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The darkest nightmare (ft.seule) /!\ glauque, cadavre, putréfaction

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MessageSujet: The darkest nightmare (ft.seule) /! glauque, cadavre, putréfaction Sam 12 Aoû - 10:55

Nous faut-il perdre encor nos têtes les plus chères, et venir en pleurant leur fermer les paupières, dès qu’un rayon d’espoir a brillé dans leurs yeux ? Le ciel de ses élus devient-il envieux ? Ou faut-il croire, hélas ! ce que disaient nos pères, que lorsqu’on meurt si jeune on est aimé des dieux ? ▬  Alfred de Musset
Acculée dans les méandres d'un sommeil profond, mon esprit s'étiole dans l'évanescence de cognitions chaotiques. Elles ne sont plus miennes ces pensées subies dans la vulnérabilité de paupières closes. Leurs fils synaptiques se mêlent d'aiguilles ferrant à blanc les écorchures d'une conscience nue, armure d’Ève souillée de suie et d'oint carmin aux nobles couleurs de mon honneur, l’intégrité guerrière. Une vase garrotte mes chevilles. Senteur de goudron pour une consistance analogue. Je suis la prisonnière d'un encrier sans sans nuances aux perceptibles formes. Le soleil est un onyx brisé aux fragments échoués sur un lac de pétrole. L'air est un abyme fangeux obscurcissement jusqu'à mes expirations s'imbibant à leur atmosphère original par une amère fumée fuligineuse. Dans ce vaste enfer de solitude, je suis la plume médiocre d'une aile de corbeau. Le monde des couleurs a mésallié la totalité de sa palette pour s'infuser de leur fusion sans négligence. Et malgré la vacuité d'un coloris criard ou d'une allumette qui serait devenue soleil en cette terre, je vois. J'assimile ce décor, rideau d'ébène à relief ainsi qu'un rapace nocturne. Peut-être mes iris accroissent-elles leurs orbes en de similaires pupilles surdimensionnées ? Comment pourrais-je le revendiquer ou le renier ? Je suis actrice de cette enveloppe charnelle tel qu'à mon réveil. Maîtresse de cette première personne que j'emprunte si bien à la narration et que vous jouez également, intestinement, dans l'intimité de vos réflexions.

Mes pieds aux plantes crues s'égratignent en percées sanguinolentes, le chemin de cette cécité lucide est d'un gravier d'épines, berge d'une rivière de laque. L'absence de douleur distord la logique de ce microcosme. Les étoiles sont des balles graissées de poudre pleurant leur poussière par cascade.  

Les vrilles des plantes s'épaississent, agrafant leurs ronces à mes mollets mutilés. Ma chair se zèbre de sillons charnus, de bouches fardées d'une obscène coulée. L'écorchoir de cette forêt me couve avec l'affection d'une vierge de fer, ses larmes perlent de mes plaies. Les lignes anorexiques taillent désormais jusqu'à mes hanches. La chaleur de mes blessures me remémore la sienne dans sa diffusion généreuse contre mon cuir. « Lui » aussi est la victime de sutures analogues que j'ai tant de fois baisé, embrassé pour en favoriser la cicatrisation. Puisse ma salive gagner son cœur et s'y diluer à jamais pour l’immuniser des infections routinières, des ablations de parcours. Le sentier de l’existence est pavé de lauzes, ces galets affûtés en canines vicieusement dissimulées.  

Le songe tombe sa chape de béton, mordant le sensé et ses certitude. Mon derme de cire fond et je m'agenouille dans cette addiction haineuse d'un renoncement pire que la faucheuse. Mes bras fébriles débattent leur état lamentable, invertébrés, serpents sinueux d'une lutte dérisoire. Mes ongles comme des crochets se brisent sous leurs extrémités, dépouillées de leur carapaces rigide, un supplice qui en serait un si le sordide spectacle qui s'imposait sous mes yeux n'était point cette torture psychique insurmontable.

Une couronne de lombric coiffe sa chevelure éparse sur le plancher de fleurs pourries. Alcool floral brute enflammant mes narines, mes poumons, en toux de rejet. Son faciès est un persona en lambeaux, brouillon de figure humaine mais je la reconnais au bleu de ses yeux qui percent afin l'océan de ténèbres avec l'impromptu de la figuration d'un feu follet.
▬ Noëlle...
Noëlle et ses cheveux blonds ondulés. Noëlle et ses yeux azurés. Noëlle et ses lèvres retroussées... De décomposition. Ses molaires apparentes exposent un rictus macabre en contraste de son expression figée dans une amertume que jamais plus un fragment de malice ne viendra éclipser.

Je pleure.

Car tu ne pourras plus pleuvoir.

Car tu ne mettras plus tes bras en écharpes le long de mon cou.

Je pleure le néant. Celui qui donne tout son sens à l'éternité quand on subit le deuil.

Le sentiment de privatisation est sans doute un putain d'égoïsme. Mais j'en ai plus rien à foutre.

Mes phalanges amoureuses, de cet attachement d'Orphée, se plantent dans ra joue envieuses d'une caresse avide, d'un dernier au revoir. Il se craquellent ton visage, pourrissant d'une célérité vomitive pour céder tes traits à un autre. Une figure on ne peut plus familière pour me faire vibrer d'une osmose singulière – moitié que tu vaux sur le siège des cendres de ton paradis. La tête de Lyssandre. Mon tendre, mon âme, mon aimé.

Ses orbes se renversent, irrévérencieusement, nacrées d'un blanc grumeleux. Son corps s'alourdit d'une tâche purpurine croissant sur sa poitrine amollie. La douleur est celle de trop. Un défunt qui me pèse tandis que j'enserre sa dépouille dans un enlacement final. La sentence de son trépas est une lame lovée dans mon battant. Je hurle et le cri transcende les dimensions.  

Le concret reprend ses courbes rassurantes. Des meubles familiaux s'ancrent dans le présent de ma chambre plongée dans la nuit entamée.

Des gouttes de sueur ruissellent le long de mon échine, je blêmis et perd mon teint comme un cierge avant de s'assurer de sa palpation solide en agrippant mes omoplates. Cherche-je peut-être le creux qu'il y a laissé ?

J'exècre ces songes et leur emprise sur mes peurs enfouies. Je casserai volontiers la gueule de cet ennemi si il ne s'agissait pas de mon propre cerveau.

Les bruits environnements me plonge témoin auditif de mon interaction au monde. Bruissement d'âmes qui se caponnent à d'autres dans cette maison dont Morgane en est la Mère et dont je suis sous sa protection.

Il n'y a que ces visages familiers pour éclaircir ces anxiétés tapissées.
© By Halloween sur Never-Utopia

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