Le One-Shot du moment
Le sujet est "Le rêve". À vos plumes !
Top Sites

Vous pouvez voter toutes les deux heures ! :)

D.Gray-Man: Lost Chapter gray man lost chapter
D.Gray-Man: Lost Chapter D.Gray-Man: Lost Chapter

Partagez | .

Avec le temps va tout s'en va { Claudia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
MessageSujet: Avec le temps va tout s'en va { Claudia Mer 13 Sep - 19:08

Il était fin et inspirait le respect : sur son visage se lisait une prestance digne de ce nom, comme si son éminent rôle l'avait rendu respectable ou impressionnant. Lorsqu'il marchait, Sheryl Kamelot inspirait l'air dans ses poumons comme s'il en était le propriétaire et marchait rapidement. Le secret des personnes importantes était celui-ci : toujours marcher rapidement, pour justement avoir l'air occupé.

Sheryl pensait, tandis que ses pieds marchaient en évitant les flaques de boue. Il pensait au Comte et à son dévouement ; il pensait à sa petite Road qu'il adorait tant et à l'inverse, cette pourriture de l'Ordre qu'il avait loupée la dernière fois qu'il l'avait vue. Pour Sheryl, rater quelqu'un de la sorte était un fait assez rare et cela le mettait dans une rage complète. Lorsqu'il était rentré, peu étaient ceux qui avaient réussi à le reconnaître, tellement son visage était déformé par la haine. Il avait d'ailleurs tué un paquet d'Akumas qui s'étaient ennuyés à lui adresser la parole avant de, grâce à sa magnifique famille encore, réussir à se calmer.

« Ne défie pas un maître Noah ou la vague tu affronteras » devrait être un proverbe populaire pour avertir le peuple des menaces qu'ils pouvaient rencontrer.

Sheryl finit par atteindre la salle dans laquelle il désirait se rendre et se posa négligemment sur le fauteuil de son bureau princier. Le mobilier était de première référence, en témoignait les meubles de bois finement taillés et les dorures diverses collées sur les fauteuils. Il fit signe au majordome de dégager d'un geste de main pas vraiment près à attendre qu'on lui dise oui ou non, puis se saisit d'une grappe de raisin posée non loin de là pour gober quelques uns de ses fruits.

Sur le bureau reposait un portrait de sa chérie, Road, accompagnée de sa mère. Pour le commun des mortels, ils formaient la petite famille parfaite, et il avouait, malgré une haine des mortels très prononcée, avoir un minimum de pitié pour la femme qui était son épouse. Leur souriant à toutes les deux – rare sourire qui traversait son visage depuis le début de la matinée où il n'avait fait que gueuler des ordres infâmes à toute son équipe de bras-cassés, il se saisit d'un dossier qu'un de ses hommes avait posé sur son bureau à sa demande.

« Suivi de Diane Lamorlière. », indiquait le titre de la chemise cartonnée. Son contenu était assez évident et obéissait scrupuleusement à la nouvelle obsession de Sheryl : faire de cette chose son jouet pour lui faire regretter d'être née et de l'avoir ainsi défié. Pire que cela, en fin de compte, il avait perdu une Innocence !

Les doigts de Sheryl épluchaient, fébriles, le dossier. Il ne savait pas si le nom que Diane lui avait donné était véridique ou non, mais l'affaire avançait. Un de ses hommes avaient retrouvé des traces d'elle, mais elle avait disparu sans donner le moindre signe de vie. Sheryl accumulait les petites traces de Diane par le biais de ses informateurs et les consignaient sur une carte pour, un jour, anticiper ses déplacements et la coincer lui-même.

Finissant de lire le dossier, impatient, il finit par taper du doigt sur le bureau, allant même jusqu'à ouvrir la fenêtre desfois que l'invitée ait décidé d'entrer d'une autre façon. Elle n'était même pas en retard, mais le Maître Noah préconisait l'avance, et il était franchement de mauvaise humeur.
avatar

Dossier personnel
Ce que j'aime :
Ce que je déteste :
Voir le profil de l'utilisateur
Age : En apparence une quarantaine d'années
Nationalité : Portugaise
Messages : 30
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Avec le temps va tout s'en va { Claudia Jeu 21 Sep - 11:26




Ô ma douce Claudia, me voici encore le parasite de ton corps flétri, blanc de lys et blanc d'os, ta cage thoracique est une prison d'où mon âme ne peut s'extirper. Notre sort est communément figé, à nous autres, les akuma, nous partageons un cachot analogue de chair blêmie par le deuil. Nos morts nous hantent sous les péchés d'un fratricide de Caïn. Mon crime doit être le tributaire de cette sentence perpétuelle. Tes yeux célestes percent les éclats miroitant, toile lisse réfléchissante. Ô Dia ce vocable ce scinde de ces nombreux sens – dont les miens se désincarnent à mesure de ma diabolique ascension – puisque sur la surface limpide de la glace, et au tréfonds de mes cognitions, tu possèdes l'espace. Une reine fantôme que j'érige comme un Pygmailon admiratif, un calque, une copie usurpatrice. Même fardé de tes traits, je n'égalerai l'entièreté de ton être périmé, chère petite sœur. Ne t'ai-je point après tout suffisamment entaché ? A commencer par ton sang en guise de liqueur préliminaire ? Je suis le bourreau de ta pureté et de ta vie, et pour ces titres viciés, pour cette folie d'avoir abrégé le fil tenu de ton existence en m'en parant – m'emparant – ainsi qu'un manteau dermique, je mérite ce supplice pesant sur mon karma sempiternellement souillé.  

Mon esprit s'attise dans les parois intestine de ta dépouille mouvante, une fournaise où se tordent mille flammes agitées d'aiguilles.

Mais je fais fi de cette souffrance. Si elle écorche les strates friables de mon esprit, elle en reste impalpable dans les ressentis de ce monde tridimensionnel : la réalité. Une routine docile que je sais dompter.

« Il » est de retour et quand bien même je sois le noble vassal d'un autre membre de sa parenté, je lui dois obéissance et soumission. Un respect d'us et coutumes vétustes mais une étiquette de certaine décence légitime : Les maîtres Noah sont mes saints créateurs mais leurs apparats peuvent s’apprêter à de plus sombres desseins, obscurs telle la cendre sur leur peau, ils peuvent m'annihiler d'une ordinaire injonction. Et la facilité de cette destruction me tétanise.

Aujourd'hui encore la poussière de mes pairs me remémore ma vulnérabilité. J'en atteste les amas éparses alors que je fonds dans l'oblong du corridor. Je ne puis retenir un ostensible froncement de sourcils dans un élan de compassion pour ces pauvres choses chues dans les emportements d'un pareil caprice. Si je ne peux être affecté de leur second trépas, de la mort définitive de leur essence anéantie vers un rien nébuleux, si je ne peux considérer leur absence définitive gaspillée pour une sotte pulsion, qui se substituera à cette empathique lamentation ?

Mes pas rythment une mesure d'automate sur le parquet terni, tantôt feutré de rouges tapis consistants sous mes souillers vernis. Mon tablier s'agite en chorus de mes enjambées systoliques. Le battant de mes semelles sonne de la régularité d'un son horloger.

Trois minutes d'avance...

Je continue mon défilé solitaire de soldat de plomb discipliné.

Deux minutes d'avance...

Je sors du gosier de mes poches une précieuse montre gousset cédée par ma maîtresse. Alyss – dame Bathory.

Une minute d'avance...

L’aiguille trotte inlassablement dans son cercle temporel, le mouroir de son cadran. Sommes-nous sans doute similaire elle et moi. Attaché à la puissance fixe d'une force motrice dont nous pouvons nous défaire.

Je frappe trois coups secs sur la massive porte fleurdelisée de dorures, à l'heure exacte, une ponctualité millimétrée.

« Monsieur Kamelot, m'autorisez-vous à entrer ? Claudia Leiden, me voici comme convenu. » La voix s'élève, articulée sur le ton d'une dictée distinguée et sans emphase. Les syllabes se détachent limpides les unes des autres dans la locution d'un anglais irréprochable.

Je pénètre à ses recommandations dans son domaine digne de sa fonction de ministre. Mon front s'abaisse en signe de servitude et je le rehausse pour contempler son faciès, les iris trempés d'un lagon humble.

« Pardonnez mon exactitude irrévérencieuse, Monsieur. J'ai effectué mon déplacement depuis la Hongrie où je m'occupe de la jeune maîtresse Bathory. » Aucune honte ne fait trembler mon timbre. Juste une courtoise affable. « Vous désiriez me voir pour quel motif, Monsieur ? »

Mes orbes se perdent dans les siennes. Mon visage est toujours ascendant tandis que je m'exerce à sonder sa vision étroite, ses rétines rapaces. Quel est le mobile de cette fureur justifiant ce vain massacre ?  


_________________
I'd rather be dead
Il savait bien pourtant que ce n’était pas une apparition, que les morts ne reviennent point, et que son âme malade, son âme obsédée par une pensée unique, par un souvenir inoubliable, était la seule cause de son supplice, la seule évocatrice de la morte ressuscitée par elle, appelée par elle et dressée aussi par elle devant ses yeux où restait empreinte l’image ineffaçable. - Maupassant.
   
avatar

Dossier personnel
Ce que j'aime :
Ce que je déteste :
Voir le profil de l'utilisateur
Age : Quinze années devant l'éternel
Nationalité : Anciennement allemande
Taille : 158 cm
Messages : 16
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Avec le temps va tout s'en va { Claudia Mar 10 Oct - 21:57

Il y avait Akuma et Akuma et certains, comme doués d'une volonté divine, celle du Comte, semblaient doués d'une volonté plus ferme et porteuse de miracles. Sheryl Kamelot ne se gênait pas pour mener à la mort des Akumas niveau 1 qu'il n'estimait pas du tout et qui ne menaient leur devoir auprès du Comte que parce qu'ils lui obéissaient mécaniquement mais, il pensait avoir encore un peu de respect pour ceux qui avait évoluer et servait ses semblables, les Noah.

Sheryl Kamelot eut un léger soupir lorsque l'être connu pour être un Akuma de niveau supérieur entra dans la pièce. Comme je l'avais dit tout à l'heure, c'était ceux avec lesquels il s'entendait le mieux. Cela lui donnait également l'occasion de prouver que leurs maîtres étaient bien au service du Comte, mais pour le moment, il n'avait aucune raison de douter de l'infidélité d'Alyss Bathory.

Le ministre se leva pour se déplacer silencieusement vers la porte, après lui avoir adressé un signe de la tête. Il n'aurait pas fallu que quelqu'un les espionne, bien que des Akumas très bien formatés surveillent les environs. Il ne comptait plus le nombre d'émissaire de ces idioties d'exorcistes qui pouvaient se balader en liberté.

Sitôt le travail de vérification effectué, Sheryl s'assit le plus calmement du monde sur un coin du bureau en bois de chêne, de la plus magnifique exécution et finement travaillé.

« Bonsoir, ma chère. »

Kamelot respira la classe, même s'il était à présent assis de la manière la plus négligemment posée. Il s'était emparé du dossier posé sur le bureau et le tendait désormais à son acolyte de niveau inférieur pour qu'elle en prenne connaissance.

« Il y a quelques jours, alors que j'étais en mission pour notre Maître à tous, j'ai rencontré un insecte. Elle m'a...mh...fortement énervé. Cette histoire s'arrêterait là si, comme tous les autres, elle n'était plus ici pour en parler, mais il se trouve que ce misérable cloporte s'est faufilée. Elle connaît mon patronyme, ce qui vient nous gêner dans notre mission à tous. Lis le dossier. Veille à ce que ça n'empiète pas les autres missions que te donne ta Maîtresse, car je ne souhaite pas que tu lui parles de celle-ci. »

Sheryl tapota sur le bureau, un peu énervé. Si un humain avait traîné dans le secteur, il n'y aurait eu aucun doute qu'il se serait un peu défoulé sur lui, mais ce n'était pas le cas : il n'y avait qu'un Akuma. Il aurait joué également sur un des siens, mais celui-ci...Mince. À sa sortie du ministère, il ne se gênerait pas pour se défouler sur un pauvre mendiant.

« Je veux que tu la traques, que tu épies ses faits et gestes jusqu'à la faire se rapprocher de moi. Je ne la veux pas morte, tu as compris ? Elle doit m'appartenir, elle mérite pire que la mort. »

Un sourire, sadique cette fois-ci, ce sourire qui lui ressemblait tant, naquit sur le visage du Noah du Désir.
avatar

Dossier personnel
Ce que j'aime :
Ce que je déteste :
Voir le profil de l'utilisateur
Age : En apparence une quarantaine d'années
Nationalité : Portugaise
Messages : 30
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Avec le temps va tout s'en va { Claudia Mar 31 Oct - 18:38




Les fragments de tes opales glissent, glacé, aux doux frissons de glas sur ce visage mitoyen. L'héraut d'un désir sinistre dont tu ne peux que silencieusement subir les sournois dessins, ma triste Claudia. Une mutité de morte que je dépouille en domptant de ces lèvres de macchabée les vestiges de ta voix, rouillée d'un fer qui est le mien. Il est analogue aux saveurs du sang ce métal dépravé à parfaire ma constitution, impur et vicié de mes péchés, je porte encore la vie que je t'ai amputé comme une tiède parure, carmine, un canevas d'artères percé qui me sied dans chaque mouvance. Ton cadavre est un apparat mortifère. Je m'assoupirais volontiers dans ta tombe dermique, si ta lourde carcasse ne compressait point autant mon âme d'un étau tortueux. Mon cœur me pèse, sa gravité m'attire dans les méandres de pensées venimeuses. A croire les croyances antiques, ce battant de plomb me ravirait de l’Éternel. Pourtant, il ploie sous cette sentence dans cette continuité perpétuelle. Je conscientise la cruauté du jugement qui m'est chu, mon fratricide me hantera pour les siècles à venir. Et je n'aurai qu'à toiser ton fantôme dans la glace pour attester de tes iris accusateurs.    

Pardonne-moi... Dia...

Mon spectre évanescent hurle intestinement tandis que la voix du maître m'enracine sur le rivage d'une réalité parallèle. Pour me raccrocher à cet univers tangible, sans souffrance, je leste ma poigne du dossier qu'il me tend, les mains presque avides.

Un labeur routinier pour la machine docile que j'esthétise. J'opine ma tête automate en me berçant de ses consignes. Pauvre chose qui ne connaît point le fauve qui la pourchasse. Mes orbes bleutés scrutent son portrait esquissé sur les pages de ce dossier, sa mise est fière, son sourire matois. Je ne garantis pas de son intégrité lorsque monsieur Kamelot la tiendra de l'extrémité de ses ergots faméliques. Son ire est tangible. Sa fureur m'impacte à ce titre de fuyant frissons le long de ma moelle épinière.

« N'ayez crainte, Monsieur Kamelot. Nombreux sont les nuisibles à avoir été défaits par votre famille. Celle-ci n'en réchappera point. Je vous assisterai dans cette tâche. »

Un charnier rampe sous mes pas. J'ai tué tant d'Hommes pour m'ériger à cette puissance, détruit tant d'os et de peaux déchiquetées à la postérité, que je n'éprouve nulle nulle empathie pour cette jeune fille, nulle satisfaction méritoire ou plaisir perfide. Elle jonche l'ossuaire de ces semblables d'une implacable indifférence.

Un détachement renforcé si la sérénité de mes seigneurs en est menacée.

« Je ne décevrai pas votre confiance. »

La mise martiale, mes phalanges se greffent sur les pans de mon tablier, et je m'incline. Je plante mon regard dans le sien et y devine une perceptible songerie malsaine qui ravise mes pupilles vers le bas.

Je perçois les origines de mes craintes pour les autres maîtres de la famille. Leurs machinations marionnettistes les glorifient d'une force souveraine, une injonction sous laquelle nul ne peut se mutiner. Il n'a point besoin d'abuser de son talent pour faire danser ce pantin que j'incarne dans sa paume. Son rictus se suffit.  

Mes doigts dégrafent leur emprise de textile et tandis que je redresse mon échine, la mine de la future victime soutient mon attention d'une franche moquerie.

« M'autorisez-vous à abuser de nos contacts humains pour réaliser cet objectifs ? Dans cette mesure, je puis facilement guider ses pas sur votre trace. »

Ces alliés sont pour certains si méprisables qu'ils ne daignent à être sauvés, les plus avares méritent ce sort traître.

« Elle vous sera servie selon votre demande, bien que je comprenne ce qui légitime votre grief, la suite ne me regarde point. Puis-je disposer ? »

Mon visage de poupée de porcelaine sculpte la froideur de cette faïence vulnérable. Émotions oisives. Humanité sous ruines. Je peine encore à définir ce nuancier émotionnel. Mais en fixant Sheryl Kamelot, un sentiment pourfend ces fards bariolés.

Crainte.


_________________
I'd rather be dead
Il savait bien pourtant que ce n’était pas une apparition, que les morts ne reviennent point, et que son âme malade, son âme obsédée par une pensée unique, par un souvenir inoubliable, était la seule cause de son supplice, la seule évocatrice de la morte ressuscitée par elle, appelée par elle et dressée aussi par elle devant ses yeux où restait empreinte l’image ineffaçable. - Maupassant.
   
avatar

Dossier personnel
Ce que j'aime :
Ce que je déteste :
Voir le profil de l'utilisateur
Age : Quinze années devant l'éternel
Nationalité : Anciennement allemande
Taille : 158 cm
Messages : 16
Revenir en haut Aller en bas
Avec le temps va tout s'en va { Claudia
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Il y a un temps pour tout [Pomona]
» Mathilda de Cologne ϟ « Le temps malgré tout a trouvé la solution malgré toi. »
» "Le temps efface tout, et à la fin, il ne reste que les ténèbres"
» [HOT] Le problème avec le temps c’est qu’il finit toujours par s’écouler. ▬ Jéricho Stride. **
» Avec le temps, les amis changent...certains murissent, d'autres pourrissent... | Emily Rosmerta

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
D.Gray-Man Lost Chapter :: — Le Monde — :: Europe :: La Grande Bretagne-