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D.Gray-Man: Lost Chapter gray man lost chapter
D.Gray-Man: Lost Chapter D.Gray-Man: Lost Chapter

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États seconds

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MessageSujet: États seconds Dim 25 Sep - 15:26

« L'idéal est un baume puissant qui double la force d'un homme de génie et tue les faibles. »
Stendhal.



Il commençait à se faire tard. Kidd était assis à même le sol, sur les berges florentines, laissant les vagues de l'Arno battre au gré du vent quelques dizaines de centimètres sous ses pieds ballants. Comme à son habitude, il était vêtu d'un ensemble de costume élégant et bien taillé, dont la veste noire s'ouvrait sur une chemise aux motifs de vache. Il avait bien baissé les jambes de son pantalon de manière à cacher sa prothèse gauche, car ici il valait mieux rester un minimum incognito. Mais c'était un peu trop pour Kidd, qui ne pouvait pas s'empêcher de tripoter boulons et écrous et de s'assurer que les articulations étaient bien huilées.
Une fois son petit check-up fait, il sortit une cigarette de la poche de sa veste, qu'il porta à la bouche avant de l'allumer de son briquet doré. Tirant une latte, il leva la tête vers le ciel rougeâtre avant d'expirer lentement. Kidd était un américain tout ce qu'il y a de plus américain, il avait passé son enfance à vivre à la "Tennessee Style", mais il ressentait un surprenant sentiment de nostalgie en se trouvant ici, en plein coeur de Florence. Peut-être était-ce sa vie au sein de l'Ordre qui l'avait rendu un peu plus "européen", mais au fond de lui, l'estropié savait que la raison était autre. Il n'avait connu que son père, qui ne lui avait jamais parlé de la femme qui l'avait mis au monde. Cependant il savait que sa mère était italienne, cela son père avait consenti à lui révéler, et il tirait son deuxième prénom, Livio, de ce petit bout d'Italie qu'il avait dans le sang. Qui était-elle ? Que faisait-elle ?

Il sortit de ses pensées lorsqu'il s'aperçut que sa cigarette était bientôt terminée. Et lorsqu'il se souvint qu'il n'était pas seul.

- Excuse-moi, je… euh, je réfléchissais. À des trucs, ouais voilà, à des trucs.

Se relevant d'un mouvement aussi rapide que maîtrisé, il se passa la main dans les cheveux et projeta son mégot d'une pichenette, l'envoyant se faire dévorer par les eaux de l'Arno. Il fixa Diane, sa partenaire pour cette mission, et sortit un bout de papier de la poche intérieure de sa veste.

- Donc donc donc, si je récapitule bien, ce qui nous intéresse se trouve dans ce vieux manoir derrière nous, et il faut que l'on parvienne à enquêter sans le comte Gaspacc… Gaspé… Gasparutto, décidément, foutus ritals… je disais donc, sans que le comte machin ne comprenne à quoi on est en train de jouer. Facile, non ?

Sur le moment, Kidd se disait que c'était facile, mais il est toujours bon de rappeler que notre combattant à la chemise excentrique était assez imprévisible et surtout, qu'il avait une sacrée tendance à s'écarter du plan prévu pour faire les choses à sa sauce. Le résultat est souvent le même, c'est à dire, un franc succès, mais en général la méthode Kidd passait plus souvent par des dégâts collatéraux. Donc autant dire que ce petit jeu d'espionnage, c'était pas son fort.
Mais il allait falloir jouer le jeu et séduire ce Comte, car plus ils resteraient à papoter avec lui dans manoir, plus ils auraient de temps pour inspecter discrètement et trouver ce qu'ils venaient chercher.
Ce qu'ils venaient chercher, justement, il ignoraient de quoi il s'agissait. Tout ce qu'ils savaient, c'est que leurs informations faisaient état d'une importante source d'énergie provenant de ce manoir. Innocence ? Akuma ? Autre chose encore ? Ils l'ignoraient, mais ils trouveraient. Et pour cela, ils avaient obtenu un rendez-vous avec le maître des lieux, et devraient se faire passer pour deux jeunes représentants d'une banque devant le convaincre de placer ses économies dans leur coffre. Pendant qu'ils papoteraient, ils pourraient tout à fait explorer le domaine et ses secrets.
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MessageSujet: Re: États seconds Dim 13 Nov - 15:42




C'était la première fois que mes pas foulaient le terreau d'une Italie que l'on m'avait conté fertile d'Histoire. Un ersatz de baptême dont je constatais et confrontais les décors de mes observations à mes cognitions. Mes iris s’écorchaient sur le plus subtil relief, le plus minime macro, pour témoigner de l'inédit d'une atmosphère méditerranéenne typique à mes menues connaissances. Je n'avais jamais été clerc et ne me gargariserai probablement dans aucune réalité d’érudition pédante  qui flèche comme Narcisse d'amour égocentrique les orateurs savants de leurs paroles. Qu'importe que mes cellules s'épluchent d'une autre mue ou que les nombreuses zébrures de chairs se ferrent aux miennes, je ne possédais point l'éducation apte à la mémorisation de savoirs denses.  

Le cumul des rares vestiges sélectifs à avoir fendillé mes parois mémorielles résidaient d’expériences actrices concrètes. Ce n'était qu'en m’énamourant passivement du paysage rital que je pris conscience de ce qui illustrait la Florence et de la fissure miroitante aqueuse qui l'a scindé. Eau sur laquelle les pieds de mon pair se prélassaient par mouvement à bascule, sans doute pour s’alanguir temporairement après notre voyage.  

L'Arno se ridait d'ondes caressées par un air mobile. Tandis que mon compagnon dégourdissait ses jambes battantes proches de le surface, je vérifiai encore ma mise. Le reflet de cette eau endormie réverbérait une silhouette basse, taillée dans un costume de jais. Une épaisse masse de tignasse douloureusement démêlée s'étirait dans un cataloguant savamment tressé qu'avaient pris plaisir à nouer les filles de Morganne – ma négligence et méconnaissance du sophistiqué rendait la prouesse une épreuve.

C'est sous des traits illusoirement masculins que j'avais choisi de travestir ma nature, bien que je n'y accordai que peu de féminité d'ordinaire. Pour soutenir notre couverture, celle d'un bonhomme de banquiers, du moins les représentants d'un tel établissement, et en gommer la singularité qu'aurait eu la présence du beau sexe dans un univers renfermé de tout changement. L'émancipation des femmes n'incarnait que fadaises pour les hermétiques de cette égalité qui ne tarderait à poindre.    

Mon arme gisait invisible sous mes pieds, camouflée dans quelque valise simpliste donnant un genre à la profession. L'Ordre – et plus particulièrement l'ingénierie de Lyssandre – avait permis d'ajourner les pièces de mon chassepot pour les alléger et les amasser démantelées dans un étui pour en assourdir la résonance suspicieuse. Ainsi rien ne trahissait l’identité de notre duo imposé.

Je ne connaissais pas Kidd, tout juste par le mérite de ses réussites particulières. Je n'avais jamais eu l’opportunité de le croiser jusqu'alors, aussi, appréciais-je ce préquel ensemble pour parfaire connaissance, en sobriété de dialogues. Hey, j'n'étais pas doué dans les grandes lignes pompeuses d'toute façon. Et je me doutais que partenaire aurait ce débit sophistiqué. Puis y'a pas un type qui a dit un jour que l'on apprenait davantage en autopsiant une âme dans ses silences ?

Kidd s'en excusa d'ailleurs, ce à quoi je mouvai une main sans m'affliger de son absence. Avec toutes les horreurs que la guerre nous infligeait, il était chose courante de se perdre en pensées, et je n'aurais point l'indécence de lui demander où il errait.

Il sortit une feuille de son veston pour en parfaire la lecture : notre objectif principal de mission.

« Cela même ! Ni vu, ni connu – et il le vaut mieux pour nous – rentrer dans sa bicoque et y repérer ce qui cloche. Normalement ça devrait nous sauter à l'oeil. » M'imprégnant de mes mots, je pris note d'ajouter pour décomplexer des dangers probables. « Enfin, bien que ça reste pas impossible, pas au sens premier, nous l'espérons hein ? »

Sur le papier, et a son stade de brouillon, le réel semblait si malléable et palpable. Les difficultés qu'enchevêtraient les lignes de ce plan lisse ne chambardaient pas encore mon esprit trop latent et trop dans l'action pour cet exercice de réflexions. La paire était assurée avec mon partenaire réputé pour ses grands élans de libre arbitre permis.

Nos pas graduèrent en direction de la demeure nantie, longiligne et bien trop fastueuse pour mes rétines coutumières d'un quotidien plus poussiéreux, du vulgaire dans l'ordinaire qui rassemble et réchauffe – ou échauffe -  les liens autour d'un contoire. Une simplicité de vivre aux antipodes de l'imposant manoir et de son dirigeant Gas... Gaski déjà ?

« C'est donc ici le domaine du Comte Gaspacho ? »

Irrécupérable.

Minable.

Mémoire exécrable.

J'étouffai mon ignorance dans une toux simulée autant pour en racler toute la bêtise supputable et le jeu de mots involontairement irrespectueux, échappé par défaillance encéphalique et mutilation de patronyme fortuite que d'une quelconque malveillance mal placée.          

« Je pense qu'il sera préférable de te laisser les présentations pour prévenir tout incident diplomatique. »


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MessageSujet: Re: États seconds Dim 20 Nov - 16:26

Kidd était confiant. Il appréciait l'optimisme de sa partenaire du jour, et était bien content de voir qu'il n'était pas le seul à penser que cette mission allait se dérouler comme sur des roulettes. Réajustant sa cravate, il serra la poignée de sa petite mallette remplie de papiers factices et enjoignit sa camarade à s'approcher du portail pour signaler leur présence. Un gardien, dont le costume tiré à quatre épingles lui donnait une carrure un peu plus imposante que celle qu'il devait avoir en réalité, les interpela.

- Qui va là ?

Merde. Kidd se mordit les lèvres, court instant d'hésitation, signe qu'il avait totalement oublié son nom de couverture. Allez, on improvise.

- Lorenzo Piazzi et ma- mon partenaire, Alessandro Salvetti. Nous sommes les représentants de la Banque florentine, nous avons rendez-vous avec le Comte.

Il jeta un bref coup d'oeil à Diane, avant de lui adresser un hochement de tête discret, pour lui dire que ce seraient là les noms, et la couverture à suivre pour toute la durée de la mission. Il ferma les yeux, mécontent de son trou de mémoire, et eut envie de se claquer pour se dire qu'il fallait se reprendre. Allez, on y retourne.

- Oui, le Comte m'a averti de votre venue. Vous pouvez entrer.

Kidd-Lorenzo adressa un sourire au gardien, et ils franchirent le portail en acier qui s'ouvrait devant eux.
La riche allée d'entrée impressionnait le combattant, de par sa verdure totalement maîtrisée. On pouvait en voir, des décors comme ça à Paris, mais ici… tout semblait encore plus travaillé. Kidd se demandait s'il y avait encore quoi que ce soit de naturel dans ce gigantesque jardin. Les fleurs, les arbustes, les arbres… Tout était géométriquement parfait. Trop strict. L'Américain n'avait qu'une envie, c'était de démolir cet espace si structuré à coups de pieds et de foutre un peu de folie dans tout ça. Mais, clairement, ce n'était pas à l'ordre du jour.
Le gardien les guida jusqu'à la porte d'entrée du manoir, une lourde porte noire en acier, qui s'ouvrit devant eux, leur permettant d'entrer dans la demeure de Gasp… Gast… bref, du Comte, vous l'avez compris.
La luminosité de la pièce principale frappa Kidd. Le hall était richement décoré, et le gigantesque lustre au-dessus d'eux rendait la bâtisse tout à fait blanche. Des statues étaient posées ça et là, encadrant les portes et les escaliers principaux. Même le sol brillait, et aurait presque pu faire culpabiliser Kidd de le fouler de ses chaussures terreuses.
Le Comte était là, et les accueillit en ouvrant grand les bras.

- Bienvenue, mes amis ! Je suis Angelo Gasparutto ! Je vous en prie, faites comme chez vous ! Je vous ai préparé une belle table dans la salle de réception, nous y serons à l'aise pour discuter !

Un je-ne-sais-quoi impossible à identifier fit dresser l'échine de Kidd, qui jeta un coup d'oeil extrêmement rapide à sa partenaire pour vérifier si elle avait eu la même impression. Cet homme était louche. Rien ne le laissait paraître, mais Kidd avait du flair. Ce mec lui inspirait manipulations, traîtrise et fourberie.
Physiquement parlant, le Comte était un grand homme, bien conservé pour sa devinable cinquantaine d'années, aux cheveux plaqués en arrière et un poil grisonnants, vêtu d'un costume serré qui soulignait sa carrure assez athlétique en dépit de son âge avancé. Pas de doute, durant sa vingtaine d'années, cet homme avait du faire chavirer des coeurs. Aujourd'hui aussi, certainement, mais plus pour les mêmes raisons.

- Enchanté, monsieur. Voici mon partenaire, Alessandro, et je m'appelle Lorenzo. Nous ne venons que discuter pour l'instant, il n'y aura pas de précipitations ou de décisions hâtives suite à cette entrevue, je vous rassure tout de suite. Nous tenons à d'abord vous présenter en détail nos offres et notre banque, et échanger avec vous, pour que vous ayez une pleine connaissance de ce que l'on vous propose. Rien de définitif à la suite de ce rendez-vous.

- Vous m'en voyez ravi ! Vous avez l'air bien moins pressés que les représentants des autres banques qui m'ont approché récemment ! Une qualité rare dans ce monde que la patience et la diplomatie !

Le Comte leur indiqua d'un geste de la main la salle où ils allaient débattre, et les deux Serpentaires lui emboîtèrent le pas. Kidd adressa un sourire confiant à Diane. Maintenant, nos deux compères allaient devoir opérer en toute discrétion, sans ruiner leur couverture.
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MessageSujet: Re: États seconds Sam 21 Jan - 13:14




Un élément primaire animait nos crins, s'engouffrant dans la flore capillaire agitée comme une herbe tendre. Un air soufflé dans l'heure palpable de cette mission dans un avenir si saisissable. Nous nous étions parés d'artifices diplomatiques, garrottés dans nos fracs, et c'est un homme d'un apparat analogue qui s'érigea face à nous. Gargouille ou plutôt gorille de ce siège, un trône luxueux et luxuriant d'une fortune exhibitionniste. Une silhouette trompée par la fourberie figurée en amont, Kidd s'était empressé de lui tendre nos identités factices. 

Lorenzon Piazzi et Alessandro Salvetti. D'un regard complice je scellai ce baptême, funérailles de nos patronymes respectifs. Les voyelles neuves n'eurent aucun heurt pour résister à la présence de ce décor rital, un écrin. 

L'Italie et les flatteries françaises s'y mésalliaient dans l'incarnation jardinière du domaine. Symétrie des haies et organisation sophistiquée me dépaysaient d'une nation m'emprisonnant pourtant à ses racines. Mon sol fut toujours de fange et d'asphalte souillé. Cette magnificence de patrie était paradoxalement étrangère, vraisemblablement irritante.

Notre gardien nous échoua sur l'antre de son employeur, une porte de fer forgé d'arabesques sombres et fleurdelisé de motifs caractéristiques. Le portail s'ouvrit et notre homme paru. 

Angelo Gasparutto. 

Le comte nous réceptionna avec sa mondanité de mise dans son univers nobiliaire. Bien mis, il l'était également. Suintant une rigueur tangible malgré le nombre de décennies flétrissantes. Une fraîche jeunesse pouvait se dessiner sur son faciès sous les sillons peu profond d'une pâte d'oie.   

Des suspicions singulières échangées par un jeu d'iris avec Kidd – Lorenzo Piazzi. Nous devront saisir l' évanescence gonflant ce masque de chair de sa fringante ou le ravir des raisons de son épanouissement si le mobile de sa jouissance en justifiait l'éclat. 

Sa face enorgueillit de notre venue glorifiait son rictus, de ce sourire nanti d'amabilités me paraissant décalées – j'y étais si peu coutumière dans l'ordinaire d'une réalité de bonheurs simples. Une visions contrastée de ses habitus dans la poursuite de notre visite. Gasparutto nous guidant dans la salle à manger, je constatai l'implantation de natures mortes figées de visages de femmes fixes, immortalisées à intervalles perfectionnistes sur les parois drapées d'étoffe. Le damier du corridor prolongeait l'indécence de ce faste pour en infuser sa quintessence impactée dans la pièce où nous attendait l'interminable table nappée d'une propreté immaculée. Farandole de céramiques rehaussées par étages. Verres cristallins transparents de pureté. Argenterie blanchie lourde de sa valeur. Le simple de ces cuillers n'aurait su être à la mesure de ma bourse. Cette beauté m'était de fait démesurable, inégale, vomitive.  

Mon vertige s’endigua dans une œillade évocatrice à l'intention de mon pair.

Nous devrions nous immuniser de la théâtrale contemplation pour endormir la confiance de Gasparutto et nous enfoncer dans les strates de cette démesure mystérieuse. 

Le comte aux racines latines nous convia devant ces réjouissances gastronomiques, animées de majordomes en exécutant la danse, aux mouvements orchestrés, d'une précision quasi-symphonique. Une artificialité grotesque dans cette emphase dont le sens s'égarait peu à peu.  

Attablé en bout de table, Gasparutto renchérit la conversation temporairement éteinte : 

« Très biens mes chers « convives », je préfère vous nommer ainsi pour briser les élans trop formels. Même si nous sommes réunis pour une collaboration, cela ne nous empêche point de profiter de ce moment. Parlez-moi de votre employeur, messieurs. Et de vous. Je serai curieux de vous découvrir davantage avant que nous devisions affaires. » Il argumenta son dialogue d'une intonation représentative de sa noblesse. 

J'appréhendais la rétorsion, si peu éduquée et érudite pour maintenir une aisance de verve semblable. Je regardai Kidd pour lui indiquer mon malaise et l'avertir par ce sens pour qu'il me relaye le cas échéant. 

« Mon ami et moi-même venons de la banque, Piazzi&Salvetti. Quant à l'employeur, nous sommes cette entité puisque nous sommes deux associés ayant bâti ce projet ensemble. »

Je me tue pour céder la parole à mon « associé ». La concision était une sûreté pour esquiver tout incident. Restait à trouver l'occasion ou un prétexte de s'en extraire pour explorer le domaine. 



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MessageSujet: Re: États seconds Sam 4 Mar - 13:51

Les trois protagonistes de cette étrange pièce de théâtre avaient pris place autour de la table, table qui catalysait un étrange ballet, justement chorégraphié et mis en scène par les majordomes, cuisiniers, et domestiques qui papillonnaient d'une manière convenue et millimétrée. Kid avait envie d'exploser, de manger comme un porc, de secouer tous ces imbéciles pour leur dire de se comporter en êtres humains libres, sans toutes ces règles et conventions qui détruisaient peu à peu le naturel et leur condition.
Diane avait pris la parole, laissant quelques secondes à l'Américain pour s'imprégner des lieux. Cette pièce était lumineuse, spacieuse, et, pourtant si grande, donnait à l'estropié un sentiment d'oppression. Il y avait autant de place que l'on pouvait en souhaiter dans une salle à manger, et pourtant, même si les apparences étaient "accueillantes", il avait l'impression de ne pouvoir échapper au danger latent de ce manoir.
Sa partenaire lui laissa la parole, et il se racla brièvement la gorge, pour reprendre son accent italien.

- Et ce projet, nous venons le porter jusqu'à vous. Je pense pouvoir dire que notre jeunesse apporte une fraîcheur indéniable à ce milieu de la finance qui a besoin de se renouveler. Notre but, est bien de montrer que les banques n'ont plus besoin d'être dirigées par de vieux pontes, assis sur leurs fortunes et ayant depuis longtemps perdu de vue les intérêts de leurs clients. Nous voulons incarner le nouveau visage de la finance, un visage jeune, et avenant, qui se soucie réellement des affaires d'autrui, au-delà de ses intérêts personnels.

- Tout cela me paraît bien noble, messieurs. Je ne peux que louer une telle volonté. Mais ne vous paraît-elle pas utopique ? Vos clients potentiels, ne pourraient-ils pas s'imaginer que vous leur dépeignez un idéal, un idéal de jeunesse auquel il faudrait se fier sans retenue ?

Le ton du Comte n'était nullement agressif, ni même dubitatif. Il questionnait, tâtonnait. Tant mieux. Pour l'instant ni Diane ni Kidd ne faisait d'erreur, et tant que la conversation resterait courtoise, les occasions de fouiller seraient plus nombreuses et plus aisées à saisir.
Kidd remarqua cependant qu'à l'évocation de l'utopie de la jeunesse, le Comte émit un petit rictus, très léger et à peine perceptible. Complexait-il sur son âge ? Pas de raisons, le Comte était exceptionnellement bien conservé. Craignait-il de vieillir un jour, physiquement et mentalement ? Qui sait, Kidd n'était pas encore capable de penser comme ces riches aristocrates qui pouvaient avoir tout ce qu'ils désiraient en un claquement de doigts.

- Je ne crois pas, monsieur. Nous pensons que rien n'est plus important que la confiance et la transparence, et c'est aussi cela que nous voulons incarner. Nous voulons que les gens aient foi en nous, qu'ils nous fassent confiance au moment d'accepter ou non nos propositions. C'est réellement important pour nous, tant sur le plan pratique car cela facilite la stabilité de nos transactions, que sur le plan humain.

La réponse parut satisfaire le Comte, qui tapa dans ses mains, suite à quoi un majordome s'empressa d'apporter une bouteille de vin bien rouge.

- Goûtez-moi ceci, vous m'en direz des nouvelles !

Kidd sourit. Boire du vin serait la meilleure occasion de prétexter une envie d'utiliser les toilettes, aussi triviale que fût cette excuse.
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MessageSujet: Re: États seconds Dim 12 Mar - 10:09




L'oblongue table trônait d'un espace pompeux dans cette vaste salle saturée de faste. Les richesses rutilaient en abondance forgeant à ces métaux précieux, d'or et d'argent – couleurs bien ternes malgré leur importance – une artificialité obscène. Les Hommes aussi se mésalliaient en rouages mécaniques, en âmes automates à ce vice d'avidité dont s'enorgueillissaient les paumes faméliques. Cette vitrine théâtrale de ce microcosme d'élite blanchissaient mes phalanges insatisfaites, plantait mes ergots dans mes poignes dissimulées sous cette nappe dont l’identification de sa composition aurait suffit à me crisper davantage. L'enfant roturière et va-nu-pieds de ma vie antérieure se débattait in petto, véhément, percutant par écho minimisé son agitation qui trahissait son vibrato rageur.

Parmi ces muscles autonomes, je gardai la maîtrise de ce persona de sourire affable. Mise en scène obligée pour convaincre le suspect de notre supercherie. Des rôles que nous incarnions habilement, fallait-il le constater. Je restai pantoise sous l'éloquence de mon pair. Son discours parût enjôler le comte Gasparutto qui nous porta alors une profonde considération. Un intérêt certes trouble quant à la mention de cet idéal jeunesse. Ferait-il un transfert de cette factice quête financière de renouvellement sur sa personne ? Les nécessités de la classe nobiliaire me semblait d'une figuration alambiquée et si vaine dans l'appréciation des plaisirs sobres de la vie pouvant se cueillir aux moyens autres que ces dépenses vénales.  

Je remerciai d'une brève œillade évocatrice « Lorenzo » sur cette plaidoirie nous sauvant la mise. En bon jeu de mots bancaires, nous pouvions dire que Gasparutto accordait du crédit à notre visite.

Alors que je bifurquai mes iris sur mon assiette, pestant en me questionnant sur la priorité des couvert à utiliser et la déconvenue probable qu’engendrerait une erreur dans le choix de la précieuse paire, le comte me sortit de ma torpeur par la vibration du claquement de ses mains.

Un appel outrageant pour le respect humain qui ne semblait guère primer dans le système des hautes castes puisqu'un majordome parut enserrant une bouteille offerte par le maître des lieux. Un vin sans contestation coûteux et du pays dont les amateurs de cet or pourpre en louangeaient l'arôme – celui de ces terres littorales gorgées de soleil.  

Cet instant non-conventionnel de la rencontre était privilégié pour nous approcher du noble. Proximité facilité depuis que nous en avions gagné la confiance ne fut-elle que professionnelle.

Réajustant le jabot de mon costume d'adonis, je graciai le majordome du verre sanguin qu'il me tendit. Étranglant le pied de cette robe cramoisie, je la fis valser en scrutant son ménisque. Jonglerie aqueuse. Jonglerie moqueuse. De ce simple mimétisme acquit de ces banales observations œnologiques. Le corps du vin se ceignit en trois parures, taillées d'une étoffe équitable dans des fragments cristallins.  

Gasparutto érigea sa coupe avec un rictus obséquieux. «  Et bien, messieurs, trinquons ensemble à notre future alliance. Et notre entente qui, je l'espère, s'étendra loin de ces obligations techniques. »

J'opinai, enjoignant concise sur une rétorsion courtoise. «  Mais assurément, comte. Nous nous réjouissons de votre satisfaction. Elle nous est la plus importante. »

Nos verres s'impactèrent. Je contins les gorgées d'ordinaires plus goulues, de ce raffinement qui ne m'étreignait point, et de cette prise d'alcool si enivrante dans les ébranlements d'une raison grisée. Mes lippes nimbèrent le tissus s'essorant lentement dans les parois anatomiques de mon œsophage, s’infusant dans mon sang lourd, ma tête latente d'une somnolence subite.

Mais ces sensations ne pouvaient être indues que par les premières lichées d'une ivresse à jeun ?

N'est-ce-pas ?



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MessageSujet: Re: États seconds Dim 19 Mar - 0:19

Tchin. Ce tout petit son cristallin, dont la pureté était révélatrice de la qualité du verre, semblait assez en accord avec tout cet environnement de faux-semblants et d'apparence : une fausse note.
Kidd fit légèrement tourner le vin dans sa coupe pour en faire remonter l'odeur et l'inhaler, profitant de ses touches légèrement fruitées. Il sourit et porta le liquide rouge à ses lèvres, pour en boire une mince gorgée. Et force était de constater qu'il n'en avait jamais bu de tel. Tout simplement délicieux. Il jeta un œil à la bouteille, et constata qu'elle venait d'un domaine non loin de Naples, et d'une cuvée réputée pour sa qualité.

- Succulent. Et de manière surprenante, il a un aspect moelleux, pour le moins inhabituel pour du vin rouge. Une excellente bouteille.

Le Comte sourit d'un air fier, visiblement flatté du compliment direct sur son bon goût.

- Je vous en remercie. Il ne m'a pas été facile de la récupérer, celui-ci, mais une fois que je l'ai eu entre les mains, j'ai compris avant même de l'ouvrir qu'il s'agissait d'un très grand cru.

- Vous avez l'œil, pour ce qui est de juger la qualité des choses, Comte. C'est une faculté essentielle, dans la vie.

Gasparutto se contenta de sourire à cette remarque, mais ce rictus semblait à Kidd une preuve évidente qu'il venait de faire jouer la corde sensible. Ce nobliau était bouffi de bonnes manières et de charme, car il était évident qu'il attachait énormément d'importance à ce que les autres pensaient de lui. D'où un tel attrait pour les apparences et le paraître. Ce que Kidd trouvait ridicule. Quelle triste vie que celle où l'on encense la beauté et où l'on ne jure que par elle en négligeant l'authenticité et la sincérité !
Une œillade à sa camarade fit cependant comprendre à l'Américain que le vin l'affectait. Physiquement. Il se maudit de ne pas avoir pensé à l'emmener manger dans une brasserie avant le rendez-vous, car il aurait dû se douter que le Comte leur ferait boire du vin ! Kidd se trouvait bête de ne pas y avoir songé et de ne pas avoir "immunisé" Diane des dégâts de l'alcool en la faisant manger, pour ne pas arriver à jeun ici. Il fallait maintenant trouver une solution.
En général, l'esprit sous l'influence de l'alcool n'est jamais complètement endormi, et cela Kidd le savait depuis longtemps, ayant très souvent vu ses amis ivres morts face à lui, dont la constitution physique l'avait toujours empêché de ne pouvoir être ne serait-ce que pompette. Profitant de cette incapacité à être saoul, il avait pu observer de nombreuses fois que le cerveau humain se recentrait toujours dès qu'un évènement précis se passait à proximité de lui de manière brutale. Il eut alors une idée, stupide, très certainement, qui viendrait par la suite se joindre à la liste de ses idées les plus connes, mais il ne voyait que ça, là tout de suite.

Il devait faire une connerie.
N'importe quoi, tomber de sa chaise, renverser son verre par mégarde, n'importe quoi. Cela permettrait à l'esprit de Diane de se recentrer brièvement, et cela détournerait l'attention du Comte le temps que Diane boive un grand verre d'eau. Et puis Diane n'était pas ivre, elle avait simplement légèrement l'esprit embrumé par ces premières gorgées, ça se dissipe vite.
Si Liv était là, elle dirait : "Kidd, tu es un gros abruti. Tu crois que cela va soudainement rendre ta copine sobre ? Et tu comptes vraiment volontairement provoquer un incident sous les yeux de ton invité ?"
Oui. Putain, oui. C'était d'une stupidité inconcevable, mais c'était du Kidd.

Pense, pense, pense... Que faire... Il ne faut pas que ce soit too much...
Et il donna un coup de poing dans la bouteille qui alla se fracasser contre le mur, sous le regard incrédule du Comte, des trois majordomes qui s'arrêtèrent net de bouger, et de lui-même, qui décidément ne comprenait absolument pas ce qu'il venait de faire. Ses yeux se posèrent sur les débris de bouteille baignant dans une grande flaque pourpre qui souillait le sol immaculé.

- Euh...

Son regard croisa celui de Gasparutto, que la perte de ce grand cru millésimé semblait atteindre personnellement. Et Kidd se rendit vite compte qu'il était vraiment, vraiment, vraiment, un immense abruti.

- Je peux savoir ce qui vous prend ?
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MessageSujet: Re: États seconds Sam 25 Mar - 9:40




Les striures des revers encéphaliques infusaient leur atonie diffuse, sillons spongieux et buvard de chairs abreuvés de la purpurine liqueur narcotique. Célérité pénétrante et absurdement burlesque de cette carence de rigueur qui n'avaient point effleuré les éclats de ma conscience en amont de cet entretien baptisé dans ces vapeurs de vignes vieillies que les conventions versaient. Les nectars onéreux étaient analogues à cette cire mourante sur les épîtres, de paraffine, de sang ou de millésime, les pactes se suturaient de ce coloris unique fardant de sa parure primaire les pigments de cette peinture de vie. Mais dans ce microcosme d'artifices, ce grenat n'était-il point contrefait de cette authenticité minaudée ? Le rictus convenu du Comte intriguait ce mépris refoulé et tabou. S'il ne tenait que de mon engament, j'aurais déstructuré cet écrin si mondain, si hautain.

Volonté rompue présentement par ces méditations nébuleuses savourées en de gorgées minimes, une opprobre de résistance alcoolique, une faiblesse défaillante dont j'étais peu fière. J'écoutais en luttant intérieurement contre cette lenteur engourdissant mes sens, présente dans cette réalité comme en apnée dans une mer contraignante, consciente mais latente de mon interaction au tangible. Des dires que je percevais Gasparutto s'était démené pour se procurer ce trésor aqueux. Sous-entendu que l'argent avait vraisemblablement écourté les peines de cette fouilles. Quel qu'était son montant ces effets délétères restaient siamois à ceux des vins de table, lourds.  

Mes orbes brunes embrumées de torpeur, je scrutai Kidd qui avait interprété mon mal avant même que je ne lui définisse. L'alcool avait cette universalité prévisible. Sans mots, aucun, il comprenait les miens et manœuvrait pour y mettre terme.

De façon incongrue... ?

Je ne serais décrire mon faciès à cet instant précis, mais je figurais qu'il réfléchissait en miroir l'air ahurit du comte nous faisant front. Les brisures de verre se taillaient en dents sombres suintant en un dernier râle les gouttes de ce fluide que nos économies les plus pingres n'auraient suffit à rembourser.

Il fallait trouver une parade. Je devais bien rendre la pareille à mon pair, qu'importe que sa démonstration fut singulière au possible. La solidarité nous sauverait de ce faux pas... Ou de ce volontaire uppercut.

Un rire nerveux point tant joué se répercuta contre la barrière de mes incisives : « Ah, ah. Quel malheureux incident Comte, je suppose que nous avons sous-estimé le tonus de ce vin très goûteux. » Agitant mes paumes, comme pour gommer l'accident pourtant de gré, dans cette gesticulation de courtoisie grossière, mon verre chu en écho vers ce sol si désespérément attractif au grand dam de la logique motrice de mes phalanges, et bientôt, du capital de l'ordre des serpentaires.

Deux taillis coupant jonchaient en silence le parquet sous les yeux d'une assemblée médusée.

« Nous avons prestement besoin de nous aérer, veuillez nous excuser. » Résolvant la situation d'une sortie imposée, je me levai et enjoignis Kidd à me suivre.

Pardon accordé ou non, l'opportunité de nous éclipser une sablée de secondes nous était tendue. Peut-être la meilleure esquive, le temps de laisser à notre noble coquet, le laps réactionnaire de reprendre de ses émotions.


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MessageSujet: Re: États seconds Mar 6 Juin - 23:28

Absurde. Tel était le mot qui convenait le mieux à décrire la situation, risible mais non moins dangereuse, dans laquelle ils se trouvaient. Eclipsés dans le couloir, les deux Serpentaires s’étaient embourbés dans une posture d’invités plus malpolis qu’ils ne le prétendaient, et Kidd espérait que cela ne leur joue pas de mauvais tour. Quel imbécile il était, de détruire ainsi la bouteille fétiche de leur interlocuteur !
Il mit immédiatement sa main à sa bouche pour se retenir de faire du bruit, car en repensant à ce geste stupide, irréfléchi et spontané estampillé Kang, et à la suite que lui avait donné Diane juste après, il explosa de rire en silence, ne laissant échapper qu’un « pfffffffrrt » entre ses doigts serrés. Il faut dire que rarement une mission aussi tendue n’avait été aussi propice à créer un cataclysme aussi absurde. Là, tout de suite, l’estropié se dit qu’ils faisaient une bonne paire, Diane et lui.
Il se ressaisit immédiatement, se redressant droit comme un I, et adressa à sa partenaire un regard inquisiteur. Comme il le supposait, ses yeux étaient plus vifs, signe que ce bref instant d’adrénaline avait dissipé (sans doute légèrement) les brumes narcotiques qui occupaient l’esprit de sa coéquipière.

- Ca va aller ?

Sans réellement attendre une réponse concrète, bien que réellement soucieux de l’état de Diane, Kidd se passa une main dans les cheveux avant d’évaluer la situation. Ils étaient maintenant dans un couloir aux couleurs épurées mais aux tableaux riches et détaillés, et parcouru de fleurs blanches. Les domestiques étaient pour la plupart dans la salle du diner, leur laissant un peu de répit pour vadrouiller rapidement.

- Je ne sais pas exactement ce qu’on cherche, mais je crois que ce moment est la meilleure fenêtre d’action qui se présentera avant un bout de temps, car il n’est pas dit qu’on arrive à s’éclipser deux fois de ce PUTAIN de repas ! J’aimeraiiiiiis vraiment que cette mission s’achève, je crois que je ne vais pas réussir à jouer les nantis encore très longtemps, cette PUTAIN de face de pet me donne des frissons, ce mec n’est pas net, et j’espère vraiment qu’une fois cette mascarade terminée je ne reverrai plus sa sale gueule !

Kidd s’arrêta, se surprenant dans un moment de relâchement, et fixa Diane d’un air entendu. Cette mission devait être désagréable pour tous les deux. Ce Comte Carpaccio hérissait le poil de l’Américain, qui commençait à être tendu par l’agacement. Si tendu qu’il envoya valser le vase à côté de lui et le brisa au sol. La voix du Comte Spaghetti leur parvint depuis la salle de repas.

- Tout va bien ? Marcello, allez voir ce qui se passe.

L’estropié pesta, se plante derrière la porte, et attendit que ledit domestique n’entre dans le couloir pour le saisir par derrière en lui bloquant le coup. Il l’immobilisa et serra jusqu’à ce que sa victime ne perde connaissance, puis il la tira pour aller la cacher dans une grande jardinière.

- On a intérêt à se magner, ou il va se douter du pot-aux-roses ! Roses, les fleurs, tu l’as, ha ha ha ?

Il s’arrêta de rire, se rendant compte que sa blague n’était pas drôle et n’avait rien à foutre ici, puis il se mit une gifle et se ressaisit.

- On se sépare ! Pars de ce côté, je prends l’autre ! On s’arrête au premier truc suspect !

Sans attendre la réponse de Diane, Kidd courut de son côté du couloir, à la recherche de l’indice qui leur permettrait de mettre un terme à ce bal de faux semblants. Le terme de bal était on ne peut mieux choisi dans l’esprit de Kidd car il avait réellement l’impression de danser sur du verre, tant jouer ce rôle devant un être aussi insupportable lui était difficile. Et merde… Voilà qu’il s’emportait. Toute cohérence commençait à le quitter, alors que ses nerfs lâchaient peu à peu. Si cette mission durait encore une heure de plus, parole de Kang, il allait mettre son point dans la gueule du Comte Buongiorno.
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