Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

"There is no shame in dying for nothing. That's why most people die." - Baptiste

 :: — Gestion des Personnages — :: Présentations
Jeu 11 Oct - 10:08
Baptiste Louvel« Qui es-tu, mon moi ? Nous sommes deux sur le chemin et un dans la résurrection. Emporte-moi vers la lumière de l'anéantissement, que je vois mon devenir dans mon autre image. Qui serai-je après toi, mon moi ? »
Sexe : Masculin
Âge : Je compte depuis ma naissance vingt trois automnes. Une succession de saisons répétitives dont je dois la contemplation à ma résistance, et ces nombreuses séances d’entraînement acharné, qui ont constitué ma pérennité.
Date de naissance : Je suis né un premier septembre. Un jour de forte pluie. Si je connais l'exactitude de ma date, dois-je en revanche douter de mon année de naissance. Si je suis une réplique de mon frère, ou sa réincarnation pour porter le même prénom que mon aîné mort, comme l'affirme ma parentèle, peut-être étais-je là bien avant. Je m'interroge. Ma vérité et ma réalité se perdent en questions. Le « Baptiste » originel me précède de cinq ans.
Lieu de naissance : Les Terres volcaniques, à la verdure spongieuse et tendre d'Auvergne ont écouté mes premiers cris. Dans un domaine familial – Maison des Louvel – isolé dans une noblesse aux éclats de faste et de luxuriance.
Orientation sexuelle : La première beauté m'ayant envoûté fut le portrait amateur d'une figure d'Adam dans sa plus sobre toilette. Une attirance douce, magnétique et enjôlée pour la marque charnue de l'ourlet de ses lèvres. Je me demande si leur chair carmine a la saveur d'une gorgée de vin. Je m'enivre à cette pensée, grisé par un sourire timide et la redoute. L'ire parentale flagellerait mon échine, si mes géniteurs doutaient de mes onctueux émois.
Alignement : La faute se rejette sur la nature insolite de ma personne, de celui-que-je-suis sous mon manteau dermique, mon manque d'implication personnelle – je suis la volonté de mon Père et de ma Mère – et ma foi inaltérable en notre Seigneur font de moi un Loyal Neutre clos dans son monde. Et ce dernier, le pensez-vous, est loin d'être malfaisant.
Groupe : Membre d'élite de l'administration centrale et de ses ordres, je suis un oiseau qui se confond dans l'ombre où il rode. Je suis ainsi un Corbeau. Le corvidé domestique de Luberrier.
Pouvoir : Mes arts se bercent de forces cabalistiques, comme mes camarades au nom ailé. Leur magie rejoint la leur, en toute similitude et se distingue par une autre adjonction, une spécificité intrinsèque à la famille Louvel – anciennement Nouvière par ma mère – des sorts affectés à la vapeur et quelques formes de sa composition.
ft. Cainrgorm de Houseki no Kuni (L'ère des cristaux)


P h y s i q u e
Mes doigts tiennent la plume. Leur emprise est ferme. C'est une fois inédite que j'abandonne mon écriture à un tel exercice. L'attention est minutieuse, je calligraphie graduellement chaque lettre et les abreuve lorsque leur marque peine à s'imprimer sur leur papier de première qualité.

Mon introduction vous semblera plutôt futile, Monsieur Luberrier, mais sachez que j'accorde à la contextualisation une primordialité analogue au reste de ma présentation, de ces lignes à venir – et qui seront achevées dès la restitution de ce dossier – qui serviront ou desserviront ma candidature sous votre autorité. Et parce que vous servir serait travailler en lien étroit avec le Vatican, et ainsi mettre mes talents à disposition du Seigneur, apprenez que cette subordination serait pour moi un honneur, le plus dévoué.

Car ce corps serait à votre disposition, il me semble légitime de vous le décrire et d'en détailler les ressources tangibles et ésotériques qui l'anime.

Je suis un pantin de chair pour Dieu et combattrai en son nom. C'est ainsi que mes parents, Edmon et Nadège Louvel, m'ont élevé. Je n'en ai aucun regret. Ni aucune amertume. Cette expression s’inscrit sur on visage – dont mes géniteurs attribuent la similitude à mon défunt frère. Un faciès paisible. Une mine engourdie par un air placide. Un calme si perceptible que les observateurs bien trop brusques, bien trop inattentifs ou coutumiers d'une déduction certifiée à la première œillade, l’associent à quelque hébétude endormie. Sous cette impression – purement subjective – sachez, Monsieur, qu'il n'en est rien.  

Les détails se gravent dans la profondeur de mes rétines. Leur gravure est indélébile. Et c'est une encre ambrée qui permet leur alchimie. Des iris pailletés d'or, comme se plaît à dire ma mère. Le disait-elle sans doute aussi à mon précédant frère.

Ses yeux se sont implantés dans mes orbites. Je lui ressemble tellement.

Cette bouche indolente est sous le sceau d'un silence omniprésent. Les lèvres fines s'ourlent pourtant. Lors de ces conversations impromptues dont je suis un piètre interprète. Je ne me sens guère acteur de ces scènes ordinaires et échoue leurs dialogues. Mais ma voix vibre, ténue et d'un timbre entre deux octaves, lors de débats, de concepts d'idées élevées et galvanisantes pour l'esprit qui s'enthousiasme, qui déborde de cet organisme charnel par la simple ouverture de lippes défaites.

Mais les méandres de ce « moi » dématérialisé, et la perception de mon âme méritent un espace – peut-être une page ? - qui leur soient entièrement dédié. Je ne saurai poursuivre autrement cette étude si je devais me perdre si tôt dans une introspection si complète, je suis un Être complexe.  

Ce visage si peu démonstratif, taillé d'angles délicats, bien trop vulnérable, est encadré par une chevelure dorée taillée précautionneusement par le choix d'un ami barbier de Père. Il tient à ce que son fils ait une certaine mise. J'adhère également à cette hygiène, et ce soin d'une apparence irréprochable. Une forme de courtoisie pour son image et celle que l'on offre à autrui. Je ne veux point complexifier davantage mon rapport aux autres par une négligence incommodante.

Mon habillement s'harmonise en ce sens. Des complets – ou fracs pour des présentations d'apparats – encombrent principalement mes armoires. « Encombrent » ou peuplent parcimonieusement. Je peux atténuer les effets de ma garde robe pour tout aménagement à la Congrégation, le cas échéant. Je sais être une personne minimaliste et me contenter de peu.

Mes vêtements sont taillés étroits pour accueillir ma carrure plutôt chétive. Un corps fin, si petit pour son appartenance à la gente masculine, mais un corps solide et souple. Ainsi si vous craigniez quelque fragilité se mon anatomie, je puis vous prouver, Monsieur, ses étendues combatives.  

Quand bien même la douleur arracherait mes muscles, les supplices ennemis me dépeceraient de mon manteau dermique, je préserverai intact ma détermination, jusqu'à ce que mes os se craquellent, jusqu'à mon infirmité.  

Celle-ci gagne d'ailleurs presque mes mains. Un handicap avantageux que quiconque méconnaît avant d'avoir témoigné de leur surface dépouillée, lorsque glissent les gants comme une mue. Des mains sèches et calleuses, rougies par la pratique de ma magie régulière, et insensibles...

Je ne puis percevoir les palpations, les distinctions bouillantes ou frileuses qui constituent toute chose.

Mais quelle importance, devant la maîtrise d'un art qui en équivaut le sacrifice ?


C a r a c t è r e
Étoffons davantage les lignes. Peignons ensemble ce portrait, intimement, plus profondément jusqu'à en effleurer la chair électrique qui constitue son siège à penser. C'est celle qui vous attire si primairement et la plus représentative de ce monologue épistolaire. Les verves retranscrites, méditées, pesées avant d'alourdir ce fragment de carbone manufacturé sont une fenêtre vers ma nature intestine. Et, aussi étroit est l'ouverture d'une fenêtre et son interstice de contemplation, lorsqu'on en fixe le cadre depuis l'extérieur, il convient que je vous dévoile l'intégralité de cette pièce, la cumulation de ces salles – dédales ? –  de mon âme.  

Une dissection d'encre abondante pour une introspection, qui je l'espère sera assez explicite.

Voyez comme la tâche m'est si chère, Monsieur. L'exercice est bavard. A peine débute-t-il qu'il expose sans pudeur le fond de mon essence que vous avez sans doute pu attester en amont. Je suis une jeune personne qui manque certes de pratique – et de l'assurance qu'exerce cet entraînement quotidien aux plus sages – l'estime de mes capacités n'est point dépréciative, le terme modeste siérait mieux à son évaluation, cependant le dévouement et l'engouement pour le travail ne sont point des carences à mon implication journalière. J'apprécie l'effort et sa densité d'acharnements bonifiants . Comme une terre cultivée prodiguant les plus beaux végétaux, luxuriants, auprès du dur labeur de son artisan. L'aboutissement est délectable et donne sens à l'énergie investie.

J'ai foi dans cet adage et y trouve un épanouissement complet mais je reste Homme, avec toute l'imperfection et les fragilités imposées par ma race – hybride de bête de Somme. J'existe par delà cette course de Sisyphe, en des réjouissances sobres, ombragées par quelques doutes et complications mortelles.

J'existe par delà cette course du Monde, car je me place comme le spectateur de ma propre vie. Celui d'acter m'indispose – ou est-il bien trop encombrant ? – car je n'ai jamais eu cette perception qui est une certitude pour d'autres, ceux qui incarnent le narrateur de leur épopée propre. Je n'ai jamais été son décisionnaire mais l'objet d'un verdict imposé bien avant ma naissance par le substitut – ou l'assimilation – du nom d'un autre. J'ai grandi en portant sa mémoire et l'ultime démarque de son individualité. Comment dans cette résultante, mon affranchissement aurait-il pu germer de l'ombre engloutissante cousue à même mes dermes ?

Le simili d'un défunt dont on a honoré le nom par un legs fraternel.

Que pensaient mes parents en me baptisant d'un prénom jumeau à celui de mon aîné ?

« Baptiste ». Celui qui immerge.

J'ai grandi avec cette représentation, cette icône biblique. Celle d'un corps abrité sous le poids d'une robe aqueuse, dans une rivière paisible. Celle d'une carcasse mutilée et exhibé en un macabre trophée sur la froide disposition d'une assiette en argent.

Des scènes de vie désaltérantes.

Des écourtations mortuaires affligeantes.

Deux oppositions d'une beauté sur une même facette bicéphale, dont j'ai choisi la face la plus rutilante. Car j'aime vivre. Aussi peu démonstratif soit ce manifestement, l'existence me comble de ces joies – minimes – mais décuplées dans mon cœur perméable à la plus infime réjouissance.

Abreuver des plantes et constater leur lente progression. Nourrir les oiseaux et attester de leur ponctualité quotidienne tandis que leur chant réclame leur pâture de graines. L'odeur de poussière des vieux livres. Dormir sur leur couverture – le corps exposé – après s'être négligemment laissé hypnotiser par la régularité des mots jusqu'à se perdre dans leur monde de rêveries. Je suis un piètre songeur – suis-je bien trop pragmatique pour imaginer en autodidacte et laisser couler mes pensées dans quelque orchestration chimérique – mais j'apprécie les rêves des autres. Par empathie. Et par désir.

Cette capacité a agir sur un monde dont-on est le principal centre décisionnaire... Cet merveilleux acte de liberté ultime. Je brûle de le toucher... Mais sa chaleur m'effraie. Car je crains le feu de paille. Je suis un Être si réceptif et singulier - « étrange » par sa définition, je ne saurai être moi car comme je vous l'ai précédemment évoqué, je n'ai jamais existé en tant que seule entité charnelle, je suis la copie de mon frère.

Mon univers intérieur est si peu immunisé aux agitations hors de ses frontières étriquées. Je suis une personne d'une extrême introversion. De fait les sollicitations des personnes externes, les pérégrinations de la société m'épuisent, lorsqu'elles ne me suffoquent point.

Le bruit d'une cohue. La mare envahissante d'une foule. La proximité hyperstimulée. L'avalanche de captations sensorielles sont des épreuves inconvenantes dans ma vie privée. Je suis capable de les surmonter professionnellement pour toute autre activité, ma conscience pousse l'application à sa réussite au plus proche de l'excellence. Mais je suis totalement démuni et aie besoin du plus religieux des isolement une fois la tâche achevée.

Voyez ce recueillement comme une jachère. Une ère d'aridité temporaire capable d'engendrer des terreau d'un avenir plus fertile.

Je ne vous ai point menti sur les fondements de mon psychisme. Je crains ne pouvoir me livrer davantage sans tomber dans une fâcheuse redondance. Voici le trousseau menant au labyrinthe de mon encéphale. Je vous l'accorde en toute confiance, Monsieur Luberrier. Libre à vous d'en explorer les corridors dédaliques et ses maintes impasses. Je tiens son architecte à votre disposition, si vous voulez deviser avec lui des obscures anecdotes de sa fabrication.  

Cette histoire ne tardera à venir.

Merci de votre patience et de votre œil de lecteur attentif.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23 ans
Nationalité : Française
Taille : 156 cm
Messages : 4
Jeu 11 Oct - 10:09



H i s t o i r e


Les globes oculaires continuent leurs oscillations sur le réceptacle de papier de manufacture onéreuse. L'immaculé est entaché d'une encre marine y amarrant ses plus belles lettres. La calligraphie est de boucles écumeuses. Elle s'amasse en un flot mouvant, houle de mots, mer scripturale, que dompte l'attention du lecteur sur le radeau d'une feuille échouée par quelque coursier.

Sous la placidité de ce bleu s'anime cependant des courants enfouis, la force d'une nature réprmée s'exerçant de reprendre son ascendance sur des griffes humaines qui la mutile. Un chagrin englouti en épave dans l'abîme d'une mémoire vaseuse et d'eaux troubles.

Aucun submersible ne saurait sonder les tréfonds de cette âme. Certains s'y sont embourbés. Mais, une plume, comme un harpon de baleinier a su transpercer la coque de ce cœur.

Son sang s'est mésallié dans l'encrier de ses paroles figées.

Écoutez son histoire. Captez là de vos sens. Lisez. Touchez. Car le témoignage de votre vigilance sera la preuve de son existence.
♦️
♦️♦️

Mon enfance fut un berceau de sensations volubiles. La juxtaposition de ces fragments s'est unie en une mosaïque. Ces éclats font l'unicité de la personne adulte que je demeure présentement.

Je ne saurai vous narrer l'ouvrage complet du chantier de cette vie antérieure – le passé revêt toujours cette étrangeté dépersonnalisée lorsque les souvenirs s'y perdent – je suis un piètre conteur, une main pragmatique qui n'a l'idéalisme de celle du poète. Je ne puis grimer la réalité d'un esthétisme superflu, ni rendre artificiels les vestiges d'une histoire pour combler les années en suspension d'un intérêt médiocre. Je ne suis pas un artiste et n'ai aucunement l'intention de prétendre à ce titre honorable. Malgré tout, cette plume qui s'aiguise depuis l'introduction de cette longue procédure, cette candidature, peut vous ancrer dans le perceptible de mes sentiments – de ces impressions primaires décuplées par une avidité aux aurores de l'existence – à une époque ultérieure à sa rédaction. Le portrait de cette biographie de lignes et d'encre ne pourrait être plus authentique.

Le chorus de mes sens vibre de ces premiers émois. Je clos les yeux et la cloison de mes paupières inanimées me projete ces figures, ces décors anciens.

♦️
♦️♦️

Je vois les dunes spongieuses, les tertres gondolés de ces valons et cette nature sauvage et pourtant onctueuse d'une herbe si tendre que le promeneur pourrait y enfoncer ses pieds nus. Ces paysages, ces montagnes fourragées, leurs neiges hivernales et leurs lacs estivaux, sont ceux de mon Auvergne natale. Mais réduisons ensemble le macrocosme de ce jardin immense et indompté vers un Éden à ma portée juvénile.

J'ai onze ans. Alangui, perché dans un pommier, je scrute les nuages et imagine leurs formes. Cette récréation, je l'ai dérobé à la vigilance de ma mère, en m'exilant dans le verger de notre domaine. Nous habitons un vaste manoir. Son étendu me semble disproportionné à mon corps d'enfant qui voit dans ces fondations fastueuses l'ascendance d'un Goliath de pierres.

Cette aisance m'est familière. J'ai grandi avec elle. Le devoir également m'est coutumier, routinier, et me rappelle à lui lorsque ma mère époumonée me tire de ma cachette. Elle tire sur mon poignet. Je chois de mon rameau et recouvre laborieusement l'équilibre au contact du sol ferme. Elle est décoiffée. Quelques mèches s'échappent de ses épingles. L'effort est considérable avec une canne et une jambe ankylosée. Pour sa peine je ne réprime pas la remontrance. Mère agrippe mon bras et me traîne vers ce qu'implique mon éducation. J'aime ma mère et je ne veux pas la décevoir.

♦️
♦️♦️

J'entends les conversations des silhouettes qui me dominent. J'ai maintenant treize ans, pourtant suis-je encore chétif. Je grandis doucement. Imperceptiblement au grain des jours successifs. Perceptiblement au regard des enjembées mensuelles ou annuelles. Quelques rires fusent sur ma taille. Des lazzis d'adultes taquins. Mais je n'ai cure. Le son de l'orchestre étouffe cet écho médisant. Père et mère ont scénarisé cette mondanité festive en l'honneur de mon anniversaire. Je me serais passé d'une telle attention... Mais je l'approuve sous le masque d'une docilité et d'une loyauté sans faille. Je veux répondre à leurs attentes et celles qui ont placé en moi, depuis le début, sous le prologue d'une existence enfantée sous l’extension d'une autre, sous la vérité trouble d'une usurpation de vie.

J'écoute mon nom. Je suis un voleur misérable.

Pourtant la fête se poursuit. Danse le vin. Ivre est la danse. Mes parents me présentent des visages. Nous échangeons une poignée, nous trinquons avec nos patronymes. Et l'évidence se glisse à mon oreille.

Je suis le produit falsifié des miens.

Je suis exposé sous la vitrine d'un Ordre qui me dépasse.

Mère était des leurs, jeune, lorsque sa magie était à l'apothéose de ses capacités physiques et occultes. C'est son art qu'elle a imprimé en moi, pour le bien du peuple souverain d'un monde rêvant de lumière, pour servir le seigneur mis à mal par les forces maléfiques, pour le souvenir d'un frère... Mon frère.

Ma main a serré celle d'un diable ce jour là. Un aux iris étroites et aux traits saillants. Mais l'enfer est pavée de bonnes intentions et il faut se souiller de fange et de sang pour gravir les monts olympiques et toucher de ses doigts abîmés le soleil doré – l'administration centrale de la congrégation esquive pas cette convention.

Je suis enraciné dans la boue.

Mes racines s'abreuve sur les plates bandes d'un caveau généalogique,

Je suis prisonnier d'une jachère et ne peux me défaire de cette stérélité intronspective.

Car le nom sur cette tombe... C'est un peu de toi. Un peu de moi. Baptiste. Mon cher « grand » frère.

♦️
♦️♦️

Je parle au travers de mes lèvres endolories par l'hésitation. Le langage est dialectique. Il retranscrit dans un monde sonore les symboles gravés sur la blancheur d'un marbre. « Je suis Baptiste Louvel. »

J'ai... Je ne sais mon nombre d'années dans ce bribe temporel indécis. Son omniprésence gomme mes repères aussi sournoisement qu'une esquisse sur du sable. Un nom me défit dans une éternité immobile. J'enlace entre mes doigts un bouquet d’œillets sauvages. « Je suis Baptiste Louvel. »

Et je suis ton jeune frère.

Ainsi je me présente par cette simple nomination dépouillée à la tienne, et je culpabilise d'en arborer l'essence. Toi qui dans les méandre de ton néant ne peux plus jouir des consonances rassérénantes d'ouïr son prénom murmuré autrement que par procuration d'un voleur aîné. « Je suis Baptiste Louvel. »

L'incantation dissone d'un vibrato nerveux, une excuse inavouée. J'expie ma peine en visitant ta tombe inlassablement. Je remplace les œillets dans leur vase et étire un rictus misérable. « Je suis Baptiste Louvel. »

Et nos parents m'ont alourdi de l'héritage de ton nom mon frère. Je porte sur ces épaules l’appendice de ton trépas prématuré après cinq négligeables printemps de survivance d'une carcasse vulnérable, si fragile qu'elle n'a pu demeurer captive de ta propre existence. Père et Mère t'on pleuré avant de s'embrasser dans leur folie. « Je suis Baptiste Louvel. »

Cadet de leur premier enfant, Baptiste Louvel.

Un pilleur d’identité qui n'a su parfaire la sienne par la malédiction d'un acte de naissance imposé et substantiel. La marionnette d'une volonté parentale, familiale, qui a érigé un successeur par nécessité de maintenir une ascendance au sommet du Grand Monde urbain. Un doppelgänger de tes traits selon les dires de notre génitrice : je suis la réincarnation de ce fils chéri et dépéri. « Je suis Baptiste Louvel. »

Et tant que ce rouage systolique battra dans la cage de ce poitrail, je resterai prisonnier de ton image sans m'en affranchir.

Je suis Baptiste Louvel.

Mais je ne sais pas qui je suis...

♦️
♦️♦️

Ainsi tombe le rideau du fabliau ridicule. Les coulisses vous sont dépouillées de toute mascarade et je joue sur cette franchise pour espérer une adhésion à votre institution.

Croyez moi, Monsieur Luberrier, je ne saurais être utile autrement qu'en rangeant ma servitude dans vos mains, et dans celles plus astrales de notre Seigneur.

J'en ai la marque.

Elle s'est infusée en moi en amont de ma conception.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter

Pseudonyme(s) : Némios... Mais aussi Lisette. Dolores. Diane. Claudia. Lionel. Candice. Lavi... Et je crois que le compte est bon.
Prénom : Anaëlle
Âge : Un quart de siècle.
Un commentaire ? Je colonise le forum de dc. Et je vous aime toujours aussi fort. Merci d'ailleurs à Wisou de m'avoir inspiré et motivé dans le projet de ce nouveau personnage.
Code du règlement : NADA POUR LE STAFF. )o)
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23 ans
Nationalité : Française
Taille : 156 cm
Messages : 4
Jeu 11 Oct - 10:09
Fiche technique de BaptisteJe suis un corbeau domestique...
Mes compétences à ce poste sont louées par le nom élogieux de la famille Louvel – héritière du savoir des générations Nouvière selon ma généalogie maternelle . Vantées d'estimes rehaussées par une réputation élitiste, je tiens à préciser à ma future hiérarchie, ainsi qu'à mon futur supérieur, que les rayonnements de ma magie vétuste valent leurs rumeurs. Le prestige de mes aïeuls passe en mes mains et concrétise les vestiges de leur enseignement. Leur souffle de mort, expiration de vie, se condense en mon art. Ainsi, tout comme mes ancêtres, et ma mère jadis - avant qu'elle ne perde la motricité de son flanc gauche – puis-je élever de mes mains des volutes de vapeur. Prodige curieux qui trouve sa menace dans cette chaleur issue de mon propre corps et dans les avatars esquissés par ces traînées aériennes. J'invoque les tétramorphes, métamorphoses de nos aspects humains, par la louange de nobles personas. Cœur, corps, esprit, âme, incarnent leurs représentants selon mes prières. Des animaux belliqueux domptés par mes murmures. Extension de mon Être et de son énergie dévouée à Dieu au point de dématérialiser sa raison dans des projections éthérées.


A t t a q u e s
Voulant prétendre au poste de Corbeau, je me dois de maîtriser toutes les roueries de mes corneilles jumelles. Aussi je puis prétendre sans rougir d'un niveau analogue en tout point. Les sorts d'entrave, les enchantements protecteurs et les fondements en art ésotérique n'ont de mystère que mon actuel niveau négligerait. Je suis une personne d'étude et minutieuse. Les longues séances de lecture ne m’effraient guère. Aussi, je puis rattraper mon retard ou mes carences théoriques, si votre expertise juge nécessaire la tâche.

Si les bases sont banales, d'une académie commune et dépersonnalisée, en revanche, je me distingue de mes – futurs – pairs ailés par un savoir magique hérité des miens, de mon sang, du leur, du notre, ne formant qu'un fleuve irrigué par les fins canaux de nos veines généalogiques. Racines et artères se mêlent dans le grand arbre familial Louvel et Nouvière.

Mes sorts légués me permettent l'invocation de figures de vapeurs réagissant selon mes instincts et puisant leur force de ma vitalité, de ma chaleur corporelle.

Je n'ai qu'à scander leurs noms aux consonnes hébraïques pour que ces disciples, nés de mon essence s'esthétisent dans un réel perceptible.

Leur formation répond aux formes tétramorphes dont ils sont les symboles.

NIVEAU I


Les sorts de mes semblables, évoqués ci-dessus dans cette introduction. Ils ont une utilité combative basée sur l'entrave et la protection minime des démons de niveau moindre...

NIVEAU II


Les charmes ésotériques de ma famille surclasse ces précédant « tours ». Mes invocations de vapeurs naissent de mes mains, lorsque je retire mes gants et que je récite leur formule. C'est similaire à un appel au nom d'une personne lointaine. Mes personnifications vaporeuses répondent à mon cri et me refroidissement en extrayant la tiédeur de mon corps pour en sortir.

    Haaryé, le Lion : Symbole du cœur, du courage et de la loyauté de mes prédécesseur, ce lion vorace est capable d'étirer sa crinière et sa carrure en une forme longiligne pour ébouillanter les akuma. Car s'ils ne peuvent périr sans innocence, ils n'en ressentent pas moins la douleur.

    Haharbaa, le Taureau : Symbole du corps et de sa vitalité. Le taureau est la créature qui nécessite le plus de mes ressources et de ma chaleur corporelle. Ses cornes ardentes éraflent et brûlent les dermes ennemis, suffisamment pour les faire souffrir et les affaiblir, le temps d'orchestrer une autre stratégie.

    Hanèchèr, l'Aigle : Symbole de l'âme, de l'intelligence et de la lucidité. Cet aigle est aussi inoffensif que le pivert qui orne le blason familial des Louvel. Il est mon éclaireur. Je vois et sens ses perceptions.

    Bènn temouta, l'Homme : Étrange bipède de forme homoncule, cet Homme de vapeur symbolise l'esprit. Il me permet la maîtrise d'une marionnette de vapeur toute aussi enfiévrée que ses sœurs. Sa silhouette et sa morphologie me permettent cependant d'exercer des demandes plus complexe. Je peux agir à distance. Espionner ou attaquer.


Mes attaques et ma magie sont, comme vous pouvez en attester, singuliers et utiles. Il me ferait plaisir de les mettre en application sur un champs de bataille, pour vous servir mais aussi pour rendre grâce au Seigneur et apaiser ses lamentations sur cette guerre millénaire.

Mais avant de laisser mes capacités à votre disposition, la plus fidèle et la plus complète, je dois vous avertir de leurs limites, ainsi que des entraves de ma dépouille simple et mortelle.


C o n t r a i n t e s
Malgré les miracles engendrés par ce don ancien, cette forme de beauté qui résultent de leurs carcasses impalpables, leur magnifique reste perfectible, et pour cause, ils sont les germes d'un fruit humain et défectueux. Je ne peux recouvrir à ma magie, ni en abuser, sous les entraves de ma cage charnelle. Car c'est sa chaleur qui en alimente sa puissance.

Ainsi, m'enivrer de cette satisfaction qui sied, j'imagine, à la puissance et une ascendance sur l'ennemi me serait fatal. L'hypothermie gagnerait mes dermes, bleuirait mes lèvres, avant d'éteindre les ultimes palpitations de ma conscience, fuyante dans un frisson.

Mon pouvoir dépend uniquement de sa propre condition. Si vulnérable, si victime de paramètre préétablit par le hasard ou la volonté de Dieu. Je suis un être sensible à son environnement, sa température affecte ma peau, mais point ma détermination. Celle d'un glaive décidé, implacable et fier de servir le Grand Dirigeant de cette volonté céleste.

En concluant cette lettre, sachez Monsieur Luberrier, que je vous laisse à disposition l'entièreté de mes talents et de mon dévouement, aussi faillible puisse être mon corps.

Je vous adresse mes salutations les plus distinguées.

Cordialement.

Baptiste Louvel.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Age : 23 ans
Nationalité : Française
Taille : 156 cm
Messages : 4
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1

Sauter vers :