paysage alentour...
« Tout va bien, Inori ?
Subitement la voix de Yui résonne non loin d'elle....
Soucieuse et inquiète....
Comme autrefois....
Tout va bien, tu vois....
Même si ça ressemble à Maman....
Que ça fait un peu mal...
Mais ce doit être involontaire....
Yui est si gentille....
Alors elle lui sourit doucement pour la rassurer, cachant la flèche qu'elle vient de recevoir.
Flèche intentionnelle, mais comment le saurait-elle, enfant naïve qu'elle est ?


OoO

A nouveau à écouter, passive enfant qui n'agit jamais.
Elle écoute le nouvel emploi du temps concocté par la nouvelle maîtresse des lieux.
Elle écoute les nouvelles règles attentivement.
Elle est au cœur de l'océan de révolte résignée qui flotte...
Tous les regards sont désapprobateurs mais tous sont baissés et ne disent rien…
Ils ne clament que des océans de pourquoi..
Seul celui de Shi An reste levé à la foudroyer du regard jusqu'à ce qu'elle agite un bout de papier qui lui fait baisser les yeux lui rappelant le chantage dont elle était victime.....
Elles se font traiter d'indolentes, se font entrevoir qu'elles vont devenir des objets à argent et que le moindre temps qui leur sera laissé sera de dormir.....
Équivalentes à des employées d'usine.
Qu'elles n'ont plus qu'à lui obéir et se taire....                                                                                                     Qu'à la moindre révolte, elles savent très bien qu'elles le paieront cher.....
A nouveau écouter, et réaliser horrifiée que personne ne dit rien....
Que personne ne s'indigne, que tous vont laisser faire....
Qui trouve cela injuste quand leur seul bonheur était de rendre heureux leurs clients....
Mais ose t-elle parler ?
Non. Peur de la sanction ?
Pas du tout.
Peur de la décevoir.
Tout simplement.
Mais autour d'elle, les filles qu'elle connaît depuis toujours baissent les yeux et s'abaissent...
Peut-elle les abandonner ?
Elle hésite et ne sait pas....

Et Théa prend sa place.
S'interpose pour elle et les filles.
Prend la défense de ses compatriotes.
Demande des explications de pourquoi....
Et la gifle, part, violente,inattendue jusqu'au dernier moment, les mots de Théa reçus jusqu'alors avec un doux sourire gentil, ne présageant en rien du reste,  la jetant au sol.
Et leurs cheveux sont tirés avant qu'elle ne susurre :
« On désobéit à sa mère, Inori ? On est une vilaine fille....
Un frisson parcourut le cœur de Inori.
Elle l'avait déçu... Elle avait trahi la promesse à Papa...
Et.... Se coupla à la douleur..... La non reconnaissance et la trahison de cette promesse....
« Je ne prendrais pas la place de ta maman.... »
Et la douleur vint s'emparer de son cœur plutôt que tout autre sentiment...
Et Théa réagit à la douleur de son amie....
Non résolue à la laisser souffrir.....
« Vous n'êtes ma mère que par mariage. Ne l'oubliez pas.....
La nouvelle gifle vint la cueillir en retour, tout aussi inattendue que la première....
Mais elle ne baisse pas le regard et la foudroie de toute sa colère pour cette femme....
Qui usurpe la place tant méritée de Maman....
Ses cheveux sont tirés plus fort  malgré le fait que Théa se débattit pour échapper à sa poigne  avant qu'elle ne s'exclame à la cantonnade et à elle :
-Tu veux savoir pourquoi ? Eh bien... Tu m'as demandé de ne pas te traiter comme ta mère te traitait... Et bien vois comme je t'obéis... Même envers tes camarades....Je ferais tout pour me différencier d'elle....Tu as gagné....
Puis elle la relâche et la repousse, puis quitte la pièce.
Alors qu'Inori réalise horrifiée la portée de ses mots.....
Que ses mots pour lui éviter cette souffrance vont impacter les autres....
Et déjà les autres filles la regardent en conséquence..…
Seule Shi An la regarde quelques instants avec tristesse sans que Inori, la voit, perdue dans ses pensées, mais baisse le regard, bien trop tenue en laisse….
La pensée que….
Que peut être....

OoO

« Inori, ça ne changera rien.
-Je dois tenter.
-Et ton propre cœur ? Ta propre souffrance ?
-Aucune importance si les autres sont sauvées de mon égoïsme.
-Inori ! Ca ne changera rien. Tu vas juste t'enchaîner, c'est tout.
Inori ne se détourna pas pour autant de son projet.
Elle n'entendit en son esprit qu'un soupir.
Elle comprit que Théa abandonnait la partie.
C'était pour le mieux.
Elle ferma les yeux.
Ce qu'elle s'apprêtait à faire lui arrachait déjà le cœur mais elle n'avait pas le choix.
Si cela sauvait ses sœurs de coeur, alors.....
Il n'y avait pas hésiter.
Petite martyr au nom des autres elle s'avança à la porte de la pièce où se tenait Yui et frappa avec douceur.
Et la porte de cette pièce fut ouverte par une Yui qui eut un sourire mielleux et s'exclama d 'une même voix :
« Oh ne serait- ce pas ma  fille aux cheveux noirs incapable de verser du thé convenablement ? Que puis-je donc pour elle ?

La moquerie s'insinua dans les veines de l'enfant ainsi que ce mot douloureux de fille quand elle n'aurait voulu l'entendre. Ils vinrent distiller des flèches de douleur dans ses veines et l'enfant frémit. Mais se rappela de pourquoi elle était là. Elle ne devait pas tourner talons et fuir.
Aussi inspira t-elle un grand coup et murmura t-elle, son regard ne pouvant la regarder:
« Si.... Si je vous considère..... Comme... ma mère.... Est ce que..... vous..... laisserez les autres tranquille ?
Son menton est relevé avec une étonnante douceur alors que le démon lui sourit avec cette ancienne gentillesse qu'elle lui avait connu qui renforça en elle le sentiment que cette gentillesse n'était pas une illusion. Qu'elle s'était juste assoupie pour elle ne savait quelle raison compliquée d'adulte. Peut être une nouvelle question d'autorité.... Très certainement.... Et peut être tout cela n'est-il qu'une question d'autorité....
« Très certainement..... Si tu n'agis plus comme si elle te manquait. Et donc si tu ne vas plus jamais voir sa tombe. Tu n'en auras pas besoin, puisque je serai ta Maman...
Elle s'empêcha de frémir à ses mots.....
Elle ne devait pas... Cela la montrerait non prête....
Surtout qu'elle s'était doutée du dénouement dès le début...
Alors même si cela en coûtait à son cœur, elle acquiesça.
Et gagna un câlin du serpent.
« Brave petite fille. Et bien ta Maman t'ordonne d'aller te coucher..... Ah et je t'interdis le jasmin. Je ne mets que de la verveine... et je suis ta Maman n'est ce pas ?
Et l'enfant forcée d'acquiescer, acquiesça puis fuit l'endroit.
Se réfugia dans son lit et pleura dans ses draps.
S'excusant silencieusement auprès de Maman.
Espérant qu'elle comprendrait.

OoO

«  Vous n'avez pas tenu promesse.
Un rire.
Un rire secoua Yui sous les yeux horrifiés d'Inori, retranchée derrière Théa car n'osant faire face à la vérité.... Croyant, encore, aveuglément, à la gentillesse de Yui malgré la deuxième trahison manifeste. Et réalisant que cette trahison... Amuse en fait Yui.....
Le rire continua alors que Yui se levait dans toute sa splendeur et tournait autour de l'enfant comme un serpent s'apprêtant à mordre et que Théa suivait du regard prête à anticiper la moindre attaque envers son amie et dont elle avait pris le contrôle car non osant lui dire la vérité en face, préférant la lui montrer.
Il continuait encore en soulevant avec une trompeuse douceur son menton :
« Pauvre fifille... On ne t'a jamais appris ? Les grandes personnes font ce qu'elles veulent....Je n'allais pas me laisser dicter ma conduite par une gamine, quand même... Une sale gamine infâme qui ne mériterait même pas un regard du monde....
Et Inori au fond d'accuser le coup et de se prendre de plein fouet les critiques, baissant le regard...
Bien plus que Thé ne puisse en supporter :

« Cessez de vous moquer. Et vous n'avez pas honte de trahir la confiance d'une petite fille qui vous appréciait ?
-Mais ça n'a jamais été réciproque, ma belle. Vois-tu je te l'ai dit, autrefois... J'ai horreur des enfants qui geignent comme toi....Allez file, maintenant, j'ai assez perdu de temps avec toi.... »
Avant de la pousser rudement au loin.
Laissant Inori dévastée, avec des restes... Des relents de souvenir... De fausses gentillesses... De trahison...  Elle n'avait pas voulu croire à la trahison de Yui, même au mariage...  Elle... Elle l'avait connu..... Trois mois.... Mais trois mois étaient suffisants pour s'attacher à une image....
Une image qui venait de s'effondrer.....
Et Théa en elle l'enlaça et la berça, doucement, comme l'enfant qu'elle restait....
L'enfant qui apprenait la duplicité du monde.…

OoO

« Notre petite Inori…. Elle est peut être bien folle, Edward… Tu sais, il y a des moments où elle est  l'enfant timide que tu connais mais d'autres où elle défie mon autorité…. Nous ferons peut être bien de l'envoyer ailleurs… Dans un endroit où on pourra la soigner….
-Ma fille n'est pas folle. C'est simplement qu'elle doit chercher sa place après la mort de sa Maman...
-Mais sa personnalité n'est pas la même alors…. Nous ferions mieux de…
Sa voix était faussement mielleuse et essayait de fléchir Papa…
Et Inori était derrière la porte à écouter inquiète son sort alors qu'une fois de plus, Théa s'était réveillée pour essayer de s'interposer entre Yui et Inori et que cette fois-ci…
Et Théa en elle grogna…
« Regarde là à essayer de nous envoyer en asile…. Comme si nous étions folles…
-Mais pourquoi ? Murmura Inori, encore remplie de quelques espoirs…
Que Théa lui détruisit sachant que les garder pour elle serait cruel…
« Parce qu'elle veut te dégager d'ici. »
Et l'enfant tressaillit de douleur et d'horreur et murmura éperdue….
« Mais pourquoi ? »
Mais Théa n'avait pas la réponse….
Alors qu'à la surface, Papa explosait…
« Tu ne me sépareras pas de mon héritière ! Déjà que j'ai à peine pu commencer à la connaître….
-Excuse moi chéri je ne voulais pas t'agacer… »
Et Yui s’aplatit et se confondit en excuses et aux bruits de baisers qui vinrent quelques minutes plus tard, la crise était passée…
Et apparemment le destin d'Inori n'était plus en danger…
Mais Théa songeait qu'elle repasserait à l'attaque un autre jour…
D'un autre manière.
Alors qu'au même moment, Yui se disait qu'elle devrait trouver un autre moyen...

OoO

L'isolement...
Il s'installa....
Ce fut d'abord progressif....
Il commença par le temps qu'on lui accordait qui baissa....
Puis ce fut le silence qui l'accompagna quand elle disait bonjour avec un sourire....
Puis ce furent les regards qui se baissèrent quand ils la voyaient....
Puis ce fut les pas qui se pressèrent quand elle passait près d'eux....
Puis ce fut les murmures quand elle passait près d'eux....
Puis ce fut les détournements d'yeux quand Yui la frappait....
Puis ce fut l'ignorance de sa voix quand Théa appelait au soutien, au renversement de la tyrante....
Puis ce fut la sensation d'être seule face à un démon...
Puis ce fut le sentiment de trahison et d'abandon des autres alors que Papa était reparti dans ses affaires.....
Et seule, l'enfant errait...
Étrangère dans sa propre maison....
Que lui restait-il de son ancien foyer ?
Le simple souvenir de l'existence de Maman et sa tombe...

OoO

Qu'elle avait  l'air belle et solide la famille qui se dessine sur le cliché....
Le papa, la maman, la fille....
Les compliments pleuvaient sur cette photographie...
Et la fillette passait dans les rangs, en crispant les épaules, la joue encore endolorie de la dernière gifle de Maman en secret...
Mais jamais assez forte pour se faire voir.....
Elle passait en servant le thé, maladroitement...
C'est la chose qu'elle devait améliorer...
Alors elle en faisait au moins une fois par jour....
Se donnant ainsi l'occasion de se faire encore plus disputer....
Si elle avait eu quelque estime pour elle-même, elle s'est envolée....
Alors que l'admiration pour Théa grandit sans cesse, à chaque défense qu'elle prend, chaque geste qu'elle arrête....
L'enfant devenait craintive, ne croyait plus un mot de ce qu'on lui dit....
Elle avait vu bien trop de parjures.....
Jusqu'aux personnes qu'elle avait connu enfant...
Qui loin de la protéger, fermaient les yeux et les détournaient à chaque violence....
Elle est seule, plus seule que jamais....
Isolée, avec une existence qui n'a presque plus de sens..
Dans un endroit qui n'a plus rien d'un foyer....
« Alors... »

OoO

L'idée effleura son esprit…
Partir.
Loin, très loin…
Mais il restait Maman… Pouvait-elle l'abandonner ainsi ?
Alors que Papa l'avait déjà abandonné….
Son regard effleura le lointain, se perdant en contrebas des collines sous leurs yeux.
Le jour déclinant, la maison enfin fermée, les enfants regardaient à présent le monde s'étaler sous leurs yeux par la fenêtre.
Ce monde si petit, qui devait être si grand en vérité...
Ce monde si petit qui était le leur et qui s'étendait plus vaste que tout....
Etait-elle prête à quitter ces collines ?
Ces collines cent fois vues avec Maman ?
Découvrir le monde, fuir Yui, oui, mais à quel prix ?
Quitter Maman...
Et cela pour elle était plus encore impardonnable…
Mais elle n'avait même pus le temps d'aller sur sa tombe... Et Maman est morte…
Paraissait-il selon Théa qu'elle vivrait toujours dans leurs coeurs….
La douleur du constat frappa son cœur. Elle sentait bien que c'était sa vérité...
Le pire était qu'elle avait raison....
Mais.... Mais il devait bien lui rester quelqu'un....
Et  le sourire de son père vint se rappeler à sa mémoire...
Il était tombé amoureux d'un démon et l'avait livré à Yui..
Il avait oublié Maman...
Mais il avait fait des efforts pour se soucier d'elle....
Mais il était à nouveau parti, comme autrefois... Il ne devait pas se soucier plus d'elle que les autres...

A nouveau l'enfant accusa le coup....
Oui, en effet, il était reparti comme il était venu..
Et même les moments où ils apprenaient à se connaître venaient ainsi de s'envoler...
Que lui restait-il....
Que des souvenirs....
Pourtant....
Où irait-elle après tout ? Elles n'avaient nulle part où aller….
Car la question hélas en effet se posait.... Elle ne savait du monde que ce dont on avait bien voulu l'instruire... Elle connaissait l'anglais et la lointaine Angleterre mais si peu dessus et assez pour savoir que c'était très loin d'ici.... Et elle ne pouvait pas quitter cet endroit où elle était née aussi facilement.... En plus du fait d'être persuadée que Théa ne pouvait avoir sa réponse à sa question.…
En plus du fait qu'elle n'avait aucun rôle à jouer dans ce monde….
Elle n'était qu'une apprentie Sing Song Girl en qui vivait une amie chère…
Sa seule amie….
Dans un monde large qui n'avait en rien besoin d'elle et à qui elle ne pouvait rien apporter.
Il était peut être mieux qu'elle reste dans l'ombre si cela était ainsi….
-C'est faux. C'est totalement faux.

Inori s'arrêta subitement, surprise…
Si Théa avait eu un corps réel, elle l'aurait regardé médusée de sa première intervention de la journée… Comme voulant lui amener de l'espoir..
Elle l'avait déjà fait plus d'une fois… Mais.. Jamais...Avec ce ton mystérieux et empressé comme si elle savait qu'elle n'avait pas le droit de le dire  ou de dire trop là dessus mais qu'elle le disait pour l'apaiser…
Et un étrange silence suivit ses mots étranges alors qu'un étrange sentiment de mélancolie suivi d'un sentiment d'appréhension envahit son esprit pour elle ne savait quelle raison alors qu'elle guida le regard d'Inori vers le lointain...
Et Inori sentit d'instinct que ce serait tout ce que dirait Théa….
Et qu'il valait mieux ne pas insister.
Aussi ne dit-elle rien et la laissa t-elle se taire bien qu'intriguée…
Et regarda le lointain en se demandant ce que Théa pouvait y voir sans le savoir….
Et puis le présent revint sous la forme d'une voix dans son dos...
« Inori. Télégramme pour toi.

Et Inori de hausser les sourcils.
Jamais personne ne lui télégraphe quelque chose.
Aussi quand quelqu'un va chercher les télégrammes du jour n'a t-on jamais rien à lui apporter.
Mais apparemment, ce n'est pas le cas, cette fois-ci....
Et pour le coup, elle oublie la discussion juste avant pour aller contempler de ses yeux le télégramme qu'on lui donne....
Qu'elle reçoit entre ses mains.

« Pas parce que parti que ma fille ne compte plus Appris de mes erreurs Reviendrait bientôt chez nous Lord Randall »

C'était court, c'était simple.
Mais plein de sens cachés, de maladresse paternelle d'un père qui continue de connaître son enfant...
Qui lui envoie de là où il est des signes d'affection...
Qui lui envoie des signes que même hostile, cet endroit reste son foyer...
Et en quelques mots, Papa enchaîne Inori à sa maison à nouveau....
Et Théa en elle soupire la laissant à sa joie enfantine…
Sachant bien qu'elle est sa place et son rôle…
Elle doit guider mais ne point dévoiler…
Car tel n'est pas son rôle.
Et que l'enfant n'a conscience de rien.
Mais que cela fait mal de savoir la vérité et de ne rien pouvoir dire tant que ce ne soit pas l'heure…

OoO

13 mois s'étaient écoulés depuis le jour où Yui était apparue dans leur vie...
13 mois de souffrance....
13 mois de silence et de solitude..
13 mois de claques et de révoltes de Théa....
13 mois de moqueries perpétuelles..
13 mois à se raccrocher aux seuls liens qui existent encore à ce foyer..
Papa et Maman...
13 mois à servir, à se faire disputer..
Et aujourd'hui l'enfant passe de rangs en rangs en servant du thé..
Remarquant l'agitation alentour et le sujet de conversation du jour où se joignent les autres....
« Il y a des étrangers en ville....
-Pour quelle raison ?
-Ils enquêtent sur ce drôle de phénomène...
-Oh vous voulez parler de la dame fantôme de la source non loin d'ici qui hanterait celle-ci et que si l'on est chanceux, on peut entrevoir ?
L'enfant s'arrêta stupéfaite à ces mots, en plein service avant de se faire gentiment rabrouer par en public par Yui ce qui l'incita à reprendre son service.
Cette dame…. Ils devaient parler de cette dame aux fleurs….
Et donc des étrangers enquêteraient à son sujet ? Pourquoi donc ?
Et subitement en elle Théa murmura pour la première fois depuis deux jours où elle avait été silencieuses lui demandant pour une étrange raison si elle pouvait suivre plus attentivement la conversation mais sans lui donner la moindre explication….
Et Inori sentant qu'il ne valait pas mieux lui poser la question obtempéra en continuant son service….

« Ils sont comment ?
-Grands... De beaux garçons.... Occidentaux indubitablement.... Parlant anglais.... Je n'ai pas tout compris de ce qu'ils disaient.... Avec des vêtements noirs et rouges....Mais tous les mêmes, comme un uniforme.… Ils cherchaient à se loger en ville et vous connaissez les tarifs que les autres pratiquent….
Elle sent en elle Théa soupirer, pour elle ne sait quelle raison...
Et elle capte deux mots « Ils arrivent »… Comme deux pensées qu'elle n'arrive pas à arrêter….
Mais elle n'a pas le temps de l'interroger car on l'appelle déjà pour resservir du thé...
Alors l'enfant file vers la personne...
Sans en savoir plus sur les étrangers…
Mais Yui tend l'oreille en servant du thé et pose des questions de manière presque innocente…
Des étrangers ?  Voilà qui ferait une sublime manne financière….
Et une manière peut être….
Et dans sa tête, se crée son plan alors qu'un mauvais sourire se dessine sur ses lèvres….

OoO

« Inori, j'apprécierai que tu viennes en ville avec moi, aujourd'hui…. »
Inori surprise, en lâche ses hanfus qu'elle lavait, elle qu'on avait assigné à cette tâche et regarda ahurie sa belle mère… Autant par le ton, étrangement gentil que par la demande elle-même.
Elle ne lui proposait jamais de venir dehors en ville… Pas à elle. Elle disait que ses yeux les ferait regarder de travers, déjà que les clients n'osaient jamais la regarder dans les yeux….
« Ça cache quelque chose » Grogna Théa en elle réagissant en elle… Et elle sait, malheureusement qu'elle n'a que trop raison…. Perdue la naïve confiance en l'être qui se disait doux et gentil… Et elle n'a plus eu ce ton avec elle depuis qu'elle est devenue Madame Randall, sauf devant les clients…
Le paraître, toujours le paraître….
Les apparences, comme disait Maman…
Son cœur se serra douloureusement à son souvenir alors que plus loin Yui reprit :
-File te changer et rends toi convenable. Que tu ne fasses pas plus honte à notre maison que tu ne le fais déjà avec tes yeux…..
Ainsi donc, elle n'avait pas le choix….
Et le reste de ses mots vint blesser son coeur une fois de plus alors qu'elle se leva en toute hâte, sachant que si elle traînait, cher elle le paierait….
Et l'enfant passa dans sa chambre aux murs crème, cherchant un de ces plus jolis hanfus afin de faire honneur à sa « maison » pour commencer à l'enfiler…
Solitaire enfant dans sa chambre qui s’affrète…
Et revenu sans crier gare, le temps où Maman derrière elle l'aidait à s’affréter, la paraît des plus belles choses qu'elle pouvait en chantonnant…
Et les mains de la jeune fille tremblèrent et une larme lui échappa..
Puis deux, puis trois…
Et Théa au fond d'elle l'enlaça et la câlina jusqu'à ce que leurs pleurs cessèrent sans un bruit, comme ils avaient commencé…
Elles avaient une marâtre à rejoindre après tout…

OoO

Bien trop gentille…
Bien trop gentille…
Elle en devint suspecte à agir ainsi…
Théa depuis le début de cette journée en est persuadée et Inori le pense aussi...
A l'emmener sur le marché, la laisser admirer les étoffes et prendre celles qui lui plaisent….
A ne pas même protester pour le temps qu'elle avait mis pour se préparer…
Et en même temps son sourire est douloureux… Ruisselant de gentillesse comme celui de Maman…
Ruisselant d'attention pour elle, ruisselant de commentaires pour ceux qui regarderaient ses yeux….
Et peut être est-cela la raison de Yui d'agir ainsi….Agir comme Maman pour lui rappeler qu'elle n'était plus là… Mais si c'était le cas, c'était plutôt réussi….
Car assurément le rappel glissait des souvenirs douloureux et des rappels constants….
Et ce jour pas si lointain de ne pas la rappeler que l'on bafoue à son tour…..
A nouveau son cœur la serre à ce constat et ses épaules se crispent sous le sourire satisfait de Yui qui redouble d'attentions, la faisant entrer chez un tailleur afin de lui trouver des vêtements occidentaux pour faire une surprise à Papa quand il rentrera… Qu'en penses-tu Inori ?
Elle n'en pense rien, Inori… Elle ne pense qu'au fait que Yui tente de faire semblant qu'il y ait du lien entre elles pour la blesser lui rappeler le lien qu'ils y avaient entre Maman et elle et qu'il n'y a plus..
Que la violence et les moqueries ont remplacé….
Que la haine et le mépris ont chassé…
Laissant une pauvre enfant devenue poupée entre les mains de sa belle mère….
Poupée dont elle remarque les regards qu'on pose sur elle…
Des regards attendris sur la jeune fille et ce qui semble sa mère….
Et le complot prend tout son sens…
Et l'enfant poupée réalise horrifiée ce qui est en train de se jouer…
De l'image de mère parfaite qu'elle se crée, de la sympathie qu'elle s'attire… Qui ferait d''elle une ingrate si elle essayait de rétablir la vérité et qui décevrait le monde alentour….
Et l'enfant réalise que cette marâtre la connaît mieux que tout et qu'elle l'a piégé et enchaîné plus sûrement qu'autre chose…
Et que cette petite ballade extérieure n'avait pour but que de la rabaisser et la blesser par les apparences….

Et l'enfant baissa le regard au bord de larmes en tremblant réalisant l'horreur de sa situation….
Et se laissa faire en silence, laissant même au final Yui choisir, avec étrangement du bon goût comme pour la blesser plus encore…
Et l'enfant se laissa faire, sans plus rien dire….
Alors que Théa en elle la câlinait, essayait de l'apaiser…
Mais chaque pas au milieu de la foule était comme une souffrance….
Comme si elle marchait à chaque pas sur des couteaux….
En suppliant intérieurement de rentrer et connaître la Yui qu'elle connaissait plutôt que cette pantomime qui était une souffrance pure….
Mais Yui semblait ne pas vouloir y mettre fin, comme si elle cherchait quelque chose…
Mais quoi donc ?
Et subitement autour d'elles, des murmures s’élevèrent….
Et subitement le monde se déroba sous les pieds de la jeune fille qui sans comprendre fila vers l'avant…
Mais n'atteignit jamais le sol…. Tombant pour être rattrapé par deux bras vêtus de rouge et de noir avant qu'une voix inquiète ne résonna :
« Mademoiselle… Vous allez bien ????
Et Inori stupéfaite de relever vers son sauveteur ses yeux violets….
Pour contempler un jeune homme qui lui souriait gentiment….
Alors que Théa retenait son souffle en elle, pour elle ne savait quelle raison…

Avant qu'Inori réalisa horrifiée qu'ainsi ses yeux violets étaient clairement visibles… Alors elle baissa vivement la tête pour cacher ses yeux et acquiesça vivement puis se dégagea aussi vivement du jeune homme en le remerciant intimidée alors que sa belle-mère entrait dans la danse :
« Oh excusez ma belle-fille, nobles étrangers ! Elle est maladroite comme pas deux mais cela fait partie de son charme !
D'une voix étrangement mielleuse….
Qui ne lui ressemblait pas….
« Comme si elle cherchait à capter leur attention…. » Grommela Théa en elle, prenant part à la discussion….
Et ce qu'elle disait n'était point dépourvu de sens…. Mais pour quelle raison…. ?
Ça….
Alors que la réponse à la surface vint…
« Oh ce n'est rien, ne vous en faites pas….
-Laissez-moi vous inviter dans mon humble demeure pour réparer cet infâme outrage autour d'une tasse de thé !
Inviter…. Inviter ?  Mais pourquoi ? Ce n'était point comme si c'était un incident particulièrement terrible…. Qu'est ce qui lui prenait ????
Tout cela laissait perplexe la jeune fille et faisait froncer les sourcils de Théa en elle alors que comme de juste :
-Ce ne sera pas nécessaire vous savez…
Et le jeune homme roux d'avoir l'air gêné mais Yui n'ayant aucunement l'air de tenir compte de ce fait et de continuer….
-Peut être….Mais ce serait un honneur de vous recevoir… Et un gain de temps… Notre maison étant près de l'endroit où se tient le phénomène que vous cherchez à expliquer….
Le sourire de Yui était délicieux et mielleux à souhait..… Lui refuser ce qu'elle demandait avec un tel sourire passerait immédiatement pour de la goujaterie…
Et il valait mieux ne pas être considéré comme un goujat dans une si aussi petite ville quand son époux était le gérant de la maison des Sing Song Girl de l'endroit...
Et l'expression du jeune homme sembla réaliser en effet que ce serait de la non politesse qui pourrait peut être nuire à ses futurs déplacements dans la région…..
« Ou alors il remarque le profit qu'il aura à s'approcher de la zone….. » Lui fit remarquer mentalement Théa.

Et Inori ne put noter que la justesse de son propos, alors qu'embarassé, le jeune homme ébouriffa ses cheveux d'une main en s'exclamant :
« Eh bien c'est avec plaisir que nous acceptons votre offre….
Recevant en retour un sourire sublime de Yui qui s'exclama :
-Merveilleux… Alors laissez nous vous escorter jusque chez nous… Et nous pourrons vous dire tout ce que nous pouvons sur la source…
Et avec le plus de ruse possible la jeune femme venait de s'assurer de leur suivie…
Mais pour quelle raison ?
Pourquoi tenait-elle autant à avoir les étrangers avec elles ?
« La réputation, va….»
Théa avait probablement raison….
Mais… Elle avait l'étrange sentiment…
Que ce n'était pas la seule raison.
Et Dieu qu'elle avait raison.

OoO

Ils avaient parlé, principalement de la source…
D'après ce qu'elle avait compris, elle que l'on avait chargé pour elle ne savait quelle raison de nettoyer des chambres inoccupées à l'étage, les quelques fois où elle était passé pour changer son eau…
Puis quand elle était repassée, ils avaient disparu…
Mais l'enfant avait reçu la consigne de laver sa propre chambre attentivement pour elle ne savait quelle raison…
Et elle s'était exécutée car désobéir à sa belle mère était une très mauvaise idée…
Et venait d'achever sa tâche redescendant vers sa belle mère pour recevoir de nouveaux ordres.
Et… D'emblée…
Elles les remarqua…
Toutes les filles assemblées dans la pièce principale, qui ne semblaient que l'attendre, elle….
Pour elle ne savait quelle raison.
Et son coeur se serra…
Elle avait un mauvais pressentiment……
Qui ne fit que se confirmer quand sa belle-mère lui sourit d'un air mielleux et s'exclama :

« Inori, assieds toi ma chérie…. »
Et instantanément, Inori et Théa se tendirent, pressentant que quelque chose de mauvais allait se produire.
Mais elles se posèrent et attendirent patiemment….
Elles n'avaient pas d'autre choix…..
Et elles n'eurent pas attendre longtemps….
Et Théa grogna en elle en commentant alors que la sorcière parlait :
« Punaise… La saleté elle a réussi à les attirer ici et si ça vient juste elle va réussir à se construire une réputation….. »
Et Inori ne dit rien, réalisant un peu mieux la mascarade qu'avait eu sa belle-mère tout du long…
Attirer les étrangers, leur parler puis leur offrir l'hospitalité…
Et gagner de l'argent sur leur dos….
Notamment sur le jeune homme qui avait l'air si gentil et qui l'avait rattrapé….
Infâme…
Mais malheureusement  du Yui tout craché…
Et l'enfant crispa les poings et Théa proposa d'intervenir mais elle la fit taire…
Ce n'était pas comme si cela pouvait servir à quelque chose….

Et elle fit bien…
Car le coup de grâce vint la cueillir, tuer toute joie, pour ne laisser que glace et consternation…
Comme un poignard qui fila vers son cœur pour s'y planter et y rester fiché.
Alors que le sourire cruel de Yui la regardait…
Et que tout prenait sens, à présent….
Alors que la glace venait souffler ses mots à l'infini dans l'esprit d'une enfant instantanément vidé par quelques mots….
« Et Inori, tu voudras bien laisser ta chambre ? Les combles seront parfaits pour toi…».
Sous les combles…. Comme la dernière des souillons….
Comme Cendrillon….
Comme l'enfant que l'on chassait de sa chambre après y avoir vécu tant de moments…
Comme si en dernier coup de poignard on voulait effacer les derniers souvenirs de Maman…
Comme si on voulait l'effacer du monde…
Comme si…Encore….. Mais non...
« Si. Comme si on voulait te pousser dehors, Inori. Et c'est peut être son plan depuis qu'elle a voulu te mettre à l'asile…. La raison pour laquelle elle est aussi mauvaise avec toi.»
La voix de Théa s’éleva dans le silence de son esprit, sans ménagement faisant tressaillir l'enfant et réaliser horrifiée que Théa avait peut être bien raison…..
Toutes ses méchancetés, ses remarques, ses claques… Son attitude de lui rappeler Maman…
Et sans Papa, elle serait bel et bien partie…..
Et à présent…. A présent….

« Et si j'apprends que tu t'ai plaint à quelqu'un, ma petite chérie, tu le sentiras passer….Me suis -je bien fait comprendre ?
Et l'enfant tressaillit ramenée à la réalité par la voix de sa belle-mère mielleuse à souhait….
Qui la regardait avec un petit sourire cruel qui lui promettait horreurs et douleurs si elle résistait…
Alors l'enfant baissa la tête… Même si Théa lui hurlait de ne pas le faire...
Et Théa grogna en elle et repoussa avec douceur Inori pour foudroyer du regard sa belle mère….
Et sa belle mère d'approcher avec un sourire mauvais en s'exclamant :
« Très bien, tu l'auras choisi….
Et Théa resta les yeux fixés sur sa belle mère qui approchait, avec ce mauvais sourire qui ne présageait rien de bon….
Mais elle n'avait aucune intention de faiblir et la regarderait dans les yeux, essayerait de stopper ses mouvements comme à chaque fois…
Et Théa se tint prête à réagir quand la main de Yui s'avança….
Alors qu'au même moment un souffle qu'on retient unanime se fit entendre…
Et que la main venant sur sa joue muta en caresse comme si Yui se doutait de ce qui venait de se produire…
Et que son visage passait à la gentillesse la plus extrême en s'exclamant….
« Je suis fière de toi ma chérie… Tu es assez généreuse pour offrir ta chambre aux nobles étrangers….

Et que derrière les étrangers assistaient plus que sceptiques à cette transformation qu'ils avaient bien vu s'initier….
Mais….
« Nul besoin qu'elle ait à nous céder sa chambre. Vous savez même les combles nous conviendrait.
Pas besoin de vous déranger pour nous.
Et qui fit tressaillir Inori et laissa Théa lui rendre son corps alors qu'Inori regardait, yeux écarquillés  le jeune homme qui l'avait rattrapé et qui ici lui sourit avec gentillesse, la faisant rougir et plonger le regard vers le sol…
Et qui ici avec gentillesse lui montrait qu'il n'avait aucune intention de lui prendre ce qui ne lui appartenait pas….
Mais… Mais tout cela ne pouvait être qu'un piège, une fausse gentillesse avec une autre intention derrière…. Et ses réactions se glacèrent à cette pensée… Il ne fallait que se méfier enfin...
« Mais enfin des étrangers de votre rang….Protesta Yui avec un sourire voulu délicieux et mielleux….
-Je crois que je m'en moque du rang si cela signifie priver une jeune fille de ce qui lui appartient » Répondit le jeune homme avec un haussement d'épaules ennuyé, comme si ces histoires de rang l'agaçait profondément…..
Mouchant Yui, pour la première fois depuis très longtemps à sa plus grande surprise…
Assez étonnement. Est ce que peut être…
Mais non, il était un étranger, elle ne pouvait en être sûre….
« Si je te trouve demain matin dans ta chambre, tu le paieras cher, Inori… »
Un murmure en chinois… Qui vint interrompre ses pensées….D'une voix basse, dangereuse qui la fit frissonner….
Plus dangereuse qu'elle ne l'avait jamais été, comme prévoyant une punition exemplaire et horrible si elle désobéissait…
Qu'elle leur infligerait….
Alors que Yui pimpante, vers les étrangers à présent se dirigeait….
Comme si elle ne venait pas de la menacer à voix basse…
Et Inori frissonna….
Alors que la joie coulait mais de façade seulement.

OoO

« Inori…
-C'est mieux ainsi, Théa…
-Mais c'est ta chambre dont elle veut te déposséder…
-Et si on résiste, on le paiera… Et tu sais comme elle cogne….
-Je te protégerai comme à chaque fois…. »
Sa voix était presque suppliante mais elle l'ignora, continuant de replier ses vêtements sans jeter un regard aux alentours, de peur de faiblir et réveiller sa mémoire…
Elle savait qu'il était mieux de céder, car ce que disait ses yeux était que bien pire allait arriver que ce qu'elle avait obtenu… Or elle n' arrivait à se défendre que parce que Théa se défendait en prenant sa place et encore, cela ne l'empêchait pas de se prendre des coups….
Et cette fois-ci, elle ne voulait pas que Théa prit sa place pour prendre une raclée qu'elle aurait pu éviter en faisant ce que l'on demandait….
Aussi murmura t-elle à son intention:
« C'est inutile…. Mais merci.
-Qu'est ce qui est inutile ?
La voix la fit tressaillir et se retourner,stupéfaite…
Pour découvrit derrière le jeune homme qui ne voulait pas lui prendre sa chambre et qui l'avait rattrapé… Et qui lui souriait gentiment avec un air intrigué alors que l'enfant réalisait qu'elle venait de parler à voix haute et qu'un étranger l'avait entendu…

Et presque aussitôt son regard se baissa pour se fixer sur ses pieds en tremblant….
Et mince… Et mince, et si comme Yui, il pensait qu'elle était folle ????
Et qu'il l'en informait et qu'elle prit ce prétexte pour l'envoyer ailleurs ???
La peur la fit frémir en réalisant…..
Elle devait donner l'impression que cela s'articulait à quelque chose de logique….
Aussi secoua t-elle sa tête vivement et balbutia t-elle….
« Que…. Que vous veniez…. Me..Me chasser… J'allais m'en...M'en aller….
Oui, c'était plus logique ainsi…. Cela donnerait l'impression qu'elle l'avait entendu mais….
-Te chasser ? Cela n'a jamais été mon intention… Je t'ai défendu tout à l'heure d'ailleurs pour ça, tu te rappelles ???
Sa voix était gentille et douce….
Et venait effondrer aussi gentiment et doucement son prétexte de mensonge….
Et fit baisser et crisper les épaules de l'enfant qui replongea dans ses vêtements…
Voilà tout était fini….
A présent, il allait la prendre pour folle et allait la dénoncer….
Et Yui profiterait de l'absence de Papa pour l'envoyer à l'asile….
Son visage se crispa de douleur…
Ça…..
Et alors que de telles pensées naissaient en son esprit…
Une main sur son épaule qui la fit tressaillir et recule vivement…
Yui, déjà ?
Mais derrière elle, rien d'autre que le jeune homme qui lui souriait se voulant rassurant avant de s'exclamer :
« Donc ne t'inquiètes pas, ta chambre restera tienne. Je voulais juste que tu me montres l'endroit par où on accède aux combles.

Aucune mention du secret qu'elle n'avait pas réussi à garder… Comme s'il avait décidé de ne rien dire…. Ou bien il préparait un coup pour plus tard  parce que être aussi gentil que ça…. C'était étrange…. Et donc sa première proposition de ne pas prendre sa chambre avait donc été une vraie intention de ne pas le faire...
Mais surtout dans ses mots….
La menace de la raclée revenait si elle ne faisait rien, et elle ne pouvait pas l'accepter…
Pas alors qu'elle pouvait l'éviter…
Elle tressaillit à ses mots et s'exclama emportant plus vivement encore ses affaires  :
« Pas…. Pas besoin…. Profitez….Profitez bien de votre chambre…
Il valait mieux qu'elle fuit, réalisa t-elle…
Si elle fuyait, il ne pourrait pas essayer de la retenir, ne pourrait pas invoquer ces mêmes raisons que lui aurait donné Théa et au final, la raclée arriverait parce qu'elle faiblirait….
Elle récupéré tout vivement et quitta la pièce sans se retourner…
Il ne valait mieux pas…
C'était dangereux…
Et puis, elle pourrait céder.
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Sam 10 Sep - 21:24




H i s t o i r e


Chapitre 4 : Le temps de l'errance

Le silence seul l'entourait.
Il n'y avait qu'une légère bougie, qu'elle avait pu emporter, en haut, toute seule, à l'abri de tout et tous.
Le ciel seul la dominait par une fenêtre au dessus d'elle et son regard se perdait dans les étoiles, emmitouflée comme elle avait pu dans son lit de fortune, crée par des couvertures sur le sol.
Même si le froid alentour régnait malgré tout…
Ou bien était-ce son coeur qui était froid, chassée de tout ce qu'elle avait connu ?
A dormir dans un endroit qui n'avait rien d'humain et de chaleureux, où Maman n'avait pas laissé sa présence apaisante, dans un endroit où seul régnait la poussière alentour qui la faisait éternuer de temps à autre et tellement d'objets que si elle s’était amusée à compter elle n'en serait jamais venue à bout….
Mais c'était sa « chambre » à présent… Elle devait s'y faire….
Ou partir, mais ça… Abandonner Papa, abandonner Maman et pour aller où rendait la chose difficile….
Sa situation ne donnait aucun espoir, rien que de la tristesse…
Et elle ne le savait que trop bien….
Elle tressaillit, les larmes revenant à ses yeux alors que Théa en elle l'enserra dans ses bras et la câlina malgré tout, malgré son propre avis, même si elle savait pourquoi elle faisait ça….

Alors que Inori se laissait aller dans les bras de celle qui la protégeait en regardant vers un ciel qui semblait l'avoir abandonné depuis tout ce temps…
Et qui peut être, de très loin…
Prit pitié de l'enfant.
Une voix à l'entrée de la pièce.
« Et bien dis donc, elle était difficile à trouver l'entrée de ces combles… Mais si tu es là on dirait que j'ai réussi à les trouver…
Et Inori tressaillit et se releva à moitié, surprise et choquée….
Pour voir le jeune étranger, avec des couvertures autour de lui qui lui souriait gentiment à l'entrée des combles…
Là où il n'aurait jamais du être….
Et les mots se pressèrent rapidement contre sa langue alors que son regard se baissa très vite…
« Mais..Mais… Que...Que.. Faites...Faites vous...vous… I..Ici ?
Et la réponse de venir aussi claire que l'eau de source….
« Et bien, je me suis dit que si c'était assez bien pour toi, ça pouvait aussi bien l'être pour moi et ça m'a l'air bien assez grand pour qu'on partage cet endroit….
-Mais...Mais… Ce.. Ce n'est… Pas..Pas convenable….Pour..Vous….
Sa bouche protesta plus vive encore que la première fois alors que le jeune homme non intimidé dut s'approcher tranquillement avant de disposer ses couvertures au sol comme elle-même au vu des bruits qu'elle entendit avant qu'il ne réplique avec douceur :
« Pas convenable ? Je ne suis pas bien différent de toi. Je suis étranger, oui mais j'ai un nom comme tout le monde et l'endroit d'où je viens fait que je suis ton égal.

A ces mots, la jeune fille releva le regard stupéfaite, pour voir qu'il souriait avec une douceur inhabituelle qu'elle n'avait jamais plus vu qu'à Théa…
Alors que le sens de ses mots l'atteignait et qu'elle réalisait….
Il s'affirmait égal à elle, mais rien n'était plus différent…
Il venait de loin, était étranger et avait certainement une position plus importante que la sienne et des activités bien plus importantes….
Non, définitivement, ce n'était que des mots comme ceux de Yui….
Et elle lui imposait son regard….
Elle était vraiment pathétique… Et certainement pas à sa hauteur…
« On dirait que tu ne me croies pas…. Pourtant…. Par exemple, j'ai beau être étranger, je ne sais pas tout… Par exemple j'ignore tout ce que sont les Sing Song Girls que vous êtes…. Si tu pouvais m'expliquer…. J'ignore aussi toutes les histoires que l'on raconte ici…. Et puis, tu n'as pas besoin de baisser les yeux…. Ton regard ne m'effraye pas le moins du monde…. J'ai vu bien plus effrayant…»
A ces mots elle sursauta et releva son regard, pour rencontrer le gentil sourire du jeune homme et une puissante curiosité qui faisait briller ses yeux de mille éclats et qui fit embraser ses joues de gêne.
Alors qu'elle réalisait, par ses mots qu'il ne semblait point tout savoir , au contraire des étrangers comme Papa, et que… Il lui demandait à ELLE, l'incompétente de l'instruire….
Mais, mais… Y arriverait-elle ? En serait-elle à la hauteur ?
Surtout au vu de ce qui brillait dans son regard qui semblait attendre d'elle cet apprentissage….
Et puis, et puis…. Plus grave encore….
Dépendait de ses mots l'image qu'il se ferait des Sing Song Girl… Si elle s'y prenait mal peut être qu'il se mettrait, comme beaucoup d'autres occidentaux avant,   confondre les Sing Song Girl avec des prostituées…
D'elle dépendait leur réputation…
Et si, si elle n'y arrivait pas…. Alors….
Elle en frissonna.
Et Théa murmura en elle avec une voix voulue rassurante :
« Détends toi, Inori…. Tout va très bien se passer… Tu vas y arriver… Et si tu n'y arrives pas je t'aiderai…. »
Avant qu'une énorme bouffée d'affection vint l'entourer, alors que le jeune homme lui souriait avec gentillesse comme essayant de la mettre à l'aise….
Comme si à eux deux…. Ils voulaient rassurer l'enfant….
Et l'enfant ferma les yeux et s'imprégna…
De l'amour de Théa, de la gentillesse alentour….
Même si elle n'était qu'une illusion et qu'il était possible que demain se révèle les vraies intentions du jeune homme à son attention...
Et s'élança…
Ses mots furent timides et hachés…
Son souffle s'arrêta, ayant l'impression de dire ce qu'il ne fallait pas.
Et Théa l'encouragea, lui disant que tout allait bien… Tout comme le jeune homme lui souriait d'un air voulu engageant.
Alors elle reprit, réessaya…
Ses mots s'hachèrent de moins en moins et prirent de plus en plus de consistance….
Puis prirent en assurance, puis prirent en passion et elle parla comme elle parlait quand quelque chose la passionnait…
Sa voix ne hachait plus rien et vibrait…
Et quand elle y eut fini, ce fut la voix du jeune homme qui reprit avec ses propres histoires…
Et elle l'écouta en public friant d'histoires, buvant chaque mot, admirant sa connaissance et ses histoires, s'émouvant aux passages tristes, riant avec son petit rire timide aux moments drôles….
Et doucement les étrangers cessèrent d'être des étrangers….
Et doucement, tout doucement des récits aux air de conte de fées horrifiques apparurent et l'enfant écouta fascinée, et admira leur héros qui essayait de sauver le monde…
Alors que Théa, elle, souriait tristement en voyant approcher l'innocence et les akumas dans ces histoires….

OoO

Il n'y avait que le silence et le vide alentour.
Les couvertures étaient repliées à côté d'elle en ordre tranquille qui rien ne semblait perturber.
Et l'air qui s'exhalait respirait le calme et l'endroit qui semblait froid hier semblait presque chaleureux en rappel des histoires qu'ils avaient échangés….
Un sourire dansa fugitivement sur les lèvres de l'enfant avant de s'effacer comme apparu.
Ces instants étranges de lumière… Elle devait s'en méfier… Même si Théa chuchotait qu'elle n'avait rien à craindre de lui….
Yui lui avait appris bien trop durement sa leçon… A présent, elle se contentait d'observer…
Et juger en temps et heure….
Elle qui pour la première fois de sa vie avait attiré l'attention de quelqu'un, non pas dans le cadre des discussions de Sing Song Girl, mais dans une discussion presque amicale…
Mais là aussi elle devait se méfier…
Rien ne lui disait que le jeune homme qui lui avait parlé hier ne chercherait pas à utiliser cette amitié naissante…
Et puis, elle n'était pas amenée à durer… Il repartirait…. Évidemment… Et alors tout disparaîtrait….
Lui et ses contes sublimes, lui et ses contes presque horribles mais plein de chevaliers qui défendaient le monde….
Qui se battaient pour la justice et la beauté du monde….

Un sourire se dessina sur ses lèvres.
Que leur cause était noble, que leur cause était juste…
Mais elle ne connaîtrait jamais la fin de cette longue épopée qu'il avait commencé à lui raconter….
C'était ainsi….
« Et toi tu ne rêverais pas d'être héroïne ? »
La question d'une voix sérieuse la surprit et arrêta le cours de ses pensées actuelles.
Et si Théa avait été en face d'elle elle aurait tourné son regard vers elle, étonnée…
Elle, une héroïne ?
Elle, épée à la main, ou lance à la main défaisant les ennemis s'en prenant à l'humanité….
Elle, exhalant le discours du bien contre le mal et se battant pour le salut de son monde….
Un léger rire naquit sur ses lèvres.
« Inori ? »
La voix de Théa, résonna en elle, déconcertée.
Elle ne devait pas voir en quoi ces images étaient amusantes….
Elle n'avait rien d'une héroïne…
Elle n'était pas assez forte, pas assez adroite, bien trop nulle en tout…
Elle ne savait que chanter, certainement pas se battre et son élocution était déplorable…
Elle n'avait que les idéaux des héros….
La question n'était pas de rêver…
Elle n'en aurait eu juste pas l'étoffe…
Pas comme le jeune homme, par exemple, qui aurait très bien pu être un héros de ces histoires….

« Et si tu n'avais pas le choix ? Que tu découvrais du jour au lendemain que tu es une héroïne à ton tour ? Qu'est ce que tu ferais ? »
La voix de Théa reprit à nouveau, un peu plus vive, un peu plus empressée pour elle ne savait quelle raison. Et déconcerta un peu plus l'enfant.
Elle, forcée d'être une héroïne ? Mais elle n'en aurait jamais l'étoffe, elle serait absolument nullisme, elle décevrait probablement tous les gens qui l'entoureraient et verrait la déception briller dans leur regard…. Peut être même qu'elle aurait peur, qu'elle tremblerait alors qu'elle serait une héroïne….
Et puis, pourquoi elle alors qu'elle ne serait qu'une poussière en ce monde, une vulgaire punaise qu'on écrase aisément ?
Elle n'y arriverait sûrement pas….
Elle baissa le regard alors que Théa reprit :
« Si le salut du monde dépendait de toi, que ferais-tu ? »
Si le salut du monde reposait entre ses mains…
Voilà qui serait d'une ironie effrayante car pourquoi le pouvoir de sauver les autres serait entre ses mains à elle, elle si insignifiante et nulle…? Elle qui n'était rien qu'une chanteuse étrangère malmenée par sa belle-mère et qui connaissait que fort peu son père ?
Mais mais…. Si le monde se mourrait, si le monde était en danger et qu'elle avait le pouvoir de la sauver…
Quand bien même elle était aussi stupide et nulle qu'elle l'était….
Très certainement qu'elle ferait ce qu'elle pourrait pour aider.
La conclusion frappa son esprit en dehors de toute estime d'elle-même.
Et Théa murmura avec une étrange pointe de tristesse inexpliquée….
« Je n'en attendais pas moins de toi…

Mais…. Pourquoi cette tristesse… ? Et pourquoi sa voix avait été vive juste avant ? Et pourquoi ses questions ?
« On ferait mieux d'y aller, Inori. On doit se préparer. »
Sa voix vive, empressée, comme si elle ne voulait pas que Inori creusât ses questions plus avant….
Mais pourquoi ?
« Allez dépêchons nous Inori, sinon Yui nous le fera payer…. »
Et la mention du nom de Yui la fit frissonner…. Mais ne la laissa pas oublier ses questions…
Mais elle avait raison, il fallait se presser…Cela lui éviterait peut être une raclée….
On verrait plus tard pour le reste….

OoO

Son regard effleura le lointain vers la source qu'elle ne faisait que deviner.
Selon Yui, les étrangers étaient partis de bonne heure pour cet endroit, pour mener leur enquête…
Mais n'étaient pas revenus depuis….
Elle ne pouvait qu'espérer pour eux que tout allait bien même si elle ignorait en quoi consistait leur quête….
Et elle espérait que l'esprit de la source serait aussi gentil avec eux qu'il l'avait été avec elle, mis à part cette douleur….
Elle soupira.
Elle n'avait aucun moyen de savoir si tout allait bien et encore bien trop de corvées pour s'en préoccuper….
« Tu penses aux étrangers Inori ? »
Cette voix…..
Elle frissonna en la reconnaissant. Et sut qu'elle allait avoir des problèmes dans les minutes à venir….
Avant de tourner son regard vers sa belle-mère qui lui souriait avec étrangement une certaine gentillesse.
Et l'enfant crispa les épaules et Théa se tint prête…
Sachant bien que le coup allait partir sous peu.
Mais….

Sa main se posa plutôt sur son épaule et avec un sourire étrangement gentil elle s'exclama :
« Si tu veux, tu pourrais leur amener un panier repas… Je suis sûre qu'ils seraient ravis…. Et comme ça tu sauras comment ils vont…. »
Un panier repas…. C'est vrai qu'ainsi elle saurait en allant les aider… Mais ne verraient-ils pas cela comme une intrusion ? Après tout elle s'introduirait dans leur groupe…
M'enfin, c'était gentil alors peut être...
« Ne le fais pas. »
La voix de Théa, résonna, dure en elle, et la fit sursauter.
Elle n'avait jamais entendue la voix de Théa aussi dure.
Et surtout pas refuser de la laisser faire un geste du genre… Pourtant….
« Si tu le fais, tu mourras. »
M….Mourir ?????
Elle tressaillit stupéfaite et frémit.
Mourir ? Mais pour quelle raison ?
Et à sa voix, Théa n'avait assurément pas l'air de se moquer d'elle.
Elle avait l'air tout à fait sérieuse.

« Vous avez perdu la tête, Yui ! Les étrangers nous ont bien prévenus qu'il ne fallait pas aller à la source tant qu'ils n'étaient pas revenus ! Ça sous entend clairement qu'il y a une raison non ?
Ses épaules furent enlacées pour la première fois depuis des mois et une Shi An rageuse fit face à la personne qui la faisait chanter depuis des mois.
Une Shi An qui n'était pas prête à se laisser dérouler une nouvelle tragédie touchant cette fois-ci l'enfant de la morte qu'elle avait tué sur ordre pour éviter l'opprobre et d'être chassée de la maison….
Une Shi An qui estimait finalement que sa réputation était moins importante que la vie de quelqu'un….
Et une Inori surprise, tressaillit au geste presque protecteur, à la voix mais aussi aux mots…
Sous entendant… Un danger….. ?
Le menace de mort revint à son esprit….
Etait-ce….
« Oui. C'est le danger qui te guetterait si tu y allais. Qui guette les « étrangers » aussi.
-Hein, mais eux alors ? S'écria horrifiée l'enfant en elle alors que Yui considérait avec un léger sourire malicieux assez malsain Shi An et qu'elle la foudroyait du regard...
-Ne t'en fais pas. Eux savent se battre et lutteront. C'est leur rôle.
Sa voix était anormalement sérieuse et presque solennelle, laissant naître des questions dans l'esprit de l'enfant.
-Leur…. Rôle… ? Se battre, mais contre quoi ?  Murmura incrédule Inori en elle, incrédule..
Et ce fut le moment que choisit Yui pour laisser échapper un léger pouffement :
« Oh, j'aurai oublié ce détail…. ?  Eh bien dis donc… Heureusement Inori que tu as une protectrice….
« Protectrice » à laquelle elle adressa un regard moqueur qui promettait des misères dont Inori ne pouvait comprendre la teneur alors que Shi An resserrait sa poigne sur les épaules d'Inori la faisant frissonner et tressaillir la tendant car inhabituée  à des gestes pareils depuis la mort de Maman venant d'une femme, surtout que cette attitude était inexpliquée, vu qu'elle l'avait toujours laissé sans protection…
« Protectrice qui entend bien faire son rôle jusqu'au bout…. Répliqua Shi An d'une voix dure en la gardant enlacée pour elle ne savait quelle raison.
Alors que Yui porta sa main à ses lèvres pour retenir un pouffement en lui jetant un regard mauvais :
-Contrairement à la dernière fois ? »

La dernière fois ?
Que voulait-elle dire ?
Mais si cela n'avait pas de sens pour l'enfant, au tressaillement qui parcourut Shi An et au regard encore plus furieux, cela avait tout son sens pour elle….
Mais pour quelle raison ?
Et ce fut le moment que choisit subitement une voix essoufflée pour résonner dans leur dos en s'exclamant :
« Ve...Venez...V...Vite...S'il...Vous...Vous plaît...Nous...Nous avons….des ...Blessés… »
Des….. blessés ?
Le sang de l'enfant se glaça et ne fit qu'un tour… Lui et son équipe alors… Ses compagnons…. Et si… Elles devaient faire vite, elles devaient….
Alors qu'à la surface des ordres furent aboyés et que des filles furent appelées, d'autres que l'on missionnait pour aller rapidement en ville quérir le docteur…
Et Théa au milieu de la clameur, qui murmura :
« On ne courre pas, mademoiselle..
-Mais…. Protesta Inori, l’inquiétude courant à présent en ses veines, craignant pour la vie de ces inconnus qu'elle ne connaissait pas même si elle ne savait s'ils lui voulaient du mal ou non, en enfant aussi gentille qu'elle était….
Et Théa dut bien le sentir car elle reprit avec une voix plus douce…
« Yui est une sale peste mais elle organise le tout. Et tu ne peux pas courir comme ça sans préparation….
Et Inori regarde les alentours qui s'agitaient, se préparaient avant que Yui ne lui aboya de préparer des bassines d'eau, l'incorporant à l'effort de guerre….
Et réalisa qu'elle avait raison….
Et exécuta ce qu'on lui demandait.
Le cœur encore perclus de ses peurs.
Et alors qu'elle s'affairait…
« Tu te souviens des histoires que te racontait ce jeune homme ? Si je te disais que les monstres étaient réels et que c'était ce qu'il affronte, est ce que tu me croirais ? »
Et subitement Inori s'arrêta en plein tâchée, interloquée.
Mais la voix vive de Théa en son esprit avait bien raisonné et à présent s'était tue.
La laissant dans sa surprise.
Mais elle avait senti dans sa voix, qu'elle ne mentait pas…
Alors….
Il était….
En effet bien différent d'elle.
Et elle s'activa de plus belle, refusant de penser plus loin.
Essayant d'oublier également le fait que sa chère belle mère avait essayé de la mettre en danger…
Mais pas Théa qui en elle décida de rester éveillée et de veiller.
Personne n'emporterait sa compatible loin de la mission qui s'approchait.
Pas même Inori….
Malheureusement.

OoO

Ce que le monde au dessus d'eux était beau….
Et qu'elle aurait aimé avoir des ailes pour la parcourir, effleurer les nuages d'un coup d'ailes
Shi An passa le seuil des combles et s'exclama :
« Tu ne viens pas leur dire au revoir ? »
L'enfant qui regardait par la fenêtre qui la surplombait nia de la tête….
Il n'y avait pas besoin de dire « au revoir » quand c'était plutôt « adieu »…
Et est ce qu'elle serait capable de le regarder en face et lui dire au revoir, en replongeant dans son quotidien triste ?
Et puis, si elle conserverait des souvenirs de lui, lui aurait sûrement tôt fait de l'oublier….
Il allait devenir un de ses héros de légende, une idole.
Plus un humain.
Après tout ils ne venaient pas du même monde, ils n'avaient pas la même importance, si ce que Théa lui avait dit était vrai et elle était portée à le croire….
Et puis elle ne devait pas s'attacher, pas maintenant, et un au revoir attachait toujours, forcément, elle qui ne le reverrait jamais…..
Et puis s'attacher, au final, peut être que c'était tout ce qu'il voulait pour ensuite la manipuler comme les adultes d'ici….
Très certainement….
Elle baissa le regard alors que Théa resta muette en elle comme depuis deux jours, depuis son dernier éclat, pour elle ne savait quelle raison….
Étrangement…
Mais si Théa se taisait, c'était certainement parce qu'elle avait ses propres raisons et elle n'allait certainement pas la harceler pour les connaître….
Cela valait mieux…
Elles étaient amies après tout et les amies ne se harcelaient pas, enfin, elle ima….

« Et moi, si je veux te dire au revoir, je peux ? »
Et l'enfant tressaillit à ce son…. Et se retourna médusée, pour remarquer derrière Shi An, le jeune homme qui lui souriait gentiment, malgré ses pansements…
Mais que…. Pourquoi… Une personne de son rang… Un héros…. Qui voulait lui dire au revoir à elle… Cela n'avait aucune chance….. Et elle ne le méritait en aucun cas….
Elle sentit son regard se baisser et se poser sur ses pieds incapable de supporter le sien, s'en sentant indigne….
Et lui dut s'approcher car elle entendit des bruits de pas, puis elle sentit qu'on lui relevait le menton gentiment avant de lui demander doucement :
« Pourquoi tu n'oses plus me regarder ?
Et la jeune fille incapable de lui répondre, de vouloir baisser le regard….
Indigne de lui répondre….
-Oh je vois… Tu as compris ce que les histoires que je racontais étaient vraies c'est ça ?  Reprit-il plus doucement.
Et l'enfant ne put qu'acquiescer silencieusement et recevoir de ses lèvres la confirmation ultime que Théa lui avait donné et qui confirmait ainsi sa version….
Et qui donc le rendait inaccessible…
« Quand cette guerre sera finie, je deviendrais à nouveau un humain qui n'aura d'autres soucis que de vivre… Et ce jour là, si tu permets, je viendrais te voir, avec une amie à moi et je te prouverai qu'on est véritablement des humains et pas des espèces de héros…. Et peut être que ce jour là, on pourra devenir de vrais amis, et pas seulement des connaissances qui s'échangent leurs histoires….D'accord, Inori ? »
Et l'enfant de tressaillir, et le regarder, alors qu'il lui souriait gentiment,semblant lui promettre de revenir un jour en ce monde, pour elle….
Elle qui n'était rien, qu'il ne connaissait guère…..
Et qu'il voudrait connaître, sans aucune raison alors qu'au final, elle ne pouvait rien lui apporter…
Encore moins que lorsqu'il était héros.
Alors peut être… Oui peut être qu'il était différent des adultes….
Et peut être oui, peut être que ce jour là….
Ils deviendraient amis.
Et un léger sourire timide dansa sur les lèvres d'Inori en retour alors qu'elle acquiesça.
Et que lui sourit de plus belle avant de s'exclamer en commençant à s'éloigner:
« Alors prends soin de toi, Inori… Et… A la prochaine.
-Ça vaut aussi pour toi…..Si tu ne veux pas rompre ta promesse.

La voix ne fut guère forte.
Un murmure tendre, assuré…
Un murmure qui n'était pas le sien.
Et Inori chassée quelques secondes de son corps regarda hébétée Théa en elle-même qui prit ses lèvres pour parler alors qu'elle regagnait le contrôle de son corps et que le jeune homme s'arrêtait en réalisant qu'elle avait parlé sans hésitation avant de lui sourire et lui faire un signe de la main.
« T'en fais pas pour moi… Y a pas de raison…..
Avant de s'éloigner….
Avant de s'éloigner….
Et que Inori continua de regarder Théa qui en elle murmura, comme pour s'excuser…
« Il fallait que je le remercie… A ma manière. De t'apprendre une leçon importante.
Une leçon….Importante ?
Que voulait-elle dire ?
Et elle de sourire et répondre doucement en elle :
-D'essayer de t'apprendre que tous ne sont pas comme elle. Et retiens cette leçon, retiens là bien, car un jour, tu y seras de nouveau confrontée.
-Qu'est… que tu veux dire ? Murmura Inori perturbée, prise d'un frisson qu'elle ne s'expliquait pas…
Mais Théa garda le silence….
Et le pressentiment qu'elle disait quelque chose qui allait arriver ne la quittait pas.

« Elle va mourir. Si vous ne l'emmenez pas avec vous. Alors je vous en supplie…. Emmenez la avec vous… »
La voix était suppliante et résonna dans son dos.
Il ne se retourna pas.
Il n'en avait aucun droit. Et la requête de cette femme ne pouvait aboutir à rien.
Même si elle l'horrifiait.
Mais il savait déjà que l'Ordre ne ferait rien pour elle, et n'accepterait pas qu'il emmène avec lui une enfant dont il n'était même pas sûr qu'elle veuille vraiment partir elle-même….
Il se contenta de murmurer les paroles que l'on devait dire en ce cas…
Même si c'était horrible.
Même si ça glaçait son sang d'entendre ça.
Même s'il savait qu'il n'aurait pas le droit de l'interroger sur le pourquoi sans laisser d'espoir.
Mais il n'y avait aucun autre moyen que celui qu'il devait emprunter.
Aussi...
« Je ne peux pas… Elle n'est pas le genre de personnes dont l'Ordre a besoin. Si des phénomènes étranges l'avaient entouré, peut être mais là….
-Comme une double personnalité, ou des mains incrustées d’éléments verts, par exemple ? »
Une deuxième voix qui vint se mêler à la discussion et qu'il reconnut.
Celle de leur hôte.
Et qui le fit tressaillir.
Parce que oui, en effet, c'était le genre d’éléments qui pouvait intriguer la Congrégation et qui pouvait bel et bien annoncer une nouvelle innocence….
Et qui ressemblait bien trop à des faits constatés….
Assez pour qu'il se retourne vers Yui qui souriait d'un air étrange un peu comme un prédateur alors que l'autre femme la contemplait avec haine et horreur….
Et qu'elle sourit de plus belle en comprenant qu'elle avait toute son attention…
Mais il n'aimait pas ce sourire…
Et Dieu qu'il avait raison…


OoO

Que faisait-il, à présent ?
Etait-il déjà reparti affronter des monstres…. ?
Quel ciel voyait-il ? Etait-il tout à fait remis de ces blessures ?
Il était reparti si vite….. Quelques jours de repos, puis deux jours qui s'étaient écoulés….Et à présent elle ne pouvait qu'espérer qu'il aille bien là, où il était….
Et dans son bain chaud elle s'enfonça de plus belle, dissimulée par les hautes vapeurs des eaux bouillantes qui venaient effleurer sa peau…..
Et en sa chaleur elle se laissa aller...Elle était seule alentour, et personne ne viendrait la chercher…
Pas quand le retour de Papa était annoncé et que tout le monde s'activait pour préparer son accueil…
Pas quand sa belle-mère l'avait regardé en l'incitant à s'habiller en occidentale avec une de ces belles robes qu'elles avaient acheté la dernière fois et de prendre son temps pour se faire digne de son père….
Et la dernière fois qu'elle avait eu le droit de rester sans se hâter dans l'eau chaude remontait à plusieurs mois…
Alors elle comptait bien en profiter quelque peu…
Elle sourit doucement, alanguie dans l'eau….
Puis ferma les yeux pour se laisser bercer par les remous de l'eau et sa chaleur…..
Que les simples plaisirs de la vie étaient beaux….
Que la vie pouvait être simple…
Et dire qu'il était encore plus facile de l'oublier quand le reste vous emportait, surtout quand ce reste était une belle mère redoutable….

Et qu'elle chassait au loin jusqu'au souvenir des jours heureux avec Maman….Impardonnable.
Elle était la fille la plus indigne au monde, la plus infâme, la plus….
«Tentant de vivre, je dirai. Tu n'es pas plus infâme qu'un autre humain. Tu vis, c'est tout. Oui, il faut penser aux morts,mais crois-tu que notre mère t'en voudrait de vivre quand elle est morte ? Bien sûr que non. Au contraire, elle sourirait enfin de te voir un peu heureuse après tout ces jours de tristesse. »

La voix de Théa s'immisça en son esprit avec ses mots plein de bienveillance comme pour l’absoudre de ce que l'enfant commençait à percevoir comme un pêché.
Et l'enfant au milieu de sa symphonie de chaleur et de douleur tressaillit comme si c'était un coup d'épée qui était venu en son cœur la faucher pour du mal l'empêcher de se faire.
Et en son bain l'enfant ne put que balbutier :
« Mais mais…
-Tu sais que j'ai raison, Inori. Et rien ne nous oblige à ne pas aller voir Maman tant que la vieille marâtre ne nous a pas fait appeler….
-Mais… On n'a pas le droit de le faire…
-Et, elle, elle a bien essayé de te tuer alors qu'elle n'a pas le droit, alors hein….
Et Inori d'ouvrir la bouche, pour répliquer….
Sans le pouvoir.
Réalisant avec horreur qu'elle a bel et bien raison…
Ce qui lui donne d'autant plus le droit d'aller voir l'une des alliées qu'elle avait.
Et sourire, se soumettant à la proposition de Théa, se redressant pour se laver et achever de se préparer.
Menant la jeune fille sans le savoir au dernier jour de sa normalité.

OoO

Elles étaient disposées avec le plus grand soin sur la tombe de la défunte.
Des fleurs immaculées, comme ce blanc cotonneux qui régnait sur le monde, un des bouquets de fleurs séchées de leur maison, comme le deuil de l'enfant pure qui les y avait déposé après les avoir cueillie, comme autrefois en accomplissant sa mission pour Maman
Et même si le bouquet n'était pas parfait, pour une fois, une unique fois, l'enfant n'en avait cure.
C'était après tout les premières fleurs qu'elle pouvait lui apporter depuis longtemps.
Alors elle profitait de cet instant. Et aucune importance si du coup le bouquet n'était pas parfait.
De toute manière, Maman savait sûrement déjà qu'elle n'avait pas eu le droit de la rejoindre avant.
Jusqu'à ce qu'elle transgresse l'interdit.
Mais l'interdit qu'on transgresse finit toujours par se rappeler au monde et essayer de vous réemporter.
Et elle en avait bien conscience, au pied de cette tombe que sa triste vie allait reprendre sous peu, seulement éclairée par la présence de Papa.
Elle avait conscience que le passé allait devoir à nouveau s'effacer pour laisser place au présent….
Mais…
Elle voulait encore profiter des quelques minutes qui lui étaient allouées avant la chute du monde passé. Voulait encore et encore raconter les histoires que l'étranger lui avait narré et s'imaginer le sourire appréciateur de Maman en les écoutant de là haut.
Voulait imaginer encore les câlins qu'en douce mère elle lui aurait donné, en mangeant ses mots pour se représenter ce à quoi elle n'avait pu assister d'elle-même.
Et elle effleura la tombe en imaginant que le vent alentour était le souffle de sa Maman qui venait la bercer.
Elle ferma les yeux et s'imagina étreinte par les chaleureux bras de Maman comme autrefois, s'imagina entendre sa voix dans le vent haletant qui l'appela, imagina son sourire devant les ombres qui dansaient dans son regard fermé.

Mais ce ne fut jamais que de la pierre, un souffle, du vent et des ombres.
Rien n'était réel, rien n'existait.
Uniquement ses souvenirs.
Et l'enfant soupira dans le monde réel en s'y replongeant.
Elle ne le savait que trop bien.
Les larmes affluèrent en son regard mais d'un revers de main elle les chassa.
Maman ne serait très certainement pas heureuse de la voir pleurer à l'idée de reprendre sa vie. Et elle voulait être digne, encore en cet instant de ce beau cadeau que lui avait offert sa mère en lui donnant naissance.
Alors elle effleura la pierre, comme l'on effleure la joue d'un vivant pour lui souhaiter au revoir  et donner son amour. Elle la toucha comme s'il s'agissait de sa mère en personne. Mais il n'était que froid et pierre sous sa main comme venant signer la fin glacée d'une entrevue tant attendue.
Et l'enfant le savait bien.
Puis se détourna, repartant en chemin inverse, conservant de ce bouquet comme seul lien, une unique fleur placée dans une de ses poches.
Comme une promesse.
De revenir en mettre. Comme pour lui rappeler ce qu'elle avait failli oublier.

Et l'enfant de sourire en sortant sa fleur pour en humer son parfum, comme pour graver en son esprit le parfum de cette promesse, avant de regagner sa «  maison », en se tenant à la jonction du passé et du présent sur le parvis de la maison, sentant les odeurs délicieuses de fumets de tartes aux fruits et de viandes qu'on rôtit qui se mêlaient les unes aux autres,  admirant le décor qu'un soleil radieux paraît d'éclats d'une tendre chaleur presque maternelle avec une des plus pures lumières que l'on puisse donner au monde venant s'échouer sur les neiges tendres de l'hiver, écoutant les sons alentour qui lui parviennent, les petites clameurs des discussions des filles et les plus grands échos de voix qui s'élevaient….
S’élevaient ? Qu'est ce que ?
L'enfant tressaillit à ses échos assez forts qui résonnaient, comme si deux personnes se disputaient assez violemment dans la maison…. Ou plutôt une… Qui avait étrangement la voix de Shi An….. Mais pourquoi ? Certes, ces derniers temps elle s'était comportée de manière assez étrange en faisant systématiquement attention à ne jamais la laisser seule avec Yui et en goûtant ses plats, comme si elle voulait empêcher Yui de la tuer mais ce n'était point cohérent puisque jusqu'alors elle n'avait rien fait pour elle…. Puisque plus personne ne contestait  Yui depuis longtemps… Alors que….
« Vous l'avez fait… Vous avez osé sale….
Un petit rire. Et sa voix maudite….
-Oh, mais c'est VOUS  qui m'avez suggéré l'idée, vous savez. Et il semblerait que vous ayez gagné. Mais vous l'avez jeté de Charybde dans Scylla. Au moins, vous aurez la satisfaction, Shi An de ne pas être trempée directement dans l'assassinat de la fille comme vous êtes mouillée dans celui de la mère, mais en l'envoyant mourir au loin avec eux.

L'assassinat de la mère…. ??? Quelle mère ?????? Quelle fille ??? Quelle idée ????
Que voulait dire Yui, qu'est ce que cela voulait dire ? Qu'est ce ?
Un pas qui se recule, un frisson qui la prend.
Un pressentiment qui étend ses ailes de papillon glacé venant semer les graines du malheur et de la tristesse dans un cœur sans que l'enfant n'en sache encore rien….
Ne craignant que la suite et ce qui se dit, sans savoir pourquoi…..
« Elles ne vous avait rien fait…. Elles sont la gentillesse même…
-Et toutes deux se dressaient sur mon chemin pour accéder au pouvoir et au contrôle de cette maison, au cœur de l'homme que je voulais. L'une sera morte du poison que VOUS lui avez amené Shi An parce que voulant dissimuler votre honte aux yeux de tous à tout prix, et l'autre mourrera, frappée d'un exil au loin quand les monstres l'auront tué, ou quand ceux vers qui je l'envoie l'auront assez exploité et qu'elle sera brisée…. Je devrais vous punir et tout révéler à mon seigneur et époux, Shi An, mais quand je vois comment vous m'avez servie eh bien…. Je ne peux que vous remercier de si bons services. Vous désirez quelque chose ? »
Sa voix, un concentré de moquerie et de mielleux réuni.
Ses mots des flèches qui venaient percer son cœur comme des milliers d'éclat de verre et qui la faisaient trembler, accentuant ce mauvais pressentiment…
Donnant subitement une peur qu'elle sentait d'une profondeur sans nom…
Non, elle ne pouvait pas parler…. Non, ce n'était pas possible….
Et elle aurait tué quelqu'un….. Pour du pouvoir et Papa et allait faire exiler une autre jeune fille….
Le tout avec la complicité d'une fille de la maison…. Qui était Shi An pour une histoire de honte…
Mais qui.. Non, non ce n'était pas… Bien sûr que non..
Il fallait qu'elle se calme, qu'elle respire à fond…
Ce n'était pas… Non, bien sûr que non, c'était impossible….
C'était quelqu'un d'autre, très certainement, le reste n'était pas possible….
Il suffisait d'écouter, et elle se rendrait à l'évidence….
« Mais veux-tu vraiment savoir la vérité ? Savoir ce qui est derrière tout ça ? »Susurra une partie d'elle-même la faisant frissonner.
Et la raison de sa peur l'envahit de plus belle, s'imposant à elle comme le tourbillon de l'eau trouble qu'elle ne voulait pas regarder, et dont elle essayait de détourner le regard des eaux sombres et agitées qui sous ses pieds dansaient.
Mais le monde n'avait jamais de pitié pour les enfants comme elle….

« Oui, sale sorcière ! Que vous laissez Inori enfin en paix, que vous les rappeliez que vous dites que vous vous êtes trompée…. »
La voix était suppliante et en colère et s'enfonçait dans le coeur d'Inori comme une flèche plus aiguisée encore, venant appuyer sur les éclats qui déjà étaient venu se planter en elle, comme pour la faire saigner… Comme pour la faire tressaillir… Et elle frémit, le pressentiment en elle étendant encore ses ailes un peu plus, la peur la faisant frissonner…
Mais non, bien sûr, n'est ce pas Shi An ?
Tu vas le dire d'une seconde à l'autre… Tu ne parles pas de moi ni de Maman n'est ce pas ?
Non, tu en profites pour faire d'une pierre deux coups n'est ce pas ? Tu n'es pas l'assassin de Maman et encore moins l'artisan de quelque chose de mauvais pour moi, n'est ce pas, pas après avoir voulu me protéger ces derniers jours ?
Tu vas lui dire n'est ce pas ? Tu ne pas rester muette, hein ?
Tu vas lui répondre, hein ?
Tu ne vas pas la laisser dire des choses pareilles, hein ?
N'est ce pas, n'est ce pas, n'est ce pas…. ?
Oh dis quelque chose, je t'en supplie.. Dis quelque chose, ne reste pas silencieuse, parle..
N'emploie plus mon prénom, ne m'implique plus, dans quelque chose qui n'a rien à voir…
Je t'en supplie, je t'en supplie…

Un rire qui sonne comme un cri d'agonie qui emplit l'espace…
Puis Yui qui persifle avec un faux air attristé…
« Mais ce n'est plus possible, très chère.. Ils sont déjà là.. Et j'ai passé ces quelques jours à faire revenir en catastrophe mon mari en lui expliquant la situation… Et croyez moi, il a eu d'énormes difficultés à accepter le destin de notre petite Inori…. Mais nous n'avions pas le choix… Qui sommes-nous pour lutter contre le destin de cette chère enfant ? Alors la laisser en paix ? C'était son destin. De mourir, dans leurs pattes. Le destin me facilite tellement les choses…La vie est si belle….
Arrête… Tais toi…
Tais toi, tais toitaistoitaistoitaistoitaistoi…
N'emploie plus mon nom, ne dis plus rien, ne parle pas de destin, ne parle pas comme Théa, ne fais pas comme elle, tu n'as pas le droitpasledroitpasledroit.. Arrête de me mêler à ça…
Je ne veux pas connaître la noirceur de ton cœur, je ne veux pas savoir de quoi tu parles.. Taistoitaistoitaistoi, s'il te plaît, je t'en supplie, sois clémente pour une fois dans ta vie….
« Vous l'avez forcé, en les appelant. En tuant la mère de cette pauvre enfant !  Vous l'avez coupé de tout le monde, vous avez essayé de la tuer, vous l'avez maltraité, harcelé, détruit de l'intérieur….  Vous ne croyez pas que vous en avez fait assez ?????????? »

Non…. Non.. Tais toi…
Ne le dis pas, ne dis rien….
Taisez vous, laissez moi le silence la tranquillité, le bonheur, l'ignorance…
Je ne veux rien savoir, je ne veux rien entendre, je ne veux pas voir…
Je veux rester ignorante, je ne veux rien voir, je ne veux rien savoir, je veux vivre sans connaître ça…
Pitié, pitié….Pitiépitiépitié…..
Ayez pitié de moi… Shi An, Shi An si tu essaies de me protéger, ne dis plus rien, je t'en supplie….
S'ilteplaîts'ilteplaît….. Tais toi… Laissez moi…
Le corps qui tremble de plus en plus, les pas qui reculent, l'esprit qui refuse de comprendre, qui refuse de s'élancer dans l'horreur que tout cela implique….
Elle dérive, l'enfant heureuse d'il y a encore quelques minutes…
A présent elle est sur le parvis de la connaissance et de l'ignorance et refuse d'être expulsée dans l'enfer de la vérité….
« Pour la détruire en effet. Elle et sa traînée de mère qui étaient des obstacles. Et on dirait bien que j'ai réussi. Grâce à toi. Merci.

Arrête. Tais toi.
Taistoitaistoi je t'en conjure, tais toi….
Pitié, ayez pitié de moi…
Voilà, je ne vous écoute plus, vous n'êtes plus là…
Non vous n'avez pas tué Maman, vous n'allez pas me rejeter hors de chez moi.. Papa n'en fera rien, n'est ce pas…. Mais non Papa est adorable, Papa m'aime, il n'en fera rien….
Papa… Papa.. Je dois le voir, il saura me montrer que tout cela n'est qu'un cauchemar, que ce ne sont que des mots que rien n'est vrai, que rien n'arrive…
Ce n'est qu'un cauchemar… Dans les bras de Papa je le saurai bien…
Il doit être dans son bureau, filons y…..
Courrons, volons-y ne nous arrêtons plus…
Il est le salut que l'on est encore, le seul qui puisse nous sauver…
Et l'enfant éperdue s'élance en le sein de sa maison et fonce sans se retourner, refusant de penser, refusant de laisser les images et les mots affluer, cherchant simplement, pour une fois, dans sa détresse, le réconfort de deux bras…
Et elle le trouve, elle s'y jette sans pouvoir parler, se serrant contre lui de toute ses forces…
Ce n'est plus Inori, c'est une enfant perdue….
Une enfant qui cherche le salut….
Oh dis moi Papa, oui dis moi que tout cela n'est qu'un cauchemar, et qu'entre tes bras je vais me réveiller….
Dis le moi, je t'en supplie, tu es mon seul espoir…
Ça ne peut pas être ainsi, ça ne peut…
Tu n'as pas pu condamner ta fille à partir et épouser la meurtrière de Maman...
Ce n'est pas possible, tu es trop gentil….
N'est ce pas, n'est ce pas, n'estcepasn'estcepas…
Dis le, n'hésite pas ,je t'en supplie….
Serre moi fort et chasse mes peurs, comme un Papa sait le faire…
Je t'en supplie…

L'étreinte est forte en retour, sans surprise, mais tellement forte….
Bien plus fort que tout ce qu'elle avait pu rêver….
C'est étrange… Il n'y a pourtant aucun besoin de la serrer aussi fort….
Pourquoi est ce qu'il la serre autant ? Pourquoi est ce qu'il l'étreinte de la sorte, d'un air… presque désespéré ? Pourquoi l'enlacer autant, pourquoi rester silencieux, ne pas lui demander ce qui ne va pas, pourquoi rester là, pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi ???????????????????????????
Et l'enfant dégage son visage de contre son père pour regarder son expression…
Un mélange de désespoir et de tristesse, d'horreur et de résignation….
Mais pourquoi, pourquoi la regarder ainsi ? Pourquoi ? ??
Elle s'est faite belle pour Papa, alors pourquoi la regarder ainsi….
Elle a été sur la tombe de Maman et elle a toujours la fleur dans la poche qui sort…. Et lui faisait pareil….. Avant Yui.
Alors pourquoi, pourquoi ?
Et un frisson parcourt l'enfant…
Et si…
NonnononononnonnononNonNOnNONNONONNONONON pas ça…..
Oh non Papa, dis moi que ce n'est pas ça, pas toi aussi, je t'en supplie….
Je t'en supplie… Ne me regarde pas ainsi, je t'en supplie…
Tu nourris mes peurs, tu m'effrayes, tu me terrorises….
S'il te plaît regarde moi comme autrefois, pas de la sorte, je t'en supplie….

Et tu ne parles pas, c'est ma joue que tu caresses.
Et puis tu parles.
Tu es désolé. Tellement désolé. Que tu voudrais qu'il en soit autrement.
Et tu caresses plus encore ma joue avec une tendresse paternelle, comme si c'était la dernière fois que tu le ferais…
Mais ce n'est pas le cas, n'est ce pas… Bien sûr que non… Car demain je serai encore là n'est ce pas…. Hein ? Dis le moi je t'en supplie, je t'en supplie.. Dis moi que tu me gardes ici, que c'est toujours ma maison, mon refuge même si Yui y vit aussi et a détruit tout ce que j'avais de foyer en cet endroit…. Que tu seras toujours là….
Et tu reprends, avec une voix voulue gentille, tendre….
Qu'apparemment mes mains vertes pourraient être le signe de quelque chose de plus important. Qu'il allait falloir que je subisse des tests pour savoir si c'était vrai et que si ce ne l'était pas, on me ramènerait chez moi comme si rien n'était arrivé, ils lui avaient dit….Et qui m'appelait au loin, malheureusement. Que je devrais quitter la maison et qu'il s'en voudrait de nuire à mon destin, mais que je serai la bienvenue, si je veux passer, que cet endroit resterait ma maison à jamais et qu'il resterait mon père et qu'il m'aimait, très fort et que tout irait bien et quand tout serait fini je pourrais revenir ici, et qu'ils m'accueilleraient comme avant…..


Et l'enfant qui s'accroche à lui et le regarde désespérée…
Suppliant la vérité, la vérité qui pourtant vient des lèvres de Mr Randall….
Et lui qui caresse ses cheveux,tendrement en s'excusant une fois de plus, l'assurant que tout irait bien…
Mais ce n'est pas possible… Il ne peut pas dire ça…
Ce n'est pas possible, ce n'est pas vrai, c'est une mauvaise plaisanterie, c'est un cauchemar n'est ce pas…
Tu ne peux pas dire ça de la sorte… Tu ne peux pas dire ça, tu ne peux pas faire ça…
Tu es si gentil, tu ne peux pas m'envoyer loin de ma maison, mon foyer, mon père, ma mère…
Tu ne peux pas, et je ne veux pas.
Tout cela n'existe pas, ce n'est que mon imaginaire. Cela doit être ainsi.
Ce n'est qu'un cauchemar et je vais m'éveiller comme si rien n'était arrivé et tu seras là et Maman sera morte naturellement et Yui sera toujours mauvaise mais point ainsi.
Rien  n'est vrai.. Je ne dois pas partir, il n'y a aucune raison….
« Si malheureusement. »
Tais toi Théa… Tais toi. Tu mens, tu participes au cauchemar.
Je vais me pincer et me réveiller et tout sera normal.
Parce que si cela est vrai… Alors le reste aussi….
Et l'horreur parcourut l'enfant à ce constat.
Il fallait faire cesser le cauchemar au plus vite pour que le reste ne devienne pas réalité.
Et l'enfant se pinça doucement mais les visages alentour ne changèrent pas….
Le cauchemar était juste trop persistant.
Il allait falloir trouver de quoi se réveiller autrement…..
Et il chuchote doucement, qu'ils n'avaient plus beaucoup de temps à présent et que ces Monsieurs n'attendraient pas longtemps.
Mais c'est faux, n'est ce pas ? Rien ne va arriver, ils ne sont pas là…
Ils n'ont pas d'immenses capes rouges et leurs visages ne sont absolument pas cachés et ils ne les entourent pas, bien sûr que non…
Ce n'est qu'un rêve….
Et puis avec douceur tu décroches mes mains de tes vêtements…

Je ne m'étais pas rendue compte d'à quel point je m'étais agrippée à toi…
Mais, mais que fais-tu ?
Pourquoi tu m'amènes à faire ça ? Je veux rester contre toi, jusqu'à me réveiller de ce cauchemar….
Tu me rejettes…. Tu m'abandonnes ?
Mais non, mais non… Je dois juste le serrer trop fort…
Et l'enfant soulagée s'excuse de l'avoir un peu trop agrippé…
Ce n'était que ça…
Mais lui ne se contente pas de ça, il te repousse quelque peu vers les hallucinations rouges, comme s'il voulait qu'ils l'emportent loin..
mais non, il ne le veut pas hein, Papa, hein Papa tu ne veux pas ?
Tu ne le veux pas, alors ne le fais pas….
Et l'enfant se raccroche à son père de toutes ses forces, persuadée que l'amour paternel peut chasser les horribles cauchemars…
Et puis  et puis, Papa, si je me tiens fort contre toi, tu n'oseras pas m'abandonner, hein ?
Vois comme je m'accroche à toi et me blottit contre toi.
Je ne te connais même pas assez… Je ne te connais même pas assez…
Je n'ai même pas encore pu te dire que je t'aimais.
Nonnonononnononononononononononon….
Tu ne peux pas m'envoyer au loin, ce n'est pas possible, tu ne peux pas…
Ce n'est pas toi, c'est celui que Yui manipule…
Reviens Papa, reprends conscience, ne me laisse pas dans ce cauchemar….
Cela ne peut pas, ne doit pas être….

Alors que des mains se posaient sur ses bras avec douceur….
Des mains qui n'étaient pas les siennes, mais ce ne sont que des illusions, il faut les ignorer, comme les voix qui s'élèvent…
« Mademoiselle Randall veuillez nous suivre…. »
Rie n'est vrai, rien n’est vrai…
Serre moi Papa, serre moi fort…
Serre moi comme je te serre, comme je m'accroche à toi….
« Inori, va. Et porte haut les couleurs des Randall. Je compte sur toi. »
Non Papa, tu ne peux pas dire ça…. Tu ne peux pas faire ça…
Tu ne peux pas me sourire de la sorte en te décrochant de moi…
Tu ne peux pas.. Tu ne peux, tu ne peux pas…
Tu ne peux pas me laisser avec cette douleur cette horreur…
Tu ne peux pas me laisser avec EUX.
« Les monstres l'auront tué, ou quand ceux vers qui je l'envoie l'auront assez exploité et qu'elle sera brisée…. »
Ils vont me briser, ils vont me détruire, Yui l'a dit…
Elle l'a voulu…Elle les a manipulé pour...
Tu ne peux pas, Papa, tu ne peux pas…
Tu m'aimes, non, alors tu ne peux pas…
Et l'enfant s'accroche plus encore à lui et les mains se font moins douces pour essayer de décrocher l'enfant…
Et elle s'accroche de toutes ses forces..
A son père, son ignorance, son rejet de la réalité….

Elle s'accroche et se débat, refuse d'être arrachée…
Mais elle n'est qu'une chanteuse contre des Corbeaux sur entraînés qui en ont vu d'autres…
Alors l'enfant est finalement arrachée à son père….
Et gesticule, hurle, tend la main vers Papa…
Viens me sauver, fais quelque chose…
Ne me laisse pas… Ce n'est pas vrai, rien n'est vrai n'est ce pas….
Dis le moi, dis le moi….
Mais Papa ne fait rien et se détourne d'elle comme les filles autrefois…
Et s'en va alors qu'elle hurle….
Qu'elle supplie…
Et elle n'est qu'un fétus de paille balayé par le vent de puissantes ailes noires qui n'étaient qu'un rêve, qu'un cauchemar qui l'emporte comme si tout était vrai..
Mais c'est faux n'est ce pas ?
C'est faux, n'est ce pas ?
C'est faux….

Pourtant si le cauchemar l'emporte…
Alors, alors… le reste est vrai…
Non,non je vous en supplie, pas ça, je vous en supplie, je vous en supplie…
Je vous en supplie, je vous en supplie….
Pitié, pas ça, pas ça…
Et tu hurles plus fort encore, plus fort que tout..
Mais personne ne t'écoute si ce n'est que le noir qui vient t'enlacer et Théa qui vient te murmurer…
« Je suis désolée. »
Et qui t'enlace et te serre fort contre elle et à qui tu t'agrippes alors que le cauchemar défile et s'élance..
Tu n'as plus qu'elle dorénavant.

OoO

Et les souvenirs s'élancent à ta poursuite…
Tout te revient, les derniers instants, les comédies, les faux semblants, la fausse peine, Yui, Maman, Papa, tout te hante et tu cries dans le noir, tu cries et tu pleures en silence….
Et seule Théa te serre contre elle et ne dit rien te serrant simplement contre elle…
Et ils parlent alentour mais tu ne les écoutes pas…
Tu as vaguement compris qu'ils s'étaient excusé de t'avoir assommée…
Mais quelle importance…. Aucune.
Et ils finissent par comprendre que tu ne les écoutes pas car ils se taisent.
Enfin.
Il n'y a plus que toi, toi et Théa dans le silence de vos coeurs.
Toi qui pleure en silence assise dans une calèche, indifférente à l'endroit où on t'emmène, condamnée à mort qui n'a plus de famille, plus de foyer, plus de mère, plus que des yeux pour pleurer…. Plus que de la détresse, de la lassitude, de la douleur…
Et tu pleures en silence, docile poupée qui ne parle plus…
Tu n'as plus de mots, tu ne veux parler à personne, tu veux juste qu'on te laisse dans ta douleur et ton deuil mal mené…
De toute manière sous peu tu mourreras, n'est ce pas ?
Yui te l'a promis, et elle tient toujours ses promesses….
Alors plus rien n'a d'importance.
Yui a gagné.
Alors que t'importe la cage où va t'enfermer puis te briser…
Tout va être comme là bas, n'est ce pas ?
Tu n'auras jamais de paix, jamais d'amour, jamais d'affection…
Personne  ne te t'aimera jamais….
Tout est parti à jamais avec ce verre de vin que Maman a eu..
Qui aurait pu être pour toi, qui t'aurait tué..
Et épargné toute cette souffrance…
Et un léger rire amer vint tordre tes lèvres, faisant tressaillir les Corbeaux alentour….
Il n'a rien de sain, il est juste la tristesse et le désespoir incarné alors que de nouvelles larmes surgissent et que l'enfant s'effondre en elle-même un peu plus….
Mais puisque n'a rien d'importance, tant pis.
Comme aurait dit Milton, finalement…
Ce Milton que Papa citait quand Maman lui manquait...
Vivre sans elle n'est pas la vie.




(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter

Pseudonyme(s) : Komui, Koko, Mumu, Alyss, Shirayuki.... je commence à en avoir un paquet... XD
Prénom : Audrey
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Sam 10 Sep - 21:39

Fiche technique de Inori HuanLightning
« Lightning tu commanderas aux éclairs. Tu seras la force qui appelle à toi Ses éclairs les plus puissants. Tu seras la lumière qui Le représentera sur terre.  Tu te choisiras un enfant à qui tu te mêleras dès sa naissance.  Tu ne te cacheras pas et te révéleras au vu et su de tous, au niveau de ses mains. Tu seras la marque de la foudre quand elle tombe sur un autre de Ses enfants.  Mais toi qui te mêleras à l'humain ne devra sortir jamais de ses mains nues pour que l'homme n'oublie pas qu'elle est sa place dans ce monde. Toujours passer par un objet tu devras ainsi. Mais de cet objet tu t'écouleras dans le monde et plus ton compatible deviendra puissant, plus tu sortiras de ta prison d'objet. La chair de ton compatible  te limitera et  tu devras veiller à ne pas dépasser les limites ou tu tueras ton hôte. Tu guideras ton compatible s'il en a besoin. Tu vivras en lui quoi qu'il arrive sans jamais quitter sa chair. Mais jamais tu ne l'instruiras. Ton rôle sera de le guider sans l'informer avant l'heure de son statut. Car ce rôle reviendra à lui-même et à Ses autres enfants quand le temps sera venu.  »  

Et Lightning hocha sa tête spectrale. »


A t t a q u e s
« Activée, ton pouvoir concentrera ta lumière et ta force dans les mains de ton alliée.  Alors très vite tu devras être libérée ou une décharge viendra blesser ton alliée. Tu feras briller ses main  d'un éclat vert, signe de ton éveil tant que tu ne seras pas projetée, puis illuminera sa lame une fois élancée. Et plusieurs niveau tu connaîtras.

Niveau 1
:
A ce niveau, fidèle à l'arme qui te contiendras, sur elle tu resteras.
Lightning Awakening : L'arme entièrement tu couvriras d'un halo de foudre.
Lightning Wheel : En faisant tourner sa lame très vite, petit à petit, en l'air tu décriras un cercle comme la lame et avec cette roue parfaite en main  ton alliée se ruera sur tes ennemis pour les pourfendre ainsi en infligeant cette roue à tes ennemis.

Niveau 2
:
A ce niveau, de la lame qui te porteras, tu jailliras en ce monde.
Lightning Concentration :  En faisant tourner sa lame très vite, petit à petit, en l'air tu décriras un cercle comme la lame et de cette roue parfaite, ton alliée, portée, par l'électricité statique accumulée qui viendra s'ajouter à celle de son arme, concentrera l'énergie de la foudre pour ensuite la libérer en un rayon.

Et dans la lumière tu les annihileras. Telle est ta destinée. »
Et Lightning hocha de nouveau sa tête.


C o n t r a i n t e s
De ta force aussi naîtra plusieurs contraintes.

Tout d'abord, ton alliée ne pourra mener la foudre par ses mains.
Toujours par le biais d'un objet qui te recevra, elle devra procéder.
Mais cet objet qui recevra ta force se détruira régulièrement car aucun objet ne peut recevoir pour l'éternité de la foudre pour habit ce qui contraindra ton alliée à changer régulièrement, après chaque combat, d'arme.

Jamais la foudre et l'électricité alentour ne pourront venir ton pouvoir renforcer.
Seule l'énergie et la force de ta compatible pourront être consommées pour te projeter et renforcer ton pouvoir.
Alors bien reposée devra toujours être ton alliée car sa puissance d'action diminuera si peu d'énergie elle disposera.
Arrivée à un seuil critique,où il lui resterait peu de force car un combat très long ou que plus de la moitié de son corps serait blessé, tu te désactiveras seule et si ta compatible essayait de t'activer, sa vie lui coûterait pour ne serait-ce que t'appeler.

Ton pouvoir ne sera guère grand au début en le sens ou ton énergie jaillira vive et assez forte mais ne tiendra pas sur la durée, chutant de plus en plus jusqu'au seuil critique et sa durée de puissance montera au fur et à mesure de l'augmentation de ton taux de compatibilité avec ton alliée.
Ainsi les premières attaques que portera ton alliée seront extrêmement chargées en électricité puis plus le nombre d'attaques portées ou de gestes de défense grandira, plus la puissance de tes attaques baissera et plus d'énergie ton alliée manquera......
Ton alliée devra apprendre à contrôler le flux d'électricité qu'elle projettera sur sa lame afin de pouvoir tenir plus longtemps.


De plus, elle sera toujours sensible aux objets électriques, ce qui l'empêchera de les toucher, car l'électricité en elle attirera l'électricité des objets, pouvant ainsi l'électrocuter et de ce fait ton alliée aura toujours peur des objets électriques.
Seules ses mains ne sentiront jamais l'existence de la foudre venant de  son corps mais ses mains en subiront les conséquences : elles seront toujours marquées du sceau de la foudre, marque qui grandira, plus elle utilisera son pouvoir pour s'étendre sur tout son corps.
Mais si d'aventure, l'électricité sur son arme venait à toucher sa peau ailleurs que sur ses mains, elle paierait le prix comme si elle était sa propre ennemie.

Si d'aventure c'était d'une débutante que tu t'entichais, des mois elle mettra pour parvenir à canaliser l’électricité et la projeter sur l'arme qu'elle aura choisi car celle-ci de la concentration et de l'entraînement demandera tout comme le maniement d'une arme assez large pour tournoyer.
De plus si son choix se porte sur une arme assez large, ton alliée devra tenir compte de l'espace où elle se bat et de la distance à laquelle se trouve son ennemi, si celui-ci étant trop près ou l'espace trop réduit, pouvant gêner ses mouvements.
Ses attaques même auront des contraintes.

Lightning Awakening : Forcée de passer par elle, ton alliée sera toujours, ne pouvant donc activer directement le niveau deux  et appellera à ce que ton alliée soit concentrée. Auquel cas, tu retourneras te blottir dans sa main. Et appeler cette énergie, la maintenir réveillée , la rappeler quand certaines attaques auront usé de toute celle invoquée,  consommera toujours un peu de force et d'énergie et si elle touche de trop près ton énergie de sa peau une fois sur l'arme, elle la subira tout autant.
De plus, ta puissance électrique ne sera pas infinie et plus ton alliée l’appellera, plus elle se videra pour finir par ne plus être et nécessiter plusieurs jours de repos et de copieux repas pour que à nouveau l'énergie de la foudre revienne.
Lightning Wheel, Lightning Concentration : A deux capacités elle fera appel : celle de maintenir l'énergie sur la lame et celle de tenir l'arme. Si ton alliée ne fait pas attention à l'un de ses deux détails, l'attaque échouera. Elles demanderont ainsi bien plus de concentration qu'une attaque normale ou Lightning Awakening ainsi qu'un peu de temps pour se créer.
Elle seront plus coûteuses en force et énergie car nécessitant plus de maniement de l'arme et une plus grande quantité d'énergie électrique pour être déployées.
Ces deux capacités nécessiteront du fait qu'elle immobiliseront ton alliée durant le temps nécessaire pour les préparer de se tenir à la fois proche et éloignée  de son adversaire.
La moindre interruption pour parer un coup par exemple interrompra la préparation de l'attaque ; ton alliée devra donc toujours veiller à ne point être loin de quelqu'un qui puisse la protéger le temps de préparation de ses attaques.
Lightning Wheel : Elle obligera à l'immobilité totale du corps de ton alliée quand elle sera en phase d'invocation mis à part les bras de ton alliée.
A chaque coup porté par Lightning Wheel, la quantité d'électricité sur l'arme baissera pour finir par ne plus être et nécessiter un nouvel appel d’électricité.
Lightning Concentration : Lightning Concentration récupérera toute l'énergie accumulée sur l'arme en ne laissant rien en un coup, obligeant ta compatible à rappeler de l'énergie et la fatiguant ainsi.
Elle demande un temps d'au moins une minute pour se préparer.
Sa trajectoire ira en droite ligne selon l'axe que prendra ton alliée.
Elle obligera aussi à l'immobilité totale de ton alliée à part celle de ses bras.
Sa portée sera de 3 mètres.

Et Lightning en entendant tout cela hocha la tête. Puis s'envola.
Pour chercher la compatible qui la porterait.


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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Jeu 27 Oct - 19:53

Bichette. ♥ Je m'occupe de lire ta fiche et te donne rapidement des nouvelles.
Encore désolée du retard. D:
Je tente de terminer ma lecture avant la fin des vacances.

_________________
La vie comme un orgue de barbarie
J'ai souri à défaut de pouvoir secouer les bonnes émotions et les forcer à cesser de m'empoisonner le ventre. C'est ainsi que je me suis lancée à la poursuite des autres ; j'ai déversé des rivières d'amour et dans un de ces cris du cœur venus ébruiter des souffrances jusqu'alors contenues, je fus entendue... © CSS by Grey
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Douceur, candeur d'enfance et brin d'insouciance font de sensibles écorchures
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MessageSujet: Re: Hear my whispers in the dark... Dim 30 Oct - 17:21

Héhé, tu sais déjà tout le bien que je t'ai dit de cette fiche. Elle est excellente !
Inori est une vraie choupinette qu'on a envie de câliner. D: J'ai adoré lire son histoire (l'ai dévoré même !) qui était très immersive et je suis très curieuse de son parcours qui va suivre en rp (elle mérite le bonheur pauvre doucette ;^;).
Encore bravo pour ce beau personnage !
Je languis déjà nos conspirations~

Fiche validéeOn t'aime bichette ♥
Maintenant que tu es validée, je t'invite à aller recenser ton avatar dans ce sujet. Si tu souhaites l'ouverture d'un journal intime, tu peux venir le demander ici afin d'ouvrir tes fiches de liens ainsi que la chronologie et tout ce qui peut t'aider à faire en sorte que l'évolution de ton personnage se déroule du mieux possible. Et si tu souhaites un rp, tu peux venir faire une demande dans ce sujet pour avoir la réponse d'un autre membre, ou demander à administrateur pour avoir un rp spécial concocté par les membres du staff.
 
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