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Ma réalité est l'équilibre entre deux contradictions.

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MessageSujet: Ma réalité est l'équilibre entre deux contradictions. Dim 16 Oct - 21:14

Lyssandre de la Vallière« Le règne de la lumière ou de l'ombre n'a pas de sens.  La seule vraie voie reste à transformer le monde petit à petit...  »
Sexe : Masculin
Âge : 26 ans.
Date de naissance : 22 Avril.
Lieu de naissance : Saint Etienne, France.
Occupation : Membre de la branche mécanique mais récupérera si la fin de la guerre devait arriver, sa place de co gérant de l'ensemble de leurs ateliers d'armes qu'il co possède avec son frère Alexander dont celui de Paris.
Orientation sexuelle : Dianodemisexuel (Avant sa rencontre avec elle les femmes qui se ressemblaient toutes ne l'intéressait pas... Mais Diane, qui sort du lot, le fascine. Tout le monde a remarqué qu'il en parle  et agit comme un amoureux SAUF lui.... Car l'amour, il ne connaît que dans les livres et a pas reconnu chez lui les signes. Et attention, il n'envisage pas de lui-même au de là, du moins sans mariage. Mais les règles sont faites pour être brisées.  )
Alignement : Neutre.
Groupe : Branche Mécanique
ft. Sakuma Rei de Ensemble Stars !


P h y s i q u e
Nous étions seuls dans une multitude. Je ne pouvais te quitter des yeux mais tu ne me voyais pas. Tu étais occupé à faire rire et divertir les gens alentour. Tu ne regardais pas vers moi. Et c'était pour le mieux. Si tu m'avais regardé, peut être me serai-je cru autorisé à pouvoir t'approcher… Peut être aurai-je osé te parler…… Peut être t'aurai-je raconté ce que tu ignorais encore…. Mais tu ne le faisais et je pouvais rester dans mon rôle d'Intendant…. Et te regarder, toi au loin……Te regarder, te regarder comme l'on contemple un fantôme….
Cette taille grande et d'une finesse de prédateur avec des membres déliés et assez frêles étonnement, doublée d'un air quelque peu malingre même si tu mangeais à ta faim….…Tu culminais bien autour d'un bon mètre 75….. . Des bras assez longs et des mains tout aussi allongées, des mains de pianistes….   Avec de très longues jambes très fines, des jambes de jeune fille comme tu disais en t'en moquant….. Tu étais en jambes et en bras longs comme tu aimais à le clamer... L'autodérision, cela te ressemblait bien….Même si parfois, elle était amère…

Mais je ne devais pas y songer….. J'étais l'Intendant, j'étais en représentation, je ne devais pas me laisser attrister…..Et je secouais la tête , tentant de chasser mes pensées, alors que tu souriais de plus belle aux convives qui s'approchaient de toi. Tu avais ce sourire, toujours celui là…. Ce sourire de toutes tes dents immaculées assez bien alignées qui te faisait plisser le coin des yeux sans que tu t'en rendes compte…. Des yeux aussi effilés que le reste de ton corps et dont la couleur de l'iris variait selon la lumière qui venait te nimber.. Pour un éclairage faible, ils étaient d'un brun assez doux, mais portés à une lumière plus éclatante, et ils flamboiement d'étranges reflets incarnats comme ceux d'un verre de vin…. Brun et incarnat, une étrange hésitation entre les deux couleurs sans jamais réussir à se décider….. Qui surmontaient un nez un peu pointu et malicieux comme tu étais…. Et une assez grande bouche quoique fine…. Des sourcils qui semblaient constamment arqués et d'un noir qui tranchait assez avec ton teint pâle et assez blanc, même si tu étais coutumier des sorties…..Ton visage d'un doux ovale dont quelques mèches noires de tes cheveux venaient cacher un front qui se trouvait assez grand et que tu te plaisais à cacher….J'avais cru comprendre que tu n'aimais guère ton front…. Et tes cheveux…. Ce désordre de noir dont tu t'étais accoutumé à les voir faire ce que bon leur semblaient…. Quelques fois, quand tu étais occupé ou que tu partais en mission tu les attachais à l'aide d'un ruban écarlate ou rose et les arrangeaient de manière à ce qu'ils tombent sur ton épaule droite.... Mais fréquemment, au bout de quelques heures certaines mèches se libéraient, tant tes cheveux refusaient d'être domptés et si tu n'y prenais garde, tu finissais cheveux libérés, le ruban perdu.... Comme en reflet de l'esprit qui voulait conserver sa sensibilité.... Certaines mèches dansaient autour de ta tête mais en se courbant comme pour rester asservies au visage qui les portait tandis que d 'autres s'hérissaient en l'air, ou d'autres encore se coulaient sagement sur tes épaules en bouclant légèrement, venant encadrer ton visage…

Sur un cou aussi long et fin que le reste de ton corps… En longueur, tout en longueur….. Tout semblait toujours trop grand chez toi… Tu étais proportionné dans l'excès et la grandeur... Je me rappelle des problèmes que nous avions quand nous créions ton uniforme…. La quantité de tissu qu'il fallait déployer pour couvrir tes longs bras et jambes…..Et pourtant tu ne complexais jamais là dessus…. Il n'y avait que ton front selon lequel tu complexais… Et tes cicatrices, évidemment….. Ces cicatrices que je savais s'étendre sur ton torse malingre, ces multiples traces laissées de tes combats par ci par là, symboles de chacun de tes échecs… Sans compter les quelques que tu t'infligeais quand de dépit tu, tu n'avais pu sauver tout le monde, après la mort de Suman, avant que tu ne bascule et fige ton coeur….. Oh ne nie pas, les infirmières m'ont parlé de ces coupures qu'un rasoir semblait avoir crée sur ton torse, autour de ton cœur... Très symboliques..... Comme toi.
Mais permets-moi de ne plus penser à cette horreur. Tout cela est derrière toi, à présent n'est-ce-pas ? Tu souris comme avant à présent.... Tu as retrouvé ta démarche presque sautillante, ta manie de t'accrocher au bras des autres ou aux épaules, comme si tu ne pouvais te soutenir seul...
Tu as retrouvé aussi ton style vestimentaire si particulier.... Toujours habillé avec une certaine volonté d'être classe.... Une chemise, immaculée, un gilet d'homme écarlate, gris ou noir, et aucune autre couleur, une veste resserrée à la taille que tu ne fermes pas et laisse ouverte,à ta ceinture le fourreau d'une épée qui s'y ressemble à s'y méprendre à ta Bianca, une montre à gousset dont la chaîne se voit... Ton col fermé en soirée... Ouvert en dehors... Et à ton cou, lâche ou bien en place en fonction de l'endroit où tu te trouves, une cravate ou une lavallière souvent écarlate, grise ou noire..... En ultime plaisanterie de ton nom.... Autodérision éternelle.... Mais il y a quelque chose que tu n'avais pas avant... Une paire de gants immaculés que tu ne sembles jamais quitter.....
Et ta voix n'est pas la même... Disparue la voix qui semblait toujours joyeuse.....
D'ailleurs, à bien y regarder, tu n'as pas la même attitude avec les autres... Tu les captive mais en jouant d'un air torturé....
Mais rien d'anormal à tout cela.  Après tout... Tu ne fais que me remémorer des souvenirs de celui que j'ai connu. Après tout rien d'anormal. Puisque Lyssandre est mort.
Et que tu es son frère jumeau.


C a r a c t è r e
Ma main parcourait ses mèches noires et les caressait alors que la lune veillait sur nous de sa lueur tendre et douce..... Mais je ne la regardais pas, je sentais simplement sa lumière venant chauffer mon dos et éclairer tes traits épuisés qui semblaient dormir, tranquillement, à moitié affalé au sol, ta tête, sur mes genoux, ma main dans la tienne, mon autre main gantée caressant tes cheveux doucement, presque tendrement, comme une mère.... Et il était aisé que je te voie comme mon enfant, quand j'avais passé tant de temps à te relever... Et à présent je te forgeais pour faire de toi ce que tu devais être... Mais tu n'étais pas très fort.... Tu supportais assez mal la douleur physiquement parlant, te faisant hurler à mort à la moindre éraflure, mais ne t'empêchant pas de te l'infliger, mais craignant à tout prix la douleur mentale....... Et tu me l'avais encore prouvé en cet instant alors que tu reposais, contre moi.....Tu supportais aussi tellement mal l'alcool, devenant vite, trop vite ivre dès que cela dépassait un certain nombre de verres qui ne faisait qu'exacerber ta joie et te libérer quelques instants de tes conventions pour danser par exemple sur les tables... Je me rappelais si aisément de ce jour où Julian t'avait initié à la vodka et où tu avais dansé sur la table avec nous deux.... Mais ce temps n'est plus.... Et ma main continue de caresser tes cheveux.... Alors que ton coeur devait continuer de gémir en secret, dans le repli de ton inconscience.... Et ton cœur, d'une sensibilité extrême continuait de te jouer des tours, te laissant pleurer et souffrir aisément, laissant ton cœur s'attendrir extrêmement facilement et laissait comme sombre héritage l'horreur de la moindre mort, et la culpabilité qui te faisait hurler les nuits dans des cauchemars d'un syndrome post traumatique du survivant , du guerrier, te faisait chercher les endroits les plus reculés pour te reposer et dormir pour ne gêner personne.... Tu avais tellement en horreur de déranger les autres avec tes problèmes, depuis que tu étais reconstruit... Il fut une période où tu étais moins regardant, mais c'était quand tu étais totalement détruit et que tu ne savais plus sourire.....  Quand tu n'étais plus le jeune homme que j'avais appris à connaître...

Celui, qui,joyeux, arborait toujours sur ses lèvres un grand sourire, qui aimait toujours à rire de tout, même de se moquer de lui-même, un goût pour le théâtral, toi qui aimait taquiner son monde et jouer avec les gens qui te connaissaient bien et que tu appréciais, même si en soirée tu avais tendance à t'exhaler ainsi avec autrui... Mais hors soirée ces personnes devraient alors faire face à une personne qui serait plus polie et souriant que joyeuse à vous tenir quelque peu à distance jusqu'à ce qu'elle réalise, elle qui a oublié comment se faire des amis que vous voulez le voir comme un ami et laisser sa joie transparaître plus pleinement même si ses yeux et sa nature les révéleront toujours à son insu mais qu'il ne cherchera plus à effacer au bout d'une minute, à partir du moment où il saura que cela ne vous gêne pas... Ce jeune homme un peu trop bavard qui prenait plaisir à faire parler autrui, curieux de tout et tout le monde, peut être même un peu trop, d'une assez grande tolérance, qui passait son temps à jouer les amuseurs et les divertisseurs pour chasser les soucis des autres et en répandant des sourires partout,  et tendait à minimiser les siens en les rendant infimes et en les présentant comme des bagatelles ou sous forme de plaisanteries... Car ton défaut était que mentir et le mensonge te semblait inconnu.... Quiconque te côtoyait pouvait lire en toi comme dans un livre ouvert... Tu n'avais de secret pour personne et ton visage exprimait toujours chacune de tes émotions sans restriction... Et mentir chez toi ne marchait jamais.... Au poker, tu aurais vite perdu.... Et tu me fis rire en t'imaginant, là face à Tyki....
Mais je m'égarais, je m'égarais.....

C'était assez paradoxal, quand on y pensait ta clarté d'amuseur qui révélait ses émotions, avec ce côté familier et tactile, toujours accroché aux bras ou épaules de quelqu'un, même si tu le connaissais depuis 5 min, avec ce côté toujours accueillant même à 5 heures du matin, à toujours proposer du thé, des gâteaux et cette manie que tu avais de minimiser tes problèmes comme si tu refusais que les autres s'approchent de toi de trop et essayent de t'aider.. Comme si tu estimais ne pas avoir le droit au bonheur... Mais si tu croisais l'amour et ses tourments, il y avait tout à penser que ces tourments t'emmèneraient à ses questions,et que tu serais plus troublé avec elle dans ta manière d'agir qu'avec les autres en hésitant à lui rendre ses tapes ou plus peur de la déranger avec tes propres problèmes, ou être un peu moins exalté par peur de la dégoûter, et il faudrait quelqu'un de plus buté que toi  encore qui en tenait déjà une excellente couche, pour franchir tes barrières, même si tu appréciais les romans d'amour, aurait eu des gestes tendres, attentionnés et pleins de charme pour une petite amie, des compliments passionnés, toi m'avait déjà suggéré plusieurs fois des choses pour m'aider avec Julian à le surprendre, mais j'étais presque sûre que tu ne saurai du tout comment tu pourrais identifier l'amour chez toi, et ce malgré ce que Julian et moi t'avions dit très certainement... Car ce genre d'émotions s'expérimentait, plutôt que se décrivait.

Car tu n'avais d'yeux que pour tes armes, tes armes chéries....  Entre tes mains, tu les concevais comme des artistes conçoivent des œuvres d'art, cherchant à les rendre les plus raffinées possibles et mais aussi les meilleures, de manière à ce qu'elles deviennent une extension de la personne qui les portait, persuadé que tu étais que les armes révélaient une part de soi... Comme tu tenais à te soigner, soigner tes rapports, accro à la bon entente que tu étais sauf si du mépris entrait en jeu.....Entre tes mains elles devenaient des idoles de métal que tu manipulais avec dévotion et tendre, douceur et raffinement, en leur parlant, leur donnant des noms, les traitant avec gentillesse et humanité comme tu traitais les hommes et femmes de ce monde. En t'apitoyant sur leur sort et en pleurant, si par malheur on les ramenait en sale état et incendiant ceux qui ne prenaient pas soin de tes « princesses » si on osait te parler alors....

Ah ça pour du tempérament sanguin, on pouvait dire qu'en certaines occasions, ton tempérament d'ancien guerrier se réveillait....  Il y avait des choses que tu ne supportais plus et qui te rendait plus susceptible et te faisait réagir au quart de tour..... L'irrespect et le mépris y compris celui de la vie, la quête de pouvoir à tout prix même en écrasant les autres, les personnes qui s'imaginent les meilleures, que l'on s'en prenne à ceux que tu aimes, voire tes compagnons ou leur manque de respect.... Et toi qui faisait tout pour t'améliorer sans cesse, ça t'allait plutôt bien.... Il n'y avait point de perfection, il fallait s'améliorer sans cesse...C'est aussi en cela que nous nous ressemblions, oh Lyssi.... Mais paradoxalement, tu ne voyais jamais tes succès mais que tes erreurs, sans cesse, toujours, il n'y avait qu'elles... Celles qui te hantaient.... Toi qui ne pardonnait que difficilement, même à toi-même.... Il valait mieux ne pas te blesser, si on ne voulait pas te perdre tout court... Tu en avais très certainement bien trop souffert pour tout pardonner et souffrir à nouveau, toi qui avait une peur bleue de la souffrance, mais point physique, celle morale, qui vous déchire....  La crainte de la douleur physique, tu l'avais dépassé depuis longtemps, tu t'en fichais, il t'arrivait même parfois de te l'infliger, quand tu dépassais les bornes de ton esprit avec tes erreurs incessantes même si tu hurlais à chaque douleur et les portais assez mal dans ta chair.... Je me rappelle encore avoir dévié le rasoir avec lequel tu expiais tes « crimes »...... Et j'en frémis d'horreur à cette pensée. Et je me rappelais que cette fois-ci, il ne serait pas question de telles douleurs... Cela m'apaisa un peu et je repris mes caresses, continuant d'égrener ce que je savais de toi....

Tu avais beau être d'une gentillesse, d'une grande patience, et d'une bienveillance extrême, t'énerver et tout cela s'effaçait.. Ta gentillesse qui semblait sans limite ne l'était pas.... Tu avais été gentil même avec ceux qui te méprisaient, et très certainement que ses rouages étaient cassés, à présent.... Tu étais d'un respect fou, d'une politesse importante, même teintée de familiarité,  tu étais même un peu trop à cheval sur celle-ci et faisait des manières parfois de manière excessive.... Je me rappelais encore de certains excès de politesse que tu faisais qui me faisaient rire quand tu te précipitais pour m'ouvrir la porte alors que Julian faisait de même.... La belle époque... Et un triste sourire naquit sur mes lèvres... Alors que de très loin tu gémis, comme pour me soutenir... Et je souris en continuant mes caresses, toi si maniéré...Mais si tu n'attendais pas des autres les mêmes manières, tu attendais au moins un peu de politesse.... Tu devenais ainsi face à certains le miroir de ce qu'ils t'envoyaient.....  Il suffisait de te mépriser, te voir plus bas que terre, pire qu'un vers de terre, et tu n'avais plus de respect pour la personne en question et tu t'agaçais contre elle....

Au bout d'un moment ton empathie qui te poussait à essayer de comprendre les raisons profondes de chacun,ta nature observatrice, celles même que nous t'avions légué, Julian et moi, finissait par s'enrayer et tourner à vide si la personne ne renvoyait que mépris, irrespect, et culte du pouvoir... Car le pouvoir, le pouvoir... Depuis la perte de ta belle Bianca, tu semblais persuadé que seuls certains élus avaient le droit au pouvoir, des gens qui étaient dignes de le porter.... Ce que tu estimais ne pas avoir le droit, toi qui gardais une si piètre opinion de toi, malgré tous nos efforts.... Tu ne te rendais juste pas compte que le pouvoir n'était qu'un instrument que l'on manœuvrait et point l'inverse.... Et tout cela faisait de toi un homme qui suivait les ordres qu'on lui donnait, sachant l'importance de la cohésion d'un groupe mais qui aurait paniqué si le moindre pouvoir lui serait tombé dessus..... La moindre initiative qui n'aurait pas porté sur une arme et tu aurais paniqué, tout fait pour l'oublier..... Tu n'étais qu'un suiveur, pas un meneur....

Car, et tu aurais beau dire, tu portais aussi une belle part de cet esprit romantique et bohème d'un autre temps..... Tu n'étais point de ces gens très terre à terre... Tu étais un rêveur, un distrait, toujours en train de penser à tout un tas de choses....Tête en l'air aussi, très tête en l'air, capable d'oublier à peu près tout et n'importe quoi, au caractère aussi changeant que la lune..... Mettant de côté un peu, cependant..... C'était Alexander le dépensier, pas toi. Toi qui le ramenait quand il s'éloignait trop.
Et souvent laissé à toi même, par pur accident, car, tu ne supportais plus la solitude depuis la perte de Bianca et que tu cherchais toujours à t'entourer, tu devenais mélancolique et plus perdu encore dans tes pensées, louant un culte aux rêveries dans la nature ou parfois bien qu'entouré, regardant par la fenêtre pour contempler la nature.......
Et tes peurs, ah, tes peurs... Que l'on te brise, à nouveau, que l'on t'effondre, que tu déçoives quelqu'un,que tu déranges quelqu'un, que quelqu'un puisse te haïr... Tu étais désespérément en quête de rédemption et d'affection, toi qui l'avait rejeté.. Tu cherchais la lumière et les joies de la vie... Nous avions refait de toi un bon vivant, un être qui ne créait guère de futur, qui vivait en perpétuel carpe diem.... Peut être parce que tu avais du mal à imaginer l'avenir si tu étais seul.
Et généreux, généreux à outrance... Tu donnerais ta propre essence vitale pour sauver le monde... Tu ne te laissais jamais rien pour toi..... Car TOI n'avait aucune importance à tes yeux...

Ce toi, si faible, que tu voyais dans la glace....Et qui pourtant était courageux et ingénieux, avait une volonté de fer que l'on pouvait difficilement fléchir, qui était créatif et inventif à souhait........
Toi qui avait plutôt une assez bonne intelligence et un mépris certain des préjugés.... Même si tu faisais certainement trop de manières encore avec certaines politesses où tu étais empêtré.... Tu avais tendance à aimer ce qui sortait de l'ordinaire... Toi qui haïssait la routine, mis à part vis à vis des armes.... Et qui s'ennuyait assez vite, sauf si les armes étaient impliquées..... Ah les armes et toi.....
Et je souris doucement dans la nuit qui nous entourait et nous enlaçait... C'était l'un des seuls liens qui te restaient... Mais, certainement pas les derniers, d'autres verraient ta valeur.. Et alors.....
Pour les gens qui t'approcheraient, qui dépasseraient tous les obstacles que tu leur avais mis, ce qu'ils trouveraient c'est un ami fidèle au delà de tout qui donnerait tout, qui dirait tout ce qu'il pense... Et en amoureux.... Je me pris à l'imaginer..... Et sourit. Oh sûrement que sa petite amie devrait apprécier d'être chérie, adorée, choyée, ne se voir que comme une déesse à ses yeux....
L'amour, il l’idolâtrait, il l'admirait sans savoir ce que c'était. L'amour pour lui, était la seule salvation, que quelqu'un sur cette terre puisse l'aimer malgré ses défauts, malgré ses erreurs et puisse lui pardonner les horreurs qu'il avait faite, les erreurs qu'il s'imaginait avoir commise et cette personne sur la terre deviendrait sa déesse, son ange, celle qui viendrait le sauver.... Sans voir qu'il était lui-même un ange... Et je souris doucement dans le secret que je connaissais et que la nuit gardait.....

Ah toi et ton idéalisme, ton espoir, semblable au mien d'un monde d'égalité, d'un monde meilleur... Mais nous n'y croyions juste pas de la même manière..... N'est ce pas ? Tu croyais en un équilibre, tu te disais pacifiste en vouant un culte aux armes, parce que tu leur trouvais une forme de beauté, les concevant dans l'avenir comme des témoins du passé, des œuvres d'art, plutôt que des moyens de tuer.... Tu pensais que ni bien ni mal ne devaient dominer, tu pensais que l'un et l'autre devaient coexister sans s'entretuer, sans faire de victimes innocentes.... Alors que je pensais que nous devions détruire le monde pour le reconstruire, et ce au prix de vies, malheureusement.... Et tu pensais que si l'un essayait de dominer l'autre il fallait quelqu'un pour juguler et contrôler que ni l'un ni l'autre ne gagne.... Et donc mettre hors d'état de nuire ceux qui menaçaient ton équilibre.... De manière pacifiste, par la raison, si possible, sinon par les armes mais il ne fallait pas s'en réjouir... La moindre tâche de sang sur tes mains en plus était un crime que tu ne pouvais souffrir....Toi qui voulait être être d'une pureté parfaite, en sachant que c'était compromis..... L'un des paradoxes de ton âme qui m'était chère. Alors que d'autres fleurissaient sous ta peau.

Toi qui s'attachait à ceux qui allaient devenir tes nouveaux compagnons, mais qui restait attaché à tes anciens compagnons au fond de toi....Les trahir ne te viendrait pas à l'idée, toi être fidèle... Tu ne pourrais jamais que fuir leur regard et te cacher, de honte de les avoir fait souffrir...Tu ne leur voudrais pas de mal, tu voudrais les raisonner et si cela ne marchait pas... Tu les fuirais.Tu ne veux pas tuer, pas quand toi, tu as eu cette chance d'ouvrir les yeux...Tu sais qu'ils sont aveugles, comme tu l'étais autrefois, alors tu ne veux pas leur faire de mal et tu te prends à espérer qu'un jour eux aussi ouvriront les yeux. Et si tes armes venaient à prendre leur vie..... La douleur en ton cœur y régnerait et peut être le rasoir reviendrait sur ta peau....

Et je souris doucement dans la nuit en caressant de plus belle tes cheveux.... Des cheveux de ma main gantée alors que tu gémis à nouveau, tes yeux battant, annonçant bientôt ton retour à la conscience....
Comme suppliant, ce que tu n'aurais jamais fait, fier comme tu étais que je te libère de mon emprise.... Mais bel idéaliste, ayant étrangement tout fait pour avoir conscience du monde alentour, ne t'estimant pas meilleur que le paysan, tu n'avais point besoin de supplier...
Les deux heures étaient presque écoulées.... Et ce que j'avais commencé finirait.
Puisque nous ne pourrions jamais être alliés... Et bien nous serions ce que nous devions être.
Des rivaux malgré tout amis.....
Et ta main que je tenais dans la mienne en témoignerait au monde entier.
Et non loin de nous minuit sonna. Et je souris, sachant ce que cela signifiait.
C'était la fin de ton calvaire, de la forge du rival que tu étais destiné à devenir.
Et je lâchais ta main, t'aidant à te déposer au sol doucement, te couvrait, puis quittait la pièce...
En remettant mon gant.
Laissant le soin à ta main bleutée à présent, le soin de crier au monde que je serai celle qui te tuerait, celle qui serait ta rivale d'idées, celle qui était un danger.
Car si je t'avais sauvé, c'était à moi de t'écrouler...
Telle était ma destinée.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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MessageSujet: Re: Ma réalité est l'équilibre entre deux contradictions. Ven 3 Fév - 18:48




H i s t o i r e


Partie une : Komui

« Ai-je été à la hauteur de tes attentes ? »
Cette question me hanterait encore demain si je vivais quelques heures de plus.....
Mais je vais mourir, aujourd'hui, quand ils m'auront trouvé.... Quand ils auront fini de me faire languir dans leur jeu de chat et souris.... Ils sont trop nombreux pour moi seul et ma Bianca a expiré entre leurs mains......Je n'ai plus d'âme, plus de destin, plus de cœur, plus rien... Je suis un fantôme qui porte le nom de Lyssandre de La Vallière et qui n'a plus rien d'humain... La faute à tout ce qu'il a perdu...... Je ne suis qu'un fantôme qui sous peu va expirer entre leurs mains, quand ils m'auront trouvé.... Et au final, ce n'est pas si mal de mourir ici.... Vu le vide que je suis devenu... Je ne suis plus qu'une machine à abattre des akumas..... Je ne ressens plus rien, je suis vide, je suis mort..... Je ne ressens que le vide et l'amertume de mes erreurs passés, de ses rêves trahis qui n'existent plus.....
Aujourd'hui, c'est juste mon corps qui joint la mort..... Et qui va rejoindre l'esprit de ma Bianca chérie.... A la fin, même elle m'aura abandonné....
Et pourtant c'était toi qui était venue me chercher dans ma manufacture française où je coulais des jours heureux, du haut de mes 20 ans, apprenti de mon père avec mon frère jumeau Alexander.
Nous étions des parvenus, en société on nous regardait d'un mauvais œil mais nous nous en fichions. Nous étions heureux et faisions briller le nom qui était le nôtre. Et dieu sait le temps qu'il avait passé dans l'ombre..... Un ancêtre, fils illégitime des amours de Louis 14 et de Louise Leblanc De la Vallière et jamais reconnu qui avait traversé les années, donnant naissance à une famille qui avait traversé et connu les rois de France, la Révolution, donc certains de nos ancêtres s'étaient illustrés dans des batailles de Napoléon 1 er mais point assez pour être anoblis, et d'autres qui avaient assisté aux deux républiques, la monarchie de Juillet, la Restauration....
Tous fascinés par les armes et qui se transmettaient de générations en générations un atelier où ils créaient et vendaient des armes... Un atelier qui devient plusieurs, se répandit entre Saint Étienne et Paris.... Certaines de nos armes servaient dans les guerres, certaines répondaient à des commandes massives d'armes pour les guerres, d'autres se retrouvaient pour les services et commandes des nobles....

Parmi les héritiers, mon père..... Mon père qui fit si bien prospérer ses ateliers qu'il se fit distinguer par l'empereur Napoléon 3 en personne qui reconnut de l’intérêt pour ce riche bourgeois qui n'avait pas peur de se salir les mains et qui malgré sa fortune refusait d'arrêter de forger et créer des armes.
Et Napoléon 3 le distingua en le nommant gérant de la manufacture d'armes de Saint Etienne et fit de lui un duc par le principe de la majoration et de ses rentes....La lettre qui rendait effectif ce statut trône encore fièrement dans le bureau de mon père, en reconnaissance d'une noblesse lointaine qui ne nous avait pas été reconnue autrefois..... Et quand L'Empire tomba, que les temps devinrent durs et que certains accusèrent mon père de ne plus les payer, mon père garda son titre et sa gestion mais il sentait qu'un jour tôt ou tard, on l'évacuerait de son poste.....
Et selon la loi établie, de par notre naissance nous accédâmes au rang directement inférieur de celui de notre père et le second du rang inférieur au mien. Étant celui né en premier je devins le comte De la Vallière et mon frère le baron De la Vallière.....

Nous passâmes une enfance heureuse entre nous deux... Mon frère et moi nous adorions et nous complétions.J'étais l'enfant plein d'entrain qui souriait sans cesse, amusait la galerie, en qui l'on pouvait lire comme un livre ouvert, mon frère était l'être torturé des romans que nous empruntions en secret à notre mère, l'être mystérieux et romantique et qui charmait toutes les filles aux soirées où nous étions. Même si je partageais son tempérament romantique, ma joie était trop tapageuse pour le milieu dont nous étions. Je ne faisais que rire et divertir les gens alentour. Mais je ne cherchais point à attirer à moi quelqu'un. Je n'en avais que faire.  Pour moi toutes ces sucrées se ressemblaient. Aucune d'elle n'avait l'étincelle qui la distinguerait des mortelles dont les romans parlaient sans cesse. Elles étaient plates et minaudaient sans tempérament. Elles n'avaient rien d'intéressant, elles semblaient se rabaisser sans cesse par rapport aux hommes et je haïssais cela. Je n'avais d'adoration que pour les armes dont mon père nous apprenait à donner naissance, voulant les créer toujours plus belles, plus raffinées, pour qu'elles deviennent une extension de leur porteur. Chacune avaient leur propre personnalité, aucune d'elle ne se laissait faire sans protester et elles étaient bien plus passionnantes que ces filles.....  Mes idées étaient idéalistes et peut être un peu utopistes aussi. Un monde de paix où personne ne mourrerait.
Aujourd'hui que tout cela me semble risible.... Là en cet instant..... Ce rêve était impossible, maintenant je le savais bien.....

Mon père et moi avions un goût pour les armes anciennes. Et un jour dans notre collection, lorsque j'eus 20 ans nous fîmes l'acquisition d'une épée du 17 ème siècle. Je la revois encore si belle, si raffinée.... Elle ne ressemblait à aucune autre arme que nous avions vu alors.... La légende disait qu'elle serait lourde pour quiconque n'était pas son porteur. Mais entre mes mains elle fut légère, si légère..... Elle était comme un enfançon qui se choisit un père. Et je l'aimais comme telle. C'était ma Bianca, ma fière et belle Bianca. Une larme coule le long de ma joue maintenant qu'elle n'est plus. Elle me manque, déjà. Mais je la retrouverai sous peu, voilà comment je peux me consoler. Allant mêler mes efforts vains et sa puissance tendre.....Et personne n'aurait su ce qu'elle était si un akuma n'avait pris la place d'un de nos employés et essayé de dévorer d'autres.....Nous ne comprenions pas la subite mortalité dans notre manufacture et la Congrégation s'était présentée à nos portes pour mener l'enquête sous couverture d'employés normaux.
Ce jour là, j'étais à l'atelier avec Bianca dont je ne me séparai plus... Et ce jour là, face à la menace qui dévorait des vies, je me pris à espérer avoir le pouvoir de les sauver.... Et entre mes mains Bianca devint l'arme anti akuma qu'elle n'avait jamais cessé d'être...... Et ensemble, l'envoyé de la Congrégation et moi nous réduisîmes l'ennemi à l'état de cendres. Ce jour là, je sauvais des vies et menais mon premier combat mais combien tombèrent avant que je n'aies ce pouvoir ? Trop pour que je puisse compter. Ce serait le drame de toute ma vie, ça......

Étant compatible, mon destin était scellé. Je quittais donc ma France chérie pour une Angleterre morose et pluvieuse. Ce qu'elle m'a déplu tout de suite, d'emblée, l'Angleterre. Comme si je sentais venir du très fond la force qui allait me détruire. Et pourtant, j'y suis entré, plein d'espoir d'aider à sauver le monde. Je me sentais comme un chevalier de l'humanité, prêt à sauver le monde de ce qui le dévastait, n'étant que tristesse pour les âmes enfermées que je voulais libérer. J'étais prêt à mettre mon arme et ma vie au service du monde. Et c'est ainsi que je les rencontrais. Ils avaient le sourire aux lèvres et des yeux fatigués, ils rayonnaient d'une joie secrète pour chaque membre qui venait à la Congrégation. Et parmi eux, Komui, ce cher Komui.... Je crois que je me suis entendu d'emblée avec lui. Nous avions le même tempérament exalté, joyeux, excentrique. Nous rions ensemble, nous discutions de tout quand nous pouvions. La seule différence était que j'étais sincère au possible et que lui cachait ce qu'il ressentait mais se trahissait par différents signes. J'aimais les interpréter, les rassembler pour connaître ses pensées.  C'était mon ami, mon chef, j'avais l'espoir de briller pour lui. Il était pour moi la personne la plus scintillante de l'endroit. Je voulais faire au mieux. Mais quel mieux minable....

Ma lame dans ma main je me dirigeai au front. Mais ils tombaient et je ne pouvais pas les sauver.
Je me dis alors que c'était parce que c'était ma première fois. Komui m'accueillit à la « maison » avec les autres comme si tout avait bien été. Il réussit à me faire sourire et me faire rire et je redevins celui que j'étais et me rassurer. Mais cette première fois ne fut pas seule. Chacune de mes missions se soldait par une mort ou plusieurs. Ce pouvoir que j'avais dans les mains ne sauvait pas tout le monde. Et Komui essayait de m'aider. Il essayait de me remonter le moral, sortant un peu de son rôle, conscient qu'entendre qu'ils faisaient partie des dégâts collatéraux ne m'aiderait pas.
Mais chaque fois, encore et encore..... De civils, des camarades dont je m'attachais à eux...Petit à petit, certaines fois, les voir tomber et savoir que je n'avais rien pu faire me pousser à me punir en me faisant souffrir....
Le lendemain les regards des infirmières m'incitaient à me calmer et je repartais pour une longue période où je ne faisais rien ou encore la joie de Komui venait m'enlacer et repousser cela.... Et au fil du temps les mots de Komui perdirent leur sens... Ce n'étaient plus que des mots sans sens.  Et puis si Komui me faisait encore sourire, la plupart du temps, il était loin..... Et je coulais, je coulais, mon sourire se ternissait alors que mes nuits se couvraient d'hurlements à mesurer que mes mains se gorgeaient de sang....
Petit à petit le regard des infirmières et d'autrui devint de plus en plus invisible et je me faisais toujours plus mal pour expier....
Puis d'autres qui apparurent qui méprisaient la vie des gens qu'ils sauvaient, qu'ils exploitaient qui les voyait comme des outils...... Me donnant encore moins envie d'entendre leurs voix..... Je commençais à envisager l'idée de faire taire mon cœur....
Et puis lui qui apparut. Nous nous liâmes d'amitié et il m'aidait à supporter ce vide. Il était comme moi, on l'envoyait sur le champ de bataille. Grâce à lui mon sourire revint plus régulièrement et mes pensées s'apaisèrent. Je reposais mon rasoir là où il était. Je l'aidais et il m'aidait. Il était le seul à comprendre mon état, lui qui se battait pour le traitement de sa fille. Suman Dark. Et Komui semblait voir que mon ami me permettait de conserver un sourire et mettait un point d'honneur à nous mettre toujours ensemble en mission.Puis je le rencontrais lui. L'innocence lui avait fait perdre un sens, il était mon cadet. Mais je voulus de suite le prendre sous mon aile. Aon Dallien. Je voulais veiller sur lui de toute mes forces... Mais mes propres limites furent vues et ce qui se noua fut plus sain, plus sincère, plus affectueux. Une vraie et totale amitié. Je l'aidais, il m'aidait. Komui et moi renouèrent même un peu plus et nous furent quatre, même si Aon, Komui et moi étions plus un groupe d'amis.

Mais un jour.... Un jour nous fûmes affectés sur des missions différentes. Et au moment de nous quitter nous échangèrent notre salutation traditionnelle. « Promets moi de revenir entier et si ce n'est pas le cas, promets moi d'être heureux ».  Et je m'accrochais de toute mes forces à ma mission, réussissant pour la première fois à endiguer une menace avant même qu'elle n'ait tué des gens.... Et heureux et voulant raconter cela à Suman, j'attendis son retour....Mais ce jour là Suman ne revint pas.
Il trahit la Congrégation et devint un Rejeté qui mourut aux mains d'un Noé après que le petit Walker ait tenté de le sauver. J'eus du mal y croire. C'était un cauchemar. Un cauchemar, ça ne pouvait être que ça... Mais le reste ne fit que me confirmer que c'était la vérité. Ce soir là Aon me consola, blessé, à l'infirmerie. Je pensais avoir le temps de pleurer. Luberrier décida de m'envoyer en mission. Je ne pensais même pas à refuser. Je pensais être capable de supporter. J'étais stupide... Si stupide, comme je le réalise à présent.....Durant cette mission, ma peur de perdre ceux qui étaient avec moi fut forte, trop forte... Je me transformai en machine à tuer les akumas au point d'en effrayer une petite fille que je protégeais.....Je ne vis rien,je ne sentis rien.. Je rentrais, heureux que personne n'étais blessé, même si la mission était un fiasco. Pour voir Aon blessé, retourner en mission. L'angoisse, la peur, l'horreur, la colère. Je voulus le défendre. Cela ne le sauva en rien. Et je passais deux semaines de souffrance, deux semaines d'horreur, où, mes cauchemars, qui s'étaient calmés revinrent plus encore violemment......Rien ne m'apaisa... Je fus infernal, je passai mon temps à me dépenser en entraînement et quand enfin j'appris son retour, je me précipitai à sa rencontre....
Pour le trouver plus blessé qu'à son départ, l'esprit consumé par sa douleur, son horreur, les choses qu'ils avaient vu.... Mon sang ne fit qu'un tour. Je me précipitais chez Luberrier pour faire ce que je n'avais jamais osé faire..... Essayer de lui ouvrir les yeux sur ce qu'il avait fait.... Tout ce que j'obtins... Ce furent des mots précis. Qui vinrent appuyer là où le bât blessait. Et qui vinrent instiller un doute en moi.Si j'avais été plus fort, si j'avais été plus stable.... Aon n'eut pas à subir cela.
Komui essaya de lutter contre ça. Mais il ne m'offrit pas l'humanité de son âme et je fus dur avec lui.Je le regrettais quelques heures plus tard mais ne devrais rien en faire par la suite.
Le doute s'installa en moi.... L'horreur, la douleur aussi. Un repliement sur moi-même et tout ce qui n'était pas Aon ou protéger aussi. Le monde qui commençait à s'éloigner.

Je me souviens avoir parlé de mes sentiments, un soir... Et j'ai vu l'inquiétude se dessiner sur le visage d'Aon. Et j'ai réalisé que je l'inquiétais, lui faisais du mal. Je finis par retenir mes mots, pour cesser de l'inquiéter.Et puis je vis sa douleur d'être au front... Et les mots de Luberrier revinrent. Plus fort.Cela devint mon obsession. Être plus fort. Je m'entraînais dès que Aon dormait. Il n'y avait plus que ça qui était important. Le monde s'effaçait. Je finis par ne plus voir les visages de mes camarades.Je me distançais d'eux et eux me distançaient d'eux. Mon voisin ne supportait pas mon bruit nocturne. J'émigrai pour un balcon. Komui le sut, essaya de négocier. La personne en question usa de son lien avec Luberrier. La suivante voulut me faire comprendre que je gênais aussi, Komui sévit et cette fois elle ne pouvait rien. Mais ayant compris que je gênais, je me retirai de moi-même.... Et ne dormit jamais dans la troisième. J'avais bien appris ma leçon. Je fuyais les autres, ne mangeais qu'en compagnie d'Aon. Je tenais Komui à distance car je savais qu'il aurait deviné aisément que je continuais de souffrir et d'éprouver, que je n'étais pas fort et qu'il pouvait être un obstacle à mon plan. Il n'y avait qu'Aon qui me rendait encore un peu d'humanité. Je n'étais humain que pour lui. Et puis un jour... Luberrier qui nous mit ensemble pour une mission.
Et durant cette mission, les akumas qui attaquaient l'innocence réussirent à créer une illusion que j'attaquai, pensant être l'akuma. Il s'avéra qu'il s'agissait du compagnon que je voulais protéger de toutes mes forces. Que j'avais blessé. Ce jour là en rentrant je pus à peine le regarder dans les yeux. Je ne me sentis pas le droit de rester à ses côtés. Je me réfugiai sur mon balcon et m'infligeai la souffrance que je méritais. Lui, lui que je voulais sauver plus que tout je n'avais pas réussi... Je n'étais donc pas capable de sauver les autres... Je ne les sauvais pas... Ce soir là, Ahès et Komui me trouvèrent et me veillèrent. Mais l'horreur resta. Acheva son développement. Je me persuadai que l'ayant blessé je n'avais aucun droit d'être à ses côtés... Et que puisque je ne pouvais pas sauver les autres... J'allais me consacrer à la seule chose que je savais faire. Détruire les akumas. Non sans passer un accord avec Luberrier pour obtenir le plus de missions dangereuses possibles et l'en préserver, au moins par mon sacrifice. Il accepta à cause de la contrepartie que j'y mettais. Me taire et obéir. Coupé d'Aon mon cœur fana. Je finis par perdre la joie, la vie, le bonheur.... Je me sentis devenir vide, indifférent au monde. Et bientôt je finis par ne plus vouloir ressentir tant ressentir ce vide faisait mal.

Je ne voulais  plus ressentir, je ne voulais plus vivre, je n'en avais pas le droit. Il n'y avait pas de place pour l'humanité et la compassion ici bas, je ne sauvais personne, je détruisais.
Alors je devins ce qu'on attendait de moi. Un tueur. Sans émotion, sans ressenti, hurlant la nuit et se cachant pour que l'on n'entende pas ses cris, refusant toute compassion, toute amitié. Qui continuait de se scarifier en se moquant complètement dès lors des avis et des regards, pestant quand on dissimulait mon arme.
J'abattais les akumas, je laissais les fêtes aux gens moins atteints et mon sourire était mort comme mon être. Il n'y avait plus que douleur et baffes retenues pour ceux qui nous méprisaient et qui m'avaient brisé. Je n'étais plus que vide et rêves trahis.                                                                 Je te repoussais au loin Komui, je fuyais tes discussions, et tu acceptais le tout avec une triste résignation mais je trouvais toujours quelques petites attentions comme une couverture sur moi.. Tu savais mais ne disais plus rien..... Tu ne m'auras jamais abandonné.... Contrairement à moi, n'est ce pas ?  C'est ce que j'ai fait... Tu étais là pour moi et je t'ai laissé tomber...Toi comme Aon... Et une pointe de regret s'insinue en moi... Je n'étais donc pas vide de sentiment..... Un rictus amer vint tordre ma bouche... Et c'était maintenant que je m'en rendais compte... Alors que cela ne servait plus à rien.....

Et me voilà, ici, à Csjete, envoyé pour débusquer le Broker Horans. Mais le Broker était trop bien entouré d'akumas qui avaient décimé mon unité et ma Bianca.... Un mal pour un bien, au final..... Car je n'étais pas digne de toi, n'est ce pas Bianca ? Comme je ne suis pas digne de ton amitié, Komui, n'est ce pas ? Je me suis laissé détruire par mes sentiments, je ne pouvais sauver personne et je n'acceptais pas mon statut de destructeur.... J'étais un Exorciste raté, tout simplement.....
Un pauvre sourire étira mes lèvres..... Komui, mon pauvre ami si méprisé ces derniers temps, me pleureras-tu si demain je ne reviens pas, comme les autres ?  Même si je n'arrivais à rien... Même si j'étais trop tendre ? Est-ce que tu penseras à moi quand demain je serai mort et que tu le sauras ?
Est-ce que je reviendrai dans tes pensées ? Mais tu ne dis rien car tu es loin, comme toujours....Et toi Aon, Aon mon ami que j'ai tant voulu protéger, que je continue de vouloir protéger même si à présent je ne sers plus à rien, est ce que tu penseras à moi ? Est-ce que tu te rappelleras de moi comme d'un ami ou de la personne qui t'a abandonné.... ? Aon que je ne parvenais pas à protéger......
Et un rire amer me vint.... Et au loin...
« Il n'est plus très loin....
-Capture le, niveau deux, avant le retour du maître et sa promise. Sûrement que le maître voudra lui faire cracher des renseignements.
Oh je vois... Ils n'avaient pas l'intention de me tuer mais de faire trahir une fois pour toute l'ordre....
Et j'allais souffrir, encore, toujours.... En trahissant encore plus la personne qui me souriait....
Cela n'arriverait pas. De ma poche je sortis le pistolet que m'avait donné Suman autrefois.
Je n'étais rien qu'une ombre, un fantôme, mais je ne te trahirai pas. Pas cette fois.
Je charge le pistolet. Je ne ressens rien, que du regret de t'infliger cette blessure que je n'ai que trop subie. Ma vie touche à sa fin et c'est pour le mieux. De toute manière à présent je ne te sers plus à rien, je n'ai plus d'arme et qu'une âme dévastée. Et j'ai trahi toute tes attentes.
Et je dépose mon pistolet sur ma tempe alors que mon golem tressaille....
« Lyssandre, tu nous reçois ? Lyssandre, réponds s'il te plaît.....

Ta voix... Tu étais venu me chercher alors que je quittais ce monde..... Tu me cherchais, tu t’inquiétais pour moi de toute ton humanité brillante que je n'avais plus.... Cette humanité que j'avais rejeté au loin et qui m'entoure comme un cocon chaleureux pour partir... Comme une lumière , comme si quelqu'un se souciait encore de moi... Et je souris doucement, en l'entendant... C'est comme  un peu de chaleur avant de nous quitter pour toujours.... Et pourrais-je partir en silence quand tu étais là pour moi quand je ne l'avais pas été pour toi ? Non... Je te devais au moins des excuses pour t'avoir abandonné.... Et pour ce que je vais t'infliger, les pleurs d'un nouveau compagnon..... Un nouveau nom sur ta liste......
« Pardonne moi Komui.  Pardonne moi.
« De t'avoir abandonné. De m'en aller. »
-Je ne t'en ai jamais voulu. Je ne t'en voudrais jamais. Tu restes mon ami, malgré tout. Et quand on se retrouvera, je te le prouverai.
-Mais nous nous ne retrouverons jamais.
Je le murmure doucement. Excuse moi de n'avoir aucune pitié pour tes émotions, mais il serait plus cruel de te laisser faire ce rêve.. Mais plus cruel pour toi, ou pour moi ? Il réveille ce que tu as toujours été pour moi... L'espoir... L'espoir que nous  nous retrouverons, quand nos destins sont scellés.... Et il serait cruel que j'espère maintenant.
-Quoi ????? Mais.... Mais si......
Ta voix inquiète qui essaye de me rassurer.... Mais ne le vois-tu pas ? Tout est vain.....
-Je n'ai plus d'arme, Komui. Je n'ai plus rien. Je ne sers plus à rien.Je n'ai plus d'âme, plus de cœur. Et si je ne fais rien, ils m'auront. Et puisque j'ai été un compatible pitoyable.....
Entends la réalité, entends là,  lumière, et admire l'ombre une dernière fois.... Admire là... Mais pourquoi..... pourquoi ai-je si mal de t'infliger ça ? Pourquoi mon cœur tressaille encore ? Il n'était donc pas mort ? Pourtant il aurait du.... Et mes yeux s'emplissent de larmes.....
-Ce n'est pas vrai, Lyssandre. Tu nous as. Tu nous auras toujours. Et, tu n'as plus ton innocence et ? Il y a toujours des choses que tu peux faire. Et tu ne ressens vraiment plus rien ? Alors pourquoi tu t'excuses ? Et tu n'as pas été un compatible pitoyable. Tu es une personne que je suis fier de connaître. Que je ne regretterais jamais.

Et tu redoubles mes larmes et je sens que je vais mourir aimé et entouré moi qui ne l'aura pas mérité.... Tu m'offres du bonheur sans savoir que tu m'en donnes.... Que je n'aurai jamais été seul si j'avais vécu, que je ne l'avais jamais été, peut être aussi.... Que j'aurai pu faire d'autres choses....  Que j'étais à la hauteur de tes attentes... Que tu étais fier de moi.....Car j'entends des pas qui approchent, un pas de course... Mon destin est déjà scellé.... Et je ne peux que murmurer....
« Merci Komui d'avoir été là pour moi. Promets-moi d'être heureux au moins, toi, hein ? Et tu diras...à Aon que je le remercie aussi et que j'espère qu'il soit aussi heureux. Que j'étais fier et heureux d'être son ami. Que je le serai toujours même mort.
Promets-le moi, je t'en supplie. Je t'en supplie là intérieurement, toi qui n'était que gentillesse.
-Non... Lyssandre... Fais pas ça.... Fais pas ça..... »
Tu supplies et je comprends pourquoi tu retiens toujours ça en toi... Je comprends maintenant.
Mais il est déjà trop tard et tout est terminé.
Et je tire la balle que je me destinais.
Et ton cri de mon nom résonne en ma tête, s'enroule autour de mon esprit et me hante alors qu'une qu'une hallucination aux yeux rouges s'élance vers moi alarmée...
Mais elle n'était qu'un rêve, assurément.
Je m'écroule en m'endormant.


(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter

Pseudonyme(s) : Shirayuki, Koko, Mumu, Alyss, Ino <3 Lyssi maintenant
Prénom : Audrey
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Un commentaire ? Je vous adore et j'espère que cette fiche ne sera pas gênante ^^ »
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MessageSujet: Re: Ma réalité est l'équilibre entre deux contradictions. Mer 1 Mar - 21:37




H i s t o i r e


Partie deux a : Alyss et Julian  

« Ai-je été à la hauteur de tes attentes ? »
Je ne pourrais jamais plus te poser la question après ce soir... Je n'aurai jamais pu te la poser, mon pauvre Julian..... Et mes larmes coulent le long de mon visage alors que je contemple la masse lointaine de ton manoir que la lune n'éclaire pas.....
Ce soir, je quitte Csjete, comme j'y suis entré et il y a fort à parier que je n'y reviendrai jamais.
Je laisse derrière moi ce fief de bonheur et ceux qui le teintaient d'espoir....
Car à présent qu'il n'est plus, son cœur a sombré et sa nature s'est montrée.....
Je l'ai vu, de loin, de très loin... Je l'ai vu l'abattre, et j'ai vu l'enfant sombrer....
J'ai vu son expression, même lointaine.. Hagarde, ivre de douleur, de rêves brisées....
Et devenue poupées de sa douleur, ses pouvoirs s'étaient éveillés.....
J'ai vu et entendu la mort de l'assassin.... Puis j'ai vu les renards de fumée naître et sur Csjete se déverser... Me révélant le secret que je n'aurai jamais imaginé....J'ai hurlé, hurlé de les rappeler, que ce n'était pas ce que ferait l'enfant que je connaissais... Mais elle ne m'entendait plus... Son innocence était définitivement brisée et peut être voyait-elle le monde encore plus corrompu qu'il n'était... peut être pensait-elle à le détruire pour le changer... Ou à donner à ceux qui la croyaient sorcière ce qu'ils attendaient d'elle.....

Une Noé... Cette enfant plein de rêves, de volonté de changer le monde, d'innocence était une Noé.... Une Noé qui avait déversé la peur, la mort, la douleur.....
Mais qui dans sa tristesse et ses rêves brisés m'avaient épargné.
Oh ils étaient venus à moi alors que j'essayais, malgré tout de les sauver, même s'ils n'étaient pas innocents et vous avez blessé. Mais pour me guider hors ces murs.
Comme si elle voulait m'épargner.
Pourtant je suis un témoin de ce qui a été. Tu n'aurais pas du me laisser la vie.
Qu'attends tu de moi maintenant, O Alyss ? Il y a une raison à ce que je vive n'est-ce-pas ? Puisque tu m'as sorti de mes ténèbres, tu devais être celle qui m'y plonge... Car tu le sais bien, car nous nous n'étions promis, nous changerions le monde doucement sans rien détruire..... Et que tu as brisé notre promesse. Oui, et peut être le sait-tu dans ton éventail de douleur que je comprends, à présent....
Toi que je ne pourrais jamais haïr malgré les actes de ce soir..... Malgré le sang que tu m'auras mis sur les mains en plus, comme si tu voulais te faire haïr pour que je puisse te reprocher le poids de ces morts que je ne pouvais empêcher....
A présent, qu'à vous deux vous m'avez ouvert l'esprit.....Je ne le puis plus.
Et ces temps qui semblent si anciens me reviennent et m'enlèvent au sinistre présent.....
Car comment pourrais-je oublier, ma chère, ma précieuse Alyss cette main que tu m'as tendu, ce sourire que tu m'as rendu ? Ce que je suis je te le dois à jamais.....
Je m'en rappelle si aisément... Laisse moi m'en rappeler alors que j'avance et m'éloigne..
Et subitement ce jour ne me semble plus si loin....
Et les un ans de distance avec cette rencontre qui allait changer mon destin s'effacent....

Je m'en rappelle aisément.... Je le sens encore avec un peu d'efforts....
Un poids qui pesait sur moi, assez léger mais présent, contre ma peau des couvertures et quelques vêtements... Et alentour quelques voix...Une voix de femme et d'homme qui résonnaient dans une pièce qui m'était inconnue, que je ne devinais même pas, pas encore..... Sûrement à cause du fait que mes paupières étaient closes...
« J'espère qu'il n'est pas trop tard....
-Son cœur bat, Alyss, ce n'est pas trop tard.... Tu l'as probablement sauvé.
-Mais s'il restait inconscient ? Ou dans le coma ?
-Alors on n'y pourra rien, on aura fait ce que l'on peut...
-Mais ce serait injuste pour lui..... Il mérite sûrement mieux que ce sort...
-Tu ne le connais même pas.....
-Il est beaucoup trop beau pour être mauvais !
-........ Beau ?
-Mais ne t'en fais pas Juli, tu es bien plus beau !
Un immense silence que je sentais d'ici, même les yeux clos. Et l'on parlait de vie, de coma....Alors.... Etais-je vivant ? Mais alors... où étais-je ? Je me rappelle si aisément ces questions qui m'ont traversé et qui auraient traversé tout homme qui aurait essayé de se tuer..... Mais ils ne parlaient pas que de cela... Leurs noms se traçaient en l'air.... D'une Alyss, d'un Juli.... De beauté que j'aurai, moi le grand machin trop grand de partout.... Avec une certaine innocence étrange....Presque risible, pour moi qui savait que la beauté ne cachait pas toujours un être de la plus immense gentillesse.... Et une sincère inquiétude pour mon état..... Et....une volonté d'un autre sort....Comme si je n'étais pas un compatible raté qui avait perdu son innocence, qui n'avait jamais réussi à sauver tout le monde, avait perdu la bataille, avait du essayé de se suicider pour éviter de tomber entre les mains de ses ennemis et qui visiblement avait même fait échouer son propre suicide... Et qui était peut être tombé entre les mains de ce même ennemi....
Et les larmes affluèrent en mes yeux....

Tout comme ses mots.
« Il y a toujours des choses que tu peux faire. Et tu n'as pas été un compatible pitoyable. Tu es une personne que je suis fier de connaître. Que je ne regretterais jamais de connaître. »
Je me souviens l'avoir supplié de se taire....Ces mots qu'il m'avait adressé, c'était peut être bien pour arrêter mon intention.... Mais le connaissant... Connaissant sa voix qui vibrait de sincérité, il le pensait  réellement....... Cet idiot qui s'attachait  avec une telle facilité....Alors que je n'arrivais à rien.... Et ils étaient en écho de ceux de la jeune fille là haut..... Qui disait que je ne méritais pas un tel sort... Alors que je ne méritais pas même ses mots...
« Oh.... il pleure.... Eh... Ne pleurez pas Monsieur, tout va bien, tout ira bien... Je vous le promets..» Sa voix qui s'éleva à nouveau avec des notes rassurantes comme pour apaiser ses larmes de culpabilité, une caresse sur ma joue comme voulant me rassurer, une promesse qu'elle prononçait....
Et mes yeux qui s'ouvrirent pour voir le visage d'une jeune fille à moitié affalée sur moi et aux longs cheveux noirs aux yeux d'un écarlate saisissant et qui en voyant mes yeux s'ouvrir me sourit plus encore d'un air voulu apaisant.... Alors que les rayons du soleil se jetaient sur elle pour l'entourer, lui faire un halo comme si elle était un ange qui voulait me sauver de mon océan de ténèbres....
Et mes larmes redoublèrent et elle resta là, à murmurer des mots apaisants alors que la gentillesse venait m'entourer, et même si je ne la méritais pas, je me laissais bercer....

Et ce qui semble aujourd'hui une éternité plus tard, je murmurai....
« Où suis-je ?
-Dans la maison du docteur de Csjete qui a accepté de nous laisser cette chambre..... »
Mais la voix qui me répondit ne fut pas celle de l'ange qui restait juché sur moi sans gêne, mais plutôt du jeune homme qui adossé à un mur nonchalamment nous regardait.... De longs cheveux noirs, une épée à la ceinture, habillé de manière distingué.... Et le portrait même de l'homme que j'étais sensé arrêter. Horans. Et qui me fit me redresser, sans égards pour la pauvre Alyss qui désarçonnée manqua de tomber et s'exclama :
« Eh, je suis là, vous pourriez faire attention ! »
Mais ni Horans et moi ne lui prêtâmes attention. J'étais trop occupé à plonger mon regard dans le sien, et lui dans le mien, tentant de percer ses intentions... Assurément me faire parler, pensai-je. Et j'eus honte de mon comportement avec ce qui devait être sa complice.... Je n'étais plus qu'un compatible raté qui devait rester droit et digne, et ne jamais trahir.....
Et lui dans son regard à me fixer pour je ne savais quelle raison et rester silencieux....
Puis s'exclamer... Sûrement pour poser les questions qu'il devait me poser.....
« Alyss.... Notre invité doit sûrement être épuisé et affamé.... Et si tu le laissais se reposer et allait voir si l'on pouvait préparer un repas pour nous tous ?
Je ne m'attendais pour ainsi dire pas du tout à le voir insister pour se débarrasser de sa complice.....Après tout, il n'avait point besoin de se gêner de parler devant elle, pensai-je, aussi aveugle que j'étais....
Et je vis la dénommée Alyss sauter souplement hors du lit, mais son sans me saluer et filer après avoir câliné Horans.... qui rougit. A l'époque, je n'avais pas compris. Je croyais rêver. Tant j'étais persuadé que Horans était un monstre inhumain..... Tout comme le fit Alyss avant de filer plus vite que ce que l'on pouvait attendre d'elle.....

Et je restais face au monstre Horans qui allait m'interroger, ou pire me torturer pour me faire parler... Je me souviens m'être attendu à tout.... Mais il restait silencieux et me regardait avec un léger mépris et une condescesdance, comme si je n'étais qu'un enfant ignorant, ce que j'étais en effet.... Mais il ne parlait pas... Je croyais qu'il me méprisait car il pensait pouvoir me faire parler en  quelques minutes... Et je me pris à penser que je devais lui faire comprendre que je ne parlerai jamais... Aussi m'exclamai-je en le regardant du plus profond regard noir que je puis lui donner :
« N'attendez pas de moi que je donne la moindre information.
Et ma réponse... Un sourire. Ses bras qui se croisèrent contre son torse...
-Je sais.
-Comment ça vous savez ? Vous m'avez bien laissé en vie parce que vous pensiez que vous pourriez tirer quelque renseignement non ?????? Je crachai.Je ne comprenais pas. Les raisons que j'évoquais  me semblaient logiques. Et je ne supportais pas ce petit ton suffisant qui semblait lire dans mes pensées.....

Et je sentis son regard se déposer sur moi et me contempler avec la lenteur d'un animal qui regarde sa proie et jubile puis s'exclamer :
-J'en sais assez pour savoir que mon adversaire a eu le cran de tenter de s'ôter la vie pour ne pas parler. C'est une excellente raison de penser que tu ne parleras pas. Et une excellente preuve que tu ne dois pas tellement tenir à la vie pour tirer sur la détente alors même qu'un proche essayait de te retenir..... Le pauvre.... Si tu voulais le blesser, tu ne t'y serais pas pris autrement....
Je me souviens de mes mâchoires qui s'étaient crispées et de l'ordre que je lui avais lancé de se taire, alors qu'il me disait, trop bien, ce qui était la vérité et dont je me rendais compte.......J'avais blessé Komui, par ce geste.... Tout comme en lui parlant avant de mourir... Je n'étais décidément....
-Tous les mêmes, décidément.... Ils croient voir, mais ils ne voient rien.
La voix de Horans qui vint m'arracher à mes pensées et reporter mon regard vers lui alors que son regard se chargeait à nouveau de mépris comme le mien pour lui.... Lui qui m'accusait de ne rien voir quand je savais exactement ce que je faisais....Des mois plus tard, Julian m'avouerait que ce commentaire était aussi pour m'arracher de mon apitoiement sur moi-même.....

Et quand il eut mon attention, il reprit.....
-Tu es en vie parce que elle t'a vu. Uniquement. Et qu'elle a voulu t'aider. Et je ne ferai jamais rien qui la ferait souffrir ou pleurer. Et si tu fais quoi que ce soit dans ce genre, je t’achèverai. Compris ?
-Elle ?  Ta complice ?
Je me souviens d'avoir prononcé ses mots d'un air interloqué. Et lui de le voir hocher la tête négativement.
-Elle n'est pas ma complice, comme tu dis. Mais qu'est ce que tu peux y comprendre ? Tu ne sais rien.... Rien de rien. Et face à elle, je te prierai de ne parler jamais de Broker.......Ou je te tuerai de mes mains.
-Elle.... ne sait pas ?????
Je me souviens l'avoir murmuré encore plus interloqué, au moment où Alyss était revenue dans la pièce en s'exclamant :
« Le médecin a dit qu'il pouvait s'en charger..... Tu veux....
-Finalement, je pense qu'on ferait mieux de manger au manoir Alyss et laisser notre invité se reposer......
Sa voix et son attitude avaient brusquement changé... Adoucis,presque tendres, bienveillants mais voulant quitter cette pièce rapidement..... Ce que je comprenais.... Et devais avouer que je n'en étais pas mécontent.... Mais Alyss ne semblait pas comprendre, mais se laissa entraîner, me salua une dernière fois d'un petit air désolé puis se retira....

Je ne me rappelles plus du temps que j'ai alors passé à réfléchir et recouper ce que je savais...Pas plus que des pensées qui me sont alors venues..... Tout ce dont je me rappelle est de m'être effondré au bout d'un moment, épuisé par ce que je venais de voir, de subir et d'entendre, en sachant que j'étais aux mains de l'ennemi, qui m'avait épargné pour une raison qui n'avait guère de sens à mes yeux....
Tout ce dont je me rappelle est de  m'être réveillé en sentant à nouveau un poids sur moi et dont un regard m'avait informé qu'il s'agissait à nouveau de ce qui n'était pas la complice de Horans, apparemment, la dénommée Alyss qui en me voyant sourit de tout son cœur, comme si j'étais aussi pur que ce que j'allais découvrir d'elle par la suite avant de s'exclamer :
« Ouf ! J'ai eu peur que vous n'ouvriez plus jamais les yeux, cette fois !
Et moi qui l'avait regardé médusé d'entendre ses mots jaillir d'elle de la sorte, sans filtre, d'une sincérité étonnante, surtout pour une jeune fille affiliée, même de manière indirecte, à un Broker....
Et surtout des mots qui donnaient l'impression de se soucier de moi alors qu'elle ne me connaissait pas depuis des jours.... Alors que je ne méritais aucun intérêt, moi qui n'était qu'un raté... Et qui aurait mérité de réussir son suicide....
Et mon regard s'était baissé et chargé d'ombre à ses réalités que je connaissais...Je le savais bien trop, tout cela, et j'en payais à nouveau les conséquences.... Et les mots m'échappèrent, sans que je pus les retenir...
« Pourquoi ? »
Pourquoi... Pourquoi m'avoir sauvé... Pourquoi m'avait ramené à la vie, moi qui ne le méritait pas, toi qui ne me connaissait pas..... Pourquoi, alors que mes mains sont si couvertes de sang.....
Telles étaient les questions que mon esprit lui lançait, les questions que mon esprit se posait.... Et auquel rien ne répondait.

Je me souviens de mon regard qui ne comprenait rien plongé dans le sien...
Et je me souviens du sourire qu'il lui était venu qui avait illuminé ses lèvres et était venu illuminer cette pièce fermée.... Ce sourire qui lui était venu et qui m'avait fait tressaillir alors qu'elle se penchait sur moi....
« Parce que tout le monde a le droit à une deuxième chance. Alors pourquoi pas vous ?
Je l'avais regardé incrédule et surpris.... Et le millier de raisons que je pouvais invoquer pour expliquer pour quoi je n'avais pas le droit, le nombre de personnes qui étaient mortes parce que je n'avais pu les sauver, le nombre de personnes que j'avais blessé, comme ce pauvre Komui me revinrent.... Et mon regard s'assombrit et se baissa....
« Parce que je ne le mérite pas.
Leurs milliers de voix vinrent résonner à mes oreilles, murmurant leurs millier de pourquoi, pourquoi tu n'étais pas là, pourquoi tu n'as pu nous sauver, pourquoi, pourquoi,pourquoi.....
-Moi non plus. Et pourtant je suis là. »
Ces mots.... Ces mots m'arrachèrent aux ombre de mon propre passé et me poussèrent à lever mon regard incrédule pour le poser sur la jeune fille qui continuait d'être installée sur moi et qui me souriait avec une certaine tristesse dans son sourire. Une certaine tristesse, qui par écho me toucha... Que, comment, pourquoi... Elle, alors qu'elle avait l'air si innocente....
Et elle qui me sourit encore plus tristement et murmura...
« Ma famille est presque entièrement morte à cause de moi. Et pourtant....
« Et pourtant, je suis là. ». Je pouvais les entendre, ces mots qu'elle ne dit pas. Je pouvais les comprendre, ces mots qu'elle retint. Comme je pouvais deviner, la peine, intense, douloureuse et lancinante qui vivait derrière ses mots et ce sourire....  Comme si je me regardais dans un miroir.
Et soudain cela me fut insupportable.Ma main se déposa avec gentillesse et timidité sur la sienne. C'était un maigre soutien, mais tout ce que je savais encore faire.
Un maigre soutien, qui me revenait.... Du temps où j'avais encore un cœur qui battait et que j'écoutais.... Mais il était loin de ce que je pouvais faire autrefois, et certainement pas à la hauteur de sa douleur...
Et pourtant il me valut un sourire, un doux et gentil sourire de ses lèvres.
Un sourire qui vint m'apprendre que tous mes actes ne blessaient pas forcément autrui.
Qui vint me le rappeler, dans ma chair gelée, et qui vint y faire chauffer, quelques instants une brise plus chaude.

Qui m'amena l'espace d'un instant, à mon tour, de sourire aussi, d'un air qui n'avait certainement rien à voir avec mes sourires d'autrefois... Étirer le coin de mes lèvres me faisait mal tant je n'avais plus souri depuis longtemps. Mais je le fis...Pour elle, pour moi, je ne saurai probablement jamais le dire.
Et pourtant, il était là  et nous nous souriions, nos sourires comme des mots...
« Là tout va bien, je te comprends.... »
C'était un mensonge, bien sûr, un mensonge total,mais l'espace d'un instant il réchauffa nos cœurs.
Nous avions nos propres douleurs, les siennes plus encore que les miennes, mais dans le sourire de l'un et de l'autre elle n'étaient qu'un lien.
Et l'enfant pure et naïve, inaccessible de pureté prit une dimension plus humaine et plus proche de ma chair. Je me suis souvent demandé,depuis, ce qui se serait produit, si je n'avais connu ce détail aussi tôt.Et la réponse était aisée à concevoir. Je l'aurai idéalisé, je l'aurai rendu plus pure encore qu'elle n'était..... J'aurai craint de la salir de mes confidences, je me serai enfermé, j'aurai plus encore souffert sans pouvoir être aidé, ne l'aurait jamais laissé m'aider, elle qui ne savait rien de ça.....


Mais à l'instant où ces mots franchirent ses lèvres, ils nous lièrent plus sûrement que ne l'auraient fait d'autre mots. On dit parfois que la souffrance et les expériences communes rapprochent plus encore les hommes. Dans notre cas elle fut le point de départ de ce qui allait devenir notre amitié et de ma reconstruction.
Et ses yeux plongés dans les miens, son sourire plongé dans le mien, j'oubliais un instant mes ténèbres pour me baigner dans une lumière que je ne connaissais plus......
Une lumière qui se passait de sons et de mots.... Une lumière qui ne disait rien, qui me regardait simplement.... Une lumière qui savait que le moindre mot détruirait la lumière et ramènerait à notre triste réalité....
Une lumière qui s'incarna dans un jeu de cartes qu'elle sortit d'une de ces poches avant de les disposer en tas avec une carte retournée sur le dessus de chaque tas, dans un but secret d'un jeu que je compris au bout d'un moment quand elle collecta certaines cartes, en commençant par les as pour remonter jusqu'au roi, en déplaçant les cartes les unes par rapport aux autres, une rouge sur une noire et jamais deux mêmes couleurs l'une sur l'autre pour libérer celles enfermées par les cartes découvertes qui gisaient sur le dessus de piles de cartes...
Et moi je la regardais jouer, sans rien dire, capté par ses gestes et son attention, capté par l'instant présent, sachant que le moindre mot briserait l'atmosphère et nous ramènerait à la réalité...
Et pour la première fois depuis longtemps je ne voulais que me fondre dans cette lumière alentour, partager ne serait-ce qu'un instant cette lumière.....
Je n'essayais pas de jouer, mais j'admirais la lumière et la chaleur qui émanait de sa vie, si près de moi, qui s'enthousiasmait quand elle réussissait, relevant un regard joyeux sur moi lors de ses moments, ou sa mine concentrée quand elle cherchait des combinaisons...
Elle ne me proposa pas de jouer et je n'essayais pas. J'avais l'impression que je ne ferais que ruiner son jeu et n'y arriverais pas. Je me contentais de la regarder jouer et profiter de l'instant alentour....
Essayer de lui sourire quand elle me regardait... La regarder se concentrer, ne point anticiper... Profiter de l'instant...... Profiter, profiter jusqu'à ce qu'elle dut repartir, s'éloigner, non sans me saluer une dernière fois en agitant la main en se hissant sur la pointe des pieds et que je me surpris à lui rendre son salut en agitant ma main.....

Je me souviens de mon regard qui s'était fixé sur ma main, incrédule, qui quelques instants avant s'était agité pour saluer quelqu'un.... Puis le sourire qui était né sur mes lèvres tout du long de cet étrange instant... Cette étrange impression d'être compris, d'avoir flotté en pleine lumière.....
Pourtant nous n'avions rien fait, rien du tout, juste échangé des sourires et quelques mots et un jeu avait eu lieu non loin de moi.... Un jeu que j'avais apprécié sans savoir pourquoi...
Un instant que j'avais apprécié, moi qui n'en avait pas le droit... Par je ne savais quelle magie....
Moi qui avait oublié l'espace d'un instant mes erreurs, moi qui n'avait pas le droit d'oublier mes fautes.... Pas le droit, d'oublier les cris des gens que je n'avais pu sauver... Moi qui avait manqué même ma propre mort et était tombé aux mains de l'ennemi..... Moi qui n'avait plus d'armes, plus d'utilités, moi qui ne servait plus à rien... Moi qui aurait mérité de mourir....
Les dires d'Alyss ? Je n'y avais pas le droit et j'avais été idiot de croire que j'y avais le droit.....
Et les larmes avaient afflué en mon regard sans que je ne comprisse d'où elles viennent....
Pourquoi pleurer ? C'était réservé à ceux qui avaient encore de quoi souffrir et qui avaient le droit de pleurer.... Et moi je n'avais pas ce droit... Pas après.... Pas après.....
Et pourtant, ma raison avait beau chuchoter, mon cœur n'écoutait rien.....
Je me souviens avoir pleuré toute la nuit sans en comprendre les origines et m'être endormi dans la douleur......

Ce qui m'a réveillé le jour suivant.... Ce fut sentir sur moi un regard.... Un regard qui ne me disait rien et qui me fit me redresser brusquement dans mon lit, cherchant à tâtons, une arme que je ne trouvais plus..... Que je ne trouverais plus jamais.... Et à côté de moi une voix moqueuse résonna...
« Toujours les réflexes de guerrier, on dirait.....Mais tranquillise toi, « Héros », si j'avais voulu te tuer, tu serais déjà mort.....
Cette voix... Je la reconnus sans peine..... Celle de mon ennemi... Celle d'Horans..... Je me souvins l'avoir regardé avec toute la haine qui m'était possible alors que lui me fixait avec un insupportable sourire moqueur.... Avant de m'adresser un salut auquel je ne répondis que par un regard assassin, suivi d'un aboiement :
« Qu'est ce que tu fais ici, sale Broker ????
-Je veille sur toi pour t'empêcher de faire une connerie de héros, à savoir « se suicider pour ne pas rester aux mains de l'ennemi, parce qu'il ne sert plus à rien, qu'il aurait mérité de mourir et parce que sa mission est un échec ».... Ça a absolument l'air d'être le genre de chose que tu serais capable de faire......
Sa réponse vint du tac au tac, vivement sans prendre de gants. Et me fit tressaillir, accuser le coup....
Me suicider.....Mériter de mourir... Oui, en effet... Il était possible que je finisse par y revenir....
Et comme un idiot, je n'y avais pas encore songé, à nouveau..... Mais je n'allais certainement pas l'admettre devant lui.. J'avais une fierté à préserver.....
Et je le regardais en le fusillant du regard, avant de persifler à mon tour....
-Je croyais que mon sort vous importait peu, « Broker ».
-Mais votre sort importe beaucoup à Alyss. Je ne voudrais pas qu'elle vienne un matin vous voir pour vous trouver saignant comme un porc dans votre lit. Elle a assez vu de cadavres pour toute une vie...... »
Son regard, sévère, se déposa sur moi. Et me fit tressaillir..... Et imaginer la scène....
Une jeune fille joyeuse, qui survivait à un drame qui ressemblait au mien, qui rentrait pour découvrir un nouveau cadavre d'une personne qu'elle aurait voulu aider.....
Imaginer voir une nouvelle personne s'être vidée de son sang... L'imaginer, la voir.....Sous ses yeux.
Parce qu'elle n'était pas là à temps.... Et la culpabilité, revenir, la hanter, la détruire encore un peu plus.... Tout cela par ma faute....Encore, toujours....
Un tremblement. Mes bras qui s'encerclèrent l'un l'autre.
Imaginer, imaginer la douleur, les pleurs, les cris, la disparition d'un lien, même illusoire...
L'imaginer, se déchirer les tympans, hurler pour un inconnu comme moi....
Non... Pas cette fois.... Pas une de plus.... Pitié....
Je ne pouvais pas.... Pas cette fois.
Le constat me frappa et me fit tressaillir une fois de plus, me laissant yeux écarquillés, perdu au milieu de mes draps....

« Eh bien on dirait que le « Héros » a en réserve un tant soit peu de compassion et d'imagination....»
Ce furent ses mots qui me sauvèrent de mes pensées et m'y arrachèrent pour me ramener en ce monde et le faire fusiller de mon regard. Ces mots que tu m'avouas m'avoir donné plus tard, pour m'arracher de mes propres ténèbres.... Ces mots qui amenèrent à mes lèvres fières....
« Contrairement à certains.... Comme un Broker.... Qui tue et plonge dans le désespoir pour son maître....
Je me souviens avoir eu un petit sourire fier et voulu méprisant, pensant l'avoir muselé...
C'était mal pensé, comme j'allais l'apprendre à mes dépens....
-Si j'étais un Broker classique, crois tu que Alyss serait encore en vie ???? Alors qu'elle ferait un matériel idéal pour un akuma.....
J'ouvris la bouche, prêt à riposter.... Et la refermai, en le fusillant du regard alors que lui me regardait d'un air tranquille, même amusé, semblant se moquer de moi.....Avant de réaliser.... Que peut, être, en fait..... Alyss......
Alors fier de la pensée qui m'était venue, je m'exclamais....
-C'est peut être un akuma...
-Un akuma qui ne saurait pas qu'il est un akuma, qui a un cœur qui bat, qui ressent, qui vit ? Allons pour vous autres, ce genre de chose n'existent pas. Ce sont des âmes enfermées dans de la mécanique pour vous.
Je l'entends encore si aisément s'esclaffer... Et je sens mon regard encore se durcir et ma voix répliquer....

-Ça se pourrait.... Avec vous et votre maudite magie....
-Et bien, essaye donc la prochaine fois... Tu verras bien qu'Alyss n'a rien d'un akuma....Et puis si elle était un akuma, rester aussi près de toi lui donnerait faim tu ne penses pas... ?
Sa voix qui déclamait ça avec une telle légèreté, une telle insouciance qui me fit frémir de haine et d'agacement....  Mais aussi m'effraya en réalisant la réalité de ses mots....Alors qu'un coup léger à la porte se fit entendre....
« Juli ?????
Un regard de sa part, avec ma haine en réponse, un léger rire, et il répondit à ce qui était la voix d'Alyss....
-Tu peux rentrer, notre invité est réveillé....
Et Julian, comme sachant ce qui l'attendait à la porte d'aller ouvrir celle-ci pour laisser entrer une jeune fille déterminée avec un plateau entre les mains et le couvert pour trois personnes......
Et me laissant avec une question et un air bouche bée....Un akuma, manger ????
Et Julian de rire, rire, rire à ma mine déconfite et moi de regarder, interdit, Alyss, tout installer,tout disposer d'un air guilleret et enthousiaste de jeune fille alors que Julian s'époumonait de rire à mes dépens, finissant par se rappeler à moi par son incessant rire qui me fit le fusiller du regard....
Et fit redoubler son rire de plus belle... Et Alyss n'arrangea rien en commentant d'un air innocent....

« Et bien vous vous entendez déjà bien.… »
Et ce fut à mon tour de rire quand Julian manqua de suffoquer à ses mots en la regardant interdit...
Et Alyss qui ne comprit rien, se pressa aux côtés de Julian, inquiète à son sujet, désireuse de l'aider.... Et étrangement Julian qui se mit à rougir ostensiblement quand elle s'approchait trop près de lui......Et le spectacle était d'un tel risible que je ne pus m'arrêter…. Moi qui n'avait plus ri depuis longtemps, je retrouvais cette sensation que j'avais oublié depuis si longtemps….
Cette sensation qui ne s'arrêta que lorsque subitement….Alyss s'empara d'une fourchette, y piqueta de la nourriture et me fit taire avec….
Déclenchant le fou-rire de Julian à nouveau, suivi de celui d'Alyss puis du mien, qui rit de bon cœur,une fois la nourriture mâchée et avalée…
Qui rit comme je ne l'avais plus fais depuis longtemps, qui rit comme je ne savais plus le faire, et qui le réapprenait doucement, par des pitreries et des circonstances involontaires….
Et l'instant doré s'étira alors que mes hôtes s'asseyaient de part et d'autres du lit, servant les portions du repas puis mangeant…. Ils discutaient entre eux de choses et d'autres,puis s'opposèrent en un jeu de cartes, et je n'essayais pas de participer à la conversation… Je me contentais de les écouter avec l'étrange sentiment que je ne ferais que détruire l'instant si je participais… Et puis parler avec mon ennemi…. Mon ennemi dont j'avais ri et qui avait ri de moi…. Tout cela par la faute d'une jeune fille innocente qui n'avait rien vu de tout ça….Une jeune fille que Julian couvait du regard avec une certaine tendresse qui alors m'était incompréhensible et inimaginable pour un Broker….. Et qui pourtant était là….

Et la conscience de la situation me revint le soir même, quand ils partirent non sans me saluer une dernière fois..….A nouveau la lumière fila, et me laissa avec une conscience aiguë de la réalité….
Me ramenant à l'esprit les sensations qui étaient venues me voir….. La lumière, l'agacement, le rire,la fierté… Tout ce que mon cœur n'était plus sensé éprouver….. Tout ce dont mon cœur n'avait pas le droit  d'éprouver….. Moi qui n'avais pas le droit de vivre… Mais qui n'avait pas le droit de mourir, si je ne voulais pas blesser la jeune fille qui s'imaginait être ma sauveuse…..
Moi qui ne méritait point la lumière qu'il recevait mais qui ne savait lutter contre elle quand il la recevait… Qui ne le voulait même pas….. Et dont je m'étais exclus inconsciemment à chaque fois, par peur de briser l'instant… Comme si je voulais tout oublier, comme si je voulais vivre quand je n'en avais pas le droit….Comme je le réalisais en tressaillant…. Moi dont la vie et la mort n'avaient aucun sens… Moi qui ne servait plus à rien…... Moi qui n'avait le droit à rien..... Et qui pourtant semblait vouloir ces sensations, du les ressentir non loin.....Faiblesse, faiblesse, faiblesse….
Je songeais en m'endormant… Et cette nuit là, ils revinrent comme toutes les nuits avant la disparition de ma Bianca me hanter… Me hurler leurs pourquoi, me lacérer le visage et les oreilles de leurs cris d'agonie, et moi en leur centre j'essayais de les sauver sans jamais y parvenir ne récoltant que du sang sur mes mains… Toujours plus de sang… Et plus de voix pour crier, que mon cœur pour suffoquer….Et mon corps pour s'agiter dans ses draps puis se réveiller en sursaut, en sueur, le cœur en débris, au bord des larmes….
Et trouver dans l'ombre une silhouette dont en allumant la lumière elle redevint Horans qui me regardait…. Mais qui ne dit rien, se leva simplement, revint quelques instants plus tard avec une serviette et un verre et me laissa ça à disposition….
J'aurai voulu lui hurler au voyeurisme, lui hurler à la haine, mais je n'avais plus de voix… Et lui ne semblait pas prêt de se moquer de moi… Juste de compatir….
Pas de pitié dans son regard, une pitié que je n'aurai pas reçu de toute manière….
Juste de la neutralité totale.... Du soutien comme il en aurait apporté à n'importe qui....
Et puis sa voix qui s’éleva dans le noir fredonnant une berceuse, comme pour me guider vers le sommeil, à nouveau, me chuchoter que tout allait bien, que je pouvais ressombrer dans le noir, que quelqu'un veillait sur moi....Comme pour m'entourer d'un cocon de lumière et de chaleur et m'apaiser....Et l'espace d'un instant j'oubliais qu'il était mon ennemi et me laissait capturer par la berceuse, et sans même m'en rendre compte mon cœur s'apaisa et doucement je rebasculais dans un sommeil tranquille....
Jusqu'à sentir un poids inhabituel sur moi.

Presque aussitôt, je tentais de me redresser, prêt à me battre, cherchant encore à mon flanc une Bianca que je ne pouvais plus trouver.....Alors qu'une Alyss, désarçonnée, me regardait de son regard écarlate toujours aussi saisissant, un peu surpris de ma promptitude à réagir me permettant de comprendre....Que c'était elle « le poids... »... Mais si elle m'avait voulu le moindre mal, cela faisait longtemps que je serais mort, je me répétais, dans l'espoir de m'apaiser alors qu'elle me regardait d'un air surpris et perdu.... Ce qui pouvait se comprendre.... Elle ne s'attendait sûrement pas à me voir réagir comme un guerrier en guerre.... Et si elle s'était fait une image de moi, elle venait d'en prendre un sérieux coup... Peut être même qu'elle commençait à me voir comme un bourreau plutôt qu'un innocent..... Comme un tueur plutôt qu'un civil..... D'autant plus que si j'avais pu avoir la moindre arme, elle en aurait une actuellement plaquée sous la gorge...Alors qu'elle ne m'avait rien fait.... Qu'elle était....
Est ce que j'aurai.... Avant de secouer la tête. Non bien sûr que non, j'aurai regardé qui j'avais mis sous ma lame, je ne l'aurait pas exécuté, comme ça d'un coup... Mais... Mes mains et mon corps me faisaient presque... Peur. Ils réagissaient plus vite encore que la raison, et me poussaient de suite à prendre des réflexes militaires..... Marquant mon corps... Et la pensée frappa mon esprit de plein fouet le faisant tressaillir......
Mais à quel point, avais-je été changé, durant cette guerre ? Qu'est ce qui restait de l'ancien moi, de ce jeune forgeron d'armes plein de vie ? Est-ce, est ce que....
Mais il n'était point temps de penser à cela. Et je n'avais aucun droit de m'interroger là dessus. Je méritais amplement toute ma souffrance. Et puis je n'avais plus rien et le passé était le passé.... A présent il n'y avait plus que le vide en attendant que la mort m'emporte. Je ne ne rimais plus à rien et ne devait plus rimer à rien. Je n'étais plus un chevalier de la lumière, je n'étais plus rien.
Mais à cause de moi, une jeune fille qui existait encore s'était effrayée... Il était de mon devoir de la rassurer.... Cela me décida à plonger dans le réel. Et m'exclamer :
«Désolé... Je ne voulais pas...
« T'effrayer »
Je ne pus prononcer le dernier mot qui resta prisonnier de mes lèvres mais elle sembla le comprendre au sourire qui se dessina sur ses lèvres, un sourire un peu embarrassé alors qu'elle ébouriffait ses cheveux d'une main :
-Oh ce n'est rien. C'est un peu de ma faute, après tout. Je n'avais pas à me jucher comme ça sur vous....

C'est alors que je le remarquais pour la première fois en trois jours, ce vous qui persistait dans ses mots… Et subitement il me gêna…. Comme me donnant trop d'importance, trop d'intérêt, moi qui n'était plus qu'une ruine qui ne devait sa vie qu'à cette jeune fille…. Tout ceci me fit murmurer doucement….
« Vous….. Vous n'avez pas besoin de me vouvoyer… Je suis votre obligé, après tout…
-D'accord. Si tu me tutoies aussi. »
Son sourire vint illuminer ses lèvres alors qu'elle me répondit du tac au tac sans se démonter.
Et l'espace d'un instant cette réponse du tac au tac me fit sourire tant elle était pleine de la vitalité de la jeunesse, de la jeunesse qui n'a connu aucune horreur alors que j’acquiesçai,acceptant ses conditions…. Mais ce fut le moment que la jeune fille choisit pour reprendre en s'exclamant :
« Mais je ne connais même pas ton nom alors que tu dois connaître le mien….Alors à qui ai-je affaire ????
La question me surprit et me fit tressaillir…. Comme si j'avais la moindre importance… Pourtant, savoir que l'on voulait connaître mon nom avait quelque chose de…..chaleureux et réconfortant que je ne m'expliquai pas...Et même si ma raison murmurait que je n'avais aucune importance et ne méritait pas de salir sa mémoire, je murmurai comme envoûté :
« Lyssandre de la Vallière.
Ce qui lui fit s'exclamer avec un doux sourire :
-C'est un très joli nom et ça sonne français. Tu le serais ? »
Je sentis mes joues s'empourprer et mon regard se baisser sous la gêne alors que le compliment m'atteignit de plus belle, continuant de répandre une impression chaleureuse en moi et ma raison de crier que je n'y avais pas le droit..... Et pourtant j'acquiesçai à ses mots alors qu'avec un petit sourire ravi, elle reprit en français :
« Ça explique ton accent. Et du coup, je pourrais m'entraîner à parler français avec toi ??? »
Cela sentait le projet à long terme, c'était des mots inattendus, des mots d'une étudiante, ma raison me murmurait que ça ne servait à rien, que c'était comme une invitation à rentrer dans son monde et que l'accepter serait le premier pas vers un inconnu qui n'avait encore pas de sens..... Et pourtant, j'acquiesçai, sans savoir à l'époque pourquoi, un pourquoi qui était aussi plein d'inconnu que ce qu'il y avait face à moi alors....

Et ce fut comme une main qui se tend doucement, hésitante et dont on s'empare avec joie pour attirer à soi. Et de ce fait, son sourire illumina ses lèvres et elle se jeta contre moi, dans mes bras en me remerciant avec un sourire ravi... Et moi je la vis faire, surpris, et ne sut que faire de mes bras, moi qui n'avait plus enlacé personne depuis des mois... Moi qui ne savait plus rien, ni soutenir, ni enlacer....Ni vivre, ni rien. Et qui recevait doucement, tout doucement des petites attentions qui me faisaient vivre sans que je m'en rendes compte ou le veuille, même.... Et moi qui la fixait, gêné, ne sachant que faire.... Avant de sentir que l'on prenait mon bras pour essayer de l'amener là où il aurait du être, puis faire de même avec le suivant avec un léger sourire sur le visage de ma sauveuse assorti d'un :
« C'est comme ça qu'on est supposé faire, quand on fait un câlin.»
Et je l'avais regardé, médusé, interdit... Puis gêné lui avait rendu son étreinte... Maladroitement, d'un air inhabitué... Mais elle ne releva pas et n'en dit rien, restant là, entre mes bras, comme si c'était le meilleur endroit au monde, quand il y avait des milliers d'endroits qui devaient être plus confortables.... Mais elle ne semblait pas vouloir bouger, plutôt tout simplement parler alors qu'elle murmurait en confidence, comme résolue à donner un peu d'elle après m'avoir fait donner de moi...Alors qu'elle murmurait doucement :
« Tu vois, je suis une étudiante en Angleterre... Et ici en Hongrie, je n'ai pas vraiment l'occasion de parler français avec quelqu'un....Alors parler avec un natif français... Et si en retour je peux t'apprendre du hongrois ou de l'allemand, n'hésite pas......

Elle me regardait avec des petits yeux brillants de curiosité et avides de connaissances qui me firent sursauter... Comme si j'avais connu autrefois un tel sentiment...... Comme si....Puis le rappel....Oh oui, je connaissais un tel regard... Je connaissais de tels sentiments aussi... Ils ramenaient quelque chose de moi à la surface..... Quelques petits bouts éthérés de ce que j'avais été.... Que j'avais cru oublier comme mon propre cœur mais qui revenaient à présent, en cet instant, réveillés.....
Mes sourires, et ceux de mon frère quand notre père tentait de nous enseigner quelque chose, l'avidité avec laquelle nous dévorions les connaissances... Et mon cœur se serra à ses souvenirs qui me revenaient... Se serra en ayant l'impression de voir comme un filtre, comme une séparation entre ce moi d'antan, ses sentiments d'antan et d'aujourd'hui... Comme si je ne savais plus vraiment décrire ce sentiment, qu'il m'était devenu difficile à retrouver. Comme si j'avais perdu un bout de ma sensibilité aux émotions.Se glaça en se rappelant du figement de mon propre cœur et sa possible conséquence. Se serra en voyant que de cet être insouciant joyeux et naïf il n'y avait plus que des cendres.....Et dont il ne restait qu'un être brisé, et triste....Un être brisé dont l'existence salissait ce genre de mémoire...Un être qui avait décidé de ne plus rien ressentir mais qui du coup ne se laissait plus aller aux sentiments et à long termes tuerait sans plus rien ressentir de la digne culpabilité qu'il aurait du avoir..... Un être qui n'avait ni le droit de vivre ni de mourir.... Et je baissais mon regard brisé, sur mes mains sales au point qu'elle ne pouvait l'imaginer..... Et baissais le regard et je les sentais affluer, mais je les ignorais... Et puis il eut son geste au creux de la douleur qui tentait de se retenir. Une main qui caresse mes cheveux. Qui me fit tressaillir puis relever le regard vers elle....
Depuis combien de temps n'avait-on pas touché à mes cheveux de cette sorte, de ce geste  maternel ? Depuis combien de temps ne m'avait-on pas regardé d'un doux air tendre, là comme pour chuchoter que des bras seront là pour me cueillir, si je me laisse aller au chagrin ? Depuis combien de temps ? Je l'ignorai et j'en étais épuisé rien que d'y penser... Et elle était là, à m'offrir son sourire, sa chaleur.... Et la glace s'est rompue un temps et entre ses bras j'ai pleuré... Je ne sais pas ce que j'ai pleuré. Mon enfance brisée, mon innocence arrachée, la destruction que je voyais.... ? Je pleurais tout cela à la fois, là entre ses bras... Mon cœur en miettes qui avait survécu, ma vie qui tournait à vide et sans sens.... Je pleurai comme je n'avais jamais pleuré de toute mon existence... Je pleurai et mon sang intérieur s'exhalait de toute les plaies de mon cœur, même celles qui faisaient semblant d'être pansées..…

Je pleurai et en mon cœur c'était la tempête. Je pleurai et mon âme en moi-même était dévastée alors qu'elle restait à mes côtés, à m'enlacer, puis se mettre à chantonner comme pour apaiser mon âme… Alors que comme la fière coque d'un navire elle s'offrait pour me protéger de l'océan de tristesse qui m'envahissait..Alors que comme une mère, elle m'offrait ses bras pour m'épuiser puis me reposer...Et entre ses bras, je ne sais combien de temps je passais alangui à pleurer sur moi-même… Jusqu'à ne plus avoir de larmes ni de voix et reposer épuisé dans son étreinte. Jusqu'à reposer là, en réalisant un peu effrayé, qu'à présent elle risque de me poser des questions pour comprendre ma peine…. Des réponses que je lui devais, vu sa gentillesse avec moi, c'était une évidence… Mais avais-je la force de le dire, avais-je la force de ne serait-ce qu'évoquer ces horreurs sans l’écœurer? Les réponses à ces questions me terrorisaient et me coupaient la voix avant même qu'elle ne parlât…..Et le ridicule de la situation me transperça. Moi, qui ne voulait pas l’écœurer quand j'étais écœurant à souhait ? J'étais bien ridicule….

Et je baissais le regard, m'attendant à tout instant à ces questions qui me feraient descendre aux enfers aussi immédiatement que possible….
Mais il n'eut qu'une mélodie tranquille, sifflotée… Qu'une berceuse dont je ne comprenais pas les mots ni le sens mais qu'elle chantonnait pour m'entourer, m'enlacer de ses mots, m'entoure, ne point me laisser seul. Et elle continuait, continuait encore quand elle prit un jeu de cartes et commença une nouvelle partie de son jeu. Et que moi à ses côtés, je ne pouvais que la regarder. Et que moi à ses côtés je ne pouvais qu'observer ses gestes, les regarder, en mesurer chacun d'eux. Et à ses cotés je ne pouvais qu'à nouveau me laisser porter par l'instant…..Et profiter avec elle de l'instant qui s'étirait et de l'espèce e quiétude qui m'envahissait…. Cette quiétude qui devenait torpeur, puis langueur puis sommeil….


(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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