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A la lueur des bougies [ft. Candice]

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MessageSujet: A la lueur des bougies [ft. Candice] Sam 17 Mar - 15:04

Ce ne fut pas le tic tac de l’horloge murale qui réveilla Lucifer. Ce ne fut pas non plus le son de l’eau qui circulait dans les tuyaux des sous-sols du QG. Ce ne furent pas non plus les braises dans sa forge.
Ce fut un cauchemar.
Encore le même cauchemar.
Le même cauchemar qui la hantait depuis des mois.

Elle se redressa brusquement, repoussant sa couverture d’un geste vif. En sueur, elle scruta autour d’elle, à la recherche d’une preuve qu’elle était bien de retour dans le monde réel. Elle tâta la table de chevet à côté de son petit lit, à l’aveugle, et réussit à trouver la lampe, qu’elle alluma, pour constater qu’elle se trouvait dans son atelier, à l’abri. Elle lâcha un soupir, et jeta un œil à l’horloge, dont le son lui paraissait maintenant très agaçant. Trois heures du matin.
Inutile de chercher à se rendormir, maintenant. Les idées noires qui lui rongeaient les sangs ne la laisseraient pas en paix ce soir. Elle baissait alors les bras, sans chercher à lutter contre ce qu’elle ne pouvait faire taire. La voix de la culpabilité.

Enfilant un pantalon ample, et une veste pour recouvrir son torse nu, elle s’étira et quitta son atelier personnel pour aller errer dans le quartier général. Quitte à ne pas rejoindre Morphée, autant rentabiliser cette nuit en allant inspecter ses installations et ses créations afin de s’assurer qu’elles étaient bien opérationnelles. Lucifer aimait être certaine que tout était sous contrôle, et que les mécanismes de défense qu’elle avait conçus pour le QG étaient bien en état de marche.
Longeant les murs des sous-sols, elle s’arrêtait devant chaque trou d’aération, et effectuait des vérifications sur ses araignées de métal, logées dans les murs et les cavités, pour s’assurer du bon fonctionnement de leurs mécanismes. Elle soupira. C’était inutile. Elle savait pertinemment que toutes ces armes intelligentes fonctionnaient parfaitement, puisqu’elle faisait ce genre d’inspection presque un soir sur deux.
Depuis l’incident, elle avait doté l’intégralité du QG d’armes de cet acabit, alimentées par la pierre, et suffisamment autonomes pour pouvoir riposter contre un ennemi où qu’il soit dans le repaire. Ces araignées, ces tourelles, ces arbalètes murales, tous ces engins étaient cachées derrière des pans de murs, et pouvaient jaillir de partout pour mettre fin aux jours de n’importe quel agresseur. Mais Lucifer ne se sentait pas en sécurité pour autant. Toutes ces armes, tous ces moyens de défense, ne seraient jamais aussi forts que la folie humaine. Si un évènement semblable se reproduisait, même si le QG était aujourd’hui truffé d’armes et de pièges, quelle garantie y avait-il pour que leur ennemi ne connaisse pas déjà tous les secrets de leur foyer ? Mercer, la première fois, était de chez eux. Comment être sûr qu’un jour un nouveau membre des Serpentaires ne les trahirait pas une nouvelle fois ?
Elle leur faisait tous confiance, sans l’ombre d’un doute, elle les voyait comme ses frères et sœurs, comme une grande famille. Mais elle lui avait aussi fait confiance, à lui.
Elle mit une allumette dans sa bouche et quitta le couloir pour déboucher sur la grande salle des ateliers communs. Elle alluma quelques bougies sur les établis et déambulas entre les tables, les forges, les tabouret, et les pièces de métal.
Ce n’était pas en eux qu’elle n’avait pas confiance. Au contraire, elle croyait en son clan plus qu’en quiconque. Les Serpentaires donnaient un sens à sa vie.
C’était en elle-même qu’elle ne croyait plus. La culpabilité la rongeait. Elle n’avait rien fait, ce jour-là, mais justement. Elle n’avait rien fait. Et peut-être aurait-elle dû agir avant que les choses ne dégénèrent.

Elle aperçut un tas de pièces mécaniques, dans un coin, et se saisit d'un tabouret et d'une clé à molettes. Vu leur disposition et leur quantité, elles n'étaient clairement pas utilisées. Qu'à cela ne tienne. Elle observa quelques secondes les morceaux qu'elle allait travailler, puis l'idée lui vint. Sortant son étui à allumettes, elle enflamma celle qu'elle avait en bouche. Le défi : elle avait une minute pour fabriquer un truc avant de se brûler les lèvres. Top chrono.
Lucifer donna quelques coups de clés, quelques coups de marteaux, plia les morceaux et resserra quelques vis. Elle posa ce petit moulinet à vent construit en quarante secondes sur la table et jeta l'allumette consumée aux deux tiers dans une corbeille. Trop facile. Souriant, elle souffla sur les hélices de fortune du petit moulin, pour constater qu'elle tournaient bien. Un léger rire cristallin s'échappa de sa gorge. Au moins, construire lui faisait penser à autre chose. Qu'est-ce qu'elle était lugubre, ce soir... Saleté de cauchemar.
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MessageSujet: Re: A la lueur des bougies [ft. Candice] Sam 7 Avr - 14:50




Lentement, abandonnée à la pénombre de la pièce, imprégnée de cette cécité intrinsèque aux ténèbres, mes autres sens excitaient les synapses de mon cerveau en éveil. Le cœur battant du réveil mécanique marquait une mesure en superposition au mien, charnel, et à sa constance rythmée s’additionnait le coulis plus chaotique de la tuyauterie perçant ses artères sur la surface du plafond vétuste. Les sons s’amplifiaient dans le cloître de ma chambre de fortune, et dans la cage crânienne de mes pensées agitées de leurs insomnies coutumières.

Mes yeux avaient fermé leurs paupières plus tôt dans la soirée. Ils avaient enfreint leur couvre feu en recouvrant leur vision voilée d'une pénombre maîtresse et perpétué ce mouvement jusqu'à l'agacement indigeste de votre narratrice. Les préoccupations du travail et leurs enthousiasmes se superposaient dans la tourmente nocturne. Une obsession fiévreuse et confuse, occasionnée par les troubles d’une conscience que Morphée avait oublié d'embrasser. Ce front froncé – présentement – remuait la fange de souvenirs de bibelots refoulés inaccessibles aux carences de ma lucidité maladive. Mon enfance en Inde rembobinait ses sensations passées, et avec elles, l'usage de mes jambes... Ces maudites extensions aujourd’hui statufiées. Ces dernières reposaient injustement sous les couvertures en témoignaient les pâles formes qui rehaussaient leur ensevelissement. Depuis l'incident, elles s'étaient désincarnées de mon corps pour en échapper à ses dictions nerveuses, me laissant paraplégique et la curieuse souffrance d’un deuil à l'égard de moi-même.

Si je fus anéantie face à l’étau broyant d'une pareille nouvelle ?

Oui...

A l'époque, la chute de mon indépendance et les nombreux renoncements ou complications dues à mon handicap m'avaient anéanti.

Je ne pouvais me parer seule de mes toilettes et certaines ballades dans les rues de la capitale étaient inconcevables.

Si je sus dompter cette sentence marquée par le destin ou mon absence de vigilance ?

Oui, derechef.

L'incapacité de ma neuve – et déglinguée – carcasse m'a enseigné le principe de résilience que narrent tant les aliénistes dans leurs rapports sur l'âme. Ou le raisonnement humain qui la synthétise.

De leurs adages, j'ai compris mon mécanisme de réflexion, et ai pu reluire, comme ces jolis engrenages de cuivre a prendre mouvance – celle qui me manque – entre mes mains ayant comme affûté leur manutention par moyen de compensassions. Et de cet attristement aux torrents lacrymaux dorénavant secs, je me suis surprise la réhabilitation d'un amour propre, et méritoire en posant pour des peintres, en Odalisque sur les voiles froissés de mes couvertures. Du radeau ravagé par le subit d'une houle scélérate, j'en avais esthétisé le plus élégant des vaisseaux. Et je siégeais sur mon embarcation la mise martiale.

Je ramenai ma chaise roulante à la hauteur de ma tête de lit, baignée dans une ambiance nouvellement tamisée par la lampe à huile que je venais d'allumer. Le réveil se dévoila en détail à ma vision. Il était trois heures et demi du matin.

Je me hissai sans difficulté sur son assise. Le mimétisme était inscrit dans la continuité de mes scènes journalières, une habitude avec laquelle je composais, seule. Je couvris mes épaules d'un châle drapant le dossier d'une chaise environnante et sortis dans les longs couloirs des catacombes, empoignant d'une main gantée le lumignon de ma chambre privée, alors que sa jumelle vêtue comme sa sœur tira sur la face circulaire des roues, animant ainsi son déplacement.

Une répétition de mouvement linéaire tel que pouvait l'être le sol, plat et régulier. Je ne pouvais jouir de meilleur aménagement à ma condition et ignorait si il en avait toujours était de cette architecture inclusive, ou si celle-ci s'était imposée après l'incident où beaucoup des nôtres avaient été accidentés. Certains avaient perdu l'usage de leurs mains et leur don créateur... Mon sort n'eut été aussi cruel. Je ne sais si mon acte d'acceptation eut été si serein si j'eus dû renoncer à l'unique passion artisanale qui trônait dans ma vie.  

Ma locomotion déboucha sur l'atelier général vers lequel je me dirigeais. Je voulais terminer une pièce laissée inachevée et je comptais sur cette occupation manuelle pour bercer mes tourments et peut-être recouvrer un sommeil tardif. A peine en franchis-je le seuil que je fus étonnée de trouver une autre luciole, un point de lumière dans cette vaste toile noire et vide de l'atelier.

Lucifer aussi veillait.

« Et bien Lucifer, te réveilles-tu ou toi aussi, n'arrives-tu pas à trouver le sommeil ? »

Un sourire ourla mes lippes. Cette familiarité bienveillante nous concernait tous, en une fratrie égale. Une affection jusque dans ce tutoiement facile et spontané.

Mes yeux scrutèrent la pièce à mesure que je me rapprochai d'elle. Je découvrais curieusement l’objet de sa lubie, un amusement récréatif mais néanmoins admirable. Le petit moulin à vent avait ces charmes ingénus.

« La nuit est une bonne muse. »

La besogne et la conversation n'étaient point incompatibles. Elles se conjuguaient même agréablement dans un cadre accorte.

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