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D.Gray-Man: Lost Chapter gray man lost chapter
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N.Y.C -7 years later

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MessageSujet: N.Y.C -7 years later Jeu 18 Aoû - 16:05

A chaque pas que je fais, j'ai l'impression de m'enfoncer dans un tunnel à la lumière défaillante, de pas voir où je fous les pieds. Mais avec l'habitude, heh, vous savez ce qu'on dit. On finit par ne plus en avoir rien à foutre.
Je sais jamais trop ce que je vais devoir faire avant que le Kaiser me file la note. Réglage de compte, menace, cassage de gueule..rien qui change de ma vie d'avant. Rien sauf la raison.

Ouai.. mes pieds avancent mécaniquement, et je garde une main à ma hanche, près de mon arme. On sait jamais, le colis en question sera peut-être avec lui, et si j'ai moyens de rentrer plus tôt..
Une épaisse fumée jaillit de mes lèvres, se faufilant autour de la clope glissée entre mes lèvres sèches et encore meurtries du coup d'y'a deux jours. L'odeur acre se mêle à la fraicheur du soir, qui fait tomber un voile sombre sur la ville.
J'ai toujours aimé ce moment, la lumière jaunâtre est pas allumée, et t'as le ciel au dessus de la tête qui explose en paillette sur un dégradé bleu sombre, et pourtant éclatant.

Je continus à marcher, tourner les angles droits en essayant de marcher de même, et un soupir accompagne l'oxygène saturé de fumée que je recrache. Ce moment là, t'sais quoi, il m'a toujours fais penser à toi, Dollie. Et crois bien que ca me fait chier. Le coté traitre sans doute, genre, t'es tellement éblouie par la beauté de la nuit, mais tu vois tellement rien que tu regardes que c'qu'est lointain, et tu t'éclates dans les poubelles.

Bordel. Sors de ma tête.

Je me demande même bien pourquoi tu reviens MAINTENANT? Je veux dire.. là, tu vois, je suis peinard. Je vais prendre ma mission. Enfoncer ma batte ou mon magnun dans la gueule de quelqu'un. Briser, rompre, déchirer des os comme il s'en brise des milliards dans cet égout à ciel ouvert, et après, je vais rentrer chez moi, boire une bière, vérifier que la petite dort toujours, et aller me pieuter. Qui sait, si ca a été salissant, virer deux trois taches de sang de mon faciès mal rasé. Et t'auras rien à voir dans cette histoire. Rien du tout, alors fiche le camps...je me demande bien pourquoi je pense toujours à toi après tout ce temps...

7 ans, c'est long. Très long. Et c'était à cause de toi tout ça, c'est toi qui m'y a foutus, et si je pouvais te faire connaître la même chose que ces années d'enfermement, à me faire chier , enfermé comme une bête avec d'autre animaux, j'hésiterai pas.
Enfin..je me rappelle de ton regard au procès. Mais j'ai jamais su quelles émotions y étaient reflétés.
Moi je me sentais comme un moins que rien. J'avais jamais pu t'apporter ce que tu voulais, au final..? Pas une seule fois ?
J'ai vu des mômes qu'avaient rien d'autre a foutre qu'attendre de se faire frire, de partir comme des putains de feu d'artifice.
Et je crois que c'est aussi ce que tu m'as évité. T'aurais pu tout balancer, au point ou t'étais. Me faire faire griller la cervelle, plus jamais me voir, plus jamais avoir d'emmerde avec moi, pourtant dieu sait ce que j'ai pu te faire, j'aimerai qu'il me le dise..

J'ai cru que j'avais tout perdu. Et quand je suis sortie, j'avais vieilli. Tu te foutrais bien de ma gueule si tu me voyais maintenant. Au moins, j'ai pas pris de bide, pas eu le temps pour ça, et j'ai pas encore de cheveux blancs. Même pas vraiment de calvitie..mais je fais plus vieux. Tu me diras, c'est pas une tare, et la petite femme de ma vie, elle s'en fout. J'ai toujours la main assez ferme pour serrer la sienne, les jambes assez fortes pour la porter, et le coeur assez valide pour gagner de quoi la faire grandir.

C'est pour ça que tu me l'a refilé ? Je t'en ai aussi voulu pour ça, quand j'ai débarqué au pas de ma porte. J'étais content, je dis pas, elle est adorable. Mais putain, t'as la moindre idée de combien j'ai paniqué ? Un mec de près de quarante balais avec une gosse..qu'est ce que je pouvais en foutre..?
Sincèrement, Dollie, tu me l'a filé pour t'en débarrasser, ou t'espérais que je lui donne une chance ?
Je doute que tu m'aie fais confiance.


Je sors de mes pensées par la brulure de l'incandescence sur ma plaie, et je lâche un jurons qui ferait s'évanouir une nonne. J'ai fumé la clope entière, et son goût de tabac a l'odeur de ton parfum. Soyons crédible, cela dit, je pense pas que tu portes toujours cette même odeur que j'aimais tant. Le fric que tu grappilles ci et là doit te permettre de bien plus couteuses et complexes essences. Mais tu sais quoi ma belle ? Y'a aucun parfum qui t'ira mieux que celui là. Une odeur douce et fleurie, presque triste. Comme l'odeur d'une pièce ou brule un cierge, emplie de lys blancs, fraichement cueillie, et d'autre de ces jolies fleurs dont je connais pas le nom. Christie, elle, elle saurait.. Moi, j'y ai toujours associé que toi.

Mais je suis resté dans le bas-fond, à le récurer de mon mieux, quand toi tu-...




Dis moi, Dollie... est-ce que tu me laissera tomber comme les plumes de tes ailes dépareillés ?


Je sors de la ruelle. Arrive dans cette cour, celle ou y'a toujours un de ces vieux points d'eaux ou tout un quartier pouvait se réunir. C'était pas le souvenir, et t'as pas changé de parfum. Tu as toujours transformé l'atmosphère de l'endroit ou tu te trouvais, Dolores.

Mes pieds restent figés sous la surprise, et lorsque j'en reprend le contrôle, j'hésite à faire demi tour, tant que tu ne m'a pas encore vu. Si t'es ma cible..non, je m'arrangerai. Je pourrai essayer de t'arranger toi, y'a aucune raison que tu...

Je secoue le visage, m'y passe la main en essayant de me raisonner. Et après une ultime inspiration, je croise les bras, et hausse légèrement la voix pour signaler ma présence.


«- Dolores. »

C'est naze comme entrée en matière, et à vrai dire, j'ai envie de t'engueuler et de t'insulter, mais tout autant de t'étreindre. Je me doute que tu seras ni pour l'un ni pour l'autre. Et je peut autant rater une occasion de me taire, que de dire ce que j'ai toujours eu sur le cœur depuis cette nuit. La couronne de fleurs, sur tes cheveux carmins, c'était la plus belle chose que j'ai vu.

« -...t'es toujours aussi jolie. »

T'es toujours aussi jolie. T'as vieillie, toi aussi..je le vois même sous couvert des ombres. T'as plus exactement la même silhouette, t'as des petites rides aux coins des yeux, je sais pas si ca souligne ta nouvelle vie heureuse, ou des milliers de sourire forcés, mais ca te va pas trop mal. 7 ans..c'est long.
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MessageSujet: Re: N.Y.C -7 years later Mar 20 Sep - 6:52




Fut un temps dans ses bras, ressurgissant parfois, où l'exquis vertige de la vacuité la plus pesante n'affaissait point autant tes épaules s'étreignant de solitude. Un rail temporel neuf venait de bifurquer, s'engageant sur une voie parallèle, comme un foutu aiguillage raté de ces sentiers ferrés qui avaient érigé à hauts nuages de vapeurs l'orgueil de votre nation. Virage échoué et mirage d'horloge. Les aiguilles de ta figurée bifurcation aiguisent leur prolongement d'un temps qui lui s'émousse dans son usure perpétuelle. La trotteuse se hâte toujours et tu te casses la gueule dans tes avancés, erreurs trépassées, ressassées, perpétuées, avec tes œillères qui n'accordent aucun regard en amont de ta chronologie empestée. A trop mirer l'avenir et se laisser prédominer par ses désirs, on finit par s'en éblouir.

Tu es aveugles Dolores. Captive d'une cécité sur des affections que tu as du mal à palper. Est-ce pour cela aujourd'hui qu'elles muent dans la dualité de leur définition ? Un dysfonctionnement, ersatz de trouble émotionnel de ces ressentis à glisser sur tes dermes frileux du mal.

Un granit de chair hérissée dans le présent à t'envelopper, aux abords d'un de ces anciens lavoirs, concentrés d'eau à infuser en scènettes communes mais ô combien chéries les vies pressant leur quotidien. Point de rencontres frais, mais que la chaleur humaine tempère dans cette zone où l'authenticité éructe.

Un schéma d'enthousiasme simple qui autrefois aussi se serait greffé à tes artères, avant que ta mesquine avarice ne gaspille une réjouissance qui aurait pu être si vertueuse. Tes ambitions bancales les auront fait véreuses.

Le conditionnel est une si confortable prison lorsque l'on veut s'enfermer du tangible.

Les barreaux sont moins supportables subis.

Tu ravales une amertume salivaire à l'émergence brusque de cette souvenance ressurgie.

Ô ce tendre Robert.

Le regret grouille encore dans cette gorge lourde de fumée. Tu t'étais intoxiquée d'un d'ces paquets qui trainaient là après son départ. Senteurs fanées et goût de cendre de cet éboulement dont tu avais toi même anéanti les plus solides fondations.

Tant de ciment effrité par une poudre aux yeux prestidigitatrices. Ta came empoisonnée ma veille Carmen, défoncée de corps et d'esprit à coup de désillusions comme des impactes de chevrotine dans tes gencives rougies de fard étalé.

Tu te chiffonnes sur une mèche mutine, t'acharnant à la brouiller dans l'exutoire discret empourprant tes pensées intestines.

Derechef ton mutisme sensoriel t'envenime, et t'as l'envie de t'époumoner, poussant symboliquement mais si significativement un hurlement de noyée dans le naufrage de ses pleurs de rage.

Qu'hiberne-t-il lorsque l'on soulève cette neige, aux allures de poussière mémorielle ? Des segments de sa peau sous tes ergots que tu as étreint d'une poigne serrée sur ton cœur, enfouie sous les draps un peu de son odeur de tabac froid – apaisant comme ces essences de lavande fortes et enivrantes – sur tes bras quelques crins déchus de son absence parsemée qui se répercutait sous chaque détail infime dans chaque pièce. D'ubiquité invisible. Même dépossédé de son décor et de sa liberté, « il » vivait encore ici. Des vestiges d'un lui intacts,figés. Quelle répercussion analogue au deuil que la fin d'une relation ou un ravissement soudain. Bien que responsable de cette déflagration infernale, le déni te soufflait aussi, tu démentais même cette étape première au processus de toute guérison que tu n'avais aucunement achevé. Tes bibelots céphaliques te laisseraient-ils ce repos ?

Tu te grimes de jeunesses, d'apparats fastueux mais ce ne sont que te pourrissantes sciures pour combler la chimère d'une nécessité creuse. Sans le savoir tu racles une fange dont tu penses t'être pourtant extirpée. Seule différence, celle des hautes sphères est plus glaireuse et plus pernicieuse. Troquée à cette misère des quartiers où la salissure, la souillures, le charbon fuligineux, s'engouffrent dans le foyer pour le réchauffer. LES foyers. Un de ceux qui aurait été tien si une frayeur maternelle n'avait pas tordu tes tripes.

Tu portais déjà assez mal ta propre vie ingérable pour te responsabiliser et attrister une autre de ton incompétence et de ton amour fuyant. Oui, t'es qu'une froussarde qui se donne des scandales de grande dame. Cependant tes assurances sont bien d'argile humide.

Tu l'aimais cette gamine, assez pour te défiler et ne pas la dénutrir davantage d'une carence affective.

C'qui est drôle quand on y pense, c'est que dans l'inversion des rôles, toi enfant, tu as fui aussi.

Dans tes parades tu trouvais des escapades au dérangeant.

Recommencer, oublier.

Se réveiller puis replonger dans le fantasme de ses réflexions.

Être tiraillée entre les deux extrémités, abasourdie des allers et retours entre le fantastique et la vérité la plus dure, tel un camé que l'on pourrait difficilement blâmer. T'exploser comme tant d'autres l'âme vers des grandeurs éthérées, insolence d'Icare. S'autodétruire d'envies, et penser, en acceptant toute la solitude et la terreur qu'il en résulte.

Assise sur le rebord du point d'eau vétuste, tu réorganises ta mine froissée de ces cogitations brouillonnes. Te contentant de ta statique position que l'on t'avait indiqué. « On ? ». Pronom anonyme de localisation interrogative.

Tu peuples l'attente en te débarbouillant de ta vipérine introspection, fixant l'air, les yeux mobiles, que ne croissent-ils pas leurs diamètres à la vue d'un faciès familier.

Il se figure dans ce présent palpable. Et pour matérialiser plus les traits de cette réalité, il fend l'atmosphère d'une maladresse de salutation pourtant touchante.

Et irritante.

Et touchante.

Tu ne sais comment aborder ce contact précipité, et te relèves solennellement pour te donner une contenance le temps de marquer d'une réponse assurée la réplique à ce discours. Fragile et hésitante, comme lors ces premiers mots, en amont de vos souvenirs qui s'éclaboussent subitement, intrusivement.

Tu hésites à vociférer aussi son nom – le proclames-tu peut-être intérieurement – de crainte de la synthétique trop théâtrale d'une pareille rétorque.

Tu le revois comme a cette époque, sept années d'éternité. Le calque se superpose à son actuelle silhouette, qui telle la tienne a mué de l'avancée cellulaire implacable. Ses yeux et son visage, son expression portent toujours leur franchise... paternelle ? Il a toujours eut cette véracité de tempérament. L'extériorisation sincère sans artifice, pure. Doit-il être un protagoniste coloré aux regards de la petite. Tu ne voyais personne d'autre pour l'aimer là où tu t'y prenais à deux fois avant de capituler dans un rôle que tu figurait faillant – dé-faillant.

Belle ? Ton visage se creusait de fines pattes d'oies. Ton ventre s'était marqué de ta grossesse. Tu t'évertuais à garder un mirage de fraicheur contre un cumul d'années s'alourdissant en boule de neige sur la pente d'une décrépitude. Trichant, fardant, selon les règles de ton milieu et de ta profession.

« Je te remercie. » Sont les simples mots à venir en mécanisme à échouer sur ton rouge à lèvres. Peut-être un peu blanc de confusion, pâle de trouble.

Les sons se pressent, moites comme tes mains à froisser les pans de ta robe. Suintant, s'agglutinant en abeilles ne réclamant qu'à s'échapper de leur long hiver. Sept années déjà... Sept longs ans pour te retrouver enfin, conscientiser ton manque et me mutiler de regret disloqués à des désirs pollués. N'est-ce pas à cause d'une sincérité trop longtemps contenue et oubliée que mes paroles s'enveniment possédées ?

« C'est drôle de t'revoir. Mais je suis assez contente. »

Je t'aime. Peut-être pas de la meilleure des façons, despotiquement, mais bordel que ça saigne là en dedans.

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MessageSujet: Re: N.Y.C -7 years later Dim 12 Mar - 18:44

Quand j't'observe, ma dollie, a la fois j'te reconnais, et en même temps.. T'as jamais quitté cet air paumé. T'es le piaf, la pie qui veut ce qui brille, même si c'est qu'une broutille. Même si elle compte pas. Moi, j'comptait ? J'en saurai rien.

T'as la nature de pas en avoir, l'habitude de pas être toi, si ce n'est au milieu des draps. Et encore, je peut pas juger comment t'es au milieu des draps des autres. Peut-être mieux, c'doit être de la soie, doux contre ta peau qui doit rien avoir à lui envier.
Ouai, je connais ton regard, je sais ce que ca veut dire. J'ai encore l'air d'un con, planté comme un piquet au milieu de la rue. C'est pas la première fois, de toute façons...Combien je l'ai pas été, droit devant toi, trop béa pour bouger, trop occupé a te fixer. Je t'aimai si fort que j'aurai pu te tuer à chaque fois que je te voyais effleurer d'autre gens. Ouai, c'est mal, mais en même temps.. je suis pas innocent, et toi non plus. Je te méritait pas, c'est tout. Je suppose...

En prison, j'ai brulé de la flamme de la colère, du moins c'est ce que j'esperai. J'esperai te detester, assez pour noyer, cramer tout ce que je ressentais pour toi, que ça arrète de faire mal..
Je suis pas un saint, mais putain..

Tu dépeints un truc de la société, cette société condamnée à se faire couler. Les valeurs humaine sont dévaluée, on veut toujours plus, on trouve plus rien, et on se réfugie. On fuit. Dans l'alcool, la drogue, la violence. On favorise la joie d'un instant de possession, un diamant à la con, qui devient un petit instant de joie qui nous détourne de notre quotidien ou tout nous répète qu'on est rien aux yeux des autres. Nous, on vaux plus rien. Alors on cherche à posséder le plus de chose qui vaux..
Je vais pas te juger...Moi,l'émigré à la con, l'ancien docker, taulard, meurtrier..et je choisirai jamais de changer mon passé. Mais ma valeurs, ma plus belle valeurs, c'était toi à mon bras.
J'ai encore les brillants, les plumes de tes ailes..et crois moi quand je dis que je me faisais pas une idéalisation de toi sous tes ailes d'ange, j'ai toujours su que c'était que du toc.

Mais plus je te regarde, plus je vois que toi aussi t'es comme ça. T'es toujours une gamine qui rêve des étoiles et peut choper que les miettes dont personne veut. Tu vas vivre comme ça tout le temps ? A sourire sous la lumière, et chialer dans ton lit ? Mais je me fais peut-être des idées.


J'ai le sourire qui flanche, et la main qui passe sur la mâchoire. Mal rasé, si j'avais su que c'était toi..j'aurai fait un effort, au moins de présentation. Le reste, je crois que j'ai bien changé à cause de toi. Et à cause de la petite. Elle te ressemble vraiment, c'est marrant..T'es en train de chiffonner les doigts, et ce matin même, elle m'a fait la même. Pourtant elle a pas vécu avec toi..
Dis moi, Dollie... pourquoi t'es la.. j'avais presque choisis de t'oublier, comme j'ai choisis d'oublier tout le reste avant que 'nous' ne soit plus qu'un putain de mot qui veut plus dire « toi et moi ». Je suis à peine alcoolique, je me bas quasiment plus, et je fais même la vaisselle.
Après, comme tu le vois, tout change pas. Tu me rend toujours aussi ..chsose.

Drôle de me revoir ? Ouai, je peut comprendre le sentiment. Je te croyais à lécher la lune, et t'voila devant moi. Tu fais tache, une jolie tache, splendide tache. Mais...
Je peut pas empêcher un soupir, t'es vraiment contente ? C'est pas ce qu'on dit au mari qu'on a balancé en prison, t'sais... J'en ai chaud au bide, au cœur...j'ressens mes tripes se serrer, comme si j'allais me faire casser la gueule en emportant quelques dents avec moi. Me fais pas plaisir, Dolorès.. me fais pas plaisir pour tout reprendre, et le faire seulement par effet de masque..
Tes souvenirs, je les embrasse encore... et là je sais pas ce qui me prend, même si je m'approche, et que j'arrive à peine à effleurer ta joue, j'en ai la main qui tremble.

J'ai pris l'habitude d'avancer dans le noir, de plus t'avoir devant moi pour changer, même si ta haine a pas mal aidé. Mais bon sang... je t'ai laissé partir...Alors...

- «  Pourquoi t'es là Dollie... ?... »

J'en ai la gorge serrée que ca fait putain de mal, et j'aimerai presque que tu me crache à la gueule, histoire d'éviter de me servir de la pitié. Pourquoi tu laisse mes os gelé se réchauffer, ma voix s'aggraver, mon souffle s’accélérer, alors que t'es si loin. Et que tu vas sûrement le rester..froide et cruelle étoile que j'peut plus apercevoir de ma ruelle. Qui chiale toute seule dans la prison dorée qu'elle a construit, qui chiale dans les plumes de papier de soie, toute seule, rangée dans sa jolie boite d'exposition, sans se préoccuper de l'autre coté de la vitrine, parce que putain...t'as l'air tellement flippée, Dollie... si je pouvais, crois bien que je te serrerai contre moi. Dommage que pour toi, mes bras semblent être une prison qui vaut moins le coup.

Je me contenterai de presser les lèvres à tes souvenirs comme je le faisais autrefois contre la chaleur de ta joue. Répond moi juste, pourquoi tu serais revenus ?
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MessageSujet: Re: N.Y.C -7 years later Lun 17 Avr - 9:58




Quand tu penses à l'impacte de son nom, les consonnes de sa constitution implosent ton myocarde d'une plaie souterraine. Une détonation amorcée à bout portant que tes phalanges crispées ciblent. Cette mine à rougir ta poitrine en paraffine adhésive, comme une cire qui choit sur des mots – maux –  douloureusement scellés, tu en es toi même l'assassin, et la victime. Une innocence sale de poudre à canon. Belle colombe plombée. Tes plumes immaculées ont toujours essorées leur marré noire sur tes tempes. Tu t'es obscurcit de tes propres entrailles goudronneuses, contaminant de ton contact contagieux des dermes condamnés. Une longue incubation. Un virus fiévreux. Un spasme frileux. Une mise en quarantaine cognitive te bloque. Tu ne sais quelle médecine prescrire à ses désirs brouillons qui t'étourdissent, t'éblouissent, t’abasourdissent. Et cette introspection, tu en as peur Dolores. T'en es flippée. Car tu as la trouille de la laideur que tu pourrais y trouver à l'intérieur.

Cette désinhibition affranchie de sa contenance se déverse comme une vase. Les relents sont analogues et aussi informes... Infâmes. Tu n'as jamais été libre Dollie, ou autant qu'un papillon nocturne, tu te laisse brûler à la moindre flamme d'un astre feint. Une poussière d'étoiles qui n'est que cendre dans tes doigts éteints. Une poigne exangue d'un sang drainé, fatigué de bouillir d'encre.

Ton buvard abreuve tes réjouissances lapidaires. Ta soif est un ersatz de Tantale. C'est lorsque tu crois saisir cette sasiété fastueuse que sa réelle jouissance s'esquive.

A trop mirer des monts olympiens, tu es amnésique du sol qui t'enracine. Quelles richesses fossiles attendent leur dépouillement dans les vestige de ton terreau en friche ?

Robert...

Son intrusion subite à ce décor urbain tague ton échine d'une culpabilité infectieuse. Ce n'est point un ego coupable qui plante sa lame. C'est l'étreinte de sa peine aphone, de son regard lui aussi divisé qui t'enserre, muant ton tour de cou en portance, dans ce miasme biliaire qui t'étrangle l'œsophage. Tu t’asphyxies d'un air nostalgique, ère du passé, l'air de peu, l'air d'un rien paradoxalement manifeste. La véhémence affective cède ses digues. Ça te rend dingue quelque part.

Pourquoi les gens s'abîment-ils en s'aimant, si inéluctablement ? Tu n'es fervente de cette pensée, de cette vision du grand Amour mis aux enchères, vendu en osmose. La suture des âmes multiples te para&it si douteuse. Une alchimie d'Êtres incomplets décryptés en moitiés. Cherchent-elles désespérément leur fragment absent ces miettes de puzzle grouillantes ? Elles se cramponnent, se déchirent, se dispersent. Elles se démantèlent à en oublier qu'elles furent entières, antérieurement. La vision méritoire qui harmonise des cœurs par paire, cet avant-gardisme idéologique, cette chimère fantasmée, diront ces pièces de visages à retrouver leur identité balafrée, c'est que cet Amour vanté est dans sa finalité offerte aux deux partis. Aimer est être libre ensemble.    

Et il est sujet, Dolores. Tout comme tu scandes les parcelles de ton faciès de cuir dont tu penses maîtriser l'artisanat, mais qui n'est qu'un persona éreinté. Usé de ses façades, de ses sourires contrefaits, de fins rictus affûtés en corde de piano grandissant tes commissures se saignant de ton fard perpétuel. Rouge passionnel, d'entrailles et de chair vive.

Ton affranchissement au sien, tes battements de bras, de cils déployés au monde, ton hédonisme, tu es l'acteur de ta destruction et de la sienne, de sa lumière ravie pendant sept année. Le liquide carmin qui roulent dans vos artères est inflammable.

Quelle trahison l'a meurtri dans la prison de sa cage thoracique ? Mise en abîme d'un étouffoir à l'oppresser, dans la solitude de ses barreaux. Un atoll sociétal dont-on ne ressort jamais vraiment. Cet exil... vous vous expatriez déjà avant que vous ne vous dérobiez de la marge. Cette violence de vie subie, une envie de gueuler par poings pour achever ses maux, un confort insalubre et pourtant, un foyer douillet.

Les souvenirs enjolivent la réalité.

Tu as picoré d'autres nids, les brindilles étaient des aiguilles, tes gencives ont encore ce goût de rouille.

Tu te sens si sotte Dolores, tu l'es. Tu es une imbécile d'humaine.

La couronne de crolle de tes noces, un diadème d'épines.

Mais t'en serais presque touchante.

En est-il ébranlé lui aussi ?

Vous êtes le recto d'une carte à jouer. Vos reflets sont antipodes. La fastueuse intestinement grossière et le faux patibulaire intérieurement fortuné. Il a toujours eut cette attention onctueuse, cette chaleur diffuse.

Il te dévisage en superposition de sa face factuelle, ce jeune homme que tu as laissés. Abandon généalogique engendré avec Christie-Ann. Il se complètent dans l'entrelacs de ce deuil familial. T'es roide devant lui ainsi qu'une macchabée pour te grimer de sa teinte.

Ô Robert. Tu es bien vivant toi. Survivant de mon hypocrisie infecte, de cette déficience aride. Tu hisses ton regard d'une force aguerrie, d'une vitalité animée, la rue greffe cette sagacité à ceux qui s'y attardent. L’œil vigilent du plus minime détail si tôt fauché. Ces orbes perçantes toisent des revers anatomiques, analyse motrice d'instinct, elles visualisent d'un œil dénudé les tréfonds de l'esprit. Et le verdict est d'une franchise inique.

Je ne t'en tiendrais aucune grief, si tu m'insultais maintenant. Ce serait une contrepartie anorexique à contrario de tes désillusions adipeuses.

Je suis prête à payer cette dette d'une quelconque manière, d'une monnaie plus onéreuse que celle que j'ai obtenu par cumul avide – vide de propos.  

« J'attendais quelqu'un, je ne pensais pas qu'il s'agirait de toi... Qui sait. »

Le fil de tes synapses se rembobine Dolores. La surface lisse de tes rétines réfléchit cet épître lu, brûle en décomposition poussiéreuse dans la sciure d'une fournaise endormie. Ces lettres ayant guidé tes pas en automatisme de la personne connue qui viendrait te conduire.

Quand tu penses à l'impacte de son nom, les consonnes de sa constitution implosent ton myocarde d'une plaie souterraine. Une détonation amorcée à bout portant que tes phalanges crispées ciblent. Qu'importe que la faucheuse soit son homonyme. Si la mort vient de sa main, c'est un paradis.

« Tu as le droit de ne pas me pardonner. Ce serait même p't-être plus sain comme ça. »

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