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Hello, sweet human (Feat Aon Dallien)

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MessageSujet: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Ven 21 Aoû - 14:47

Hello, sweet human
Aon Dallien
Tic, tac. Tic, tac. Tic, tac. L'horloge murale tiquait inlassablement, égrainant le temps comme un sablier laissant couler le sable. L'homme était accroupi, une machette dans les mains, les pieds englués dans le sang sombre de ses trois victimes. Cet homme se nommait Alex Scofield, et était un broker. Américain d'origine, son rôle à lui était de sélectionner des cibles en fonction de certains critères, et d'assassiner leurs proches, dans le but d'engendrer les fameux éclats de chagrin qui permettent au Comte de fabriquer ses belles machines au dépens des victimes de ces tragédies. Alex avait donc, de sa belle machette, causé une véritable boucherie dans ce petit appartement, ici, à Prétoria, dans le but de pousser les proches des victimes à demander l'aide du Millénaire. Un travail vraiment sale, mais Scofield avait besoin des bénéfices que lui offrait le Comte en échange. Mais tout est-il toujours si simple ?
Hélas, mon petit Alex, non. La porte de l'appartement s'ouvrit sans un bruit, laissant pénétrer une silhouette élancée et élégante. La Justice entra dans le petit appartement à l'odeur de sang. Ses pas claquetaient sur le plancher, et Alex se retourna.

- Qui êtes vous ?

Le visage du nouveau venu passa sous un rai de lumière offert par la petite fenêtre de la cuisine.

- Oh, vous… vous êtes… Kowaltski…

- Second apôtre, pour vous servir.

- Je… j'ai tué tous ces gens, comme le veut le Comte. Il a ici les moyens de créer quelques Akuma.

- Je m'en moque. Je ne suis pas le Comte. Pourquoi m'annonces-tu cela avec autant de fierté ?

- Hé bien parce que j'ai correctement accompli mon travail. J'ai fait ce dont vous aviez besoin.

- Je le répète, je ne suis pas le Comte. Je ne viens pas récupérer les résultats de ton labeur pour nous, je viens te faire répondre d'un crime que tu as commis.

- Je ne comprends pas… qu'ai-je fait au Comte et aux Noahs ?

- Ce n'est pas la bonne question. Tu devrais te demander ce que tu as fait à la justice.

Lev tendit les bras devant lui, et prononça d'une voix quasiment inaudible le mot "Sanglants". Les deux serpents jumeaux, les deux verts émeraude, sortirent de ses longues manches et glissèrent sur le sol pour s'enrouler autour des jambes du broker.

- Pourquoi vous en prenez-vous à moi ? Je vous suis fidèle et j'ai fait ce que vous demandiez ! Les Noahs ne veulent plus de moi ?

- J'obéis au Comte, parce que je suis sien. Mais ses idéaux et ses intérêts ne sont pas les miens. Tu nous sers, c'est bien, mais… moi, je ne tolère pas que l'on massacre ainsi une famille sans défense.

- Mais…

- Silence. Si tu veux offrir au Comte la possibilité de créer des Akuma, soit, tu sers notre clan et j'approuve cette initiative. Mais le faire de cette façon… Si tu veux procéder de manière aussi odieuse, assure-toi que la justice n'ait jamais vent de tes actions crapuleuses.

Les deux serpents montèrent et s'enroulèrent autour du corps tout entier du broker, qui ne pouvait bouger, contraint d'attendre son châtiment.

- Le Comte me pardonnera de t'avoir éliminé, tout utile que tu sois. Car il sait qu'en voyant ta manière de procéder, je ne pouvais pas fermer les yeux. Il sera contrarié que j'aie tué un allié précieux, mais il sait que ma nature profonde me l'imposait.

- Arrêtez…

- L'accusé est déclaré coupable, et pour ton meurtre, je te condamne à mort.

Le Juge claqua des doigts, et les deux serpents se serrèrent, comme s'ils voulaient se rapprocher, s'enlacer, s'entremêler, broyant le corps qu'ils emprisonnaient.

_________

La porte du petit immeuble s'ouvrit, et Lev sortit à l'air libre, laissant derrière lui son petit tribunal improvisé et le coupable gisant parmi ses victimes. Il respira un grand coup. Une nouvelle fois, justice était faite. Qu'allait dire le Comte… Bah, rien, comme d'habitude. Il savait qu'on ne peut lutter contre sa nature. Et Lev était la justice. Il ne pouvait laisser un crime impuni, fut-il commis par un allié des Noahs ou un Noah lui-même. Kowaltski ne ferme jamais les yeux.

Que lui réservait la suite de cette journée ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Ven 21 Aoû - 15:50

- Ta mission se déroulera en Afrique, dans la ville de Prétoria. On nous a signalé un nombre inquiétant de meurtre ces derniers temps, nous aimerions que tu enquêtes afin de voir si le Comte ou un Broker ne se cache pas derrière cette affaire.

Ces mots avaient été ceux du Grand Intendant lorsque le breton était allé dans son bureau, répondant à la convocation qui lui avait été adressée. Ces derniers temps, il avait l’impression que les missions se faisaient plus fréquentes, les envoyant aux quatre coins du monde afin de résoudre des énigmes étranges ou des disparitions inquiétantes de civils.

Si sa mission ne l’étonnait guère, la localisation de cette dernière, elle, éveilla une certaine forme de curiosité au creux de sa psyché. L’Afrique… Il ne connaissait que de vagues bruits sur ce pays, des bruits mêlant sorcellerie, exotisme aride et brûlant et coutumes encore incomprise par la civilisation occidentale. Pour beaucoup, cela aurait suffi à déclarer des inepties, mais ce n’était pas son cas. Il se sentait curieux, certes, mais en aucun cas il n’avait la prétention d’être supérieur à qui que ce soit. C’était même plutôt le contraire en fait. Instinctivement, le breton serra sa main sur son poignet, là où gisaient les marques encore fraîches des coups de lame qu’il s’y était donné, dans une vaine illusion d’expier sa douleur et sa haine par une trace sanglante gouttant au sol, offrande inutile et dérisoire venant nourrir les mânes des esprits hantant les couloirs de la Congrégation.

Il s’était éclipsé dans ses quartiers après les dernières formalités, saluant Komui et Reever doucement avant de s’enfuir loin de leur vue, ayant senti leurs regards sur sa silhouette amaigrie cachée par ses vêtements et son uniforme d’exorciste. Quelques minutes lui furent nécessaires pour emporter le nécessaire de base. De toute manière, une fois sur place, les sympathisants de leur Ordre s’empresseraient d’offrir leur aide, que ce soit en vivre, vêtements, ou renseignements.
Trois coups frappés à la porte de sa chambre lui firent relever la tête de son armoire. S’y dirigeant de mémoire, l’aveugle enclencha la poignée, faisant grincer les gonds de l’entrée, laissant la voie libre à une traqueuse qui lui demanda s’il était prêt. Hochant la tête, l’intéressé entreprit d’attraper ses affaires et de le suivre en silence.

Le voyage dura un certain temps, assez pour permettre à Aon de connaître celle qui l’accompagnait. C’était une jeune femme originaire de l’Afrique de l’Ouest. Elle lui avait raconté quelques bribes de son passé, répondant aux rares questions qui avaient franchies les lèvres du breton. Il était attiré par les mystères de ce continent dont il ne savait rien, sentiment quelque peu exacerbé par les paroles de la demoiselle l’accompagnant. Elle lui avait parlé également des ambitions coloniales des Occidentaux, des conflits émaillant l’Afrique et de l’esclavage qui l’avait ravagé. Il l’avait écouté sans rien dire, la laissant s’exprimer. Que pouvait-il dire de toute manière ? Rien, alors il préférait se taire.

Leur arrivée à Pretoria fut assez discrète, quand bien même Aon détonnait dans le paysage, avec ses yeux bandés et sa peau pâle. Rapidement, ils s’installèrent à l’hôtel qui les attendait. Une chambre avec deux lits, un service qui leur assurait le couvert. Personne ne demandait quoi que ce soit d’autre, et les bagages furent rapidement posés et rangés, leur permettant de déambuler dans les rues brûlantes à la recherche d’indices.

Ces derniers se révélèrent peu faciles à trouver. De nombreuses informations leurs parvinrent, du moins parvinrent à Awa, la jeune femme l’accompagnant, la barrière de la langue et la méfiance des personnes à son égard empêchant le breton de pouvoir entamer une quelconque discussion, si ce n’était avec des hollandais qui de toute manière ne semblaient pas s’intéresser aux évènements touchant la communauté qu’ils écrasaient.

De nombreux meurtres avaient pourtant eu lieu dans les rues et les appartements de la ville, tâchant de rouge le sol et la terre, les abreuvant d’horreur. Tous avaient été commis par, les gens le supposait, un homme ou une femme maniant la machette comme d’autres maniaient le couteau de boucher. La plupart des victimes s’étaient retrouvées égorgées, avant que leurs corps ne soient tailladés d’autres coups. Un hurlement à quelques mètres d’eux les fit relever la tête, Awa attrapant la manche de l’exorciste pour l’entraîner avec elle dans la foule, ignorant le raidissement qui avait saisi les membres du brun.

L’odeur de sang était juste atroce et emplissait toute la petite pièce où gisaient les quatre corps. La traqueuse lui décrit la scène, le laissant quelques secondes afin d’examiner rapidement les cadavres de plus près. L’étonnement se peignit sur les traits de son visage caché derrière les bandes recouvrant sa bouche, avant qu’elle ne se redresse et sorte avec l’aveugle, laissant la population locale faire le reste.

-Il semble que nous ayons été pris de court… Le meurtrier gît avec le corps de ses victimes, si j’en crois la machette qu’il tenait encore à la main. J’ignore qui ou quoi l’a tué, mais son corps semble avoir été broyé…

Aon cligna des yeux, sentant un certain malaise enserrer ses entrailles. Aucune mission n’était de tout repos, il le savait, mais là…

Les deux membres de la Congrégation s’éloignèrent de la scène macabre, s’enfonçant un peu plus loin dans les ruelles. Ce ne fut que lorsqu’un attroupement se forma autour d’eux qu’ils sentirent le danger fondre sur eux. Awa eut le réflexe de briser au sol une petite bombe lacrymogène avant d’attraper vivement le poignet de l’exorciste et de le tirer à sa suite en courant, essayant de sortir de cette situation sentant le souffre. Malheureusement, elle se sentit attrapée par une main rêche et musculeuse, au niveau du téléphone qu’elle portait sur son dos. Un cri s’échappa de ses lèvres alors que le cercle se reforma autours d’eux, coupant toute retraite…
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Ven 21 Aoû - 18:39

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Les habitants s'amassaient autour de l'immeuble. Un cri avait dû les alerter, la concierge sans doute. Il est intéressant de voir à quel point les humains trouvent leur vie inintéressante, pour la délaisser au profit de leur curiosité malsaine les guidant jusqu'à une scène de crime. Lev ne s'en amusait pas. Il se contentait de sourire, trouvant cela pathétique et en même temps assez fascinant. Les êtres humains étaient vraiment des créatures complexes.
Le second Apôtre marchait sur les toits des immeubles, guettant ce joyeux ramdam d'un oeil inquisiteur. Il aimait marcher sur les bâtiments, prendre les villes toutes entières de haut, dévisager ces gens qu'il jugera tôt, ou tard. Kowaltski s'assit sur le bord d'un immeuble, et sortit une pomme de terre crue de sa veste. Diable, qu'est-ce qu'il pouvait adorer ça… Était-ce un légume, un féculent ? Son identité biologique était indéfinissable, tout comme l'était la fine frontière entre le bien et le mal. La patate était aux aliments ce que lui même était au monde, un être à part. Il croqua la pomme de terre sans quitter du regard son petit spectacle humain. Soudain, ses yeux s'arrêtèrent. Ce qu'il avait vu était pour le moins intéressant. Et inhabituel. Une nouvelle affaire se présentait à lui. Il termina de dévorer son péché mignon, et bondit du toit. Il se laissa retomber gracieusement dans une ruelle, semblant voler avec son manteau, et invoqua son plus gros serpent pour qu'il s'enroule par terre et lui serve de coussin pour amortir sa chute.
Après l'avoir fait disparaître, il quitta sa ruelle sombre pour suivre les deux silhouettes qu'il avait aperçues. Ces deux-là, ils ne pouvait pas se permettre de les lâcher. Cette affaire semblait plus qu'intéressante.
Les stalkant jusqu'à une petite ruelle, il s'arrêta derrière une poubelle pour observer où ils allaient encore. Mais ils n'allèrent pas bien loin, en effet, un groupe de malfrats les encercla rapidement. Des voleurs à deux sous, souhaitant leur prendre leurs biens, vraisemblablement. Lev sourit. Attaquer des personnes visiblement sans défense en traître, voilà un délit passable d'une petite punition.
Les deux étrangers se retrouvèrent pris dans la masse. Lev se redressa et approcha.

- Excusez-moi, auriez-vous l'obligeance de lâcher ces deux personnes ?

- Tu nous veux quoi, toi ? Casse-toi ou on s'occupe de ton cas aussi !

- Je serais curieux de voir ça…

L'un des agresseurs bondit sur Lev, couteau en main, tandis que le Noah se contenta de tendre la main. Murmurant le mot "Parasite", il tendit le majeur en direction de l'individu, et de l'intérieur de sa bague jaillit une minuscule forme qui fusa contre le torse du voleur.

- C'est un petit serpent…? Il m'a mordu ?

Lev sourit, et le mec tomba à genoux, semblant écrasé par une force invisible. Le Parasite faisait effet. Le minuscule serpent était entré dans la plaie causée par la morsure, et tant qu'il était dans le corps de la victime, celle-ci était condamnée à garder les deux genoux à terre sans possibilité de se relever.
Le Juge continua d'avancer, laissant l'homme agenouillé au sol derrière lui, et sourit à la bande d'agresseurs.

- Toute résistance est vaine. Si vous continuez de faire obstruction à ma loi, je serai contraint de tous vous punir. Relâchez ces deux personnes, elles sont de toute manière bien plus que capables de vous arrêter sans mon aide, vous savez.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Sam 22 Aoû - 2:29

Aon s’était raidi en sentant l’attroupement se refermer sur lui et sur la traqueuse qui l’accompagnait. Il avait l’impression de revivre un de ces souvenirs, un de ces passages à tabac en règle où il ne restait plus de lui qu’un corps recroquevillé à terre, couvert de tâches bleutées qui s’étendaient sur son épiderme maladif coupé de ci de là par un filet de sang chaud qui contrastait violemment avec sa pâleur. À ses côtés, il sentait Awa bander ses muscles et se mettre discrètement en position de garde, prête à user de la force pour leur frayer un passage loin de ces brutes.

Discrètement, le breton saisit la garde en bois de son couteau, seul souvenir qui lui restait de son grand père adoptif, de cet homme bourru qui lui avait appris tant de choses, dont le fait que des fois, la force était la seule manière de s’en sortir. Reprenant sa respiration le plus calmement possible, l’aveugle se prépara mentalement à devoir s’enfoncer dans une mêlée qu’il ne voulait pas déclencher. Mais entre le bon sens et la survie, le choix était vite fait.

Ce ne furent pourtant pas eux qui brisèrent le cercle mauvais de leurs assaillants, mais l’arrivée bienvenue d’une tierce personne dans la discussion inégale qui se déroulait dans la ruelle. Les échanges fusèrent, peu amicaux. Le vent qui se mit à souffler empêcha clairement l’aveugle de saisir ce que murmurait cette personne inconnue, mais il n’eut aucun mal à entendre la grosse brute, combien même il ne comprenait pas un mot de ce qu’il disait. Awa elle haussa un sourcil, lui glissant à l’oreille ce que l’armoire à glace, qui devait servir de chef de groupe à la bande les ayant encerclé, venait de dire.

Un court instant de flottement se produisit au dernier mot du juge qui se tenait face à eux, annonçant calmement ce qui semblait être une évidence, mais qui ne l’était pas. Un homme tenta de saisir la jeune femme, lui empoignant le bras. Personne ne sut ce qu’il voulait faire d’elle, que ce soit pour se protéger ou pour combler on ne sait quelle pulsion, car à peine eut-il frôlé le bras de l’intéressée qu’elle s’empressa de saisir son poignet, filant avec vivacité derrière lui, tordant son bras d’une puissante clef de bras qui le força à ployer l’échine, posant un genou à terre. La capuche de la jeune femme était tombée, dévoilant ses nattes attachées en une cuche haute et son visage sombre traversé d’une cicatrice qui lui avait autrefois coûté un œil. La volonté qui brillait dans l’iris noir de son œil valide semblait vouloir consumer sur le champ ces hommes qui n’avaient rien trouvé de mieux à faire qu’à s’en prendre à des proies visiblement plus fragiles.

Qu’il fallait donc être naïf pour ne pas savoir ainsi se méfier des apparences. Les couards du groupe préférèrent prendre la fuite, la queue entre les jambes, soulevant sur leur passage un amas de poussière rouge et ocre, ne laissant au final que deux ou trois personnes. Des deux proies, il ne restait plus que l’aveugle qui attendait, muscles bandés, le premier coup.

Ce dernier ne tarda pas, sifflant dans l’air, visant son visage. Un éclat métallique dans l’air pesant éclaira durant une infime seconde le visage du brun qui planta avec froideur sa lame dans la chair de son agresseur, le faisant hurler de douleur, retirant sèchement le couteau, attendant la suite qui ne vint jamais. À quoi cela servait-il de combattre quand tous les éléments semblaient s’être ligués contre vous ? À rien, strictement à rien. Aussi fuirent-ils, laissant le silence se répandre durant quelques secondes dans la rue, avant qu’Awa, époussetant ses vêtements, ne remercie l’homme qui se tenait toujours face à eux :

- Merci d’être intervenu… Nous aurions eus sans doute bien plus de problèmes si vous n’étiez pas arrivé…

Sa voix était calme, posée, mais même si les remerciements étaient on ne peut plus sincères, il n’en demeurait pas moins que la méfiance de la traqueuse, elle, ne s’était pas éteinte, prête à bondir au moindre mouvement suspect.

Aon se rapprocha légèrement d’elle après avoir nettoyé rapidement sa lame, remerciant à son tour leur mystérieuse aide. Pourtant, quelque chose lui hurlait de ce méfier de lui. Peut-être parce qu’il avait réussi, juste en tendant un doigt, à arrêter une force de la nature. Peut-être aussi parce l’odeur qui l’accompagnait sentait furieusement le sang encore frais, ou peut-être aussi parce que sa présence ne lui inspirait pas confiance. Son instinct lui intimait de s’en aller loin, et vite, lui susurrant que cet homme faisait partie de ce clan que la Congrégation craignait tant, et à raison. En silence, l’aveugle attendit. Il n’avait aucune envie de se lancer dans un combat dont il n’était pas sûr de sortir vivant, mais était-ce le cas de la personne en face d’eux ? Le silence se fit pesant, attendant avec impatience la suite de cette étrange pièce…
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 23 Aoû - 1:05

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Un petit sifflement virevolta dans les airs. Le sifflotement d'un Lev admiratif devant la contre attaque des deux jeunes gens face aux bandits. Il leur sourit et regarda les voleurs prendre la fuite, puis répondit d'un air distrait à son interlocutrice, tout en retournant voir l'agresseur qu'il avait condamné à rester à genoux.

- Ce n'est rien, ce n'est rien. Je ne pouvais pas fermer les yeux.

Il s'accroupit devant le bandit, et lui adressa un sourire angélique. L'homme l'implorait du regard. Il voulait être délivré de sa peine ? Très bien, partons sur une liberté conditionnelle. Lev promena ses doigts sur la plaie causée par le petit serpent, et d'un geste brutal, écarta les tissus de peau et enfonça ses deux doigts dans la blessure pour extraire le reptile parasite. Le brigand hurla de douleur et tomba sur le côté, se serrant la poitrine. Kowaltski le fixait, sans bouger, le regardait souffrir, sans l'aider.

- Navré, en général quand je mets fin à cet agenouillement forcé, c'est en tuant l'accusé, mais ton crime n'était pas assez grave pour que je t'applique la peine de mort, donc je te laisse t'en aller aussi loin que tu peux malgré la douleur qui te tiraille la cage thoracique.

L'homme se releva difficilement, et après un dernier regard apeuré à Lev, prit ses jambes à son cou le plus vite qu'il le pouvait, pour échapper à ce fou. Fou, Lev ne l'était pas. Encore une fois, ses actes n'avaient été que pure justice envers les agresseurs et leurs victimes. Il se releva et essuya ses doigts recouverts de sang sur sa veste, puis alla s'approcher des deux brebis égarées. Ils se battaient bien, ou du moins se défendaient bien, l'Exorciste avait l'air d'avoir une Innocence intéressante, tandis que la traqueuse avait une bonne maîtrise des arts martiaux. Mais, plus fascinant encore, le jeune homme était aveugle. On dit des aveugles qu'ils ont les autres sens bien plus développés. Lev avait entendu une fois quelqu'un dire que seuls les aveugles profitaient du privilège de ne pas voir la pourriture de ce monde. Pourriture causée par la justice humaine. La justice humaine est imparfaite, celle de Tryde est vraie. Ce jeune homme privé de la vue, pouvait-il analyser et juger mieux que ses compatriotes humains ? Kowaltski le saurait tôt ou tard.

- Je me présente. Lev Kowaltski. Vous êtes… une traqueuse, et un Exorciste, n'est-ce pas ?

Il les fixait, sans se départir de son habituel sourire, un sourire qui avait le don de mettre plus ou moins n'importe qui mal à l'aise. Ces deux jeunes gens pouvaient faire l'objet d'un procès intéressant. Il était évident qu'ils étaient là pour l'affaire des meurtres perpétrés par Scofield. Ils cherchaient un responsable. Il ne leur faudrait pas longtemps pour comprendre qu'il s'agissait de Lev. Ce procès sera leur procès, mais également celui du juge lui-même, pour une fois. Ces deux envoyés de la Congrégation… pourraient-ils comprendre les raisons qui l'avaient poussé à exécuter Scofield ? Cela s'annonçait intéressant, vraiment intéressant.

- Donc, que faites-vous ici, à Prétoria ?

La question était posée sur un ton calme, sans agression aucune, mais Lev savait parfaitement qu'il n'avait pas besoin de parler de manière louche pour éveiller leur méfiance. Ces deux-là connaissaient les dangers de leur métier, les dangers de ce monde, ils étaient déjà sur leurs garde. Rien n'est plus intéressant qu'un accusé sachant pertinemment ce qui risque de l'attendre. Ses réactions deviennent différentes, sa façon de penser change, son comportement se complexifie ou au contraire se simplifie, sur le plan psychologique c'était un véritable bonheur à analyser. Ces deux-là lui feraient-ils ce plaisir ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 23 Aoû - 23:45

Aon et Awa attendait tranquillement face à l’homme qui leur souriait calmement, se désintéressant d’eux quelques secondes pour s’accroupir face à l’homme qu’il avait mis à genoux au sol, l’obligeant à garder cette position tout le temps de leurs maigres échanges et du combat, rapide, qui s’était installé. Un silence pesant s’installa durant quelques secondes avant que sa voix, assez neutre, ne le brise négligemment, comme si la tension électrisant l’atmosphère ne l’atteignait pas, comme s’il était en dehors de toutes ces chaînes, de tous ces tracas qui empoisonnaient ce monde vicié et imparfait. Il agissait comme une entité objective et alors que les hurlements de l’armoire à glace se faisaient entendre dans la ruelle, il s’essuya les doigts dans une indifférence non feinte, se contentant de lui signaler qu’il devait s’estimer heureux de s’en tirer à si bon compte.

Ni l’exorciste ni la traqueuse ne firent un geste, muscles tendus dans l’attente d’une possible attaque qui se faisait de plus en plus présente dans leur esprit, de plus en plus tangible. Après tout, ils ne savaient rien de lui, mais lui semblait connaître leur fonction dans cette guerre dont il paraissait connaître l’existence. Cette impression fut d’ailleurs confirmée quelques secondes plus tard par l’interrogation rhétorique qui sortit des lèvres de leur interlocuteur, les assombrissant légèrement.

La question qui vint ensuite laissa passer un assez log flottement de méfiance et de gêne, malgré le calme de la demande. Aon avait la désagréable impression de se retrouver face à un juge qui tranchait les fait de manière impartiale, se départissant de tout élément superflu, en particulier les sentiments, eux qui pouvaient si facilement altérer le jugement d’un homme et le pousser à commettre des crimes odieux.

Ce fut Awa qui rompit le silence, son œil valide, plus noir que de l’encre de chine, cherchant à percer l’apparente amabilité de leur interlocuteur, se mettant entre lui et l’exorciste. Elle savait qu’elle n’était qu’un pion jetable dans cette guerre, que bien d’autres attendaient dans l’ombre de prendre sa place afin de combattre aux côtés des exorcistes, de leur apporter de l’aide et du soutien. Elle le savait et elle était prête à y laisser sa vie, quand bien même une petite voix dans sa tête lui hurlait de survivre. Elle avait donné sa parole, il y a des mois de cela, elle ne pouvait de toute manière plus faire marche arrière désormais, son destin se retrouvant sceller sur l’autel des sacrifiés.

- Puisque vous avez l’air d’en savoir autant, nul doute que vous devez savoir que nous sommes là pour les récents meurtres ayant ensanglanté cette ville…

Sa voix, grave et chaude, était sortie de manière calme et posée de ses lèvres craquelées par le vent sec qui soufflait dans les rues poussiéreuses de la ville. Elle n’avait guère de doute sur ses chances de survie s’il s’avérait que l’identité de l’homme face à eux était bien celle à laquelle elle pensait. Elle n’avait pas eu le temps de voir ce qu’il avait arraché du corps du bandit lorsque ce dernier s’était vu redonner le contrôle de son corps, mais elle ne se doutait pas de son efficacité.

Derrière elle, Aon attendait, ses nerfs s’aiguisant comme des cordes tendues sur un violon, attendant la moindre réaction du jeune homme avec une certaine angoisse. Il savait très bien que si un combat devait se produire, il allait devoir pousser une nouvelle fois l’activation de son innocence, alors que les souvenirs de son dernier combat n’avaient pas finies de cicatriser totalement au creux de sa gorge malgré les soins des infirmières.

Mais il était hors de question qu’il s’enfuit comme un lâche en laissant la jeune femme derrière lui. Après tout, même s’il savait que la jeune femme était prête à se sacrifier, il ne tenait pas à ce qu’elle meurt. Peut-être par égoïsme, pour ne pas ajouter un nouveau poids à sa culpabilité, mais c’était ainsi, et il attendait donc, doutant de toute manière de pouvoir partir aussi facilement…
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Lun 24 Aoû - 14:51

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Ce fut la Traqueuse qui parla la première. Sa voix était posée, et d'apparence tranquille, mais au fond de lui Lev savait qu'elle se méfiait. Ils se méfiaient tous les deux. Et à raison. Après tout, lui savait qui ils étaient, et eux n'avaient pas d'information concrète, ou de preuve tangible concernant son identité à lui. Lev attendit la fin de la phrase pour se passer la main dans les cheveux. Il voyait que l'Exorciste était sur le qui-vive, prêt à attaquer à la seconde où le Noah lèverai une main trop haut. Cette situation avait quelque chose d'amusant. La Congrégation et l'Arche étaient en guerre depuis bien longtemps, et chaque rencontre entre des membres de chaque camp se soldait inévitablement par un violent conflit. Pas là. Ici, les protagonistes de cette petite affaire discutaient simplement, en sachant très certainement l'identité de tout le monde, en surveillant les faits et gestes de chacun. La bataille d'aujourd'hui semblait psychologique.

- En effet, c'est ce que les faits me laissaient penser.

Le Juge rabattit sa capuche de fourrure sur sa tête et s'accroupit, son sourire s'allongeant un peu plus pour devenir plus menaçant, voire même véritablement sinistre. Ses yeux rouges semblaient plus dilatés, comme s'il était pris d'une petite illumination, ou d'un petit coup de folie. Mais il n'en était rien. Il les jugeait, et les jaugeait. Ses yeux tentaient de percer leurs petites cervelles humaines pour deviner ce qu'ils pensaient.

- Que pensez-vous de ces affaires ? Les preuves sont là, il est indéniable qu'il s'agit du même homme à chaque fois. Selon vous, de quelle manière doit être puni quelqu'un comme ça ?

Le jeu commençait. En réalité, il avait démarré dès l'instant où il les avait vus depuis le toit, mais c'était maintenant que la partie s'enclenchait véritablement. Un duel sur le plan psychologique où la moindre erreur pouvait s'avérer fatale. Une erreur de son côté, et les deux membres de la Congrégation auraient les preuves pour le démasquer et l'attaqueraient les premiers. Une erreur de leur côté, et le Noah déciderait de les punir. Il se lécha le coin des lèvres. C'était ce genre de situation qui lui donnait le plus d'adrénaline. Celle où le juge est autant en danger que les accusés. Mais quoi qu'il puisse arriver, seule la justice vaincrait. Si ces deux là étaient coupables, ils ne gagneraient pas. Car tant que Lev incarnait le Jugement, jamais l'injustice ne pourrait triompher.
Lev se redressa, sans quitter sa capuche, puis se mit à faire quelques pas dans des directions aléatoires, se mettant la main droite sur le menton, en signe de réflexion.

- Ou, si vous préférez que je reformule, si vous aviez à juger quelqu'un qui s'est rendu coupable des mêmes crimes que cet homme, quel jugement rendriez-vous ?

Cette question lui semblait assez intéressante d'un point de vue psychologique, et leur réponse l'intéressait tout autant. Il pourrait déterminer, simplement à partir de ça, un peu plus précisément quels genres de personnes ils étaient et ce qu'ils savaient précisément concernant la situation dans laquelle ils avaient mis les pieds.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Mar 25 Aoû - 17:45

C’était une étrange sensation que de rester ainsi, immobile, à attendre le moindre mouvement brusque de l’autre, le moindre geste suspect qui permettrait de faire exploser les tensions qui s’accumulaient en silence dans les regards, alors que tout ce qui sortait n’était que des paroles assez calmes et posées. La bataille n’était pas, ici, de l’ordre physique, avec des affrontements mêlant rage, sang et sueur. Non, en cet instant, elle était bien plus fine, bien plus pernicieuse, jouant sur la psychologie, les non-dits et les malaises qui rampaient dans l’air.

Aon et Awa attendaient, silencieusement, que le Juge face à eux lance le premier pion sur le jeu d’échec se déroulant entre eux. Le mouvement ne tarda pas alors qu’il s’accroupit, un sourire étrange aux lèvres.

- Que pensez-vous de ces affaires ? Les preuves sont là, il est indéniable qu'il s'agit du même homme à chaque fois. Selon vous, de quelle manière doit être puni quelqu'un comme ça ?

Quelques secondes de silence, plus lourde que l’air chargé d’un orage, lourdes d’attentes, passèrent, troublée par le son désormais lointain de la fouille grouillante passant dans les rues et ruelles de Pretoria. Ils semblaient être à l’écart de la vie, de ces corps qui, à quelques mètres, passaient sans même se douter de la guerre qui se déroulait entre trois personnes se tenant simplement dans la rue, à la vue de tous.

- Ou, si vous préférez que je reformule, si vous aviez à juger quelqu'un qui s'est rendu coupable des mêmes crimes que cet homme, quel jugement rendriez-vous ?

Les pions avaient été bougés, maintenant, c’était à leur tour de réfléchir et de répondre, le jeu attendant patiemment leur décision. La traqueuse tourna légèrement la tête vers l’aveugle en silence, posant son regard sur lui. Elle l’avait senti se raidir légèrement et serrer les poings. Elle ignorait beaucoup de choses de l’aveugle, tant parce qu’il refusait volontairement d’aborder ce qui avait été sa vie que parce qu’il ne parlait guère, préférant se réfugier dans un silence buté. Son regard noir retourna se fixer à l’homme qui faisait distraitement les cents pas, attendant leur réponse avec une sorte de détachement amusé qui ne lui plaisait guère. Pour elle, la question était déjà entendue. Tout homme commettant ce genre de massacre méritait la mort.

Aon s’était raidit. Il haïssait ce genre de question. Il les haïssait parce qu’il ne se sentait pas assez objectif pour juger ce genre de question, trop épineuse pour être simplement observée par des personnes qui n’avaient ni les tenants ni les aboutissants de l’histoire. Même si dans le cas présent, sa réponse ne différait pas de celle de la traqueuse qui s’était tournée un court instant vers lui. L’odeur du sang était encore présente dans ses narines, influençant son imagination, quand bien même l’atmosphère étouffante de Pretoria la faussait quelque peu.

- La même que celle de celui l’ayant arrêté…

La voix de l’aveugle était tout aussi calme et posée que celle de la traqueuse, cette dernière gardant une attitude neutre. Leur réponse flotta dans les airs, ligne mélodique qui vibra avant de disparaître, soufflée par le vent chaud de l’Afrique du Sud. Sur le jeu d’échec, les pièces venaient de nouveau de bouger. Restait maintenant à savoir si ce mouvement allait leur être préjudiciable ou non…
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Ven 28 Aoû - 0:17

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Le sourire du Juge s'était encore élargi. Il le contint tant qu'il put, mais cela lui fut assez difficile, tant l'affaire devenait passionnante. Lev s'approcha d'eux, et afficha une mine sinistre sous sa capuche. Leur vision de la justice ne semblait pas être si éloignée de la sienne, visiblement. D'après leurs dires, ils auraient réservé à Scofield le même sort qu'il lui avait infligé. Mais Lev savait très bien qu'entre ce que disent les accusés et ce qu'ils pensent vraiment au fond d'eux, il y a parfois un gouffre. Si ces deux envoyés de la Congrégation avaient trouvé Scofield avant Lev, l'auraient-ils tué, comme ils semblaient le prétendre ? Kowaltski n'était pas tout à fait convaincu de leurs convictions. De leur justice. De leur cran.

- Alors vous pensez que celui ou celle qui a malmené ce meurtrier, qui a complètement broyé son corps, a agi de la bonne manière ? Ce n'est pourtant pas ce que penseraient les trois quarts des gens de la populace, si je les interrogeait.

Il marqua une courte pause. Fixant les pavés sombres de la petite ruelle, il reprit son petit interrogatoire, par une question plus simple et plus directe encore.

- Êtes-vous en train de me dire que si l'occasion vous avait été donnée, vous l'auriez tué ?

Son sourire diminua, pour ne redevenir que le petit rictus narquois qu'il affichait habituellement. L'affaire devenait plus que prenante. Le duel psychologique battait son plein, et au moindre faux pas d'un côté ou de l'autre, cela deviendrait plus… physique. Celui qui ferait la première erreur s'exposerait à une offensive adverse immédiate. Le combat qui se déroulait dans cette ruelle ne se voyait pas extérieurement, mais faisait rage.
Alex Scofield avait été un fidèle servant du Comte, il fallait le reconnaître. Cependant, la Justice ne ferme jamais les yeux lorsqu'elle tient un coupable. Si Scofield voulait vraiment aider le Comte de cette manière, il aurait dû faire en sorte que Lev n'apprenne jamais ses petits meurtres sanglants. Tant qu'il aidait le Millénaire et que la façon dont il l'aidait restait un mystère, alors Kowaltski n'avait pas de problème avec lui. Mais une fois qu'il apprit les sombres activités de Scofield, le Juge devait l'arrêter, quitte à rompre un partenariat fructueux. Voilà comment fonctionnait le Jugement. Tout ce qui est mal disparaît, et tout ce qui fait le mal est puni. Exorcistes, humains, Akuma, Noahs… Quiconque enfreint la Loi, en paie le prix. Car Kowaltski ne ferme jamais les yeux.
Il sourit à ses deux interlocuteurs, et ne put résister à la tentation de sortir une pomme de terre de son manteau. Encore une… Il ne se souvenait pas en avoir pris plusieurs, et c'était clairement la bonne nouvelle de la journée. Avec cette petite affaire, évidemment, rien ne pouvait lui faire plus plaisir qu'une telle partie.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 6 Sep - 15:49

La voix de l’homme à la capuche résonna à son tour dans la ruelle, questionnant leur réponse, somme toute honnête, avec un sourire étrange, presque macabre, accroché aux lèvres. La chaleur étouffante de Pretoria n’aidait guère à alléger l’atmosphère pesante qui planait lourdement dans la ruelle où ils se trouvaient, rendant le moindre mouvement lourd et gauche.

Une nouvelle question fut posée, plus franche, plus directe aussi, tendant un peu plus les deux envoyés de la Congrégation qui serrèrent les poings. Cet homme en savait trop mais ne semblait pas vouloir non plus les attaquer, bien qu’ils avaient l’impression d’être deux faibles souris en face d’un chat bien trop rusé pour eux, un chat plus étrange et hors du monde que le chat de Cheshire, un sourire tordu ayant pris place sur ses lèvres, semblant prêt à les éviscérer d’un simple mouvement fluide de la main.

Awa releva la tête, son œil valide brillant sous la capuche qu’elle avait remise sur ses cheveux nattés. Elle n’était guère importunée par le soleil qui tapait fort en cet instant sur leur groupe minuscule, mais elle se doutait que ce ne devait pas tant être le cas que ça pour les deux hommes à la peau pâle et aux cheveux aussi noirs que de l’encre. Ce fut elle qui parla, de sa voix rauque, sombre, ses mots vibrant de la volonté sauvage qui baignait les terres d’Afrique, ou du moins de ce qu’en pensait les Occidentaux.

- Oui. Et sans hésitation.

À ses côtés, Aon se contenta d’hocher la tête, sombre, la gorge sèche. L’odeur du sang se faisait peu à peu oublier, se faisant remplacer par l’odeur de terre et de poussière voltigeant dans l’air lourd, mais la description des méthodes de ce tueur restait en tête de l’exorciste et de la traqueuse. La Congrégation les avait envoyé afin d’enquêter, et nul doute que s’ils l’avaient trouvé, la sentence aurait été la peine capitale. En cette époque troublée, peu de personnes étaient pour l’abolition de cette peine, beaucoup la jugeant nécessaire afin de faire des exemples et de dissuader quiconque de fomenter ainsi d’aussi terribles et odieuses actions.

Un vertige obligea l’aveugle à se tenir à la traqueuse qui tourna rapidement la tête vers lui, l’observant. Son teint était toujours aussi pâle, mais ses cheveux semblaient brûler littéralement sous les rayons ardents du soleil. Elle ne tarda pas à comprendre le problème, soutenant l’aveugle qui était tout bonnement en train de se taper une insolation sous le ciel d’Afrique du Sud.

Cela ne l’étonnait guère à vrai dire, et elle se maudit de ne pas avoir obligé l’aveugle à se changer pour porter une tenue plus appropriée. L’Afrique ne faisait pas de cadeaux à ceux qui n’avaient pas l’habitude de subir de telles températures et une telle ambiance, et il n’était pas rare que des étrangers s’évanouissent en pleine rue faute de s’être suffisamment préparés. Et cela touchait tout le monde, y compris les soldats.

Rapidement, elle lui passa une flasque d’eau, lui faisant comprendre de la boire rapidement. Cela ne l’empêcherait pas de faire son insolation, loin de là, mais au moins cela lui permettrait de tenir quelques minutes de plus.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 27 Sep - 16:19

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Sourire. Voilà tout ce que Lev pouvait offrir en réponse à la traqueuse. Il la sondait du regard, et tout ce qu'il voyait dans ses yeux, c'était une redoutable conviction en ses propres paroles. Effectivement, elle aurait tué Scofield si elle l'avait trouvé vivant. Un bon point pour elle. Et l'Exorciste… il semblait en accord avec sa collègue. Kowaltski secoua la tête en souriant, étendant ses bras dans le vide, dans une pose théâtralement mélodramatique.

- Nous sommes d'accord. Une vie vaut une vie, après tout. Cet homme avait commis un nombre de meurtres tout à fait considérable, et une Justice parfaitement orchestrée l'aurait tué autant de fois que le nombre de personnes à qui il a ôté la vie, si elle avait pu ! Voilà ce que doit être un Jugement impartial !

Il croisa les bras et afficha une moue neutre sous sa capuche tandis que l'Exorciste faisait clairement ce qui semblait être une mauvaise réaction au soleil. Il fallait reconnaître que le climat, la température, le ciel, tout était singulier, par ici, et pour un humain cela devait être une véritable épreuve. Lev regarda autour de lui, et se rendit compte que la ruelle dans laquelle ils se trouvaient disposait de plusieurs portes, étant certainement les portes de services des immeubles alentour. L'Exorciste était pour l'instant innocent de toute accusation, et un juge ne laisse pas mourir quelqu'un sans la preuve de sa culpabilité. Il s'approcha donc d'une des portes et tenta de l'ouvrir, évidemment sans succès. Il tendit le majeur et apposa le bout du doigt sur le trou de la serrure, et, réutilisant la technique du Parasite, incorpora un minuscule serpent au mécanisme pour crocheter la porte et ouvrir l'accès à l'immeuble. Une fois l'opération effectuée, il s'assura discrètement que le parasite était bien retourné dans son corps, sous sa bague au majeur, et retourna vers ses deux interlocuteurs.

- J'ai ouvert la porte. Entrez dans ce bâtiment, au moins vous serez à l'abri du soleil, ce sera déjà ça de fait.

Il entra sans s'assurer qu'ils le suivaient bien, et alla vérifier que l'immeuble était vide. Raté. Une femme d'une trentaine d'années dormait dans sa chambre, il faudrait donc ne pas faire de bruit.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 4 Oct - 17:06

Aon s’accrochait à Awa, écoutant leur interlocuteur, ses mots se répercutant avec violence contre les parois de son crâne, le faisant grimacer de douleur. Les migraines, il avait fini, par la force des choses, à les connaître, et celle qui s’annonçait ne lui annonçait rien qui vaille, son étourdissement se faisant plus présent alors qu’il avait l’impression de suffoquer de chaleur, son corps n’appréciant vraiment pas la chaleur et surtout les rayons ardents du soleil d’Afrique du Sud.

La traqueuse le soutenait en silence, observant l’homme à la capuche ouvrir comme par magie un immeuble, la ruelle où ils se trouvaient ayant en effet de nombreuses portes de services appartenant aux hôtels alentours. Elle ne savait pas vraiment pourquoi il les aidait, ni ce qui le motivait, mais au moins il ne semblait pas vouloir attenter à leurs vies et la tension qui auparavant planait sur leur conversation semblait s’être allégée, leur permettant à tous de se détendre quelque peu, quand bien même la méfiance restait de mise. Dans une guerre, après tout, tous les coups étaient permis non ?

Awa le remercia tranquillement, s’engouffrant rapidement avec l’aveugle dans l’immeuble le plus rapidement possible, observant les lieux, remarquant à son tour la femme assoupie. Murmurant quelques mots à l’exorciste, elle l’assit sur une chaise, le laissant boire la gourde qu’elle lui avait passé et lui conseillant de se passer de l’eau sur le visage et les tempes, ne serait-ce que pour apporter un peu de fraîcheur à son épiderme qui semblait en avoir réellement besoin.

La différence de température entre l’intérieur et l’extérieur n’était pas si sensible que cela, mais le léger courant d’air qui y circulait permettait tout de même de ressentir une certaine fraîcheur, toute relative, qui se trouvait renforcée par les zones d’ombres parsemant le bâtiment.

L’aveugle les remercia faiblement, fermant les yeux derrière ses bandages en se massant légèrement les tempes. Quelle idée aussi d’être sorti en pleine journée sans aucune protection… Il avait déjà fait des crises d’insolation, mais rien d’aussi fulgurant. L’eau qu’il avait ingurgitée et passée sur son visage firent cependant effet et l’aidèrent à s’apaiser, bien que l’impression de faiblesse de ses membres resta bel et bien présente.

Laissant le breton reprendre quelques forces, Awa reposa son œil valide sur Lev. Elle n’avait pas d’animosité particulière à son égard, et ses actions tendraient à faire pencher la balance vers plus de sympathie, mais elle ne pouvait s’empêcher de rester méfiante. Sa voix, simple filet mélodique murmuré, trahit ses pensées sans qu’elle ne semble plus gênée que cela.

- Vous êtes étrange… Mais merci encore… Vous comptez rester à Pretoria ?

Elle ne savait pas si elle se trompait, mais pour elle, Lev n'était pas d'ici, ne serait-ce qu'à cause de sa peau blanche. Peut être se trompait-elle, il arrivait que certaines personnes, même après des années à vivre au même endroit ensoleillé, ne voient pas leur peau bronzer d'un iota... Mais là n'était pas réellement la question en fait... Elle voulait juste savoir s'ils allaient le recroiser, même si, de toute évidence, leur mission venait de tourner court.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Mer 24 Aoû - 0:56

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- Étrange ? Ce n'est pas la première fois que l'on me qualifie ainsi… Je me demande comment l'homme en est arrivé à déterminer ce qui est normal et ce qui ne l'est pas… À quel moment, à quelles conditions, quelque chose devient-il hors norme, et étrange ? Comment sait-on ce qui est étrange ?

Lev avait porté la main à son menton, en signe de profonde réflexion. Il ne parlait plus réellement à ses deux interlocuteurs, mais était parti dans une interrogation en solitaire. Il s'aperçut bien vite qu'il avait délaissé les deux humains au profit de ses pensées personnelles.

- Pardonnez-moi, j'étais perdu dans mes pensées. Si je compte rester à Prétoria, vous me demandiez ? Et bien… pour faire simple, cela va dépendre de plusieurs facteurs, importants à prendre en compte.

Tryde s'adossa contre un mur, bras croisés, les fixant intensément du regard.

- Et l'un de ces facteurs, n'est nul autre que vous, très chers.

Le Noah venait d'avancer son premier pion et de passer à l'offensive. Maintenant cette partie devait prendre un tournant, il devait s'assurer qu'il ne faisait pas tout cela pour rien, il devait apprendre des choses, découvrir si oui ou non ces deux-là méritaient une sentence. Intérieurement, Lev jubilait. Au cours de sa vie, il ne lui avait pas été souvent donnée l'opportunité de confronter des Exorcistes. Pour ne pas dire quasiment jamais. Et là, un Exorciste accompagnée d'une traqueuse de la Congrégation ! Son flair ne le trompait jamais, il savait ce qu'étaient ces gens, et il trépignait de savoir ce que leur condition faisait d'eux. Des criminels ? Des ennemis de sa justice ?
C'était cela qui le fascinait, ce paradoxe, ce paradoxe qui faisait de ses ennemis désignés de potentielles personnes de bien. Le monde était une balance, et Lev s'assurait de son équilibre.

Le Comte n'était jamais agacé de l'attitude de Lev, qui allait pourtant bien souvent à l'encontre de la volonté du Prince Millénaire. Car le Comte savait que Lev était un Noah, mais bien au-dessus de la guerre des Noahs. Seule comptait la Loi. Lev ne considérait pas ses "frères" comme des êtres parfaits et absents de tous péchés parce qu'ils étaient ses frères, au contraire ils étaient à ses yeux tout autant susceptibles que les Exorciste de recevoir une sentence.
Lev se considérait et se savait au-dessus de tout. Au-dessus du Comte. il était son bien-aimé, mais dès lors que le Prince Millénaire ferait peser la balance du mauvais côté, Lev serait le premier à le châtier. Cela lui jouerait-il des tours, un beau jour ? Pauvre Lev, qu'il devait être difficile de ne pouvoir penser qu'avec des raisonnements froids et carrés, de ne pouvoir penser à autre chose qu'à la Justice qu'il servait !

- Je vais donc vous poser une question très simple : qu'avez-vous fait ?

Comprendraient-ils que le plaidoyer pour leur vie avait commencé ? Que chacune de leurs phrases jouerait son rôle dans la balance pour déterminer leur sort ? Que Lev attendait d'eux, pour les juger, de connaître tout ce qu'ils avaient accompli, en bien comme en mal ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Mer 16 Nov - 6:00

Awa et Aon écoutèrent en silence les paroles de Lev, se demandant bien comment un simple mot avait pu le faire digresser à ce point. L'aveugle ne s'en plaignit cependant pas, en profitant pour essayer de faire partir l'insolation qui avait manqué de le faire s'évanouir dans la ruelle il y a quelques minutes. Leur interlocuteur ne tarda cependant pas à revenir à la situation présente et s’excusa tranquillement avant de répondre à la question de la traqueuse.

Et sa réponse n’était pas franchement pour plaire à la jeune femme qui, instinctivement, s’était placée entre lui et l’exorciste. Son seul œil valide le disséquait sèchement du regard, cherchant un point faible, une faille, quelque chose dont elle pourrait user pour tenter de le ralentir ou, pourquoi pas, de le blesser. Elle ne possédait certes aucune innocence, mais les Noahs n’étaient, à la base, que de simples humains. Et les humains étaient fragiles, si fragiles… Une lame ou un revolver pouvait faucher leur souffle, une simple goutte de poison pouvait arrêter leur cœur, une seule morsure, une seule piqûre, pouvait les envoyer dans la tombe. De ce point de vue-là, ils étaient tous plus ou moins égaux en la matière. Un crotale se fichait de savoir à quel camp appartenait sa victime. Il mordait et tuait. Point.

La question du Noah résonna dans le silence désormais pesant de la pièce. Awa serra les poings. Elle aurait voulu lui cracher à la gueule la haine qu’elle éprouvait pour le comte et sa famille, pour les akumas qui avaient décimés une partie de sa famille, pour les brokers qui avaient finis le travail en tentant les survivants avec un pacte empoisonné. La colère s’écoula dans ses veines, brûlant la voix de la raison et de la survie qui frémissaient au fond d’elle. Sa voix laissa échapper, dans un ton assassin et incendiaire, des mots qui tournaient dans sa tête depuis des mois. Des mots de rage et de haine. Sa langue natale roulait ainsi les sons de ses ressentiments alors que la cicatrice qui barrait son visage la lançait. Encore un cadeau de ce clan qu’elle détestait tant. Un sourire amer traversa ses lèvres alors que la dernière once de poison s’échappa hors de sa gorge, la libérant d’un poids qu’elle n’imaginait pas porter sur ses épaules. Derrière elle, Aon avait tenté de l’arrêter. Sans succès.

L’aveugle posa faiblement une main sur l’épaule de la traqueuse, s’étant redressé de sa chaise afin de se tenir à ses côtés. Il n’avait pas réellement compris ce qu’elle venait de cracher à la face de leur interlocuteur, mais le ton seul avait suffi à le mettre sur la voix. Sèchement, Awa croisa les bras sur sa poitrine et resta ainsi, droite et fière face à celui qui semblait se parer du vêtement du juge. Si juge il était, alors il ne pouvait pas grand-chose contre elle. Elle n’était qu’une traqueuse. Rien de plus. Rien de moins.

Le breton cligna des yeux en la sentant rester devant lui et former un rempart. Le français retint un juron alors qu’il réfléchissait. Toutes les fibres de son corps lui hurlaient de se barrer alors qu’une autre voix monta, insidieuse, quémandeuse. Cet homme voulait donc savoir ce qu’il avait fait hein ? Oh douce ironie… Est-ce que dans ce cas de figure tuer des akumas était un crime ? Ou alors le fait que ces machines aient tuées des dizaines de personnes avant leur mort les rend criminelles également, et permet ainsi d’expliquer le geste du bourreau. Le brun grimaça légèrement. Sa voix, elle, s’échappait tranquillement de ses cordes vocales. Tant qu’à être foutu…

- Tuer des akumas, tenter de sauver des civils, punir des brokers… Ne pas réussir, parfois… Et s’en punir…

La neutralité qui s’écoula dans son timbre aurait pu faire croire à la fausseté de son témoignage. Alors qu’il n’en était rien. Ses doigts se posèrent sur sa gorge, frôlant l’innocence qui y pulsait de plus en plus fort. Comme si elle sentait le danger. Comme si elle voulait le détruire.

- Et vous, si vous vous faites juge, qu’avez-vous fait ?

Il était juste, après tout, de questionner celui qui vous interrogeait. La justice des hommes était imparfaite notamment parce que les juges l’étaient. Qui leur disait que le juge était blanc comme neige et exempt de tout jugement sur ses actes ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 20 Nov - 20:18

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Si l'atmosphère était tendue depuis le début de cette rencontre, Lev ne s'attendait pas à une telle réponse, aussi brutale et soudaine. Le Noah ne comprit pas grand chose à ce déferlement de colère, mais ce qu'il comprit, c'est que cette femme avait percé sa nature à jour. À cet instant, il n'eut plus aucun doute sur le fait que ses deux interlocuteurs savaient ce qu'il était. Les faux semblants s'évaporaient petit à petit. Cette discussion allait vite prendre un autre tournant, revêtir un aspect plus vrai, plus transparent.
Kowaltsi nota que l'Exorciste tentait de calmer sa partenaire traqueuse, et il remarqua la tension qui semblait l'envahir.
Ces deux moutons égarés comptaient-ils s'en prendre au berger qui comptait les remettre dans le droit chemin ?

En un tour de main, Lev s'était assis sur une chaise en face d'Aon. Son sourire s'était réduit, pour ne devenir qu'un rictus confiant et analyste. Se passant la main dans les cheveux, il plongea son regard dans celui, dur, de l'Africaine qui veillait sur l'Exorciste.

- Tuer, sauver, punir… Comment savez-vous que ce que vous faites est juste ? Comment savez-vous que ceux que vous tuez son mauvais, que ceux que vous sauvez sont bons, et que ceux que vous punissez le méritent ? Je vous pose la question simplement, pour voir comment vous pensez, je ne fais qu'essayer de comprendre votre raisonnement.

Il secoua la tête en fixant le sol, puis se releva, et passa derrière la chaise sur laquelle il était juste assis, pour s'appuyer contre le dossier. Il était excité comme une puce à l'idée de poursuivre ce débat, et sa satisfaction se traduisait souvent par une impossibilité à tenir en place, voire par une nécessité de bouger, de rester physiquement actif.

- Car, voyez-vous, comme vous le dites, je me fais juge. En fait, je suis né juge. Et à ce titre, je dois vous comprendre, pour savoir quelle attitude adopter envers chacun de vous.Il marqua une pause, le temps de prendre une expression plus ferme.Car tous les pécheurs peuvent être pardonnés, s'ils le méritent.

Lev avait à coeur cette notion de pardon, de rédemption. Un vrai juge peut réduire une peine s'il estime que le fautif a expié. Avait-il été pardonné, lui ? Le Noah se mit à trembler des mains. L'avait-on pardonné, pour ce qu'il avait fait ? On l'avait condamné, alors qu'il n'avait fait que rendre justice. L'autre, ce maudit, il méritait de mourir. Quiconque tue doit être tué, à moins de plaider sa cause et de prouver la justice de son acte. Lev avait agi justement, à l'époque. Il avait tué un tueur. Qu'importe qu'on le traite de fratricide. Mais pourquoi l'avait-on condamné, alors qu'il rendait une juste peine ?
Kowaltski était le Noah du Jugement, et le Noah en lui était né d'une erreur de jugement. Le Comte l'avait rencontré et baptisé au meilleur moment de sa vie. Lorsque lui, celui qui était amené à devenir la Justice incarnée, était victime d'une injustice.
Lev secoua la tête, sortant de ses pensées brumeuses et brouillées, n'arrivant pas lui-même à comprendre ses spectres intérieur.

- Ce que j'ai fait, vous me demandez… Rien de plus que de départager ce qui est bien de ce qui est mal. Depuis toujours, j'applique cette Justice qui est gravée en moi. Personne n'est meilleur juge que moi, pas même Dieu. Vous semblez en colère contre moi, mademoiselle. Et vous, jeune Exorciste, vous semblez méfiant. Mais vous vous demandez encore si je suis, à cet instant, un ennemi. Je l'ai dit, cela dépend de vous. De vous deux. Si vous ne le méritez pas, pourquoi vous attaquerais-je ? Je ne suis pas dans votre camp, mais je ne suis pas pour autant dans le camp de mes frères Noahs que vous combattez. Je suis dans mon camp, celui qui vaincra. Car en fin de compte, la Justice sortira seul vainqueur de votre guerre Sainte qui ne signifie rien pour moi.

Il reprit son sourire et les fixa intensément, se redressant pour se tenir droit debout, derrière la chaise sur laquelle il s'accoudait.

- Aujourd'hui, je vous juge. Vous serez condamnés, ou acquittés. Bientôt, ce sera au tour de vos chefs d'être jugés. Bientôt, ce sera au tour du Comte Millénaire. Comprenez-vous ma position ? Comprenez-vous ce que je suis ? Ce que je fais ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Mer 23 Nov - 17:56

Awa se tenait toujours fièrement devant l’exorciste debout dans son dos, et refusait avec obstination de bouger. Peu lui importait en cet instant la pression qu’elle sentait sur son épaule, peu lui importait l’inquiétude qu’elle pouvait sentir dans l’attitude de celui qu’elle accompagnait. Il était hors de question qu’elle bouge ne serait-ce d’un millimètre. Son œil noir brûlait comme un onyx laissé en plein soleil, et son regard assassin restait planté sur le Noah qui venait tranquillement de s’asseoir en face d’eux. Il semblait se régaler de la situation. Elle ne cilla pas lorsqu’il planta son regard dans le sien, lui faisant ouvertement face. Peut-être qu’il se moquait de sa puissance réduite, peut-être qu’il doutait qu’elle puisse ne serait-ce que le frôler. Elle n’était qu’une traqueuse après tout.

Elle et Aon écoutèrent en silence les paroles du Noah de la justice. Car oui, ils en étaient plus que sûrs à présent, leur adversaire était bien un Noah. Un curieux membre de son clan, certes. Le français garda sa main sur sa gorge, à l’affût du moindre geste menaçant alors qu’il sentait son innocence s’agiter de plus en plus. Elle avait envie d’en découdre.

Les questions de leur interlocuteur eurent le mérite de le faire se désintéresser du cristal divin. Le breton ne put s’empêcher de pencher légèrement la tête. Il grimaça. Ces interrogations étaient complexes et dépendaient toute d’une certaine vision du monde, d’une certaine morale. Qui pouvait prétendre à avoir une réponse tranchée et définitive sur la question ?

Le Noah continua en se relevant. À croire qu’il avait présentement besoin de bouger pour rester concentré sur ce cas qui le fascinait tant. Awa ne lâchait pas du regard et enregistrait tous ses gestes alors que l’aveugle analysait sa voix en silence. Il ne ressentait aucune agressivité chez leur interlocuteur forcé. Aucune envie de les écharper dans l’instant.

L’emploi du terme de « pêché » fit aussitôt tiquer Aon, qui se raidit un peu plus derrière la traqueuse. Ce discours lui laissait un arrière-goût étrange de sous-texte religieux. Et il trouva le choix de mot curieux. Des « erreurs » voire même des « fautes » n’auraient pas eu cet étrange son de cloche. Il avait la curieuse impression de se retrouver devant un clerc en train de prêcher la bonne parole. Et c’était peut-être ça qui était si déconcertant. Qu’un Noah se serve de phrases et de sous-entendus appartenant à la religion chrétienne. Pour quelqu’un comme lui qui avait du mal avec le clergé et toutes ses instances, c’était d’une ironie amère particulièrement savoureuse.

La jeune femme, elle, remarqua les tremblements qui agitèrent les mains de leur adversaire. Elle se plaça encore un peu plus devant l’élu du cristal divin, prête à agir dans l’instant s’il le fallait. Son instinct grondait sous sa peau, ses doigts saisirent délicatement un couteau de lancer. La discussion continuait, mais elle n’écoutait que d’une oreille à peine attentive, bien trop concentrée sur sa tâche principale. Aon sentait les muscles des épaules se tendre sous ses doigts. Il ne tourna pas la tête vers elle, ses yeux bandés restèrent posés sur la position estimée de Lev.

Et une nouvelle fois les propos du Noah le firent tiquer. La Justice, aussi neutre se croyait-elle, était liée à un élément qui n’était absolument pas objectif… Elle était liée aux rapports de forces qui existaient au sein d’une même population. Une guerre n’était pas gagnée par la Justice, elle était gagnée par la puissance supérieure d’un camp sur l’autre. Les jugements, par la suite, suivaient cette puissance. Les livres et les lois étaient écris par les vainqueurs. Jamais par les vaincus.

- Aujourd'hui, je vous juge. Vous serez condamnés, ou acquittés. Bientôt, ce sera au tour de vos chefs d'être jugés. Bientôt, ce sera au tour du Comte Millénaire. Comprenez-vous ma position ? Comprenez-vous ce que je suis ? Ce que je fais ?

Ni Awa ni Aon ne répliquèrent sur le moment. La jeune femme restait sur sa posture et n’avait guère envie de répondre. Sa rage brillait toujours, sa colère brûlait ses veines, pourquoi diable s’aventurerait-elle à répondre à cet homme ? L’aveugle, lui, hésitait. Quelle réponse donner, après tout, dans une situation pareille ?

Sa voix, atone, s’éleva pourtant entre eux.

- À peu près oui… Quand à votre première question, nous faisons ce qui nous semble juste. Les akumas massacrent des personnes, il est donc normal de les détruire. Quant à savoir si nous faisons bien de sauver tel ou tel civil… On ne peut pas savoir, la grande majorité nous est inconnue, mais les laisser mourir serait un crime… Quant aux Brokers…

Aon serra les poings. C’était sans doute le sujet le plus délicat de cette guerre. Il avait déjà rencontré des Brokers qui faisaient cela pour l’argent, d’autre parce qu’ils adhéraient aux idées du comte, d’autres encore parce qu’ils se tournaient vers la seule main qu’on avait daigné leur tendre…

- Les Brokers ont des peines en fonction de leurs crimes. Les assassins sont tués. Les autres emprisonnés, car collaboration avec le Comte. Mais de ce point de vu, notre « justice » est biaisée je suppose, puisque nous sommes dans un camp en particulier…

Un sourire étrange s’esquissa sur les lèvres du breton, alors qu’Awa se tendit un peu plus, prête à bondir. Leur discussion prenait un tournant de plus en plus dangereux, trop dangereux à son goût. Ses doigts se serrèrent sur la garde de son couteau. Qu’allait-il donc se passer, à présent ?
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Sam 26 Nov - 15:29

Hello, sweet human
Aon Dallien
Lev se mordit la lèvre. Un mot, dans la réponse de l'aveugle, l'avait interpelé. C'était le mot "sembler". Ils faisaient ce qui leur semblait juste. Il avait la réponse qu'il attendait. Et à vrai dire, il avait largement envisagé cette hypothèse. Ces deux personnes suivaient un sens de la justice relatif, biaisé, comme le disait si bien le compatible. Une justice qui n'était pas impartiale mais appartenant au camp des "bons", comme les Exorcistes aimaient à se considérer.
Leur cas était donc classé. Lev savait tout ce qu'il voulait savoir. Il cessa de jouer avec les mèches de ses cheveux, ce qu'il faisait depuis maintenant cinq bonnes minutes, puis il repoussa la chaise. Il en avait fini avec ses propres pensées, avec son débat interne concernant leur sort. Maintenant tout était dit, ou presque.

- Je vais être honnête avec vous, puisque maintenant nous le sommes tous. J'ai tué cet homme, Alex Scofield. Vous vous en doutiez, je suppose, comme vous avez deviné qui j'étais. Je suis un Noah, mais pas n'importe lequel. Je suis le deuxième apôtre. Je suis Tryde, le Jugement. C'est à ce titre que j'étais ici pour exécuter cet homme. Il rend service aux Noahs, mais je ne suis pas de leur côté. Dès lors que j'ai appris, je ne pouvais fermer les yeux. Vous semblez me juger, me haïr, mademoiselle, mais au fond, la réponse de votre ami ici présent clarifie les choses pour tout le monde. Je suis un tueur, et vous en êtes aussi. Et notre deuxième point commun est que nous tuons au nom de la justice.

Il tendit un bras en avant, et sans un mot, fit sortit un serpent de sa peau, sous sa manche, pour le laisser émerger du manteau et s'enrouler autour de son cou. Kowaltski sourit, d'un sourire inquiétant, le sourire dont même les Noahs se méfiaient.

- À la différence près que votre Justice, n'est pas la même que ma Justice. Et la mienne est la seule vérité. Je suis celui qui différencie le bien du mal. Il n'y a pas de bons, pas de méchants. Chacun faute, chacun pêche, comme dirait ce bon vieux Dieu. Mais même Dieu n'est pas en mesure de juger l'homme. Tout ce que prêchent ces bons vieux hommes du Vatican, ou même le Comte à sa manière, ne compte pas. Tout ce qu'on vous dit n'est que mensonge. Seule la vérité que je vous expose est vraie. Vous êtes des tueurs.

Le serpent grisâtre glissa sur son bras et continua d'avancer un peu dans le vide, soutenu par la main de Lev. Il avait toujours été fasciné par ces animaux sans membres, gracieux et donnant l'impression de pouvoir se mouvoir avec aisance sur terre et même sur l'air. Le serpent se figea, et plongea son regard dans celui de la traqueuse.

- Rangez cette arme, je vous prie. Il n'y aura nul combat aujourd'hui. Lev fixa Aon. Quant à vous, jeune homme, vous pouvez rassurer votre Innocence. Je n'ai aucunement l'intention de m'en prendre à vous. Pretoria ne sera pas le théâtre d'une affreuse lutte à mort entre nous trois. Personne n'y gagnerait, à livrer bataille aujourd'hui. Continuez à obéir à votre sens de la justice, mes chers. Je ne peux rien vous reprocher.
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MessageSujet: Re: Hello, sweet human (Feat Aon Dallien) Dim 27 Nov - 3:32

L’ambiance était on ne peut plus tendue dans la pièce, et Aon se demanda sincèrement comment ses poumons faisaient pour s’emplir d’air tant l’atmosphère lui paraissait étouffante. Devant lui, Awa ne bougeait toujours pas, son œil fixé sur Lev dont elle étudiait les moindres gestes, y compris ceux qui pouvaient paraître anodins. Ses doigts, crispés sur la manche de son couteau, s’engourdissaient, et ses sensations se faisaient de plus en plus faibles sous les picotements désagréables qui envahissaient sa peau. Mais qu’importe.

La traqueuse manqua de grincer des dents lorsqu’elle vit Lev se lever, quittant la posture plus ou moins décontractée qu’il gardait jusqu’alors. Peut-être que l’exorciste qu’elle protégeait venait de commettre une bourde. Elle ne lui en voulait pas. Ce n’était pas un simple adversaire qu’ils avaient face à eux, et elle ne savait que trop bien que même des combattants chevronnés ne faisaient pas forcément le poids face à ce type d’engeance.

Elle ne répondit pas à la remarque du Noah. À quoi bon ? Autant qu’elle garde le silence, sinon elle risquait fort de se remettre à l’injurier dans sa langue natale. Elle n’était pas une diplomate, elle ne l’avait jamais été, et cela ne s’était pas arrangé avec le massacre de sa famille et l’esclavage dont elle avait été victime. Une chance que son maître ait fini par se lasser d’elle pour l’envoyer servir de chair à canon au Vatican. Là, on lui avait promis une vengeance. Là, elle se sentait accueillie comme une sœur et non comme un simple animal. Là, elle avait juré de se battre jusqu’à son dernier souffle pour laver le crime qui avait entaché son passé…
L’apparition du serpent la fit serrer les ongles sur son couteau alors que, derrière elle, Aon fronça les sourcils face à la nouvelle présence qui venait soudainement de se glisser près du Noah. Un sifflement de la part du reptile le fit légèrement tiquer, bien qu’il était dans l’incapacité totale de savoir ce qui se passait. Leur adversaire venait-il de faire appel à son pouvoir ?

Allaient-ils donc devoir combattre ? Pourtant, le Noah ne dégageait toujours pas la moindre envie de tuer, et ce malgré le jugement qu’il venait de poser le plus calmement du monde, comme si ce qu’il disait avait parole d’évangile, comme si cela n’était qu’un fait établi parmi d’autres et non une raison de les enterrer six pieds sous terre…

Le breton n’était pas forcément d’accord avec le Noah, mais, sur ce point, il le rejoignait. Il ne savait pas pour Awa, mais pour sa personne, il ne pouvait nier qu’il avait, effectivement tué. Ce simple geste le classait donc immanquablement dans la catégorie que venait d’énoncer Lev…

La traqueuse suivit des yeux le mouvement du serpent sans pour autant relâcher son attention sur le Noah. Elle haussa un sourcil en entendant la suite. Elle n’y croyait pas réellement. Pourquoi avoir ramené ce serpent si c’était pour les laisser repartir aussi facilement hum ? Et puis… Prudence était mère de sûreté n’est-ce pas ?

La jeune femme se redressa donc légèrement. Elle garda le couteau en main. Et évita soigneusement le regard du reptile. Derrière elle, l’exorciste pressait un peu plus ses doigts contre la peau tendre de sa gorge. Son innocence devait encore faire des siennes… Mais pas assez pour se calmer, si elle en croyait l’arrêt de la pulsation verdâtre.

Sa voix rauque et chaude sortit de ses lèvres avec une sécheresse assumée. Ils n’étaient pas allié, et encore moins ami. La méfiance restait de mise.

- Simple précaution. Et nous partons. Nous n’avons, de toute évidence, plus rien à nous dire.

D’un geste ferme, la traqueuse entraîna son collègue dans la rue après un vague penchement de tête qui servirait de salutation au Noah. Elle ne tenait pas à rester plus longtemps en sa présence et prit grand soin de vérifier leurs arrières en sortant. La chaleur des rues se posa comme une chape de plomb sur les épaules des deux membres de la Congrégation durant tout leur trajet jusqu’à leurs chambres. Ils n’avaient plus rien à faire à Pretoria. Leur départ pour l’Angleterre ne tarderait donc pas.
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