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Orgueilleuse errance. - Ft Claudia Leiden

 :: — Le Monde — :: Europe :: La Grande Bretagne
Jeu 16 Aoû - 7:58
Les mains au fond des poches d'un manteau gris, une cigarette aux lèvres, c'est ainsi que le démon séculaire admire la reine des nuits déverser sa lueur blafarde sur un Londres silencieux et endormi. Perché sur les hauteurs de Big Ben, il suit parfois des yeux les volutes toxiques – du moins, pour un humain ordinaire – s'envoler. Un mouvement agréable, hypnotique... qu'il a souvent apprécié observer, autant que cette dame de nuit qu'est la lune. Retirant le bâton incandescent de ses lèvres, il fait tomber la cendre dans le vide, tandis que ses yeux se posent maintenant sur l'horizon. L'Angleterre, puissant empire colonial, est au cœur de la société actuelle, du moins en partie. Si une main doit être serrée, il est conseillé de le faire dans l'un des salons les plus magnifiques de cette capitale. Porte Occidentale de l'Europe, la Grande Bretagne est finalement l'une des premières lignes dans les discussions et les échanges avec le Nouveau Monde...

Faisant rouler sa cigarette entre ses doigts, le démon au visage d'Ange ramène alors jusqu'à ses lèvres le bâton de cancer, marchant un peu sur les hauteurs du sublime monument, son regard observant toujours l'horizon, scrutant les maisons, les bâtisses, un léger sourire se posant sur ses lèvres alors qu'il remarque l'une d'entre elle, se souvenant du touché de la première pierre, de l'émoi qui habitait les humains lorsque le projet commençait enfin... Voir les choses évoluer, voilà l'un des cadeaux qu'un prétorien du Comte peut se vanter de posséder. Même si cela signifie être enchaîné aux griffes de celui qui est présenté comme l'unique incarnation du Mal. Une description que le démon ne partage pas, préférant dire du Comte qu'il n'est qu'une incarnation parmi d'autres...  Les humains sont capables du pire, poussé par leurs véritables nature. Et qu'ils soient véritablement humains, ou simple automate, ne change rien à cette vérité. Ainsi, est-il surprenant d'entendre ces différentes rumeurs, le chant de ces corbeaux qui raconte l'histoire d'un Broker et d'un Akuma, bien trop orgueilleux pour leur propre bien ?

Des erreurs, des faiblesses... voilà ce qui a poussé Tabris a rejoindre les hauteurs de la capitale anglaise, bien qu'il n'ait pas décidé d'y aller seul. Considérer que seul les bonnes oreilles aient entendues ces chants serait une mauvaise interprétation de la situation. Exorcistes et ordre noir sont connus pour avoir – eux aussi – des corbeaux à tous les niveaux de la société... Eux aussi savent écouter, déduire, agir... Il serait dommage de se trouver dans une situation chaotique à cause d'un démon un peu trop sûr de lui et un Broker dont l'instinct de survie ne semble pas aussi développer que ça. Puis, si en plus de ça, un membre de cette étrange organisation s'est lui aussi invité à la fête, les choses pourraient être bien compliquées à gérer.

Règle importante, pour survivre à travers les époques : savoir flairer une situation conflictuelle et se débrouiller pour ne pas être la victime de celle-ci.

« Ah, te voilà. » Tournant la tête en direction de l'autre personnage principal de cette scène, Tabris tire à nouveau sur le bâton de cancer, expirant peu après quelques volutes. Observant les derniers centimètres se consumer, il lâche alors le mégot, qui semble disparaître tout en sombrant dans l'obscurité de la nuit. « Quel plaisir de ne pas avoir de véritables poumons à sacrifier... » Un fin sourire contre ses lèvres, cachant ses mains au fond de ses poche, le jeune homme – du moins, d'apparence – se tourne complètement vers Claudia, invitée dans cette chasse aux imbéciles. Quelques années se sont écoulées depuis leur première rencontre, une jeune carcasse qui déambule, tout comme lui, à travers le monde dans l'espoir de réaliser les vœux de ses maîtres. Douce et loyale servante, l'immaculé a bien compris qu'elle trouve son plaisir dans sa réussite, dans le regard que les Seigneurs posent sur elle. Qui pourrait lui en vouloir ? Qu'importe le lien qui existe entre un démon et un Noah, il semble naturel de vouloir recevoir ces félicitations... Un acte synonyme de survie dans l'impitoyable existence d'un Akuma. « Merci d'avoir... accepté de m'accompagner. » Retirant ses mains de ses poches, il met correctement ses gants, avant de détourner les yeux, regardant à nouveau la silencieuse capitale. « Et désolé de ne pas avoir donné … toutes les informations. Tu sais à quel point... » Son sourire s'étire doucement alors qu'il pose de nouveau son regard dans direction, avançant alors de quelques pas tout en fouillant sa poche intérieure, retirant un petit sachet. « J'aime contextualiser les histoires que je conte. »

Puis, lentement, il tend le sachet dans sa direction. Lorsqu'elle l'ouvrira, elle pourra contempler une poudre grise, terne. Si elle vient à la sentir, elle pourrait remarquer une odeur de rouille... « Voilà le sujet de notre venue ici. »
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Tabris
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Mer 22 Aoû - 17:00
Orgueilleuse Errance
Une entrevue sidérale sur les monts Londoniens, et en son sommet culminant dans ses sempiternels échos du temps, telle est la motivation qui dicte présentement mes mouvances vers ce Big Ben, au cadran circulaire comme l'astre lunaire. Leurs deux rondes cycliques en anneaux de Mobius s'emboîtent dans les rouages de ma mécanique infernale, beau Sisyphe, mon fardeau est ta carcasse Claudia, et si ton cadavre s'anime d'un caprice marionnettiste, ce n'est qu'a ma volonté qu'on en doit le prodige, ou sa lugubre malédiction.

Même camisolé sous la contrainte dans une vierge de fer, suis-je responsable de mes actions. Je ne les nie aucunement. Ni mes péchés.

Ô Claudia, de quelle atrocité cette nuit vais-je dénaturer ton essence séraphine ?

Je marche paisible à sa rencontre et espère encore que sa voix me fera oublier la tienne – et pourtant c'est elle que j'entends a chaque formulation de pensée.

L'air frais parcourt le grain de ma – de TA – chair d'une caresse délectable. La capitale endormie a cette facette presque marine. Les embruns de la Tamise et de sa brume l'embaume. Sa vie est enfouie sous une surface calme. L'horreur, dans ses strates plus profondes, en remue ses bas fonds. Chaque microcosme a ses abîmes. Londres n'échappe point à la règle si universelle de cette société humaine.

Des poussées ascendante me hissent vers la tour horlogère. Mes prouesses ne sont que aisance depuis que tu as vendu mon âme contre tes périssables espérances. Arrivé à l'étage désiré, tant vertigineux, je répare ma mise défaite par l'effort irrévérencieux. Encore ce même uniforme domestique. Uniforme si militaire ou pieux de ma fidélité aux seigneurs. Toute autre fanfreluche serait coquetterie superflue. A vrai dire n'en ai-je jamais trouvé l'utilité. Une marque qui me distingue, une fois n'est pas coutume, de toi Claudia – ma Dia adoré – et de cette beauté simple avec laquelle tu admirais les nobles parures et apparats avec toute ta crédulité d'enfant. Ce souvenir me parvient en rêve éveillé – ou endormi car oui suis-je doué de cet abandon au sommeil en parfaite contrefaçon charnelle.

Mes pas s'approchent de lui, et sa présence me libère de ton emprise.

Je suis dans le sanctuaire du temps d'un Ange.

« Tabris... » Il y a un sentiment si indicible à prononcer ce nom, si ambiguë. Une profanation rivalisant avec un privilège. Une idole louangée dont j'écoute les paroles comme un oracle.

Car il m’affranchit de toi.

La conversation est fugace, légère, comme cette brise qui soulève nos blancs cheveux et cette fumée imitatrice. Un cadre suspendu dont les secondes nous remémorent leurs successions au perceptible engrenage du mouvement séculaire. Minuit et son heure du crime sonneraient prochainement, lorsque fusionneraient les aiguilles du cadran opalescent.

« Le plaisir est toujours réciproque, le devines-tu... » Les convenances cèdent sous l'égalité d'un pair. La deuxième personne du singulier viens spontanément à ma diction, et à sa désignation.

Je contemple la montre dorée sortie de mon tablier. L'heure de la tour se superpose à mon horloge portative. Une justesse académique qui me poursuit bon gré mal gré dans ces moments officieux.

Maladive exactitude et paradis artificiels tabagistes, ne nous rendent que plus dignes similis de ces mortels. Sa nature a se délecter de ces mystères et de les laisser infuser dans un sous-entendu, une parole sybilline en façonne la plus distincte et distrayante de ces caricatures. Mes phalanges saisissent le sachet de kraft et effrite de son contenant dans le souffle aérien qui le disperse. Cette texture familière ne dissipe aucun doute. « Dois-je comprendre que tu as déjà entamé les préparations de notre soirée ? »

J'ignore encore la raison de notre réunion. Cette ignorance ne rend nos retrouvailles que plus intrigantes.

« Avant de redevenir atomes de poussière, qui était cette personne ? Et vers quelle fin l'as-tu conduit ? J'aime t'entendre conter ces histoires Tabris. »

Ô oui. Sa voix porte avec talent ce que mon cœur savoure avec une affection malsaine, un effet de catharsis pour l’horreur que je vécue martyr.

Une affection de la Tragédie.

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Il savait bien pourtant que ce n’était pas une apparition, que les morts ne reviennent point, et que son âme malade, son âme obsédée par une pensée unique, par un souvenir inoubliable, était la seule cause de son supplice, la seule évocatrice de la morte ressuscitée par elle, appelée par elle et dressée aussi par elle devant ses yeux où restait empreinte l’image ineffaçable. - Maupassant.
   
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Jeu 23 Aoû - 15:46
Haussant alors un sourcil en voyant la poudre s'envoler, il répond aux paroles de sa complice avec un léger rire, approchant alors de quelques pas. « Pour tout t'avouer, ma chère amie, ce que tu as laissé partir n'est pas ce que tu crois. » C'est un sourire amusé qui vient accompagner les quelques mots du démon au visage angélique. Se posant à côté de sa compagne, Tabris glisse alors sa main dans la poche intérieure de sa veste, reprenant en même temps la parole. « Pourquoi aurais-je avancé sans toi aussi loin dans cette pièce ? Au contraire, si je t'ai invité à m'accompagner c'est parce que je souhaitais profiter le plus possible de ta présence... Donc, non, cette chose que tu as laissé filé n'est en rien un résidu d'un quelconque personnage secondaire... Ah. » Il retire alors doucement un deuxième sachet – le dernier des échantillons qu'il a pu récupérer lors de son enquête personnelle – ainsi qu'une petite boîte en argent. Invitant alors Claudia à ouvrir la main, il ouvre doucement le sachet, pour en vider le contenu au creux de la paume de l'immaculée, son sourire – bien moins amusé – dominant toujours son visage.
Une poudre terne, une odeur de rouille qui arrive jusqu'aux narines du duo... Voilà ce que contient parfaitement ce sachet. Bien entendu, l'erreur était excusable, car chaque grain – aussi fin que du sel – aurait pu être le résultat de la destruction d'un Akuma, ou d'un être victime d'un de ces prétoriens chthoniens. Mais il n'en est rien...

« Ceci, vois-tu... n'est pas né de la mort d'un des nôtres... mais bien de son existence. » Tout en parlant, il ouvre la petite boîte, retirant une feuille à rouler, rangeant ensuite le boîtier pour en sortir un nouveau, moins plat, mais tout aussi petit. Invitant son associée à s'asseoir à ses côtés – tout en effectuant le mouvement – il reprend son explication, ouvrant le petit coffret après l'avoir posé. « Tu sais que les démons que nous sommes possèdent de nombreuses capacités, ainsi que notre évolution apporte des touches personnelles à ces différentes capacités. » Un petit mélange de plantes séchées repose dans le coffret, récupérant certaines d'entre elles pour les poser, harmonieusement, dans le papier à rouler. Habile de ses doigts, le démon au sourire d'ange ne semble pas rouler sa première cigarette ainsi – encore fallait-il que ce soit du tabac qui repose ainsi. « Dans le cas de notre affaire... Il s'avère qu'un Akuma, un peu trop orgueilleux pour son propre bien si tu veux mon avis, soit capable de modifier totalement son propre poison. Il retire l'aspect létal de ce dernier – bien que le but soit le même utilisé d'une certaine façon – pour en faire une matière digne des plus grands paradis artificiels... »

Attrapant alors un peu de cette poudre, il fait glisser cette pincée dans la préparation, avant de rouler le papier, montrant ainsi le résultat à sa consœur. « Et voilà... C'est ce que tu as au creux de ta main. Parfois pur stupéfiant, il peut aussi produire une matière plus auxiliaire... Maintenant, sache qu'une personne a trouvé à cette capacité une utilité – outre l'utilisation en combat de substances capables d'altérer jugement et perception de son adversaire. Et cette utilité est simple... » Il glisse alors une main dans une poche, pour sortir un peu d'argent. « Du commerce. Pour les humains, la substance crée peut créer une véritable dépendance. En soi, rien de bien méchant... et plutôt intéressant pour le Comte. Un esprit brisé peut vite créer une tragédie violente. » Regardant la cigarette ainsi crée, il la fait rouler entre son index et son pouce, son sourire étirant toujours ses lèvres. « Le problème est que s'ils contrôlent parfaitement la production maintenant, les premiers tests n'ont pas été concluant. La matière première pour créer ce poison provient du sang des Akuma... pas forcément le sien. Certains de nos pairs ont ainsi été sacrifié pour un projet qui n'a pas fonctionné aussi rapidement que ce duo le souhaitait. Enfin, il s'avère que, selon les échos que j'ai pu entendre ici et là, les objectifs sont loin de coïncider avec les désirs du Clan Noah. » Si la liberté d'exister, lorsque la sombre Famille n'est pas dans les environs, est présente... il est dans la nature de Tabris de rappeler à quel point cette liberté est fragile et qu'une certaine intervention peut briser toute chance d'en profiter - un simple claquement de doigts suffit par moment.
Puis, il porte la cigarette à ses lèvres, l'allumant, fermant légèrement les yeux pour profiter des toxines qui viennent aguicher ses poumons – factices, rappelons-le. Roulant un peu des yeux, il retire le bâton de cancer, avant de l'écraser à côté de lui. « Et enfin, cela n'a rien de plaisant à fumer, même pour moi. Le sang de cet Akuma n'a vraiment pas bon goût. Plus sérieusement, il est aussi possible que cette action pointe trop les yeux en direction d'un Broker trop ambitieux. » Posant son regard écarlate sur le visage de la demoiselle immaculée, il passe alors doucement sa main jusqu'à sa poche, récupérant avec une certaine désinvolture sa montre à gousset, l'ouvrant alors pour déposer un coup d'œil sur le cadran. « Si quelqu'un venait à le découvrir, ainsi qu'à trouver les informations qu'il possédait... Ce ne serait plus qu'une question de temps pour que nos autres fouines soient démasquées. Il faut donc... » Il ferme alors la montre, pour la glisser à l'endroit précis où elle se trouvait avant son intervention, se rappelant de l'esprit maladivement ordonné de sa complice. « Remettre un peu d'ordre. »

Approchant alors ses lèvres de la main de la jeune femme, il souffle doucement contre sa peau, virant par cette simple action la fine poudre, illustrant ainsi l'un des objectifs de cette petite virée démoniaque. Redressant la tête en direction de sa partenaire, Tabris lui offre alors un léger sourire.
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Tabris
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Dim 26 Aoû - 10:00
Orgueilleuse Errance
Mes phalanges en fin sablier laissent s'évider la poudreuse matière dans l’entrelacs de leur interstice. Portée par le vent, la cendre se mésallie à son vivifiant souffle qui le dissipe. Un écran se sculptant sous la narration de Tabris. Ce que je figurais restes incinérés de ces périssables carcasses de chair – ou de fer – se distillent. La poussière de rouille est l'infusion de notre essence vénéneuse à nous autres démons – car de poison cette douce accoutumance s'envenime à chaque embrassade nauséabonde – de la drogue pure.

Les paroles de Tabris captent mes synapses – les tiennes mortuaires Claudia. Leurs signaux propagent une risette sur ces lippes enfantines. Comme ces garnements émerveillés sous la contemplation de quelque cigale abandonnée à la vermine. La scrutation de la vie et de sa finalité, dans une déchéance connue, commune.

Car ce que te tendit le Comte, ne fut-il point de la poudre... aux yeux de tes innocentes et si crédules prunelles, très chère sœur ?

Je me remémore la chute de tes espérances, et ta résilience tandis que j'évicerais tes entrailles pour immiscer mon scaphandre dans ton anatomie mutilée, cette représentation ordinaire que tu interprétais en tragédie personnelle pour en incarner la principale vedette.

Ô Claudia, pardonne moi de banaliser ta mort – et d'en atténuer la singularité de ma résurrection. Les visages sont si nombreux, leur douleur plurielle et leur cri un chœur lointain dans ma mémoire ombragée par leur abondance.

Le soliste de ce soir les surplomberait de son Requiem avant de rejoindre ces choristes, pleurant sur la rive d'un Styx.

Tabris s'empare de ma montre, et je ne peux que sourire devant son espièglerie légère – qui me rappelle la tienne Dia.

« Ainsi avons nous affaire à un Icare bien trop orgueilleux, ou inconsciencieux, pour ne pas se rendre compte des ailes qu'il risque de se brûler ? » Ma réflexion perce un rictus aiguisé, affûté d'une attention écolière. Une curiosité de saisir ces réponses, avide, et d'attester les déchaînements dont cette humanité rendait si bien la morale.

Mes pas me guident vers la bordure de notre perchoir, à cette frontière bâtie entre équilibre et vide, tangible et imperceptible. La brise nocturne s'intensifie et fait se mouvoir mes nattes blanches. Le décor de la tour horlogère ne pourrait mieux seoir à un tandem de poupées mécaniques spectrales sous la lune d'une immaculée opalescence.

« Cette tâche m'enchante, Tabris. Je n'apprécie guère l'impudence, ni l'arrogance qui pourrait mettre en péril nos maîtres. » Car oui, je louange une dévotion, une ineffable affection à cette famille vétuste, bien audelà de ma condition subordonnée. L' Amour tabou de Dietrich... Sa vénération pour la reine des Songes... Et ma confiance sans égale pour Dame Bathory.

Mais, surpassant cet asservissement et ses tâches domestiques, j'en tirai une certaine satisfaction.

Les doutes d'une éternité pour un diable se réjouissant de ces vagues, de ces houles, que bouleversent et qui bouleversent si bien les Humains.

Précipitant un pas dans le vide, je suspends mon mouvement avant de murmurer – non sans une perceptible délectation – à mon pair damné.

« Allons donc montrer à notre amateur de la folie et de ses grandeurs, ce qu'il en coûte de se risquer trop près d'un soleil. »

Mes deux pieds se rejoignent, et joignant l'illustration de la chute de ce Héros mythique à cette verve, je laisse la gravité me happer dans un plongeon.

Une menue mise en scène, cependant grisante.

Je garde ton âme d'enfant près de moi, ma belle Claudia.

Un peu de ta couleur est restée dans ce réceptacle de dermes immobiles.

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