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[Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut

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MessageSujet: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Ven 21 Aoû - 11:47

L’odeur entêtante de la terre mouillée emplissait les narines d’Aon, masquant avec difficulté celle, plus froide, plus mortifère, du sang qui s’écoulait de sa tempe et de ses lèvres entrouverte. Ses cheveux collaient à son front, trempés, luisant d’une eau gorgée de peine et de souffrance alors qu’un déluge de douleur se libéra dans les veines de l’exorciste, arquant son corps dans un hurlement brisé résonnant entre les murs à moitié effondrés de la rue dans laquelle se trouvait son corps meurtri. Jamais il n’avait eu aussi mal, ayant l’impression que tous ses os se défaisaient en un concert de craquements sinistres et que sa gorge se liquéfiait sous l’action d’un acide inconnu au goût de bile et de haine.

La mission qu’on lui avait confiée était, à la base, de simplement enquêter, beaucoup le considérant comme trop instable pour le moment pour l’envoyer dans un combat où il pourrait risquer sa peau, bien que cela démangeait apparemment certains. Il s’était ainsi retrouvé dans cette petite ville où la probabilité de trouver une innocence était assez forte suite à des rumeurs prétendant que l’eau de la fontaine faisait des miracles. Aon y était donc allé, n’y croyant guère, accompagné de Pierre, un traqueur lui aussi français avec qui il avait pu discuter. Rapidement, des tensions étaient apparues entre eux. Pour une futile raison en plus. L’aveugle parlait breton, venait de cette région, et s’était retrouvé face à un républicain convaincu qui pensait cette région entièrement remplie de chouans. Venait d’une personne qui semblait pourtant éduquée, l’exorciste s’était retenu de l’incendier sur pied, lui répliquant juste qu’il se trompait, ce à quoi l’autre répondit qu’il savait mieux que lui ce qu’il fallait en penser. Un grognement de mauvais augure était sorti des lèvres du breton qui avait serré les poings. Il détestait ce genre de personnes à l’esprit étroit et ne se retint de lui mettre une beigne que grâce à Ahès venue se poser sur son épaule, faisant se figer le traqueur. Le reste du voyage s’était déroulé dans un silence de mort.

Et puis ils étaient arrivés… La ville s’était montrée incroyablement silencieuse, bien trop au goût de l’aveugle qui avait immédiatement arrêté ses pas à l’entrée de la bourgade, sourcils froncés. Cela sentait le piège à plein nez… Un brouillard glaçant planait dans les rues et les ruelles du fait de leur arrivée matinale, effaçant les contours, donnant au lieu un côté effrayant d’irréel. Quelque chose clochait. Même le traqueur s’était figé un long moment à ses côtés avant d’avancer, ses pas résonnant entre les murs glacés. Aon avait renvoyé Ahès dans le ciel avant de le suivre, tous ses sens aux aguets. Hors de question qu’il la mette en danger, il tenait bien trop à elle.
L’explosion était survenue quelques secondes plus tard, secouant la terre et projetant les deux hommes contre le mur le plus proche. Vivement, l’exorciste s’était levé, activant son innocence qui s’était mise à le tirailler, faisant face à une dizaine d’akumas de niveau 1, accompagnés d’un ou deux akumas de niveau 2. Aon grimaça. Puis ce fut le combat.

Le chant de l’aveugle se répercuta contre les murs entre deux explosions, l’exorciste se trouvant obliger de bouger pour ne pas se retrouver dans une mauvaise position, rendant le combat, pour lui, encore plus complexe, jusqu’au moment où, acculé, il se décida à activer le troisième niveau de son innocence, s’immobilisant immédiatement alors que les premières notes du requiem déchirèrent l’atmosphère oppressante qui l’entourait. La lueur du tatouage sur sa gorge se fit plus vive alors qu’à ses côtés apparaissait une femme fantomatique tenant dans ses mains une épée à la lame gravée de runes. Elle s’élança, légère, aérienne et mortelle sur les machines du Comte, insaisissable guerrière dont les mouvements se coordonnaient au rythme de la musique. Le carnage dura encore un certain temps, épuisant progressivement l’aveugle qui y mettait toutes ses forces, jusqu’à ce que le dernier akuma n’explose dans un bruit de ferraille tordue et une odeur de rouille et de mort. Le brun ne put résister à l’explosion et se retrouva une nouvelle fois projeté contre le mur le plus proche, se prenant de plein fouet les arrêtes des briques à découvert dans les côtes, le laissant s’effondrer telle une poupée de tissus au sol.

Le sifflement de sa respiration s’amenuisait de plus en plus. L’aveugle cracha du sang sur le côté dans un dernier effort alors qu’il sentit vaguement Ahès se poser à ses côtés, hululant d’inquiétude, lui donnant des coups de tête afin d’essayer de le ramener de l’inconscience qui prenait possession de ses membres. Une nouvelle vague de douleur cloua le breton au sol alors qu’il s’évanouissait dans un dernier hurlement, incapable d’en tenir davantage.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Ven 21 Aoû - 12:24

Je le sentais La respiration saccadée à force de courir pour combattre, les battements frénétiques de cœurs sur le point d'exploser et l'odeur de leur peur, la peur de mourir, de souffrir, de ce qui pouvait leur arriver si l'innocence les touchait. Oui, je sentais tout cela. Et j'en vibrais. Malgré toutes ses sensations, l'adrénaline, la peur, le regard fou des démons qui se rendent compte qu'ils vont bientôt crever, la joie de savoir qu'on a gagné. Oui, tout ça, peu importait le nombre de promesses que je pouvais faire, jamais je ne pourrais vraiment arrêter. C'est une drogue. Une drogue violente, malsaine, qui blesse la victime comme le prédateur. Mais ça reste une drogue quand même, dont j'ai besoin pour me sentir vivre, comme un mauvais ersatz d’héroïne. Et de toute façon, il n'y a plus rien à blesser chez moi. Tout est déjà mort.

Alors je suis là, dans les avenues de cette ville fantôme. Je traque, Je surveille, j'écoute. Même s'il y a des qualités à la Congrégation, personne ne se pose de question quand quelqu'un disparaît. Ça arrive, c'est tout, même ici.. Je ne pouvais me résoudre à abandonner les missions, car c'était si inquiétant, et en même temps si entraînant, car chaque tournant, chaque bifurcation, chaque cachette sent la mort. Le manque de lumière, l'odeur, l'atmosphère, tout ici incite à la peur, affole la moindre âme qui n'a pas l'habitude de faire face à la mort. Il n'y a pas la place pour les petites natures aux fin fond des ruelles sombres, et cela est d'autant plus vrai lorsqu'on s'y trouve pour combattre le diable.

Ce monde est mort et creux, pas la moindre âme ne de meure en ce lieu maudit, et si je ne savais pas encore pourquoi, je me doutais bien que très bientôt je connaîtrais la réponse. Secrètement, j’espérais que les civils s'en soient tirés.

Après tout, eux, ils ont peur et ils courent. Pas moi.

Il suffit juste de faire son choix. Capuche rabattue sur la tête, comme à chaque fois que je partais en mission, les mains dans les poches, J’observais l'environnement glacial depuis un point d'observation d'où j'avais une vue imprenable sans me faire trop remarquer. On m'avait envoyé ici pour une bonne raison. Envoyé ? Pas vraiment à vrai dire, mais à l'entente de l'ordre de mission de l'aveugle au détour d'un couloir, je ne pouvais me résoudre à le laisser y aller seul. Je me sentais responsable de mon ami, d'autant plus que je ne l'avais pas revu depuis mon long séjour à l'infirmerie, alors que les nurses faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour retirer la blanche, le poison insidieux dans mes veines.

Depuis mon coma en réalité … Peut être m'en voulait il ?

Mais ça n'avait pas d'importance, personne n'avait le droit de lui faire du mal, nous étions une équipe, et si il lui était arrivé la moindre blessure, alors …

Le bruit d'une explosion me fit rapidement relever la tête.

Il était là, j'en étais persuadé.

Je sautais immédiatement du muret où je reposais et, sans attendre plus longtemps, traversa ruelles sombres et routes éclairées par le paresseux soleil matinal, me dirigeant vers la source des lugubres détonations. Qui d'autre qu'un disciple d'Ushiromiya aurait pu troubler le silence d'une ville paisible ? Personne, et j’espérais simplement que mon ami en était bien la cause, et non pas la malheureuse victime, car je me refusais à voir de nouveau l'un de mes amis aux portes de la Mort. La faucheuse ne me prendra par l'un des miens, pas encore.
Plus jamais.

Un hurlement déchirant, provenant d'une gorge bien trop connue, aux sonorités bien trop familières qui déclencha une nuée de frissonnements sur mon dos.

Aon.

Ma course se finie à l'entrée du village, où un agrégat de poussière, soulevé par un zéphyr, se mêlait à la brume qui m'occultait la vue, comme si ce brouillard opaque qui engloutissait la bourgade souhaitait camoufler au reste du monde le théâtre des horreurs dont étaient capables les aberrations des noés. Mais elle ne pouvait masquer ni les cratères fumant, ni le corps évanoui au sol, adossé au mur de pierres ternes constellées de tâches rougeâtres.

« AON ! »

Presque inconsciemment, je me dirigeais vers lui et me jetais à genoux pour le prendre dans mes bras, accompagné par les hululements d'une chouette tout aussi inquiète que moi.
J'attrapais le corps plus maigre que le mien pour le serrer contre mon torse en essayant de capter son pouls. Il était vivant, mais affaiblit, il avait besoin de soin et de repos. L'un de mes bras se cala dans le creux de ses genoux tandis que l'autre entourait le dos du chanteur. Je grimaçais en sentant l'ichor écarlate couler sur mes mains. Je ne pouvais le laisser agoniser ici, qui sait ? Peut être bien que d'autres monstres viendraient en renfort … et le voir dans cet état m'était insupportable.

Aussi le soulevais je doucement, attentif à ne pas le brusquer. Je savais qu'il abhorrait les contacts physiques, d'autant plus que je devais l’écœurer à présent mais … sa vie était en jeu, il était mon ami …
Il ne pouvait pas mourir.
Il ne devait pas mourir.

La chouette se posa sur l'épaule du jeune homme alors que je me dirigeais vers la première maison, la plus proche. D'un vif coup de pied, la porte en bois pourrie par le temps céda, et je pénétrais l'intérieur. Vide. Tant mieux.

Du coin de l'oeil, j'aperçus un lit de draps blanc et m'y dirigea pour y allonger le blessé. Puis je déchirais l'un des draps en de fines bandes dont je me servais pour envelopper les membres de l'exorciste et panser ses meurtrissures. Je n'étais pas doué pour soigner, pas du tout à vrai dire, mais je me doutais bien qu'en stoppant ainsi l'hémorragie, il ne pourrait qu'aller mieux. Mais ca ne l'empêchera pas d'avoir besoin de se reposer quelques temps, bien malheureusement. Alors je me levais rapidement et tira la seule chaise de la pièce pour la rapprocher du lit de mon frère d'arme, alors qu'Ahès le berçait, perchée sur le sommier. Tant pis si il affichait une mine dégoûtée en me voyant à son réveil, je ne pouvais le laisser seul, et j'étais bien décidé à veiller sur lui nuit et jour si il le fallait. Alors ma main se leva et caressa doucement la joue de mon allié, tandis que je lui murmurais d'une voix rassurante, en espérant que dans son évanouissement il puisse avoir écho de ma voix.

« Ca ira, sweetboy, je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu ailles mieux, d'accord ? »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Sam 22 Aoû - 12:17

La douleur qui coulait dans les veines de l’exorciste aveugle empoisonnait ses membres, l’obligeant à s’enfoncer dans les tréfonds de son inconscience pour espérer, désespérément, d’y échapper. Les ténèbres étaient de toute manière le quotidien de l’aveugle depuis sa perte de vue, et il avait appris à la flatter, à l’apprivoiser… Mais il restait des ténèbres qui le faisaient frémir. Celles de l’inconscience étaient de celles-là, puisqu’il ne pouvait rien y faire, se faisant emporter par une onde glacée lui coupant toute retraite et ne le relâchant que lorsque son corps jugera bon de se réveiller. Et perdre le contrôle sur soi-même était la chose qu’il détestait le plus, par peur de ne plus pouvoir revenir en arrière, par peur de se perdre et de perdre la tête définitivement. Il haïssait ce corps qui le condamnait à n’être qu’une arme au service d’un Dieu soit disant tout puissant qu’il n’arrivait pas à accepter, à comprendre, un corps défaillant et fêlé qui n’était qu’un fardeau, avec son aveuglement, ses chairs marquées de multiples cicatrices et de toutes les psychoses qui torturaient son jugement, l’entravant dans une gangue de fer d’où il ne pouvait s’extraire.

L’inconscience était reposante cependant. Plus rien à penser, plus rien à sentir, que ce soit la douleur, la peine, la haine, ou tout autre sentiment lié à la mécanique humaine dont se servait le Comte pour créer des Akumas. Sa proposition était bien trop alléchante pour les proches d’une personne fraîchement morte, chant de sirène déraisonnable qui exigeait une compensation à la hauteur du miracle. Une vie pour une autre qui sera enfermée dans un corps qui n’est pas le sien, esclave à jamais soumise à leur bourreau et sauveur détesté. L’aveugle s’était parfois surpris à vouloir y plonger et s’y laisser noyer, idées furtives qui disparaissaient bien vite, mais qui revenaient de plus en plus souvent. La mort était de toute manière omniprésente dans la vie des exorcistes, du fait de leur combat, des akumas, du Comte, des Noahs… Alors s’enfoncer dans l’inconscience et se laisser dépérir, ce n’était certes guère glorieux, mais qui pourrait leur en vouloir…

Une violente traînée de douleur brisa le cocon noir qui entourait l’esprit du breton qui se crispa immédiatement, augmentant de ce fait la portée de ces sensations qui jetaient de l’acide sur la moindre fibre de son être. Agrippant ce qui semblait être des draps, l’aveugle serra les dents, attendant que cela passe, priant mentalement pour que cela ne dure pas éternellement, au risque de s’évanouir une nouvelle fois.

Un hululement et un froissement d’aile lui apprit qu’Ahès était à côté de lui, ce qui le calma légèrement. La tête de l’oiseau se frotta délicatement à sa joue, laissant ses plumes caresser la peau de son maître qui se détendit doucement avant de ressentir la présence d’une autre personne à ses côtés. Ce ne devait sans doute pas être Pierre vu qu’il l’entendait dehors, apparemment en pleine communication avec la Congrégation. Le breton se demanda un court instant comment le traqueur avait fait pour s’en sortir et pour être moins blessé que lui alors qu’il avait aussi reçu des dégâts, avant de se dire que les Akumas avaient dû se concentrer sur lui, vu qu’il était l’élément le plus pénible à massacrer entre eux deux. Malgré l’état peu fameux de son corps qui engorgeait ses sens d’une chape rougeâtre, il arriva à discerner le nom d’un autre exorciste… Scott

La surprise fusa immédiatement dans sa tête, bien vite chassée par d’autres sensations moins sympathiques. Il n’avait pas vu Scott depuis un long moment, du fait des problèmes qui accablaient son collègue bourrin, et des missions qui s’enchaînaient pour lui. Comme toute la Congrégation, ou du moins toute l’équipe de la maréchale, il avait été au courant de l’histoire de l’overdose et de la drogue, mais s’il le traitait d’abruti notoire dans sa tête pour avoir fait cette connerie, il n’avait jamais songé à le blâmer sérieusement, car d’un il ne connaissait pas les raisons qui avaient poussées Scott à faire cela, et de deux… Même si Scott avait fait des conneries, il restait toujours Scott, point final, on passe à autre chose. Par contre, l’aveugle se jura de le secouer s’il recommençait. Il ne fallait quand même pas déconner non plus, et il n’aimait pas savoir celui qu’il considérait comme un ami dans cet état.

Se sentant incapable pour le moment de se redresser sans couiner ou crier de douleur, la deuxième option semblant d’ailleurs la plus probable, Aon se contenta de tourner légèrement la tête le plus doucement possible, étirant ses lèvres blafardes et craquelées afin de laisser sortir sa voix rauque et usée :

- Scott ?
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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Sam 22 Aoû - 12:43

J'étais à la fois surpris et étonné de voir Aon ici dans cet endroit qui semblait presque à l'écart du monde, mais plus encore, j'étais en colère. Voir le visage souffrant de mon ami, livré à lui même, sans aide quelconque, surtout dans cette ville qui m'était complètement inconnue, et qui me semblait desespèrement vide, m'était insupportable. D'autant plus que je n'étais pas sûr de pouvoir prendre soin du blessé : je m'y connaissais autant en soin et en médicaments qu'en physique quantique, et mis à part bander des plaies plus ou moins correctement, je ne pouvais pas faire grand chose pour lui, pas même lui donner de quoi taire la douleur. Je devrais faire appel à mes plus profonds souvenirs et à la miséricorde divine pour aider mon ami ... Il n'y avait plus qu'à espérer que Dieu ne reste pas muet à nos prières.
Alors, après un simple hochement de tête, le sourire aux lèvres,je me rapprochais de mon frère d'arme en passant doucement sa main dans ses cheveux.

« En chair et en os, tu m'as fais une sacrée frayeur l'ami. »

Je lui fis un petit sourire en tapotant son épaule avant de caresser sa joue en m’asseyant à ses côtés. Il me semblait encore affaiblit, le pauvre devait avoir reçu de sacrés coups. Mes dents se serrèrent une nouvelle à l'idée que l'Administration Centrale ait pu l'envoyer ici sans le moindre renfort, ni la moindre compagnie, il était hors de question qu'il quitte ce lit. J'étais bien décidé à l'y attacher si il le fallait. Tant qu'il ne serait pas complètement remit, il n'y avait aucun risque que je le laisse aller au front, mais avant toute chose, je me devais de le rassurer … Enfin, autant que faire se peut.

« On ne s'est pas vu depuis longtemps. Je te demanderais bien si tu vas bien mais … Le moment me semble assez mal indiqué. »

Je lui fis un petit clin d’œil et sauta du sommier pour m'étirer un grand coup. Puis, une fois la pause dramatique rondement menée, espérant qu'il ne profiterait pas de ce court laps de temps pour me sermonner sur mes récents problèmes de « santé » alors qu'on avait à faire avec les siens.

« Je vais essayer de te soigner, ce ne sera guère efficient, mais je ne peux guère faire mieux pour le moment, désolé. Ensuite, je m'occuperais des akumas. »


Peut être qu'il me dirait que je n'avais pas à affronter les machines organiques seul, dans mon état, ou peut être aurait il confiance en mes capacités. Peut être me traitera t-il d'inconscient, ou se contentera t-il de fermer les yeux et de sombrer dans la douceur d'un sommeil réparateur.

Alors je me saisis de pansements et d'onguents présents dans ma besace, et entreprit de libérer les plaies de leur prison de tissus, avec mille précautions, quand bien même mon camarade s'était il surement déjà habitué à mon toucher. Avec autant d'attention que si je manipulais une fleur de cristal, je comprimais les plaies de mes bandes de tissus, laissant le cataplasme agir sur les blessures à vif de mon petit frère, durant de nombreuses minutes, des dizaines peut être, avant de me saisir de l'unique médecine présente dans mon piètre baluchon, quelques calmants que je pris le temps de lui administrer avant mon départ


« Je dois y aller, ne bouge pas d'ici, d'accord? »


Quoi qu'il dise, je n'attendais pas de réponse, quoi qu'il fasse, ca ne changerait rien.

Je n'avais aucune intention de laisser les serviteurs du Faiseur troubler son repos.

« Je ne les laisserais pas te faire le moindre mal, alors essaye de te reposer, d'accord ? »


Je me craquais les doigts en levant les bras en avant, tout en continuant à sourire doucement, de ce sourire qui n'appartenait qu'à moi. Après tout, si je ne faisais pas l'effort d'étirer mes lèvres, qui d'autre le ferait ? Qui d'autre apporterait un peu de lumière, même ténue, dans l'obscurité de nos combats incessants ?
Personne

Sans plus de cérémonie, je me dirigeais vers la porte, non sans glisser à mon ami, une fois arrivé à l'embrasure de la porte, comme un murmure, presque une confidence.

« Prends soin de toi, s'il te plaît. Tu es très important pour moi, tu n'imagines même pas à quel point ... Alors je t'interdis de mourir. »


Puis avec un petit clin d’œil et un nouveau hochement de tête j’émergeais de la maison de pierre, éblouis un court instant par la lueur du soleil matinal.

Une brise glaciale vint mordre ma peau et lécher avidement mon épiderme. Un tressaillement se répandit dans l'intégralité de mon corps, réchauffant mes membres. L'effet de l’adrénaline. En face de moi, un agglomérat de globes hideux perclus de canons grotesques, et d'humanoïdes aberrants semblaient me veiller, comme autant d'anges démoniaques, de moissonneurs venus conduire mon ami au purgatoire.

De futiles espoirs, je ne les laisserais pas toucher le moindre de ses cheveu.

Mes avant bras s'illuminèrent d'une aura bleutée sans que je ne quitte un seul instants les machines du regard.

Peu importait les chemins que j'aurais prit, cela s'achèverait ainsi, comme cela devait se finir pour tout soldat. Ça se serait toujours achevé de cette façon : Dans le sang et la violence, bercé par les cris et les pleurs.
Et alors que je me projetais vers eux en grondant ma colère, prêt à annihiler toute trace de résistance, une étrange pensée germa dans mon esprit.

Ces monstres ont ils un cœur, caché sous cette carapace de fer ?

Si tel est le cas, qu''ils en profitent et respirent.

Ils sont à l'aube de leur dernier souffle.

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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Sam 22 Aoû - 16:02

Son corps le faisant souffrir, laissant une douleur sourde s’emparer de ses membres, les rongeant tel un acide invisible s’amusant à délier les nerfs et les fibres de ses muscles, de ses os, de son âme. Oh certes, il avait connu pire, bien pire même, sentant le frôlement lointain d’une faux vrombir imperceptiblement à ses oreilles lorsque, épuisé, en sang, son corps se trouvait étendu sur les pavés après une volée de coups dont il ne comprenait pas la raison…

Mais il n’était pas ici sur la place d’un quelconque village. Il était sur un champ de bataille, là où la moindre faiblesse, où la moindre blessure ne faisait qu’emporter un peu plus les corps dans le royaume sombre d’Hadès, là où la lumière ne parvenait jamais, la terre l’empêchant de réchauffer les joues glacées de ces morts, l’empêchant de leur apporter un peu de chaleur. Après tout, c’était inutile… Inutile pour leur corps, et les âmes, elles, se voyaient contraintes de rester dans ce tombeau gelé, sans espoir de sortie.

La voix de Scott le sortit de ces sordides pensées, déchirant légèrement le voile douloureux qui enserrait ses sens et lui permit de se faire vaguement une idée de l’endroit où ils se trouvaient grâce à la réflexion du son contre l’environnement. Concentré sur cette tâche, l’aveugle ne remarqua pas la disparition doucereuse de la voix de Pierre, comme s’il se fondait peu à peu dans un brouillard de silence, finissant par disparaître totalement, sans bruit et sans éclat, dans l’atmosphère cotonneuse de cette ville oubliée par les hommes et le temps.

Un vague sourire traversa les lèvres du brun aux paroles de Scott, paroles qui semblaient presque résonner dans la petite pièce miteuse rongée par l’humidité, des champignons rongeant les poutres, un lichen rougeâtre commençant à envahir les murs, semblant se mêler à la mousse verdâtre qui apposait lentement sa signature sur les parois abandonnées. En soit, c’était un miracle que les bandages de l’exorciste, formés à partir des draps du lit, soient encore assez propre pour se faire…

L’aveugle ne fit aucune remarque à son coéquipier, se contentant de lui faire confiance. Après tout, il n’avait guère le choix, son corps l’empêchant pour le moment de se relever et de partir de nouveau au combat, et puis… Aussi curieux que cela puisse paraître de sa part, il avait confiance en ce grand escogriffe d’américain, ressentant l’attachement qu’il portait à son égard, un peu comme celui d’un grand frère envers son cadet, même si, dans ce cas précis, les rôles étaient inversés puisqu’Aon était censé être le plus vieux dans l’histoire. C’était assez nouveau pour le breton, lui qui n’avait jamais eu la possibilité d’avoir un frère ou une sœur, mais curieusement, ce lien, il voulait s’y accrocher et ne pas le laisser se briser. Ahès l’avait d’ailleurs remarqué, et ses yeux sombre s’étaient allumés d’une lueur fière et chaude, heureuse que son maître baisse un peu ses défenses et se laisse aller à se lier aux autres.

Aussi resta-t-il tranquille lorsque l’exorciste aux yeux verts se pencha sur son corps afin de le soigner de son mieux, avec les moyens du bord. L’aveugle ne dit pas un mot, serrant juste les dents lorsque ses blessures se faisaient plus mordantes sous les doigts de Scott, traversant ses nerfs d’un éclair brûlant de douleur, le cataplasme pénétrant lentement dans sa chair, anesthésiant faiblement cette douleur sourde et mauvaise.

Ce ne fut que lorsque l’exorciste quelque peu frondeur lui administra des calmants que l’aveugle sentit son corps se faire plus lourd, moins sensible, l’enfonçant un peu plus dans le matelas se trouvant sous son dos. La voix de Scott lui parut lointaine, presque irréelle.

- Je ne risque pas de bouger tu sais… Fais attention à toi… Penn karn…

Sa bouche lui paraissait pâteuse, sa voix endormie. Il n’avait pourtant aucune envie de plonger dans les bras de Morphée, le stress empêchant les médicaments de faire totalement effet sur son esprit, le maintenant un peu éveillé, pas assez pour pouvoir bouger, mais assez pour entendre ce qui se passait, combien même tout ceci semblait être lointain.

« Prends soin de toi, s'il te plaît. Tu es très important pour moi, tu n'imagines même pas à quel point ... Alors je t'interdis de mourir. »

Cette phrase… Tu l’entendis, assez distinctement même, malgré le murmure qui l’avait porté, avant que les bruits d’explosion ne secoue ta psyché ballotée entre l’éveil et le sommeil par l’adrénaline qui pulsait au fond de tes veines. Tu n’eus pas le temps de répliquer, car il ne s’était écoulé qu’un fragment de seconde avant que l’exorciste aux yeux verts ne reparte au combat, te laissant sur ce lit où tu n’arrivais pas à trouver le repos, trop inquiet pour lui. T’interdire de mourir... Un étrange pincement au cœur te fit légèrement grimacer. C’était bien la première fois qu’on t’imposait cet interdit, qu’on te faisait comprendre qu’il était hors de question que tu disparaisses…

Doucement, Ahès vint mordiller légèrement la joue de son maître, l’aidant à rester un peu plus éveillé sachant qu’il ne voulait pas dormir. Elle s’inquiétait pour lui et pour Scott, restant calmement à sa place, tournant la tête de temps à autre vers la porte. L’aveugle espérait que le combat qu’il entendait vaguement se terminerait bientôt, se demandant d’ailleurs pourquoi il y en avait tant dans cette ville… Il ne put s’empêcher de se baffer mentalement pour sa bêtise. Qui disait innocence probable disait également des envoyés du Comte afin de faire main basse dessus… Restait désormais à trouver cette innocence…

Une présence furtive et soudaine dans la pièce lui fit cligner des yeux et se redresser sur le lit, s’appuyant en grimaçant sur ses avants bras. À ses côtés, sa chouette hulula de méfiance, son regard sombre se plantant alors sur la silhouette malingre d’un enfant aux cheveux noirs qui semblait les observer de ses grands yeux mauves. Il leva d’ailleurs les mains en l’air et se recroquevilla légèrement, semblant effrayé par l’oiseau de nuit qui ne le quittait pas des yeux. Elle ne savait pas d’où ce petit garçon était apparu, et cela la gênait terriblement…
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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Sam 22 Aoû - 17:09

La guerre ? C'est un fléau. Une bataille ? C'est une drogue, douce et meurtrière, qui corrompt autant les âmes meurtries qu'elle fait bouger les corps dans un ballet funeste, où les bras se tendent en cadence tandis que les jambes semblent flotter en l'air, toutes en grâce, flirtant avec les obus pour retarder leur rencontre avec un destin macabre.

C'est la valse des morts.

Et je dansais, dansais avec les globes devenus orchestre détonnant, faisant de chaque humanoïde aberrant ma cavalière. Porté par l’éther bleutée, je les faisais tourner et tourner encore avant de les plonger dans la félicité d'un sommeil éternel.

La violence est merveilleuse, elle me provoquait les mêmes sensations, le même bonheur intense que ma Dame Blanche, l’adrénaline coulait dans mes veines et embrumait mon esprit aussi sûrement que le faisaient les seringues, bien des semaines auparavant. Chaque coup porté empuantit l'air de l'odeur âpre et métallique de la rouille, chaque impulsion lancée du bout de mes doigts occultait le soleil matinal sous un nuage de cendres. Que pouvaient elles faire, ces pauvres machines ? Pour le soldat que j'étais, elles n'étaient que piétaille, insectes balayés d'un revers de la main. Et leur piqûres n'atteindront jamais ceux que je cherche à protéger. Je ne les laisserais jamais toucher, ne serait ce que le moindre cheveux de ceux qui avaient une place dans mon cœur, car si je cherchais à protéger mon petit frère aveugle, autant des combats que de la vicissitude du monde, je me refusais tout autant à laisser ces pitoyables démons attenter à sa vie. Je tenais bien trop à lui et, vis à vis de l'absence d'Akane en cet instant, j'avais une certaine responsabilité vis à vis d'elle, pas vrai ?

Un sourire ironique fleurit sur mes lèvres à l'idée que je cherchais à le protéger tout autant du Comte et de son armée que de l'administration centrale et de son pragmatisme exacerbé prête à faire combattre autant les infirmes que les enfants. Et je le jurais devant Dieu, alors que le dernier des monstres disparaissait dans un nuage de poussière.

Jamais la Mort ne me les prendra, jamais.

Je fixais un instant le paysage désolé tandis qu'une alizée porté par le soleil levant vint faire s'envoler la poussière. Ne subsistait que cratères et bâtiments détruits comme traces de l'affrontement. Et pas un instant quelqu'un vint voir de ses yeux la source de ce tumulte, comme si j'étais seul à parcourir l'asphalte de cette cité envahie par la brume. Cette pensée m'arracha une frissonnement : Ou étaient donc passés les habitants ? Ou étaient les civils ? Les Akumas ne les avaient pas tous tués … n'est ce pas ?

Je secouais la tête en grognant, je me refusais à le croire. Toute la population d'un village ne pouvait avoir disparu sans laisser la moindre trace, pas même les marques d'un génocide telles qu'auraient pu laisser les sbires des Noah. En fait, seules celles de nos récents combats marquaient le sol et les murs, alors pourquoi n'y avait il âme qui vive ?

Avec un soupir, je me retournais et passa la porte, bras croisés derrière la nuque. J'aurais tout le temps de me poser ces questions plus tard, pour l'instant seul primait l'état de santé de mon ami. Aussi arrivais je dans la chambre avec un grand sourire rassurant, légèrement essoufflé, mais exempt de la moindre blessure : L'avantage d'avoir un temps d'avance sur des ennemis trop lents.

« Je suis de retour ! Je t'ai manqué ? »

Je m'attendais presque à entendre un « non » retentissant, mais passons. Sans attendre, je pris de nouveau place sur ma chaise, au plus près d'Aon, toujours aussi inquiet de l'état de mon ami.
Je me refusais à ce que les blessures soit trop graves, si il le fallait, j'aurais moi même été le porter à bout de bras jusqu'à la Congrégation pour qu'il reçoive les soins nécessaires … En fait, j'étais bien décidé à le faire.

« Écoutes Aon, si tu ne te sens pas capable de continuer, on peut rentrer … Je ne suis pas le meilleur medecin du monde et je sais très bien que ... »


Avec le recul, on aurait pu penser que je n'étais pas si inquiet que ça, mais les apparences étaient trompeuses : J'étais pétrifié de terreur à l'idée que les blessures soient sévères, voir pire, mortelles, et mon petit doigt me disait qu'Aon avait ressenti mon anxieté. Mon second petit doigt me disait qu'Aon feindrait la forme pour continuer cette mission, tout professionnel qu'il était, et si j'en avais un troisième, il m'aurait certainement dit de rester avec lui pour être sûr qu'il ne courait aucun risque … et pour les prendre pour lui le cas échéant.

Et c'est alors que j'allais terminer ma supplique qu'un mouvement presque apeuré sur ma gauche me fit me redresser presque mécaniquement, m'incitant à tourner mon visage vers l'apparition fugace qui, je l'escomptais, n'avait rien à voir avec les prétoriens que je venais présentement d'abattre.
Un survivant,  certes, je ne voyais que ça, mais ses yeux aux couleurs irréelles incitaient à la méfiance, au point d'en venir à poser la question qui, je le savais, était sur le bout des lèvres de mon ami.

« Qui est cet enfant ?»

Je poussais un long soupir et me mit à me balancer sur ma chaise en regardant successivement l'aveugle et le nouveau venu, le moment me semblait bien parti pour une petite réunion tout ce qu'il y avait de plus informel, car après tout ...

« En tout cas, il n'y a personne d'autre ici … à croire que tout le monde à disparu du jour au lendemain. »

Alors je me penchais vers le garçonnet, un sourire étirant mes lèvres alors que j'évitais le moindre geste susceptible de faire poindre la crainte en son cœur, et, une fois à distance respectable, ni trop éloigné, ni trop proche, je lui murmurais le plus doucement possible, malgré mon avidité de réponses.

« Dis moi petit, comment t’appelles tu, et qu'est ce que tu fais ici ?. »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Dim 23 Aoû - 19:20

Le silence s’était fait tendu dans la petite pièce, entre l’aveugle qui se tenait tant bien que mal un peu relevé sur ses coudes malingres et l’enfant apeuré qui s’était recroquevillé contre un mur, ses grands yeux semblant observer avec frayeur le brun et sa chouette, cette dernière battant légèrement des ailes en hululant, le disséquant de son regard noir d’encre, prête à l’attaquer s’il faisait le moindre geste suspect en direction de son maître. Ne pouvant en effet bouger, il était de son devoir de l’aider et de le protéger, comme elle l’avait déjà fait tant que fois par le passé, même si, bien souvent, le breton préférait la savoir en sécurité, la faisant passer elle avant sa santé propre.

L’aveugle ne tarda pas à retomber sur le lit, étouffant un gémissement de douleur, incapable de tenir trop longtemps dans cette position pour le moins inconfortable. Dehors, il lui semblait que les combats se terminaient, les explosions se faisant de plus en plus espacées et de plus en plus sourdes, finissant par s’éteindre dans le lointain, laissant une paix relative s’installer dans les rues et ruelles de ce village endormi, comme si les habitations s’étaient laissées prendre au piège de la poussière et du temps, sorte de sortilège semblable à celui qui avait enchanté le palais de la belle aux bois dormant.

Sauf qu’ici, nulle ronce ne venait protéger les lieux des visiteurs indésirables, les laissant entrer sans problèmes dans cette aire étrange et déglinguée, comme si un poison s’était infiltré dans l’air, faisant planer un mystère macabre sur ces lieux ensommeillés.

« Je suis de retour ! Je t'ai manqué ? »

Ce fut la voix de Scott qui brisa ce silence pesant, l’américain aux yeux verts s’empressant d’entrer dans la bicoque où il avait laissé Aon, s’approchant de lui et s’installant sur une chaise, l’observant avec attention, sans aucun doute très inquiète pour son état qui, il fallait le dire, n’était guère mirobolant en cet instant. Aucune odeur de sang n’accompagnait la démarche de l’hédoniste, informant l’aveugle qu’il ne s’était pas blessé dans son combat titanesque contre les Akumas tapis dans l’ombre des rues. Il les avaient fait rejoindre le paradis, loin, très loin de ces terres souillées, leur accordant par son cristal divin la délivrance éternelle qu’ils recherchaient désespérément, brisant les chaînes que le Faiseur avait érigés sur ces âmes avilies et tourmentées.

La voix de son coéquipier le ramena à la réalité, empêchant son esprit de s’en aller trop loin, conséquence directe des calmants et de l’état de ses membres qui criaient grâce et repos. Il n’était cependant pas question que tu te reposes ici, ta mission passait avant tout n’est-ce pas ? Et puis, si vous ne trouviez pas cette innocence, vous ne pourrez pas vous reposer pleinement, tendus dans l’expectative d’une nouvelle attaque d’Akuma ou dans l’attente d’un évènement étrange, pas vrai ?

Alors au diable ton corps qui te hurlait de rester allongé sur le lit de fortune, au diable cette douleur qui essayait de te plaquer contre les draps afin de mieux jouir du festin que tu lui promettais. Tu sentais faiblement l’inquiétude de Scott, inquiétude qu’il laissait entrevoir au creux de ses mots, et tu essayas malhabilement de le rassurer d’un sourire, essayant de paraître un peu plus reposé que tantôt. Mais ton masque d’illusions était bancal mon cher, et tu ne pouvais réellement tromper ton monde ainsi, combien même tu y mettais tous tes talents de comédiens.

Par chance, le petit garçon recroquevillé dans la pièce attira l’attention de l’hédoniste, te permettant de composer une meilleure imposture alors que tu te redressais sur le matelas, t’asseyant contre la tête de lit, Ahès venant se percher sur ton épaule et te donner un léger coup de tête, t’informant de sa présence à tes côtés et de son soutien indéfectible qui te fit sourire et lever la main vers son bec, y appliquant une légère caresse.

-Je ne sais pas… Il n’a pas prononcé un mot depuis qu’il est… Apparu ici…

Le mot était sorti de ses lèvres sans qu’il n’y fasse vraiment attention, exprimant une réalité étrange, absurde même. Personne ne pouvait apparaître soudainement dans une pièce qui n’avait d’autres entrées qu’une porte et des fenêtres pourries par l’humidité.

La phrase de Scott lui fit froncer les sourcils, ajoutant au malaise présent dans la salle. Il avait ressenti quelque chose d’étrange lorsqu’il était arrivé ici, mais il n’imaginait pas se retrouver au sein d’une ville morte alors que cette dernière était, aux dernières nouvelles, florissante et prospère grâce à une industrie du textile en plein essor.

-C’est étrange… Komui m’avait pourtant parlé d’une ville prospère… Elle n’a pas pu disparaître en quelques jours tout de même…

L’enfant n’avait ni bougé ni prononcé le moindre mot tout le long de la conversation, les observant avec une crainte visible de ses iris mauves, ne comprenant de toute évidence pas ce qui se passait. Un pincement ébranla le cœur de l’aveugle. Il plaignait sincèrement le petit garçon, lui qui n’avait sans aucun doute jamais demandé à vivre cette situation. Il sursauta d’ailleurs en voyant Scott s’approcher, le regardant de ses grands yeux apeurés, ne se calmant qu’aux mots de l’exorciste.

Cependant, aucun son ne franchit la barrière close de ses lèvres. Timidement, il s’accroupit au sol et se mit à tracer des lettres dans la poussière du plancher, laissant alors apparaître son nom en des lettres enfantines et tremblantes, comme s’il ne savait pas réellement écrire ou que du moins, il ne savait presque plus comment faire

« Alexandre »

Relevant la tête, il esquissa un timide sourire et se pointa du doigt, afin d’être sûr de s’être fait comprendre. La seconde demande semblait avoir du mal à traverser la barrière de la langue, le petit ne semblant de toute évidence pas comprendre tout à fait l’anglais. Aon essaya alors en français, doucement, histoire de ne pas le brusquer, mais n’eut pas plus d’effets que son ami, ce qui ne les aidait guère…
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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Jeu 3 Sep - 15:42

Je poussais un long soupir agacé et rejeta la tête en arrière, laissant glisser l'une de mes mains dans la poche de mon long manteau de fonction pour en extirper mon paquet de cigarettes. Je le fixais avec une avidité non dissimulée durant quelques instants, avant de le lancer par dessus mon épaule. Ma drogue douce ne m'aidera pas à échapper à la dure réalité cette fois ci : Nous étions tous les trois coincés dans une ville fantôme, probablement peuplée par les armées du Faiseur. A chaque instant, le toit pouvait se déchirer, et les monstres nous prendre en chasse à l'instar d'une nuée démoniaque.
La vision du corps criblé de mon frère m'arracha un frissonnement, et n'eus que le mérite de me conforter dans mon opinion : Si je ne conservais pas mes pleins moyens, nous étions morts.

Pas que la Faucheuse ne m'inquiète, mais je tenais à ce que mon ami ait une belle et longue vie.

Je m'étirais en lançant un regard rassurant à mon coéquipier grimaçant de douleur sur son lit de soie, alors que l'enfant aux yeux violets continuait de nous regarder avec une perplexité toute enfantine. J'en étais persuadé à présent, si il y avait des âmes qui vivaient ici un jour, ce dut être il y'a fort longtemps. Pourtant, un œil non avisé penserait que rien ne sortait de l'ordinaire, comme si les habitants venaient tout juste de quitter ce lieu : Il n'y avait ni trace de bataille, ni celles d'une exode massive, au contraire, toutes les affaires étaient rangées, les meubles rongés par l'humidité, mais en place, sans le moindre indice pouvant témoigner d'une retraite précipitée.

Alors, par ma barbe de trois jours, qu'est ce que c'était que ce foutu bordel ?

Une fontaine miraculeuse, telle était la raison de l'arrivée d'Aon en ces contrées d'après le Surintendant … Voilà peut être la réponse à cette énigme. Un vagabond crachant sa haine contre le monde, jetant son unique sou dans un accès de rage ? Un adolescent avide d'anarchie se voulant soudainement parangon du chaos ? Un être dominé par la mal qui souhaitait voir sa ville détruite, recouverte par un nuage de cendres ? Les explications étaient nombreuses, les choix infinis, tout et n'importe quoi pouvait expliquer la soudaine disparition de la population.

Mais … Cela n'était il qu'un mythe, ou y avait il une infime partie de vérité dans cette histoire à dormir debout ? Pouvait on obtenir tout ce que l'on souhaitait à l'aide d'un peu d'eau et de beaucoup d'espoir ? Ca me semblait absurde, et pourtant … Me sentir enfin libéré de la tentation de cette foutue blanche, ne plus jamais me remémorer la sensation de ce doux poison coulant dans mes veines, voir ma sœur revenir a la vie … Que pouvais je rêver de mieux ? Rien, absolument rien … Le paradis me tendrait les bras.

Mais il me fallait revenir sur terre, les morts restaient morts, et les idiots devaient assumer leurs erreurs.

Je me relevais en secouant la tête avant de me rapprocher de mon camarade exorciste pour m'agenouiller au plus près de son lit de douleur, posant délicatement mes doigts sur son épaule tandis que ceux de ma main libre caressaient les cheveux d'ébènes en un geste protecteur, fraternel, et incroyablement inquiet.

« Écoutes Aon, je sais que tu as envie de rester, et je me vois très mal t'en empêcher, mais je veux que tu sois sûr de toi : Est ce que tu te sens capable de suivre ? Dans le cas contraire, je te conduirais en sécurité avant de revenir ici pour mener à bien ta mission à ta place. »


Mes lèvres s'étirèrent un court instant tandis que je me redressais. Je me doutais déjà de la réponse de cette tête de pioche, mais il ne pourrait m'en vouloir de ressentir une certaine appréhension à laisser l'un de mes proches amis blessé dans le feu de l'action, pas vrai ? Quel genre de grand frère aurais je été si je ne lui avais pas démontré à quel point sa santé me tenait à cœur ? J'aurais été bien exécrable, en effet, et j'avais encore à beaucoup faire … Sauf que cette fois je n'avais aucune idée de la manière dont réagira mon prochain interlocuteur

Je me tournais donc vers le petit brun, mon frêle sourire toujours figé sur les lèvres avant de lâcher d'une voix claire, appréhendant un peu les réactions du jeune inconnu, dont les paroles semblaient ne pouvoir traverser la barrière épineuse de sa gorge.

« Très bien … Alexandre, c'est ça ? C'est un joli nom … Aon dit que tu es apparu comme par magie ? C'est chez toi, ou tu es simplement perdu par ici ? »

Mais je voyais bien que notre nouvel allié avait bien du mal à assimiler les paroles que je prononçais, alors, ne connaissait nullement le dialecte à utiliser, je croisais les bras derrière ma nuque en me fendant d'un petit éclat de rire, autant pour énoncer une évidence qui ne nous facilitera nullement les choses, que pour détendre l'atmosphère un peu trop tendue à mon goût.

« C'est dans ce genre de situation que je regrette d'avoir un don pour tuer, et non pas pour les langues »


Puis je me dirigeais lentement vers le mur jouxtant la sortir et m'y adossa en penchant légèrement la tête à l'intention des deux jeunes gens. Cette journée promettait son lot de divertissements et de retournements de situation. Il suffisait simplement d'échapper aux griffes d'un destin qui semblait vouloir en finir avec nous, et nous pourrons tous rentrer à la maison d'ici ce soir.

Quel dommage que ce soit plus facile à penser qu'à faire.

« Dans tous les cas, par quoi est ce qu'on débute ? Une suggestion ? J'ai lu le rapport de mission, tu étais venu jusqu'ici pour la fontaine miraculeuse, n'est ce pas ? SI tu peux te lever, on devrait commencer par là … Et emmener ce garçon avec nous, il y sera plus en sécurité qu'ici, on dirait que la maison risque de s'effondrer à tout instant. »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Dim 6 Sep - 17:48

Il avait senti Scott s’asseoir et chercher quelque chose dans sa veste d’uniforme, malgré la douleur qui parasitait sans aucune pitié ses sens, étendant autour de lui un voile doucereux et mielleux menaçant de se faire, à chaque seconde, plus mordant que les crocs d’un animal enragé, plus affûté que les lames ayant tailladé autrefois sa chair. Il ne savait pas ce que cherchait ainsi son collègue, ou plutôt, il ne voulait pas le savoir, restant silencieux dans l’écrin poussiéreux du lit où il gisait, immobile et inutile, son corps essayant de bloquer les impulsions que ses blessures faisaient parvenir à ses nerfs malgré les soins de Scott et le calmant qu’il lui avait administré. Il le sentit jeter quelque chose derrière son épaule, produisant un son de papier ou de carton froissé lorsque le paquet de cigarette tomba sur le sol de la baraque abandonnée. Un léger sourire traversa les lèvres de l’aveugle, un certain soulagement se répandant dans ses veines alors que son frère d’arme s’agenouilla à ses côtés, posant ses doigts dans sa chevelure d’ébène éparpillée sur l’oreiller.

Le geste était doux et calme, mais derrière cette apparence décontractée, le breton sentit toute l’inquiétude qui agitait le corps de l’américain qui se tenait à ses côtés, une inquiétude toute fraternelle qui réchauffait doucement le cœur du brun alors qu’il lui sourit doucement, essayant tant bien que mal de le rassurer quant à son état. Certes, il n’était guère fameux, mais il avait vécu bien pire, et les maigres soins que Scott lui avait prodigués faisaient assez d’effet pour lui permettre de se redresser légèrement, écoutant la voix de l’hédoniste résonner dans ses oreilles.

Un sourire amusé traversa les lèvres d’Aon, qui redressa légèrement la tête. Il savait qu’il s’inquiétait pour lui, et il lui en était reconnaissant, mais tout deux savaient très bien que cette question n’était, au fond, qu’une simple question rhétorique.

- Désolé… Mais si tu crois pouvoir te débarrasser de moi comme ça… C’est loupé.

Le ton était ironique, mais la situation, elle, n’était guère engageante, et semblait peser lourdement sur le frêle fil de leur vie. Ahès se percha une nouvelle fois sur l’épaule de son maître, lui assénant gentiment un pincement à la joue, lui faisant comprendre que ce n’était guère le moment de plaisanter, quand bien même elle était heureuse de le voir assez en forme pour se laisser aller à ce genre de phrase. Se tournant vers elle, Aon lui caressa le bec, un doux sourire aux lèvres, lui faisant comprendre de ne pas s’inquiéter.

Il releva la tête lorsque l’américain aux yeux verts revint vers l’enfant, lui posant des questions dans une langue que le petit ne semblait pas comprendre, ou alors très difficilement. Alexandre, si c’était bien son nom, pencha d’ailleurs la tête, toujours effrayé mais semblant se faire doucement à la présence des deux hommes à ses côtés, se contentant de cligner des yeux et de sourire timidement lorsque Scott rit doucement, se détendant légèrement sans toutefois oser s'approcher réellement d’eux.

Un maigre sourire s’était également installé sur les lèvres de l’aveugle qui s’assit un peu plus sur le lit, laissant ses jambes toucher le plancher pourri par l’humidité et le temps.

- En effet… Mais on n’y peut rien…

Ce n’était qu’une simple constatation de leur impuissance à communiquer, rien de plus, rien de moins. Seul Pierre aurait pu potentiellement les aider à communiquer avec l’enfant, puisqu’il lui avait dit qu’il connaissait la langue d’ici - c’était d’ailleurs la raison pour laquelle il l’avait accompagné – mais il ne l’entendait plus dans le silence de la ville, lui faisant relever la tête en fronçant les sourcils. Où diable était-il ? Il s’était fait avoir par les Akumas où ?

La voix de Scott le ramena à l’instant présent, l’obligeant également à mettre en marche ses neurones afin de trouver une solution, ou du moins une ébauche de plan pour découvrir pourquoi cette ville, qui était décrite comme florissante sur le papier du rapport, n’était plus que des murs vide de vie et de souvenirs.

Se levant en réprimant de nouveaux signaux de douleur et la grimace qui avait manqué de s’étendre sur ses lèvres craquelées, l’aveugle se redressa, hochant tranquillement la tête. Il était resté assez longtemps alité, et il devait profiter du fait que les calmants l’empêchaient de ressentir la douleur pour continuer leur mission.

- Je peux me lever… Et oui, autant commencer par la fontaine, c’est de toute manière la seule chose qui sortait un peu de l’ordinaire selon le rapport… Quant au petit…

Aon tourna doucement la tête vers Alexandre qui écoutait avec attention, restant un peu en retrait, se recroquevillant en voyant l’aveugle tourner la tête en sa direction.

- Il vaudrait effectivement mieux l’emmener avec nous… Si les Akumas refont leur apparition, au moins il sera un minimum en sécurité avec nous…

Sa voix lui paraissait atrocement calme, comme si toute cette situation n’était rien d’autre qu’une routine comme une autre alors qu’il s’agissait de mettre des vies dans la balance. Et rien ne leur disait que tout ceci n’était pas purement et simplement un piège. Un frisson vite réprimé lécha l’échine du breton dont les yeux bandés se tournèrent vers Scott, de nouveau.

- Il vaudrait sans doute mieux qu’on y aille maintenant… Ça m’étonnerait qu’il y ait d’autres Akumas dans le coin, mais si c’est le cas, autant s’aider de la lueur du jour… Et Ahès pourra nous prévenir si elle voit quelque chose de suspect.

La chouette hulula doucement pour confirmer les dires de son maître, perchée sur son épaule, ses grands yeux noirs pétillants de malice alors qu’elle lui donnait un léger coup de tête, essayant de lui ramener en tête le problème d’Alexandre. Est-ce que le petit allait accepter de les suivre alors qu’il ne les connaissait pas ?

Ils n’eurent pas besoin d’entamer quoi que ce soit. L’enfant s’était effectivement rapproché, timidement, tressaillant de temps à autre, craignant sans doute de se recevoir une gifle ou des insultes. Mais l’absence de tout ceci le rendit un peu plus hardi, et il attrapa timidement la manche de Scott, attendant la suite, ses yeux mauves se plantant dans ceux de l’hédoniste, brillants de peur et d’espoir.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Mer 3 Fév - 22:49

J'éclatais d'un petit rire à l'entente des protestations de mon camarade, si calme, si pressé de se rendre sur le champ de bataille. A croire que l'inconscience était une constante au sein de notre petite équipe. Mais le courage en lui même n'était pas un défaut, quand bien même le pousserions nous jusqu'aux limites de la témérité, loin de là, et j'étais très fier de mon ami prêt à mettre sa vie en jeu pour résoudre ce mystère, un comportement si héroïque qu'il aurait certainement rendu Akane très fière de lui. Bien qu'elle m'aurait très certainement annihilé à coups de lance roquette pour l'avoir laisser faire. Et cette idée ne tempérait pas mon inquiétude, loin s'en faut, et je ne pus m'empêcher d'observer l'aveugle sous toutes les coutures à la recherche du moindre signe de douleur refoulée, de fatigue trop prononcée ou d'une simple migraine prête à poindre le bout de son nez. Mais lorsque je relevais la tête et croisa le regard sombre, déterminé d'Ahès, je ne pus qu’émettre un petit soupir avant de lancer un sourire rassurant à la chouette et à son maître qui ne pouvait le voir.

« Ça marche … Tête de pioche. »

Bien plus pensif fut le nouveau sourire qui fleurit sur mes lèvres lorsque notre jeune ami s'avança pour attraper ma manche de sa petite main crispée. Le petit avait du coffre, il fallait se l'avouer, et malgré son attitude timide et effacée, ne manquait absolument ni d'audace, ni de confiance. Mon frère d'arme n'avait pas tort, si il voulait venir pour m'empêcher de me faire cribler d'obus, c'était son droit le plus sacré, et j'aurais été bien stupide d'essayer de l'en empêcher, mais nous devions garder a l'esprit qu'à partir de cet instant, cet enfant était placé sous notre responsabilité. Et en aucun cas nous ne pouvions permettre que ces créatures infernales n'effleurent ne serait ce que le moindre cheveux du garçonnet aux yeux mauves.

Après tout, c'était mon rôle que de défendre les civils, non ?

J'étais un soldat, un bouclier humain pour le peuple, une arme de destruction massive pour les armées du Comte.

J'étais un guerrier prêt à défendre mes alliés, à les porter sur mon dos pour qu'ils survivent à cette guerre.

J'étais un héros, et à force, j'avais appris à faire avec. « Pour le plus grand bien », ou quelle que soit la formule alambiquée qu'utilisent les hauts fonctionnaires de l'Ordre pour désigner les élus martyrs qu'ils envoient en toute connaissance de cause, se perdre dans les ombres de la Guerre.

Et dans le fond, je sentais que chacun de ceux pour qui je ne dormais pas de la nuit s'inquiétait autant pour moi. Ma morale et mon innocence ne m'assuraient pas une longue vie, c'était atroce, injuste de se le dire lorsqu'on est encore loin du car de siècle, mais j'avais bien dû finir par l'accepter, mieux que ça, à y voir une raison de mettre toute mon âme dans cette lutte insensée, combattant comme le dernier jour, comme si rien ne m'attendait, comme si je n'avais plus rien à perdre lorsque c'était bien évidemment faux. J'en avais fait le seul futur possible, un avenir dont je ne pouvais me détourner, mais, et bien que cela m'en coûte d'y penser, je n'étais plus seul, et si je mourrais, je savais au fond de moi que je ferais au moins quelques malheureux.

Et je le refusais, je refusais que mes frères et mes sœurs ne finissent dans le même état que moi, un simple corps qui se meut par réflexe en attendant que son âme recolle les morceaux de son esprit brisé.

Non …  je m'y refusais, parce que rien de cela n'arrivera, ni aujourd'hui, ni demain.
Ils survivront à cette journée. Et moi aussi.

Il ne pouvait en être autrement.

Et ce n'était guerre le moment de ressasser de sombres pensées, nous n'étions pas aux portes de l'enfer, mais en simple mission de routine, une mission comme une autre, comme nous en avions vu des dizaines d'autres, et comme nous en verrions des centaines d'autres, une fois que nous serons sorti d'ici, et que les cris de notre générale nous rappellent au doux souvenir de notre foyer.

« Il m'est d'avis que le gros des troupes se soit posté près de la fontaine, tout autour de la grande place. J'imagine que tu as raison si nous attendons la nuit, c'est eux qui auront un avantage sur nous. Je ne suis pas persuadé que le niveau de visibilité soit leur principale préoccupation, et je crois me souvenir que nous nous rapprochons de la nouvelle lune. »

Adossé au mur, je désignais la porte d'un simple coup de menton, l'esprit embrumé par l'adrénaline. En guerre, , il est admit que ceux qui réfléchissent un peu plus que les autres ont une meilleure espérance de vie, et une fois n'est pas coutume, je n'allais pas vérifier cette thèse.

Je préferais largement sortir d'ici et exploser ces créatures du diable a mains nues.

« Et puis … Si nous restons ici, nous courrons le risque qu'ils se regroupent au dehors pour tenter une offensive sur la maisonnée, et un endroit aussi fragile ne serait pas une bonne place à défendre, elle risque de s'écrouler sur nous au premier coup de feu.»

Je me redressais en m’étirant comme un chat  et, sans davantage tergiverser, posa la main sur la poignée. C'était la mission de l'aveugle, c'était donc à lui que revenait la décision finale, moi, j'étais bien décidé à couvrir ses arrières et à vérifier que rien ni personne ne pourrait le blesser, ni lui, ni le jeune autochtone.

C'est pourquoi lorsque j'ouvris la porte, par acquis de conscience, lorsque le soleil m'aveugla, je ne pus que lui laisser le mot de la fin.

« C'est toi qui vois Aon, moi je suis prêt ... comme toujours ! »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut Jeu 4 Fév - 11:29

Scott finit par abandonner la lutte illusoire qu'il entretenait avec le breton, se doutant sans doute que ce dernier était aussi borné que lui, et que quoi qu'il dise, il irait l'aider, qu'importe l'état de son corps. Il ne voulait pas être un fardeau, et surtout... Il ne voulait pas revivre encore l'expérience de cette nuit marquée au fer rouge dans sa mémoire, véritable scène d'apocalypse pour celui qu'il était alors, pour le petit garçon terrifié et terrorisé qui avait vu son village et toutes les personnes qu'il connaissait finir dans un brasier ardent, sorte d'enfer sur terre dont lui seul en était sorti vivant, aidé par sa marraine qui n'avait pu empêcher la mort des parents de l'enfant. Même après tant d'années, il entendait leurs hurlements stridents lui écorcher les oreilles, le réveillant en sursaut lors de cauchemars bien trop réels qui assaillaient ses sens sans la moindre merci, le mettant au supplice, le faisant se haïr, et haïr l'innocence qui ne s'était révélée qu'au moment où lui, et lui seul, était en danger... À quoi cela servait-il d'avoir une arme pour détruire des monstres si cette arme ne s'éveillait pas pour l'aider à protéger les autres ? Non, il ne voulait pas revivre ça... Plus jamais, dut-il y laisser sa vie pour se faire.

Le regard de Scott cassa net cette dernière idée, alors qu'Ahès lui mordilla assez rudement l'oreille, comme si elle se doutait de ce qui lui passait par la tête. Non, il ne mourrait pas... Après tout, s'il ne voulait pas revivre cette souffrance aussi terrible qu'atroce, il n'avait pas non plus le droit de l'imposer aux autres, de leur faire vivre ce sentiment qui rendait désespérément triste un temps assez long. Et puis, il n'avait aucune envie que qui que ce soit pleure sur sa mort, même si cela lui réchauffait quelque peu le coeur de savoir que des personnes tenaient à lui, les larmes ayant, dans ces cas là, un goût bien trop amer pour être supportables.

Le breton écouta calmement Scott parler alors qu'il se redressait, serrant les dents en essayant de ne rien montrer de la douleur que cela lui causait. Par chance, ou malchance, c'est selon les points de vue, il avait déjà connu ce genre de situation, et savait donc comment faire pour verrouiller les signaux de douleur et continuer à combattre, aidé en cela par le stress qui coulait dans ses veines, son esprit carburant à cent à l'heure afin de réfléchir à la suite des événements.

Son idée de sortir maintenant fut rapidement retenue. Sortir de nuit aurait certainement été beaucoup plus dangereux, ainsi que l'avait souligné Scott, du fait du peu de visibilité qu'elle leur laissait, visibilité encore amoindrie du fait de la prochaine nouvelle lune. Au pire, en plein jour, il pourrait les prévenir si jamais un ou plusieurs Akumas se mettent à aller vers eux, grâce à son ouïe et à Ahès. Par contre, il était hors de question que cette dernière se retrouve amochée, sinon... Il risquait fort de voir son esprit se déchirer sous le coup de l'émotion, laissant la folie s'emparer de son jugement et de son corps, au risque de le faire devenir un rejeté.

Un frisson désagréable et douloureux saisit l'aveugle lorsqu'il pensa à cette éventualité. Non, il ne fallait pas qu'Ahès meurt... Cette dernière poussa un léger hululement inquiet, laissant Aon lui caresser doucement le bec alors qu'il lui parla en breton, lui réitérant l'ordre de partir loin du champ de bataille sitôt que le combat commencera, ce qui la fit hululer de mécontentement. Mais elle accepta, mordillant les doigts du brun pour se faire comprendre, le faisant légèrement sourire de soulagement, avant qu'il ne se tourne vers ses deux interlocuteurs, le petit restant accroché à Scott, silencieux, les observant avec plus de curiosité que de peur désormais.

- Allons-y... Logiquement la fontaine est au centre du village, mais elle ne devrait pas être si loin que cela...

L'absence de bruit d'eau ne l'aidait d'ailleurs pas à se sentir à l'aise. Comme si en plus d'être hors du temps, la ville était également hors de la vie... Et si c'était le cas, il était en quelque sorte logique qu'il n'y ait que des akumas, puisqu'ils étaient déjà morts... Quand à leur présence, à part l'innocence, il ne voyait pas. Ce qui rendait la présence de l'enfant encore plus singulière et mystérieuse. Mais pas pour autant inquiétante, le garçon aux yeux d’améthyste n'ayant de toute évidence aucune envie de les attaquer

Se levant, ils se mirent donc en route, Ahès les guidant dans les rues et prête à les alerter si elle voyait des akumas. Pourtant, ils n'en croisèrent aucun, comme s'ils s'étaient volatilisés ou qu'ils avaient finalement réussi à faire le ménage. Mais au lieu de rassurer l'aveugle, cette constatation ne fit que lui mettre les nerfs encore un peu plus à vif, alors qu'ils arrivèrent finalement à la fontaine, sur la place déserte. S'en rapprochant, ils purent constater qu'elle était tarie, mais qu'une pièce en argent se trouvait au fond, brillant d'un éclat morne, alors que le brouillard se faisait plus dense, une étrange odeur titillant leurs narines. Aon cligna des yeux, sentant son corps se faire légèrement plus lourd, l'enfant lui se recroquevillant contre Scott, se mettant légèrement à trembler, ses yeux embués de larmes... Qu'est-ce que c'était que ce délire ?
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[Flashback] Le joueur de flûte - Feat Scott Nihil + qui veut
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