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A la recherche du pain perdu { Diane

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MessageSujet: A la recherche du pain perdu { Diane Mer 15 Mar - 16:24

Le vent qui soufflait, grandissant, emportaient ses cheveux et le faisait paraître comme un prince romantique au bord d'une falaise. Sheryl Kamelot avait l'air majestueux, là, cette canne qu'il serrait de sa main droite, ce monocle dont il ne se défaisait pas et qui le faisait apparaître, pour qui ne connaissait pas le gentleman pour, de toute évidence, quelqu'un de la haute.

Il avait été envoyé ici par le Comte millénaire et pour, de toute évidence, rechercher une Innocence cachée dans ce lieu qui avait tout l'air du stéréotype de l'endroit où les héros partent pour leur retraite. Plus de vaches que d'habitants, des villageois heureux, c'était un endroit qui lui semblait tout à fait atypique et charmant. Ils paraissaient avoir été épargnés, du moins en apparence, par les guerres, la famine et autre tragédie, mais sous ses allures de bon homme, le Noah savait qu'il en était autrement.

Il savait, par exemple, que dans deux rues, un homme avait parjuré dieu dans l'espoir de voir revenir son fils unique. Qu'il « vivait » aujourd'hui frustré dans sa cave en attendant qu'un ordre, qu'un tout petit ordre de sa part ou de celle du Comte le fasse devenir la plus violente machine de tous les temps. Être un Noah, c'était savoir beaucoup de choses, comme la tragédie qui avait frappé la famille Maxwell, également : tout le bétail était mort cet hiver, le père était mort de faim...une tragédie normale pour eux, et un tel approvisionnement en Akuma, cette famine. De ce fait, malgré un village en apparence tranquille, il disposait de quelques bombes de réserve.

La rue était bien pavée et sortant d'une calèche quelques mètres plus loin, le ministre se dirigea très tranquillement dans la taverne du coin, espérant entendre quelque potin sur un phénomène inexplicable dans la région, ou entre-apercevoir quelque exorciste qui pourrait tout tranquillement le guider vers la précieuse innocence à briser. En guise de couverture, il était toujours lui-même, ministre de son état, mais il était censé être en voyage officiel, ce qui expliquait la présence de ce garde du corps à ses côtés – en réalité Akuma, vous l'aurez deviné – et les beaux vêtements qu'il portait. Il était sur le point de se rendre dans la ville voisine quand la nuit l'avait trahi et qu'il avait été contraint à s'arrêter...sur le coup, il ne s'agissait pas de foutre en l'air sa prestigieuse identité.

Il regrettait sa chère Road et ce cher Wisely qui devaient bien s'ennuyer sans lui, les bals à répétition et les buffets bourgeois, mais les ordres du Comte Millénaire étaient les plus importants. Le Noah entra dans la taverne, salua brièvement l'homme au comptoir, commanda un repas pour la soirée et loua une chambre pour la nuit. Il s'assit ensuite un peu à l'écart, se décidant à écouter tous les ragots, même ceux qui avait l'air vraiment fous. De ce qu'on lui avait dit, il se passait des phénomènes inexplicables dans les mines de la ville...il voulait en connaître les détails.
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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Sam 18 Mar - 9:53




Les ongles d'une vapeur corrosive griffaient leur toxine venimeuse dans le dédale anatomique de ces bronches allègrement souillées, se creusant comme un ectoplasme un tombeau tiède interne à ces poumons expirant tant jalousés. Fumer était consommer ce temps, cette espérance échelonnée d'incertitudes, pour s'infuser de ces fragrances vipérines et jouir de ce lapidaire plaisir. Écumer était s'enivrer de cette vie inestimable et unique – en débattaient les convictions de chacun – pour recracher son ingratitude en bouffées tels des brouillards. Peut-être ce simple hédonisme se dénudait-il de cette forme impalpable pour le gré de s'y perdre ? Ces égarements en accoutumance mon derme et mes crins s'en paraient se mésalliant en senteur à d'autres identités olfactives inconnues aux fondements de cette alchimie excisant l'individualité de tous.

Je m'en grillais une, en des mots plus sobres et codifiés selon mes pairs. J'attachais malgré tout un sens plus intime à ce geste banalisé, si ancré dans nos habitudes coutumières, qu'on ne distingue plus l'arrogance de sa signification. Bringuebalée dans ce fiacre en mouvement, j'avais de ces heures pour la méditation que nos occupations nous parasitaient parfois. Et esseulée la réflexion s'y engouffrait extirpant toutes sensations de ce corps qu'auraient succédé l'ennui.

Le crépuscule auréolant ces vastes plaines bucoliques diluait de teintes disparates le nuancier d'un Hélios dormant. De cette frontière de coloris se complétant de part leur opposition quand la traîne de Nyx froissait ses voiles sur une chape de bronze.

Un spectacle charmant qui arracherait presque la vision des tragédies que ces terres ont suinté.

« Famine » ce vocable érigeant sa peur en cavalier apocalyptique. Les siècles auraient-ils beau s'égrainer, que certains effrois primaires tisseraient encore leurs fils arachnides aux gènes de mémoires couardes – et à raison – de ces quatre rois malheurs iniques : conquête, guerre, faim et mort.

Des chapitres historiques se rééditaient sous des formes contemporaines. La misère humaine restait la plus intemporelle. Était-ce ainsi que je ne différais point de ces homoncules à la pâleur de Pierrot, aussi vétuste fussent-ils, il était aisé et tentateur de chercher une présence inespérée dans le deuil. Que n'aurais-je donné mon sang pour te dire ce que tu ne pourras plus ouïr. Que n'aurais-je t'offert un cuir de ma chair pour te conserver égoïstement auprès de moi. Hein Noëlle ? Je ne pouvais pervertir cet amour chu en héritage, encore moins dans ce présent où ton patrimoine affectif s'était contaminé à des âmes voisines. Fallait-il croire que la vie triomphe toujours au final, tant soit peut qu'on en avait point la trouille.

L'espace de ce laps cognitif extrait à la continuité, le fiacre s'immobilisa à destination du village anticipé. Une zone minière où se greffait au pain manquant la quête de bourse pour se garnir de la nécessiteuse carence pourtant primordiale.

Ce qui était étonnant de constater dans cet ersatz de société amoindri à une bourgade, était l'omniprésence de son activité y cloisonnant la destiné de chacun de ses occupants. Les Hommes, pères de foyers, épouses, les enfants injustement jeunes, offraient parfois jusqu'à leur vie dans ces vastes exploitations souterraines. Constatant leurs dernier allers et venus nocturnes, leurs faciès enfantins noircis de charbon et d'efforts, je ne pu endiguer ce sentiment de transfert. Ils étaient « moi » deux décades en amont, jeune ouvrière parisienne risquant ses phalanges sous la moindre peccadille. Excuse facile qui ne pu retenir cette même main présentement adulte d'ébouriffer une tignasse puérile qui me heurta dans sa course avant de poursuivre son petit marathon dans un jeu échappant à ma compréhension.

Devant moi se dressait l'auberge notoire. Une haute demeure à l'éclairage précoce pour guider ainsi qu'un phare les voyageurs et les amourachés d'éthanol. L’alcool consolait le dur labeur autour d'une tablée, amicale ou solitaire. C'est en ermite que je vins, ayant pour toute compagne qu'une valise certes imposante mais d'un anonymat respectable puisque sommeillait disloquée mon arme, extension temporairement amputée de mes membres.  

Les échos de faits anormaux avaient été révélés à l'ordre des serpentaires. Je venais donc enquêter sur ses rumeurs, ses bruits de portes et ses « on dit » sous-estimés à tort et quelques fois concluant. Et si l'histoire se voulait surfaite... Ben ça serait l'occasion de se la couler douce en s’empiffrant de satiété au frais de la patronne.

D'une ultime expulsion décadente, je crachai le mégot à polluer mes lippes pincées d'un rictus contemplatif avant de pénétrer le seuil de ce qui deviendrait le gîte de mon séjour à l'expiration incertaine – synonyme hautement taquin puisque même mon trépas se supposait d'un mystérieux conditionnel.  

La jeune femme de passage que j'étais, frayai son sillage jusqu'au comptoir, vêtements indécents en fripes, crinière fauve, visage halé d'une terre admirée le buste penché de ma fenêtre, pernicieuse pitrerie de mon périple. J'étais cette fille du peule pour l'avoir toujours incarnée de mes cils brouillés au dessous de mes ongulés raclés de poussière. Les loques ne fardaient point l'artificialité à contrario de ces grandes mises fastueuses.

J'expliquai à l'aubergiste que je souhaitai une chambre, pour une nuitée renouvelable à mesure. Il opina les précieuses oboles glissées en poche. Je fatiguai de mon déplacement et comptai débuter mon investigation à l'heure des matines, ouvrant dès cette soirée les préludes au lendemain à l'écoute de ces apparitions phénoménales.

Hey ! Il était pas question de se faire devancer par un exorciste ou n'importe qu'elle entité aux antipodes. La réputation de l'ordre était à défendre – ma fierté incluse.  

Accoudée de manières dont j'étais dépourvue a une table où se succédèrent soupes et gratins dînatoires, mon ouïe perçu la conversation de deux mineurs semblant se désoler en chorus d'une situation commune.

De « l'or » aurait subitement enjolivé les parois intestines de ces sinistres dédales, métamorphosant d'un métaux analogue les outils qui en auraient foulé son contact. Une apparition divine, de l'ordre du miracle... Si la conclusion n'avait point été si mesquine. Ainsi que des trésors infernaux les fortunes ensorcelées s'étaient décomposées en cendre sous les rayons de l'astre stellaire. Un supplice de Tantale pour ces malheureux forcenés. Une plaisanterie de mauvais goût pour les contre-mètres dubitatifs.

Cette histoire avait certes l'imagination de se narrer de suppositions mais n'existait-il pas de ces légendes qui étaient fondées ?

Me levant de cette convoitise qui s'interpréterait vénale pour qui méconnaissait mes intentions, je me rapprochai du binôme travailleur. Les savoirs compris et non pris pour fous ou menteurs soulageraient peut-être leur confiance quitte à muer en confidence ?

Humainement, mon cœur s'impactait de leur désillusion.

Cet espoir de meilleur, minot, combien de fois l'avais-je couché sur mon oreiller avant de sombrer la tête alourdie du doux repos qui m’ôterait de mes muscles pétris de courbatures une sablée de temps ?

« Messieurs, permettez que je vous rejoigne ? J'suis qu'une simple baroudeuse mais votre histoire me semble intéressante. Pourriez-vous m'en dire plus ? » Que percuta un anglais malhabile où persistait les notes dissonantes de consonnes de Molière indomptées. Au fait c'était qui ce gus ?      

La foule nous cerclait, sans visage et en une entité compacte. Je sentis un désagréable picotement, de cette curieuse sensation d'être objet d’observation, électriser ma nuque en fines sueurs. Mais, cette chimère sensorielle ne pouvait être le fruit que de la joie nerveuse d'approcher d'un but. Non ?  


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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Lun 20 Mar - 14:13

Sheryl était soigneusement en train de se limer les ongles quand une des cibles attendues entra dans l'honorable taverne. C'était quelqu'un qu'il ne connaissait pas de vue, mais dont il espérait faire la connaissance prochainement. En apparence, elle n'avait pas l'air très forte ou intelligence à la manière du Comte et de ses amis, mais elle ferait l'affaire pour le guider jusqu'à l'Innocence.

Car oui, aujourd'hui, le Noah du désir avait décidé qu'il n'avait pas envie de faire beaucoup d'efforts. Il voulait juste suivre et pas vraiment se fatiguer – ce voyage avait déjà été harassant au possible. Il fit signe à son garde du corps de rester à sa place, puis se leva pour aller jusqu'à la petite troupe qui s'était rassemblée autour d'elle, commençant à raconter tous les légendaires phénomènes surnaturels qui se passaient dans le village.

Du forgeron qui ne faisait plus rien depuis que sa femme était morte, aux trois génisses qui avaient péri d'une drôle de maladie il y avait trois semaines, tout y passait. Les humains étaient des créatures définitivement bien étranges, se complaisant dans une existence des plus faibles et serviles à toute forme d'organisation au-dessus d'eux. S'adossant au mur, il prit soin de scruter cette femme – de toute évidence étrangère à ce pays – avant de prendre la parole. Il ne l'avait jamais rencontrée, elle ne pourrait de toute évidence deviner sa nature de Noah avant qu'il ne dévoile ses pouvoirs...et cela, il en avait envie du plus profond de son être, même s'il tentait de refréner ses ardeurs.

« Vous êtes française, à moins que je ne me trompe ? »

C'était une question qui n'attendait pas vraiment de réponse, tellement elle était évidence. Les consonances françaises transparaissaient dans son accent et sur le coup, il la méprisa pour ne pas avoir fait plus d'efforts pour avoir une prononciation impeccable de la langue de Shakespeare. Tout le monde n'était pas un génie de l'effort, après tout.

Le groupe d'hommes qui s'était réuni autour de la Française s'écarta un peu pour pouvoir l'observer et il en entendit un ou deux chuchoter qu'il devait être un homme important, qu'il était drôlement habillé, ou encore qu'ils ne l'avaient jamais vu par ici. Ni une ni deux, il quitta son poteau pour s'asseoir sur une chaise de la table principal, puis fit un signe à l'aubergiste pour récupérer quelques verres de son meilleur cru – soit sans nul doute le plus mauvais chez lui. Une fois qu'il eut récupéré la boisson, fit servir un autre verre à cette femme qu'il aurait sans nul doute mis dans son lit si il avait eu plus d'informations sur elle, Sheryl reprit la parole.

« Sheryl Kamelot. Homme d'affaire, chasseur de trésor et de phénomènes surnaturels à ses heures perdues. On m'a rapporté des phénomènes étranges dans les mines et je suis précisément à la recherche de relique qui pourrait valoir très très cher. », fit-il en lui tendant la main.

Les bouseux ne connaissaient pas la valeur de l'argent. Pour ces personnes, « très cher » signifiait sûrement la valeur de toute cette auberge qu'il aurait pu racheter en claquant des doigts.

« De l'or, donc. Fabuleux. Avez-vous déjà entendu parler du Roi Midas ? J'irai bien jeter un coup d’œil à cette mine... »

Il n'y avait aucune raison pour que l'on crame sa double identité de Noah. Même si quelqu'un venait à le reconnaître en tant que ministre, il avait parfaitement le droit d'avoir des occupations pour le moins étranges et la chasse aux reliques en faisait partie. Sheryl accorda un sourire à Diane : de toute évidence, il allait bien s'amuser, cette nuit.
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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Dim 26 Mar - 10:22




Que différaient les parcelles du globe, les langues de Babel multiples, les croyances singulières, il était de ces émotions dont la compréhension se synthétisait universelle. Cette vérité infiltrait mes synapses rampant de mes cognitions stimulées vers les canaux de mon ouïe vive, attentive, de ces témoignages humains, tragédies et comédies alternées, spectacle perpétué. Le monde se retirait sur les visages des disparus et des aimés.

A partager ma table, comme un confessionnal, avec ces travailleurs des entrailles intestines de la Terre, je constatai la mise à nue de leurs âmes livrées par l'alcool. Vulnérables.

Le fardeau de peines mortifères pesait leurs échines dans une souffrance d'Atlas. Celle qui penchait les barreaux thoraciques pluvieux de lamentations diluviennes.

Les pleurs de sang s'infusaient de couleurs avinées, peut-être que le vin décantait les vérités les plus inaccessibles à une conscience lucide ?

Je ne regrettai point mon intrusion dans leur dialogue, qu'importait ses dérives. J'en assumai la patience. Ils pleuraient leur infortune, leurs défunts ravis de ces maladies vicieuses obscurcissant les bronches des mineurs d'une toux létale, de ces gisants ensevelis dans ces tunnels d'Hadès. Les vies de ces valeureux si injustement traînés dans la fange pour y périr était une opprobre. Combien d'hectolitres carmin s’éploraient encore de ce gâchis profitant au plus lointains de ce malheur dissimulé en œillère ? A ce constat l'espièglerie de l'innocence semblait inique, dans ce sens, faire miroiter un espoir friable assez pour bonifier le cœur dune euphorie grisante, avant de l'annihiler implacablement. Ma main empathique se glissa amicalement sur une épaule mitoyenne.

Ils n'étaient seuls. J’exhortais leur litanie. Compagne sobre et gouttière à plaintes.

Proximité amortie aux vocables d'une voix neuve, subite.

Les fentes de mes rétines dilatées de la surprise scrutèrent l'homme à la question rhétorique. Entre deux âges et de bonne mise. Les fracs d'une caste mondaine qui ne m'ahurirent point dans cette auberge où toute classe passante était amenée par le jeu contraint du hasard et de la nécessité de s'y croiser.

«  Je suis effectivement native de ce pays. Monsieur... ? » Je pris application d'appuyer sur ce précieux point interrogatif afin que mon interlocuteur légitime le motif de son approche soudaine et qui m’intriguais prestement. Aucun de ces tons méfiants à tort des rencontres hasardeuses mais de cette consonance curieuse et motivée d'une banale déclinaison de patronyme à greffer sur un faciès vierge.

Sheryl Kamelot. Homme d'affaires de passions pour ces faits mystiques que je ne pouvais blâmer. Ne m'en étais-je point revendiquée figure amourachée précédemment ? Et de cet intérêt pour un or fictif que vociférait cette voix à l'anglais irréprochable ?

« Diane Lamorlière. Bien que je n'ai de fonctions aussi prestigieuses, nos curiosités sont les mêmes. » rétorquais-je en saisissant fermement ses phalanges de ma poigne gainée d'une mitaine fripée.

Je n'aurais jamais anticipé que ma convoitise dénudée pour cette caverne aux merveilles serait l'aimant de vautours plus nobiliaires, aux pratiques désagréablement insistantes. Le ménisque du vin offert s'immobilisait en flaque dans mes iris incrédules ébranlées. A supposer que cette pratique se banalisait dans sa réalité fastueuse, je ne savais quelle interprétation lui définir, le front bourrelé de circonspection.  

Mes camarades de comptoir s'étaient éloignés, constatation visuelle m'esseulant d'avantage avec ce damoiseau. Analysant de leur chef leur présence comme étrangère à l'improbable et dépareillé duo qui venait de se former.

Si ma moitié me voyait, son âme se fendrait.

Son exclamation m'émergea de mes cognitions tortueuses et m'introduit à ce présent que j'avais délaissé, le laps d pensées errantes. Aussi excentrique était-il, l’érudition de ce personnage pouvait s’avérer utile dans ma quête temporaire.

« Je n'ai malheureusement pas le mérite de connaître cette personne. Un de vos amis ? » Bravo Diane ! Ta narratrice incline derechef tes méconnaissances d'un enfantin attendrissement. Ces déformations maladroites et mémorables qui poussent les rires à crier leur chorale avec ton timbre en castafiore, et non à pouffer ce mépris aphone que souffle les gorges doctes condescendantes.

Dans ta naïveté Diane, ta conteuse t'étreindrait presque.

« Investiguer sur les lieux est aussi dans mes intentions, Monsieur. Et je compte bien m'y dépêcher que ce soit aux laudes ou aux complies. Serez-vous en mesure d'explorer la mine ? Je veux dire avec de tels fracs ? Bien que je doute que la suie et la fange soient des contraintes à des gens aimant l'aventure et ses risques. »

Ce n'était point une pique – au contraire eut-elle été inconsciente – des interrogations légitimes se répercutaient encore face à ce dialogue si précipité, mon esprit qui avait su si peu s'y adapter. Son expertise faciliterait incontestablement mes fouilles, fallait-il que je sois assurée et rassurée de son aisance à s'adapter.

Je ne doutais point – trop souvent à rebours me reprochait-on. Je préférais cette faiblesse à celle d'une prison de peur enfermante.


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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Sam 1 Avr - 23:29

Sheryl tapota la table en bois comme si quelque chose le dérangeait : à vrai dire, il détestait attendre. Attendre de pouvoir aller dans cette mine, attendre que le petit peuple lui donne de vains indices, attendre de pouvoir écraser avec délectation cette fragile innocence dans sa poigne. Ce qui le démangeait encore plus, alors qu'il était manifestement en présence que quelqu'un qui se renseignait sur ladite innocence, c'était de ne pas pouvoir arborer son vrai visage.

C'était terriblement frustrant. Attendre là et faire comme s'il était comme ces ivrognes mortels, c'était terriblement décevant. Il y avait quelque chose dans sa mémoire de Noah qui le poussait à se battre contre les ennemis du Comte Millénaire, à les affronter, puis les ridiculiser en duel – même si dans ces conditions, ce n'était pas vraiment un duel, de leur point de vue. C'était difficile de faire comme si de rien n'était. Toutes les questions qu'il se posait sur les origines de cette fille bizarre, le désir de l'affronter pour voir un peu l'étendu de ses pouvoirs...et surtout, refréner ses émotions pour ne pas qu'elle voie que quelque chose clochait. Il avait encore besoin d'elle, ne serait-ce que par pure fainéantise.

Sheryl n'avait pas bougé d'un pied, même s'il écoutait comme un enfant goberait les paroles de son professeurs la jeune femme. Elle tenterait sûrement de le dissuader à rentrer dans la mine, étant donné le caractère dangereux de cette mission, mais il se comporterait comme un noble. Il l'était, de toute façon, et qui pouvait douter du comportement d'un noble, fier, obsédé par l'idée de faire une découverte primordiale. Le personnage qu'il jouait n'étant sûrement pas au courant de l'existence des Akumas – chères petites choses – il la traiterait de folle si elle abordait le sujet.

Il retapota la table, manifestant son impatience.

« Midas a vécu dans l'antiquité. Il a eu le malheur de souhaiter voir transformé en or tout ce qu'il touchait. Malheureusement pour lui, les Dieux l'ont accordé au pied de la lettre...il a transformé en or sa demeure, l'herbe, les animaux, mais également ses propres enfants. », fit-il tout en relevant la tête vers elle, remettant de manière savante une mèche de cheveux capricieuse derrière son oreille.

« Je pense, jusqu'à présent, savoir me défendre tout seul. Si besoin, mon protecteur... », il montra le serviteur Akuma du doigt assez distraitement. L'homme était contre le mur, debout, le fixant de ses yeux noirs. « Mon protecteur est tout à fait qualifié pour endosser ce rôle. Comprenez que je suis curieux : cette relique est quelque chose d'impensable, je donnerai n'importe quoi, si ce n'est ma vie, pour la voir de mes yeux. Et vous ? »

Il y avait dans son regard ce grain de folie qui convenait si bien aux humains lorsqu'ils avaient dévié.

« Laudes, complies...Je ne comprends rien à votre charabia de mangeuse d'escargots. », il se leva, lui tendant la main. « J'espère que vous savez vous défendre, parce que je m'y rends de suite. Je suis sûr qu'un de ces messieurs sera très heureux de me montrer le chemin. »

Sur ce, il sortit une bourse pleine de pièces d'or avant de la secouer en direction du comptoir. Peu importait l'humain et l'or dépensé, puisque, de toute façon, il trouverait rapidement la mort.
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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Sam 8 Avr - 9:31




L'impromptu du caractère de cette rencontre brumait l'entrelacs de mes synapses d'écrans nébuleux. Mes cognitions buttaient sur les parois d'un encéphale brouillé d'ahurissement effaré, étouffé in petto. Le tableau que nous esquissions illustrait de contrastes les antipodes de nos deux mondes dans ce juste cadrant contextuel gommant ces castes restrictives. Les auberges avaient cette valeur d'octroyer leurs toits à ces Hommes tous vaporeux, d'une présence passagère, qu'importait l'adiposité de leur aumônière, en résultait la simple distinction du grabat ou du couchoir qui s'affranchissait dans la pièce commune de la taverne. Ses fracs pimpantes en opposition à mes fripes indécentes concluaient l'improbable de notre union. Une alliance d'avidité factice – qui loin de mes connaissances de simple protagoniste partageait son synthétique – générée par nos ambitions jumelles : la traque de ce reliquat diluvien.

Je me sentis le dédaigner pour sa béguine passion. Eut-il beau ensevelir son corps appesanti de richesses sous une collection d'esthète, ma conscience ne pouvait endiguer la valeur impactée dans le plus minime de ces vestiges, et le salut qu'il incarnait aux plus nécessiteux. Une fortune agrippée à leur poigne soudée, fondant leurs phalanges à ce bien, parade à misère et à famine.

Et lui, dans quelle réalité résidait-il ?

Cette or aqueux assujetti dans mes doigts et le banal de son offre étaient une rétorsion qui m'arrachait un rictus mécanique.

Mes lippes se perdirent dans le nectar pourpre tandis que j'écoutai le récit de l'antique roi.

« Voilà un souhait bien vicieusement accordé. Les histoires de ce temps sont pleines de ce genre d'ironie accordée aux Hommes. C'est un bien triste sort. » Ma voix s’éteignit sur un octave de compassion pour Midas. Ce désir corrompu dont le bourreau reflétait son faciès. Ce vœux cruellement miré pour un ravissement à une illusion brisée. Le rideau de ce dramaturge me remémorait les mises en scène du Comte auguste, dans le perfide espoir de résurrection tendu aux âmes les plus crédules.  

Des Midas piégés dans la toile de leurs propres convoitises, le monde tridimensionnel en recensait des milliers. Depuis son époque. En aval et en amont de son ère. Dès l'aurore de l'univers.

Si j'avais su ta mort plus tôt, ma belle Noëlle, sans doute aurais-je cédé à cette tentation d'Orphée. Te faisant Eurydice d'une vierge de fer charnelle pour l'éternité.

Que ne labourais-je pas aussi l'enfer pour déterrer ton corps, cette moitié du notre, du mien, cher Lyssandre.

L'extraction à ces pensées tortueuses se hissa à la poursuite labiale de Sheryl Kamelot. Ce dernier rompant mes doutes quant à sa vulnérabilité que j'avais laissé suggérer plus tôt. Mes iris se posèrent sur son salvateur dont il m'en assura la force avec conviction. Une foi profonde qui se réverbérait aussi dans l’obsession de ce trésor enfoui. Un sacrifice qu'il était prêt à payer de son existence. Pouvais-je ainsi résonner un individu dont le choix s’avérait si incisif ? Notre téméraire détermination était sosie.  

« Je connais les périls de mon métier, Monsieur, et j'y consens. » J'appuyais chacun de ces vocables d'une affirmation tangible. L’orgueil d'une fierté attisée à cette question, et devant laquelle mon honneur n'acculait point.

Une faiblesse d'audace. Une déficience de crânerie. J'assumais cette faille ouverte comme une hardiesse force motrice vers laquelle ériger ma volonté.

Je me crispai à sa pique, donnant en toute réponse intelligible mes lèvres closes en un accent circonflexe d'une moue boudeuse. Devais-je vraiment relever ceci ? Peut-être qu'avec rancune, ou motivé par quelque sentiment analogue, je me levai de mon siège mitaines en poches sans me saisir de sa main offerte en convenance courtoise. Un « manquement » qui ne négligea en rien ma considération verbale pour ce nanti.

« J'ai l'habitude des rixes, de fait, je pense être en mesure de gérer les situations aussi risquées soient-elles. Je suis chétive mais robuste. Ne dit-on pas après tout que les apparences sont parfois trompeuses ? » Et sans le savoir, j'allais faire l'expérience de cet adage piétiné par l'insouciance... Amèrement.

« Si vous me le permettez, je vous accompagne. Peut-être serons-nous ainsi plus préparés au danger en étant regroupés. Et si votre protecteur à votre vie en charge, je m'occuperai de la sécurité de notre guide. » Fis-je en me saisissant de ma valise.

Les pièces brillantes comme des phrases attirèrent l'attention de leurs rayons. Une silhouette mitoyenne amorça le groupe avec célérité pour s'assurer de l'exclusivité de la mission qui lui serait requise. Une gavroche épaississait son faciès aux traits minces et ses joues encore noircies de poix indiquaient sa fonction explicitement. Sa voix aux consonances médium laissait à supposer un visage adolescent sous cette suie étalée.

« Excusez-moi d'avoir tendu l'oreille à votre conversation. Je puis vous aider. Appelez-moi Cliff. »


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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Jeu 20 Avr - 14:42

Le monstre en lui menaçait de se lécher les babines ce qui, évidemment, aurait paru assez suspect. Il ne fit aucun doute que, voyant les pièces brillantes que la Française avait sorti de sa poche, le garçon qui apparu pour les guider lui sauva la vie. Sheryl détestait ces humains qui se voulaient un peu trop moralisateurs, même si dans ce cas-là, elle était sûrement persuadée détenir une expérience beaucoup plus imminente que la sienne.

Le garçon ressemblait à tous ces garçons qui vivent dans des conditions comme celles-ci. Ses joues tâchées de charbons témoignaient de la dureté de la vie qu'il devait mener et son regard pétillant était la preuve que, durant les prochaines heures et jusqu'à sa mort, il devrait faire attention à sa bourse. Sheryl lui envoya d'ailleurs un regard plein d'avertissement, le gardant de toucher à ses petites affaires, puis, fit signe à son garde du corps de se rapprocher de sa personne.

L'Akuma était impressionnant, surtout pour un garçon aussi jeune. Un long corps monté sur de longues jambes, il ne semblait avoir de talent que pour étrangler et son visage, filiforme également, semblait ne ressentir aucune émotion particulière. Il était là pour son Maître et, surtout d'après Sheryl qui ne les considérait que comme des machines particulièrement innovantes, sa mort serait bien le cadet de ses soucis.

"Alors, Cliff...", le son de sa voix ne se voulait pas particulièrement sifflant, juste un peu déstabilisant pour un enfant de cet âge qui n'a pas l'habitude de rencontrer de noble. "Il semble que l'étrangère te promette monts et merveilles...Comprends que je serai très déçu si tu ne nous mènes pas à cet endroit."

Le gamin avait au moins le mérite de ne pas paraître trop déstabilisé par cet homme qui se croyait au-dessus de tous ceux qui buvaient dans cette taverne. C'est sans doute ça quand tu travailles tous les jours à la mine et que tu côtoies coups de grisou et travail harassant : comment un type qui ne connaît absolument pas tes conditions de vie pourrait t'effrayer ?

Ne regardant plus Sheryl, il s'était tourné vers la française pour lui expliquer des choses sur les mystères de la Mine.

"Ca a commencé il y a deux semaines. On a pensé que Jean avait oublié d'éteindre sa lampe, mais on est tombé sur une pièce pleine d'or. On a essayé d'y retourner le jour suivant, mais elle avait disparu ! Et puis, régulièrement, on a trouvé des petits objets en or, un peu partout ! Vous imaginez pas l'engouement, sauf que deux jours plus tard, les objets redevenaient systématiquement normaux ! On a recommencé à travailler comme si tout était normal, juste qu'à ce que ça vienne nous attaquer...je sais pas ce que c'est, p'tete un rat. En tout cas, ça a mordu Gaston, y s'est transformé en or et quand il est redevenu normal deux jours plus tard, il était crevé d'asphyxie, il a dit le toubib !"

Cliff s'arrêta dans son récit, affolé et Sheryl peina à nouveau à retenir un sourire en pensant à tout ce que les Innocences pouvaient avoir de monstrueux...vivement qu'il la broie de ses doigts, celle-là, à moins qu'elle ne soit le Cœur, étant donné ses étranges capacités ? Il tapa deux fois dans ses mains de Noah, pour signifier à ses compagnons de fortune qu'il était temps de quitter ce repère d'ivrognes, puis, dans un mouvement courageux pour un humain, franchit la porte.

"Ta mine...Elle est à gauche ou à droite ?"
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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Mer 26 Avr - 10:12




L'innocence de Cliff rutilait dans ses iris fébriles. Un caractère ingénu sensibilisé par une adolescence vierge des mesquineries adultes et une avidité d'espoirs en parure d'une existence forcenée. Les fers garrottés à une besogne meurtrissant l'âme et son réceptacle dont je compatissais à la lourdeur pour l'avoir péniblement soulevé autrefois. Un reflet de transfert qui s'en répercutait jusqu'à la gavroche couronnant ce gamin d'insolite souverain de la débrouillardise. J'eus aussi cette coiffe ouvrière pour en occuper la fonction. J'eus aussi cette souillure maculant mes grêles phalanges. De l'oint graisseux en substitut de sa poix poudreuse. J'eus aussi ce fard d'insouciance bohème, de ces fragiles certitudes d'amitiés solides. Que ne se sont-elles pas émaillées à l'usure ces ressemblances d'une fange pourtant analogue. Petit minot. Pousse nouvelle. Tes racines aussi connaîtront les incisives d'un givre impitoyable.  Cette vie est d'une ingratitude polaire toujours consentante pour souffler notre vulnérabilité comme le pollen d'un pissenlit, mais n'ait crainte. Je veillerai a ce que tu gardes encore tes précieuses corolles auprès de nous.

L'obole versée par le rupin enjolivait son faciès d'une risette accorte. Son rictus fendait ses lèvres sont la blanche ivoire contrastait avec l'ébène de ses joues grimées. Mon minois ne devait avoir meilleure mine – vous avez compris ? Mine face à un mineur. Joke ! – la poussière des sentiers arborés durant mon voyage incrustait derechef ma carnation nauséabond de tabac froid. J'me fondais dans le décor de ce boui-boui d'acteurs du même masque de peau, à croire que terre et charbon méritaient leurs vertus dermatologiques.  

Seul Sheryl Kamelot amputait au tableau sa décantation roturière, avec sa mise pompeuse et sa fringance nobiliaire. Une singularité que j'avais adopté en amont de quelques minutes, ne pouvant contraindre sa curiosité famélique pour ces faits pour le moins ésotériques. Après tout, je goudronnais bien mes poumons de fumée en connaissance de sa toxicité.  

Cliff assuma d'une célérité déstabilisante sa fonction de guide, nous contant les pénombres de cette affaire ayant fait une victime. Une de trop. Mon intention était de figer le compte a cette unique perte. « Merci de ces informations, Cliff. Nous gérons la situation. Et même si mes intentions diffèrent de... ''ce gars'' ». Je ne pouvais baptiser ce nanti étranger de « camarade ». C'était dit sans condescendance cependant. « J'y mettrai un terme et tu pourras retourner dans ton plumard l'esprit serein dès ce soir. » J'abaissai affectueusement la visière de son couvre-chef sur son front, joignant la parole à un ersatz de gestuelle fraternelle. Il jubila semblant savourer l'intention.

« Comme vous me semblez prêts et toujours décidés malgré ce que je viens de vous raconter, suivez-moi. Je vais vous montrer où je travaille. » Il réajusta sa casquette découvrant quelques mèches blondes graisseuses de sébum.

Nous le succédâmes, perçant l'allée centrale du village aux veilleuses vacillantes. Les lumignons s'endormaient en ricochets de vies s'engourdissant dans cette pareille extinction de quelques heures extraites du réel.

Je profitai de cette marche pour m'empoisonner d'une dernière cigarette avant de nous enfermer dans ce futur dédale venté de coups de grisou explosifs. Le feu et le gaz s'amourachant d'une alchimie trop passionnelle pour que j'en autorise leur osmose.

La terre nous dévoila ses viscère mises à nu. La noirceur naissante de cette nuit confondait son venin fuligineux sur des parois d'une humidité glaireuse, poisseuse du sang qu'elle pétrissait depuis des décennies ensevelis avec la dépouilles de ces  acharnés y ayant péri. La mine nous accueillait comme la bouche d'un ogre menaçant de refermer ses crocs en piège à loup.

Le gamin s’enthousiasma à l'idée de nous faire le tour du propriétaire. Son habitude du terrain gonflait son assurance motivée par l'éradication convenue de la menace.

Je me tournai vers sieur Kamelot et son chien de garde. « Ça me blesserait d'avouer que à partir d'ici, je n'ai que la sécurité de notre guide sous ma responsabilité. Êtes-vous toujours certains d'avancer aussi loin ? » La rétorsion était prévisible. Sa volonté inéluctable. Son obstination lui serait probablement fatale. Et malgré sa destinée, je ne pouvais ignorer l'inquiétude de son sort infectant ma conscience altruiste.

Que j'étais crédule...


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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Sam 6 Mai - 17:16

Contrairement à ce qu'aurait pu penser Diane, ou même cet abruti de gamin qui leur servait de guide, l'ambiance qui régnait dans la mine était assez rassurante. Cette atmosphère étouffante majoritaire ici était vraiment agréable, et il devait se forcer à cacher ce sourire d'excitation qui menaçait d'apparaître sur son visage, minute après minute. Il devait se retenir d'apparaître tel qu'il était vraiment, dans un lieu où il aurait été tout à fait naturel de le faire.

Il était à l'aise ici comme un poisson sous l'eau. Il se fit d'ailleurs des petites remarques gratuites de la chasseresse d'Akuma et continua à marcher à ses côtés, plus comme un prédateur chassant sa proie qu'autre chose. Ses mains tremblant imperceptiblement, il les avait croisées derrière son dos, les laissant à la seul vue de son compagnon de Maître qui les suivait pas après pas. Chaque secondes marquait un plan différent dans sa tête, et dans tous les cas, il ne restait pas inactif. Ses mains s'agitaient imperceptiblement et, de la manière habituelle où il mettait en place son pouvoir, il plaçait son pion. Des fils collés à la roche pour provoquer un éboulement au cas où, sur plusieurs endroits de la peau de la femme, dans le but évident de l'immobiliser et sur le gamin, bien sûr. Ce n'était pas comme si Sheryl Kamelot prévoyait d'épargner quelqu'un, au contraire. Dès que cette Innocence serait en ses mains, dès qu'il l'aurait repéré – et ils avaient déjà fait presque tout le travail – il pourrait passer aux choses sérieuses.

Certaines parois, tandis qu'ils marchaient parmi les tunnels toujours plus prochains de la mine, étaient recouvertes de sang. On sentait une odeur de fer bien présente et sans doute assommante pour les humains. Il se dépêcha d'imiter le gamin, heureux modèle, en couvrant son nez dans un bout de tissus. Se faire prendre à ce moment n'aurait pas été très grave, mais Sheryl était quelqu'un qui aimait la perfection.

Une lumière, plus blanche que les autres, apparut au détour d'un couloir. Cliff poussa une exclamation comme s'il l'avait déjà vue et expliqua, un peu affolé, que tous ceux qui avaient été tués par la chose étaient allés par cette lumière.

« ...Mh...Génial. Absolument sublime. J'ai hâte de voir cette chose dans mon hall d'entrée. »

Il se régala : les Innocences étaient absolument dégoûtantes autant qu'elles étaient géniales. Chaque pas le faisait frissonner et frémir de désir. Il ne pouvait plus retenir ce sourire de désir, avait d'ailleurs dépassé depuis longtemps Diane, se couvrant le figure de sa main droite, courant presque à la rencontrer de cette chose. De cette inconnue.

Premier à entrer dans l'espèce de chapelle aménagée dans la crypte, il aperçut un spectre d'une beauté ahurissante. Dans un moment pareil, où il ne pouvait plus vraiment faire la part entre la vérité et l'état de sa santé mentale, il ne chercha pas à s'inquiéter de l'histoire de cette femme. Si il l'avait fait, il aurait remarqué un mémorial pour sa personne, emportée par un violent coup de grisou il y avait une dizaine d'années.

Elle était faible.

Elle était faible et elle avait tué tant d'hommes.

Si faible qu'elle ne méritait pas que le Comte tombe dessus.

La Cène était préparée depuis longtemps, aussi, Sheryl fit un vague mouvement de main vers la droite avant de voir celle qui possédait l'Innocence éclater en morceau. Le fragment qui tomba de son corps finit de lui procurer l'émotion qui le transformait en Noah. Ramassant le morceau, il se tourna vers ses ex-compagnons, sans doute assez angoissés par la scène. Il sourit en constant que son Serviteur avait regagné sa véritable enveloppe, là, derrière eux.

« Si fragile...si beau à la fois...Tu te demandes qui je suis, Cliff ? »
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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Ven 9 Juin - 16:04




Les parois resserraient leurs viscères dans l’appréhension claustrophobe qui pesait mon myocarde. Les villosité granuleuses des minerais polis par les passages mortels ridaient ces surfaces de labours solidifiés. Une composition invincible dans une certaine mesure, les rocs aux atomes noués se scindaient sous le pillage perpétué d'outils destructeurs. Cette mine s'incarnaient en ersatz d'enfer descendant, abyssal, humide et peuplé de ses morts, nous garrottant à cette image d'Orphée errant dans les dédales mortuaires pour y quérir sa moitié iniquement ravie. Fantômes d'un mythe. Nous n'étions point de l’acabit de ce vétuste héros, moi-moi me dévaluant de cette insigne généreusement clinquante, aux antipodes de ma nature anti-héroïque. Nos buts nous poussaient d'égoïsmes et malgré tout, notre individualité nous rassemblait, nous ressemblait.

Mes pensées s'égaraient dans mon esprit vide, de cet état de songe qui nous gobe lorsque nos réflexions s'abandonnent à nos pas cadencés. Ni dans le passé, ni dans le futur, j'étais dans ce présent transitoire qui divisait une destination. Ce lieu indistinct, aux frontières si floues d’irréel, un « aller vers » d'un temps singulier où le commun des Hommes se plaît à se projeter avant même d'être.

Je méditais dans une solitude introspective quand l'emportement de mon compagnon nobiliaire me fit émerger de mon atonie.

L'ivresse de sa convoitise le précipita dans la crypte, au devant d'une lueur irradiante vers laquelle il se laissait guider ainsi qu'un papillon vers un cierge.

« L'inconscient... Attendez ! » Son état hypnotique assourdit ma voix dans un murmure inaudible, dussé-je en présumer par son exaltation au demeurant toujours si avide.

Je mordis ma lippe inférieure comme attestation intempestive. Oh oui. Pester n'était pas la retenue ni l’inquiétude qui m'en firent carence. Perlèrent d'ailleurs un chapelet gras de jurons dans un français irrévérencieux qui auraient suffit à faire s'évanouir une nonne d'outrage. Mais l'urgence de la situation prétextait cette désinhibition orale.  

La lumière de l'innocence baigna la crypte de sa blancheur aveuglante, une offense à mon sens le plus primaire qui clôtura ses revers charnels en minime protection. Un geste enjoint par Cliff, qui barricada son regard derrière son avant bras.

La pâleur crue s'estompa dans une implosion menaçante. Un filtre douloureux affectait encore mes iris qui devinrent fébriles sous la constatation du persona chu de sir Sheryl Kamelot. Sa chair s'était obscurci d'une teinte cendrée, telle que si le rayon ultérieur l'eut altéré. Mais les stigmate seyant son front en couronne désapprouvaient la supposition pour l'évidence simple :

Cet homme était un Noah.

Et les bourrelets de dermes grouillant sous la peau de son compagnon, comme si les vers l'eurent habités, laissaient à présager sa sordide nature.

Mon visage s'assombrit devant cette mise en scène subite, d'une illusion encore artificielle tant sa vérité paraissait burlesque. Nous étions en infériorité, ce gamin et moi. L'impassibilité était un raccourcit pour crever.

Avec une célérité maîtresse, je saisis l'épaule de Cliff pour le faire basculer sans panache dans mon dos, érigeant ma grêle carrure en pavois d'une cuir humain. Une mouvance dans laquelle j’éviscérai ma valise pour en sortir mon chassepot et le crisper à mes doigts. Un exploit rendu réalisable parce qu'« il » y consentait ? Peut-être. L'amusement surenchérit dans sa cruauté et ces jeux ambigus de chats et de rongeurs échappaient à mon intégrité.

« Ça a du vous demander une certaine retenue pour vous dévoiler qu'à présent, monsieur Kamelot ? Ou qui que vous soyez. »

Captiver son attention. Stimuler mon encéphale à la réflexion le laps d'un dialogue.

Ma tête de désaxa vers Cliff dans un rictus tenace, ni plus ni moins qu'un fard pour me convaincre de ma propre audace.

« Si vous permettez, j'écourte vos présentations. Vous êtes celui qui va déguster ici et maintenant. »

Lapidant mon menton d'oscillations successives, j'indiquai au gamin de prendre ses guibolles à son cou, urgence qu'il assimila instinct avant d’obtempérer à l'injonction aphone. Le spectacle de l'akuma contorsionnant sa structure osseuse avivant ce sentiment de conservation primordiale.

L'innocence granula sa poussière sur le terreau de ce sol fangeux et avec ma fierté humiliée de cet échec – une opprobre. Appelez cet arrogance orgueil, mais je ne pouvais lui faire volte-face.

Acculer était devenir proie.

Je refusais de lui concéder cette déficience.  


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MessageSujet: Re: A la recherche du pain perdu { Diane Dim 18 Juin - 22:31

L'Innocence tenait dans le creux de sa main. Elle était fragile, et surtout pouvait éclater en petits morceaux à tout moment. Sheryl Kamelot la regardait, de ce regard malsain qui n'appartenait qu'à lui, puis releva les yeux vers ses compagnons d'infortune.

Les pauvres : pouvait-on dire « les pauvres » ? Les pauvres paraissaient scandaleusement choqués par sa véritable apparence. Et pourtant, il était tout ce qui était de plus beau, de plus désirable. Il était lui et cette femme aurait d'ailleurs bien tort de croire qu'il lui avait menti, alors qu'il n'était qu'un simple humain. Il s'appelait bien Kaamelott, à la simple différence qu'il était un ministre de ce pays.

Le sourire affiché sur le visage de Sheryl se creusa, jusqu'à le défigurer. Alors que tout cela était très clair il y avait quelques minutes, il hésitait. Comment allait-il les exécuter ? Allait-il leur faire croire qu'ils pouvaient attraper cette précieuse et inutile petite innocence ? Allait-il les torturer pendant des heures, un par un ? Il y avait tellement de possibilité qu'il s'assoiffait lui-même et ne savait pas comment il allait pouvoir arriver à ses fins.

Il voyait le visage plein de haine, de peur, de tous ces sentiments réunis, de ces faibles humains. Faibles...comment pouvaient-ils se croire les égaux de Dieu avec ces simples prothèses ?

Le regard du Noah fut attiré par de mouvements, derrière la fille. Il eut une petite moue agacée, puis leva la main.

C'était fini, si visite.

L'enfant qui cherchait tant à vivre avait été écartelé vivant. Pendant cinq petites secondes, cinq petites secondes purement jouissives, il avait poussé un cri si horrifique que Sheryl le grava dans sa mémoire comme « une de ses meilleures réussites ». Les différents bouts retombèrent sur le sol dans un silence consternant, le sang qui allait avec aussi...

« Le nombre de litres de sang dans un être humain m'étonnera toujours, diantre. »

Il resta toujours aussi propre sur lui et parut se rappeler, tout d'un coup, que l'Innocence était toujours dans sa main. Il eut un petit rire, assez malsain avant de refermer son poignet sur elle pou la répandre en morceaux. Sa poussière vola alors qu'il soufflait dessus, alors jusqu'à atterrir sur le cadavre de ce gamin mort trop tôt.

Que dommage.

Que perte.

Quel fracas.

« Moi ? Déguster... », il eut un petit rire. Il avait envie de jouer avec cette humaine, envie de prolonger son supplice. Elle était une femme et il aimait les femmes. Il aimait leurs formes tendres et généreuses, leurs émotions qui les menaient à faire des choix drastiques. « Ma chère enfant... »

Sheryl leva le bras, faisant se lever celui de Diane comme l'aurait fait un marionnettiste. Il avait installé des fils depuis le début...attendre tout ce temps lui avait semblé être une éternité, mais maintenant que cela était fait, il ne savourait que plus son plaisir.

« Ma chère enfant...tu es tellement perdue...Désires-tu confesser tes péchés ? »
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A la recherche du pain perdu { Diane
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