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Lisette Delcambre ~ L'imaginaire de ses iris bleutés peignait deux planètes jumelles colorées de chimères.

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MessageSujet: Lisette Delcambre ~ L'imaginaire de ses iris bleutés peignait deux planètes jumelles colorées de chimères. Jeu 20 Aoû - 21:02

Lisette Delcambre« Jolie fille au nom de poupon. Tes yeux céladon laissent couler de petites larmes de citron.»
Sexe : Féminin, brin de fille en croissance.
Âge : 11 ans.
Date de naissance : 22 Avril.
Lieu de naissance : C'est dans les terres sèches, parfois caillouteuses de Provence qu'elle naquit. Dans un domaine aux abords d'Aix-en-Provence.
Orientation sexuelle : Assexuelle.
Alignement : Neutre Bon : Lisette est une personne altruiste, avec un fond bienveillant, qui possède une vision assez réfléchie du bien et du mal. Consciente que l'esprit humain est beaucoup trop complexe pour se fixer uniquement sur du blanc ou du noir. En soit, un raisonnement équilibré.  
Groupe : Exorciste.
Pouvoir : Sans grands noms pompeux, l'innocence de la demoiselle s'intitule Fairytale Fantasy. Résidant dans la couverture d'un livre épais, elle lui permet, une fois une page déchirée, de matérialiser des personnages de contes dans la réalité. 
ft. Arima Ahiru de Princess Tutu


P h y s i q u e
Quelle étrange poupée animée, tu fais, ma belle Lisette. Même les deux pauvres syllabes de ton prénom, s'accordent à te donner ce coté poupon qui te sied tant. Mais pourquoi la narratrice s'acharne sur une transposition avec un de ces fragiles jouets moulés en masse pour amuser les fillettes ? La beauté de tes traits ne manque pourtant pas à ce point de caractère. Mais, tu possèdes la même vulnérabilité que ces êtres figés dans la porcelaine. 

Onze printemps que tu as vu le monde évoluer, parfois régresser en certains points, et te voilà toujours aussi minuscule. Un mètre quarante quatre, t'a affirmé l'une de ces dernières blouses blanches que tu redoutes tant. Une taille petite, pour une ossature des plus sveltes qu'on en soupçonne une fragilité analogue aux pattes d'un oiseau. Ton poids plume serait-il indirectement lié à cet épisode de ta vie qui te marque encore jusque dans l'appétit ? Toi qui dans ta dynamique te vante presque d'une joie de vivre enivrante et communicative.

Des bras longs et gracieux comme la nuque des cygnes. Des jambes fermes et allongées comme celles des ballerines. Ce corps pourtant si juvénile et élégant présage de s'embellir encore dans ces années où tu deviendras une vraie Dame, une image s'accordant avec le statut de bourgeoise que tu sembles parfois oublier.

Une peau marbrée, une chair sans ces imperfections abjectes laissées par une adolescence que tu ne connais pas encore... On pourrait aisément, dans un élan littéraire, laisser l'encre couler sur les détails de ton corps. Mais qu'est-ce qu'un corps, sans un visage, celui-ci qui nous identifie en tant qu'individu ? 

Une tête en forme de cœur, des lèvres bien dessinées, des tâches de rousseur qui courent sur tes joues rieuses... La génétique s'entend à te coller cet air poupin malgré ton fait. Des éléments enfantins qui se fondent avec tes expressions de gamine. Tu es fidèle à tes sentiments, ma brave enfant, et tu les affiches en permanence sans tricherie, sans chercher à les dissimuler. Et tu te trahis quand tu tentes d'y apposer un masque, que le motif soit légitime ou non. De l'émerveillement ? Tu ouvriras grand la bouche en faisant briller tes yeux. Du dégoût ? Tes lèvres se tordront en un accent circonflexe et tes sourcils se fronceront sévèrement. De la peur ou une peine que tu tentes de cacher ? Ta mâchoire se crispera dans un sourire si pauvre et si tremblant que nul n'y croira. Je vois en toi comme dans le fond d'une rivière à l'eau trop limpide. Et penses-tu que les protagonistes manquent à ce point de lucidité pour ne pas partager mon jugement ?  

Tes iris sont deux lapis-lazuli. Tirant tantôt vers le vert des steppes, tantôt vers le bleu nuit. Quelle étrangeté que sont les yeux pers. Mais ce qui leur donne leur éclat, voire même leur magie, est cette lueur d'innocence qui les rend si fébriles. Énigmatiques, pétillants, candides. Comment as-tu pu transformer tes orbes oculaires en un réservoir d'émotions aussi positives malgré les horreurs du passé ? On pourrait croire que ta faiblesse physique est compensée par une force de l'esprit. Mais nous savons toutes deux que ce n'est évidemment qu'un mensonge. N'est-ce pas Lisette ? 

Tu es faible, misérable, tellement quémandeuse d'amour avec tes habits froufroutants, les nœuds que tu noues dans ta chevelure rousse, tes sourires adorables... Tu trompes peut-être les autres, mais moi ta créatrice, sait que sous cette moue infantile involontairement surjouée, se cache un nombre incalculable de failles... et de forces. Mais disséquons ton âme dans un autre chapitre, ma belle.  


C a r a c t è r e
Ton apparence a tout d'une ingénue. Et bien surpris seraient ceux s'attendant à ce que ton comportement y soit associé. Car cela fait longtemps que la naïve Lisette s'est brisée non ? Telle une renaissance, les hostilités de l'existence t'ont forgé cette personnalité qu'on te savoure si bien.  

La vie coule, déborde, dégouline de ton corps. Tu l'absorbes toute entière pour la répandre autour de toi, avec des gestes d'une enfantine et touchante sincérité. Un sourire éclatant. Un enthousiasme illusoirement inépuisable. Une course au bonheur que tu affiches dans ta manière si simple d'apprécier le présent s'offrant à toi. Les banalités du quotidien te paraissent les plus précieuses. La lecture d'un conte. Les instants passés aux cotés de proches. Les dessins que tu ébauches aléatoirement sur la buée des vitres. Tu as suffisamment vécu des moments épuisants, destructeurs, pour savoir que le fait de vivre se compte à rebours, et encore plus lorsque l'on mène des batailles régulières. Tu es attendrissante, vraiment, et tellement mature dans ces convictions bâties sur des joies de tripettes.

« Une petite adulte dans le corps d'un enfant de onze ans ». On te le dit souvent. Et ce gentil quolibet ne se résume pas qu'à ta curieuse capacité à absorber le positif quelque soit les tensions. Un peu comme un buvard qui boirait l'encre la plus sombre. Cette maturité est née de tes trop nombreuses lectures fantaisistes qui t'ont fait méditer, et qui continue de te questionner, sur la nature de l'humanité. Qu'est ce qui fait qu'un Homme est bon ? Le mal à l’essence pure existe-t-il sans motif ? A l'opposé des minots de ton âge, tu t'éloignes de ces jugements manichéens à base de « gentils »  et de « méchants », ayant conscience que les uns ne peuvent être valorisés sans les autres et que le monde entier n'est ni blanc, ni noir, mais d'un joli gris perle doté de plusieurs nuances.

Noble dans l'âme, il t'en reste les manières. Sans forcément t’étiqueter de précieuse, sous ta démarche dynamique et cette charmante spontanéité à partager tes sentiments positifs, se terre une certaine retenue. Un fou rire trop franc ? Tes mains se grefferont, comme un automatisme sur tes lèvres pour le réprimer. Une pointe de discrétion que tu fais ressortir, surtout auprès d'illustres inconnus. Les us et coutumes de la haute société se collent encore à toi même si tu oublies parfois ce sang bleu. 

Bien que tes géniteurs soient absents de ta routine d'exorciste, ces derniers peuvent se glorifier de ta culture si vaste. Une éducation que tu retiens surtout des univers fictifs dont tu raffoles tant. Les ballets, les opéras, la grande musique et ces romans que tu lisais en catimini, car jugés à tort comme impurs comparés à la poésie. De fait, ton imaginaire est si vaste de créatures et d'histoires merveilleuses que tu ne manques pas de partager avec qui veut t'écouter. 

Une fille délicieuse de conversation, sensée malgré ses quelques chimères renvoyant à une Alice miniature. Tellement lumineuse... Mais en réalité cet éclat bien trop cru est là pour dissimuler quelque chose de plus sinistre n'est ce pas ? Allons, nul besoin de secouer la tête avec véhémence ou de fermer tes prunelles en feignant de ne rien savoir. Il s'agit d'une exposition morale et tu n'échapperas pas aux tourments qui entachent ton esprit soit disant solide.

Si une métaphore devait se superposer à ton image mentale, l'on évoquerait sans doute le cristal. Luisant, teinté de beaux reflets... cependant parfois coupant, délicat, fragile... susceptible de se briser au moindre impact. 

Splendide oisillon de cristal apeuré que tu es. Car c'est elle, la plus noire émotion qui te domine : La peur. Terreur, effroi, anxiété... Ton séjour chez les hommes en blanc a laissé des cicatrices indélébiles dans ton psychisme. Le souvenir de ces expériences pénibles s'est immiscé dans ton cerveau et en a changé les codes. Tu le constates périodiquement avec les caprices que s'autorise à l'improviste ton psyché : Crises d'angoisse, attaques de panique, terreurs nocturnes, cauchemars, insomnies. Éveillée comme endormie, tu connais  que trop bien ces épisodes où même le sommeil ne te laisse aucun répit. Plongée dans l'incertitude en permanence, tu en arrives à un point si désespéré que tu redoutes la peur en elle même. Pareille à une étrange monture ténébreuse et floue, capable de t'emporter à tout moment. 

Tu es adorable dans ta manière si piteuse de lutter contre la crainte. Tu énumères ces choses qui bloquent tes pensées, comme si tu cherchais quels ennemis combattre. Ainsi, tu as pris conscience de ta peur phobique des médecins, des aiguilles, de la douleur, de l'impression de mort... Tu n'es qu'une enfant, et certaines de ces funestes appréhensions sont normales. S'en suit un autre de tes vices, la frustration. Petite futée que tu es, tu as conscience de ton âge, de ta condition de gamine, et de ton incapacité à savoir prendre du recul dans les situations critiques. Tu te sens si faible, tellement portion congrue et couarde, que tu vis ta jeunesse comme une humiliation. Surtout sur les champs de bataille. Alors tu as développé cette curieuse attitude qui en devenue une habitude. Celle de ne jamais te plaindre. Accepter avec dégoût cette faiblesse mais refuser d'être une immonde petite chose geignarde dépendante de la piété des autres. Qu'ils soient alliés, rivaux ou ennemis mortels. Tes larmes tu les endigues sous les barrières d'un mental pourtant instable. Et combien de temps, faudra-t-il pour que les ruisseaux coulant sur tes joues débordent jusqu'à te noyer ? Je suis curieuse de connaître la réponse.  

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter





H i s t o i r e
L'aube de mon existence fut épanouissante et paisible. Le regard nostalgique vers ces jours passés, je me rends compte de leur importance mais ne regrette rien pour en avoir pleinement profité l'instant venu. C'est en France que je naquis et que je grandis. Une enfance placée dans le faste et la bien aisance d'une famille de barons. Ou plutôt, devrais-je rectifier, d'un couple de baron. Mes parents étaient des êtres adorables. Ma mère, Catherine, fille d'un rentier occupait le rang de dame du domaine. Toujours élégante avec ses toilettes arrangées à la perfection, elle m'inculquait avec douceur les valeurs qu'elle jugeait déterminante pour régir la vie d'une femme. Ainsi, maman m'apprit à cultiver compassion, verve et gentillesse. De nobles qualités, que j'accumulais en plus d'y ajouter celle de mes héros. Je me rêvais prince fort et chevaleresque, enfant triomphant d'un géant ou d'une sorcière diabolique, ou l'héroïne des romans de la comtesse de Ségur, que je prenais pour modèle de plénitude. Comme Sophie, je cumulais les farces puériles et étendais ma malice en gambadant dans les hectares aux alentours du manoir. Quelque fois, je dérobais des épingles à nourrice dans la boîte à ouvrages de ma mère, pour remonter mes pans de jupes et m'aventurer dans les marécages, au plus grand désarroi de ma très chère génitrice et de mon chambellan qui s'époumonait à me suivre. J'étais espiègle, intrépide, pourvu d'un sens de la réplique qui ne muait jamais en insolence. Une petite fille qui dévorais la vie et toutes les jolies aventures de broutille qu'elle pouvait lui offrir.

Mon père, Philippe, est moins présent de mes souvenirs. Sa position d'armateur, l'amenait régulièrement à s'absenter pour affaire. Je n'ai jamais souffert de ses voyages répétés. Il rentrait systématiquement au domaine pour les événements marquant de l'année, comme Noël, Pâques ou les anniversaires de ses deux demoiselles adorées. Père était sévère mais bon. Je peux affirmer que des personnes attentionnées m'entouraient et, de mémoire, ne jamais avoir connu de sentiment de manque ou d'insatisfaction. Mon imagination, mes livres et les résidants du manoir – mère et les domestiques –  me contentaient empalement.

Alors quand est-ce que le mécanisme de ce bonheur s'est cassé ? Il fallut plusieurs éléments avant que les rouages se désaccordent jusqu'à cesser complètement.

En plus de se passionner pour la navigation, une qualité justifiée pour un armateur de sa trempe, père s'énamourait aussi d'antiquités, de bibelots, à un point tel que les médisances fusaient discrètement chez les soubrettes qui cancanaient que monsieur préférait les reliques du passé à sa propre épouse.

Une pièce entière était consacrée à ces fantaisies. Je m'y glissais quelques fois, en quête d'un outil à emprunter le temps d'un jeu. Il y avait quelque chose de plaisant à fouiner et à chercher dans cette collection, pareille à une chasse au trésor. Mais petite lectrice de conte que j'étais, j'avais hélas oublié le sort cruel réservé aux curieuses. Et si Pandore ou l'épouse de barbe bleue m'avait accompagné, sans doute m'auraient-elles retenu. Parmi les bricoles de tous les ages que pouvait posséder père, se trouvait une jolie pierre aux reflets verdâtres. Elle luisait et était si resplendissante que je m'interrogeais sur les raisons pour lesquels elle aurait été enfouie dans une malle au milieu de choses ternes et aussi communes les unes que les autres.

Et des surprises et des questions, ce maudit minéral n'allait pas manquer de m'en matraquer.        

Car ce n'est qu'en serrant la pierre contre moi, que je « le » vis apparaître. Un bel éphèbe, la même illustration que dans mes livres joliment reliés, avec sa rapière, ses vêtements colorés, un prince. Un prince fantôme ? Je n'aurais su clairement le définir, ses contours étaient curieusement flous, pourtant il était tangible. Pour preuve, je parvenais même à lui serrer sa main gantée. Cette rencontre figeait dans le temps semblait surréaliste, et pourtant elle était de l’ordre du concret. Et il me fallut attendre de rentrer dans la congrégation pour voir se dissiper les doutes.

**********************

« Mais si ! Prince est assis juste là vous ne le voyez pas ? »

Est-ce ma naïveté de jeunesse qui m'a curieusement poussé à vouloir partager un peu de cette magie, sans douter de ses conséquences ? Sans doute. Personne ne me croit lorsque j'évoque le Prince, et si les adultes s'amusaient au départ de mes élans d'imagination, ils en ressortent aujourd'hui fatigués et inquiets de mon état. Mon chambellan m'a surprise à converser toute seule l'autre nuit, alors que je discutais avec ce « mensonge », cette « hallucination »  comme ils l'appellent. Les domestiques commères m'insultent également de folle. « C'est étrange pour une fille de son rang, à bientôt neuf ans... ». Mes parents ne partagent pas ma foi, en palissent de honte et de terreur. C'est pour cela, qu'ils ont fait venir l'un de leur « ami ». Un quarantenaire à lunettes qui me mitraille de questions. 

« Peux-tu me le décrire ? »

« Il est grand, une musculature discrète, les traits du visage fins... Ses cheveux sont attachés en un catogan et c'est un homme plutôt bien vêtu. Une rapière est accrochée sur ses hanches... »

« Depuis combien de temps le vois-tu ? »

« Un an... »

Ma voix s'étrangle de faiblesse. Le scepticisme de l'homme en face de moi en est quasi palpable. Pourquoi me fait-on perdre mon énergie avec sa visite si lui aussi est incrédule ? Tout à l'heure, ce même monsieur, m'a donné la consigne de remplir un questionnaire et de faire une série de tests. Il les a ensuite rangé sans hausser un sourcil, avec l'expression facial d'un joueur de poker. Il me pose des questions et m'écoute... Avant de me répondre par une autre question. Comme s'il était détaché de mon sort, guidé par des automatismes verbaux... Mère et père m'ont conseillé de répondre en toute sincérité à ses interrogations. Mes livres tant adorés m'ont été retirés – cela pourrait me conforter dans mes pensées « délirantes » – vous visionnez le chantage ? Je suis forcée de livrer mon âme et ses secrets pour accéder au peu de liberté d'esprit qui m'est dû. Je suis épuisée, tant pis si la lumière de Prince est trop faible pour eux... Je veux juste retrouver ma tranquillité d'avant. 

**********************

L'entretien avec l'homme vient de se conclure. Je lui emboîte le pas discrètement, alors qu'il vient de sortir. Il discute avec mes parents. Mon père reste intègre tandis que ma mère enlace sa mâchoire de sa main pour l'empêcher de trembler. Doucement, ayant marché à quatre pattes pour me faire aussi silencieuse qu'une ombre, j'écoute leur conversation. Sans gêne, car je soupçonne d'en être le principal sujet. Les enfants sont loin d'être limités. Même s'ils ne comprennent pas toujours des situations explicites, ils en cernent parfois l'étrangeté. Et cet échange avec « l'ami » de mes parents, était bien trop singulier pour être anodin. Ils parlent entre adultes et utilisent un jargon alambiqué. Le monsieur prononce des mots comme aliéniste, psychanalyse et psychose. Qui sonnent comme des coups de pieux pour ma mère chérie. Alors, j'attends qu'ils aient raccompagné l'homme à son fiacre et je cours jusqu'à la bibliothèque familiale, là où sont agencés les livres d'étude. Je décortique les encyclopédies pour finalement trouver l'objet de mes recherches, une simple définition.

Psychose : Maladie mentale caractérisée par le délire, la perte du contact avec le réel.

Des frissons tels des petits insectes parcourent les pores de ma peau. Je serre ma pierre encore plus fort, regarde le Prince, ferme véhément les yeux au point de me dessiner des rides sur le front... Perdue. « Que vais-je devenir ? ». La plus pire des questions pouvant exister. Car à contrario du « Qu'est ce que je fais maintenant ? », cela revient à accepter de perdre le contrôle de sa vie. La pire déchéance possible pour un humain.    

**********************

A quand remonte ma présence derrière ces mûrs ? Des semaines ? Des mois ? Y aurais-je passé un an sans m'en rendre compte ? C'est une possibilité qui n'a plus son importance désormais. Mon temps se répète en boucle et en boucle. Père et mère m'ont dit de suivre le monsieur poseur de questions. Que c'était pour mon bien. Que j'avais besoin de repos. Je décelais le mensonge sous leurs paroles trop doucereuses pour être authentiques. Pourtant, j'ai acquiescé en toute connaissance de cause. Voir mes parents dépérir sous la peine et les lazzis de leurs piques-assiettes d'amis, était devenu tellement pesant... Je ne sais plus quoi penser de cette décision aujourd'hui. Le simple fait de réfléchir est un effort me drainant une énergie que je n'ai pratiquement plus. Je me sens de plus en plus vide, léthargique, dans un état plus proche d'une mort consciente, que de l'apaisement que les médecins décrivent...

Parlons en de ces fidèles hommes et de leur belle vocation. La médecine noble sauveuse de vies n'a pas sa place dans cet établissement. Ici tout n'est que mort... de l'esprit et de toutes les émotions qui vous rendent humain. Les remèdes, ces poisons, se résument à des pilules qui écorchent l'œsophage et des piqûres aussi douloureuses que le dard d'une abeille. Des œdèmes sont apparus sur tous mes membres à cause des nombreux coups de seringues répétés. Membres devenus atrophiés, la faute à un confinement quasi permanent et au manque d'activité qui en découle. Dans ce lieu « reposant », plus de livres et de jolies histoires. Tout est attente constante. Et si vous pensez que le sommeil serra votre seule échappatoire, détrompez-vous, celui-ci sera empli de rêves désagréables...

Heureusement que « lui » est là. Prince est mon seul ami. Personne ne sait que j'ai conservé ma pierre. Il a beau être le fautif qui m'a conduit dans cet endroit sordide, étrangement, il est maintenant le seul pouvant me maintenir dans la réalité. Ô bien sur, d'autres « personnes comme moi » errent dans ces quelques parcelles de liberté nous étant autorisées. Elles cirent, hurlent, délattent des propos curieux ou effrayants... Je fais tout mon possible pour rester cloisonnée. J'ai si peur que leur folie – qui est réelle – m’atteigne et me contamine pour de bon.

Il me reste une poignée de bon sens qui s'effrite de plus en plus chaque jour. Les docteurs me disent souffrante d'un mutisme. Je ne réponds plus à leurs questions, je n'en ai plus la force. Mon corps aminci me fait de plus en plus souffrir. L'autre jour, ils m'ont sanglé sur un lit... Je le voyais comme un linceul. Si jamais je sors intacte de cette prison, je ne pourrai jamais regagner sereinement mes draps, je le sens.  

**********************

Encore une séance, je suis harassée. Des cernes surlignent mes pupilles hallucinées. Les traitements répétés ont rendu ma peau sèche. Mes cheveux sont devenus mous et plats à force de ne plus voir la lumière. Je projette d'abdiquer. Peut-être qu'en mentant, qu'en reconnaissant mes hallucinations, les aliénistes me laisseront partir. Je veux juste revoir père, mère, le manoir... Et vivre comme avant. L'homme chargé de cet entretien est le docteur Verdier. Une silhouette que je n'avais vu auparavant... Mais quelle importance ? Les visages se perdent dans ma tête à chaque gorgée de traitement que j'ingère, parfois sous la contrainte...

Cet faciès que je catégorisais déjà d’anonyme, allait se graver au plus profond de mon encéphale. Christophe Verdier, se présenta comme le sympathisant d'une organisation que je peinais à comprendre. Les médicaments rendaient mon jugement encore vaseux... Cependant, c'est lorsqu'il se félicita de pouvoir me faire sortir d'ici, que je saisis pleinement la fin de mon malheur. Je lui sautai au cou, faisant bien fi de l'étiquette. Je peinai à dire un merci, ma voix s’éreintait dans un sanglot.

**********************

Mon entrée à la congrégation fut plus que salutaire. Je pus me refaire rapidement une santé et retrouver mon entrain coutumier. Une salvation due à monsieur Verdier et à l’organisation dans sa globalité. Les quartiers sont si vastes, que je ne me sens jamais confinée, à contrario de ma vie précédente. L'espace dispose d'une bibliothèque bien fournie, que ne manque pas de ponctuer de visites régulières, de bains relaxants, d'une cuisine gigantesque... J'ai même ma propre chambre, que je déserte parfois lors de nuits difficiles pour achever mon sommeil sur le divan d'une salle commune.  

Des étonnements ? Mes yeux n’arrêtaient pas d'en ciller lors de mon arrivée. Des gens aussi excentriques qu'attachants, ces histoires d'innocences et de démons – les akumas – à combattre, ces narrations apocalyptiques me désignant comme l'une des élues du divin apte à sauver le monde... Fascination, stupeur et tressaillement   agitaient positivement mon myocarde, de la même façon que ces femmes se laissant aller à la lecture d'ouvrages gothiques.

Comme mon moral autrefois brisé et reconstruit, ma pierre, mon innocence a changé elle aussi de forme. Les scientifiques de l'ordre l'ont façonné en un curieux livre en simili-cuir, de sorte à l'optimiser. Sa nature en a été altérée puisque maintenant, les créatures que je matérialise prennent place concrètement dans la réalité, même si leur existence reste vaporeuse.

Être une compatible et non une démente fut un soulagement indicible pour mon esprit. Malmenée psychologiquement, assommée de comprimés, je commençais à douter de mon propre état. Plusieurs fois, mon regard s'humidifiait... Mais je n'ai jamais délivré les digues de mes larmes. Ayant déjà le statut d'une exorciste-enfant au passé difficile – chacun à le sien – je refuse que mes pairs me dédaigne en pauvre chose.

C'est au maréchal Froi Tiedoll que la hiérarchie a jugé bon de m'assigner. Un homme d'une rare et incroyable bonté. Son comportement est paternel envers ses protégés. Peut-être que c'est une partie de cette tendresse qui m'a permis de m'épanouir pleinement. Il est une figure bonne à suivre.  

Mes parents me manquent, indéniablement. Pourtant, malgré leur décision qui pourrait lâcher une médisance et leur tatouer le nom de bourreau sur le front, je n'arrive pas à leur en vouloir. Je n'ai même aucune haine à leur égard, jaugeant leur habitude comme « juste » et très digne pour leur rang. Nous nous reverrons un jour certain, tant que nous vivrons. J'aime m'accrocher à cette certitude ô combien précaire.

Des affrontements, j'en ai vu quelques uns... Je m'en souviens assez pour avoir vécu ma première expérience vis-à-vis de la mort. Et c'est si écrasant. La définition de ce sentiment de « jamais » qui s'écrit en majuscule et qui est inexplicable pour celui ou celle qui n'y a pas était confronté... C'est tétanisant. J'aborde avec appréhension les combats. Et lorsqu'un anonyme me substitue le trépas, j'en éprouve un écœurant soulagement qui m’épouvante. Mon statut de pareille froussarde est haïssable... Je me fais honte, me brime parfois. Mes idées se bloquent et je me laisse volontiers guider par des automatismes de survie lors de batailles ardues... Mais peut-être qu'un jour la brillance qui mène ma vie quotidienne sera capable de faire luire des émotions fortes et téméraire lors de rixes. Je veux y croire.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter

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MessageSujet: Re: Lisette Delcambre ~ L'imaginaire de ses iris bleutés peignait deux planètes jumelles colorées de chimères. Jeu 20 Aoû - 21:03

Fiche technique de Lisette DelcambreFairytales Fantasy
L'innocence de Lisette est façonnée sous la forme d'un livre à la couverture et aux pages épaisses, d'un acabit encyclopédique. Sa reliure en simili-cuir est ornée d'un cristal verdâtre, bien incrusté, qui semble enraciné dans la matière par de curieuses boursouflures veineuses. Le papier de l'ouvrage se veut d'une qualité moindre, propre à être déchiré sans effort. On remarquera aussi, la présence d'un joli marque page, sous la forme d'un ruban carmin, pendant comme une curieuse langue reptilienne.

L'arme de notre exorciste se dénomme Fairytales Fantasy – sobriquet réduit bien souvent à Fairytales. Et inversement à la plupart de ses confrères, n'est pas un outil destiné aux affrontements directs. Puisque Lisette reste, elle-même, assez passive lors de confrontations.  

Son pouvoir se résume à matérialiser des personnages fictifs dans la réalité en arrachant une page de son livre. Un don qui n'est pas aussi simpliste, si on s'élance dans son analyse. 

Le taux de synchronisation de la charmante gamine a été évalué à 70% à son arrivée dans l'ordre de l'ombre. De fait une véritable connexion existe entre Lisette et son innocence. Un lien plus étroit qu'il n'y paraît, car les habiletés de matérialisation de l'exorciste sont reliées à son imaginaire. Son subconscient étant peuplé de créatures et de protagonistes de contes depuis minot, on peut supposer que c'est ce « conditionnement » qui la pousse inconsciemment à faire apparaître des éléments aussi fantaisistes.    

Pour éviter des effets très délétères dus à un pauvre mental éprouvé rapidement – et étant plus ou moins fragilisé de base  – la demoiselle est dans l'obligation d'arracher une page correspondante au personnage qu'elle souhaite invoquer pour concentrer son imagination sur une identité fixe. Sans quoi des symptômes et événements très désagréables pourraient se rebeller contre elle. 

Ses invocations étant fortement liées à sa psyché, Lisette les contrôle par l'esprit dans la mesure où elle est consciente et concentrée. A ajouter que ses créatures sont aphones et « vivantes » car elle les projette dans le monde du réel. Elles ne sont pas dotées d'émotions propres et sont ni plus ni moins que des sortes de marionnettes que Lisette anime à sa guise. 


A t t a q u e s
Les attaques de Lisette sont purement offensives et pourraient se diviser en plusieurs catégories, réparties en fonction du niveau de ses techniques.

NIVEAU I

Le chasseur : Protagoniste ou antagoniste de légende, cette entité aux traits de Robin des bois, est équipée d’un tromblon et d’un arc. Gère résistant et agile, il peut cependant s’avérer utile en dehors de rixes, son coté huntsman ressortant alors, il peut traquer des pistes d’empruntes comme un limier. 

NIVEAU II

Le prince : Un personnage auquel elle est fortement rattachée, pour avoir été le premier qu’elle a rencontré. Il est physiquement le damoiseau atypique des contes et n’a pour seul réel critère de bien savoir se battre avec une rapière.

Les anthropomorphes : Maître corbeau, le grand méchant loup, le chat botté de Charles Perrault… Des animaux à l’allure et aux manières humaines, qui sont si coutumiers dans les histoires, comme dans Alice au pays des merveilles ou l’île du docteur Moreau. A ce stade d’activation, Lisette peut solliciter l’une de ces figures emblématiques, qui guerroiera à sa place, avec les caractéristiques sauvages lui étant propre.   


C o n t r a i n t e s
Le don de Lisette est étrange, peu conventionnel et porteur d'une vraie force si l'on prend le temps de méditer sur son avenir. Un pouvoir qui est contrebalancé par un bon nombre de contraintes. Ce que l'on nomme le revers de la médaille. 

Tout d'abord, et le point le plus frappant, envers ses alliés inquiets et ses ennemis réjouis, est l’inaptitude au combat physique de notre exorciste. Si elle reste un adversaire sérieux lorsqu'elle use la puissance de son innocence, elle mue en une proie totalement dépourvue quand elle s'en retrouve privée. Musculature inexistante. Manque de ressources. Constitution très faible. Mais surtout enfant, Lisette ne profite pas de la même résistance qu'un adulte. Et cette cruelle jeunesse s'impose dans bien de ses faiblesses. 

Si Lisette est physiquement désavantagée, elle l'est aussi d'un point de vue psychologique. Là encore, la raison de l'enfance est une caractéristique impardonnable. Lisette est aisément apeurée devant l'angoissant – ses troubles d'ordre phobique la déversent également. Ô bien sur, elle est capable d'intérioriser ses ressenties jusque dans une certaine mesure, pour ne pas paraître pathétique. La brave petite. Mais à contrario des « grandes personnes », Lisette dispose d'une incapacité à prendre du recul et serrer les dents lors des situations extrêmes. La peur la dominant, elle cède facilement à la panique devant les dangers mortels.      

Des défauts dont la congrégation à bien conscience. Puisque la jeune fille a très peu été envoyée au front pour le moment. Ce qui hélas, la conforte dans sa maladresse à gérer les crises.

Son innocence est source de tourment, poussée à une utilisation prolongée et excessive. Des effets néfastes apparaissent en crescendo, selon le pallier des pouvoirs utilisés. Au premier niveau, Lisette ressent des étourdissements. Son esprit étant connecté à son innocence, cela se traduit par des temps de latence qui affectent les créatures invoquées... Enfin l'utilisation du pluriel est peu adroite, puisque Lisette ne peut matérialiser qu'une créature à la fois. 

Au second niveau d'activation, les effets se font plus graves. Des crises de tétanie agitent les muscles de notre petite exorciste, accompagnées de nausées pouvant aboutir à quelques vomissements et des capacités physiques et mentales amoindrie. A ce stade, la vulnérabilité de Lisette commence à se faire palpable. 

Au troisième et dernier pallier, les répercutions néfastes de l'innocence en deviennent des séquelles susceptibles de laisser jusqu'à quelques semaines de rétablissement. Lisette devient fiévreuse, sa tension baisse jusqu'à l’enraciner dans le sol, ses articulations se crispent et des lésions musculaires assènent aléatoirement son corps.  Jusqu'à sombrer dans l’inconscience. Pauvre chose étendue inutilement à terre.     
    
En parallèle à ces effets et de part sa connexion très marquée à ses créatures, Lisette partage également leurs douleurs, et les vit à leur place. Après tout un personnage de conte n'est fait que de papier et d'imagination, il ne peut concrètement souffrir. Plus le niveau d'activation est haut, plus la douleur est atroce. Un contre coup que la petite fille redoute beaucoup.

Pour conclure, commentons que le bestiaire de Lisette est assez limité. Et que ses personnages gagnent en fragilité au prorata de leur puissance. Après tout ils ne sont nés que d'une feuille de papier et des songeries d'une gamine à l'univers intérieur bien coloré.

(c) Reever Wenhamm pour DGM: Lost Chapter
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MessageSujet: Re: Lisette Delcambre ~ L'imaginaire de ses iris bleutés peignait deux planètes jumelles colorées de chimères. Jeu 20 Aoû - 21:27

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Lisette Delcambre ~ L'imaginaire de ses iris bleutés peignait deux planètes jumelles colorées de chimères.
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